Le blog de Flora

Les derniers cadeaux

30 Septembre 2018, 11:22am

Publié par Flora bis

de mon jardin! Après les nuits pleines d'étoiles, les matins se réveillent piquants de quelques degrés, pas plus...  Le soleil, encore triomphant, réchauffe rapidement la face engourdie du monde. Les rosiers, assommés tout l'été par la canicule, se bousculent pour m'offrir leurs derniers cadeaux. Chaque jour qui s'éveille, j'en suis reconnaissante, émue, en regardant ces fleurs pleines, majestueuses ou plus modestes, tendre vers moi leurs têtes multicolores.

   Je fais le tour, d'abord du regard, à partir de la terrasse, puis m'approchant d'elles, pour une caresse, en signe de gratitude pour leur générosité à mon égard. Je suis consciente  -  le sablier me le rappelle,  impitoyable, surtout à l'approche de mon anniversaire  -  que je partage un peu leur sort: l'hiver arrive bientôt, profitons des derniers jours (années?...) de clémence pour rendre au destin les quelques fruits des possibilités vraies ou hypothétiques dont il nous aurait gratifiés...

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"Quatre femmes solitaires"

25 Septembre 2018, 11:01am

Publié par Flora bis

   J'ai terminé le remaniement de mon texte (2011) sur les "Quatre femmes solitaires". Au crépuscule de leur vie, elles racontent leur parcours. Si tout va bien, nous allons le lire devant notre petit public généreux mais exigeant, en novembre... Le trac... En voici un petit extrait pour chacune d'elles:

La mariée sans amour: "... Avec le temps, je me suis habituée à lui. Pour être honnête, je dois même avouer que j'ai fini par éprouver une certaine tendresse à son égard... Il avait beaucoup de mérite. Cependant, l'amour demeurait du domaine du "devoir conjugal", le bien nommé... Tous les prétextes étaient bons pour m'y soustraire! Mon mari s'est résigné à l'idée d'avoir épousé un glaçon. J'y pense parfois: il lui a fallu, sans doute, une sacrée dose de conviction pour faire l'amour à un objet inerte qui attendait que ça passe, en serrant les dents, toujours dans le noir et la chemise de nuit boutonnée jusqu'au cou..."

La célibataire endurcie: "... Quand on est jeune, une certaine inconscience ou le désir viscéral de trouver son partenaire est plus fort que l'hésitation à s'engager. En tout cas, plus le temps passe, moins je me vois faire de la place à une brosse à dent étrangère dans ma salle de bains! Ni conditionner le moindre de mes mouvements par le consentement de quelqu'un! A me battre pour la possession de la télécommande! Non, après tout, je n'ai pas fait toutes ces concessions à la vie, pour me retrouver avec un mari vieillissant et acariâtre, à classer ses chaussettes dépareillées et à repasser ses slips kangourous tue-l'amour..."

L'abandonnée: "... Je l'observais à faire le beau devant une jeune collègue, célibataire, la trentaine à peine, la working girl dans toute sa splendeur. Regardez-le! Ridicule... Il frétille comme un poisson dans le filet... Il y était, d'ailleurs, dans le filet de cette blondasse, vulgaire et scandaleuse! Ou alors, il n'y avait que moi qui la trouvais vulgaire... Parce qu'elle était plus jeune et plus fraîche que moi, qu'elle traînait derrière elle un parfum de nouveauté que je n'avais plus depuis vingt ans... Je le voyais, avec le trac du jeune homme à son premier rendez-vous, mais ce trac ne s'adressait plus à moi... Il était comme rajeuni. Il brillait de ce petit feu intérieur que j'ai bien connu dans un passé lointain..."

L'amoureuse: "...Nous avons mis cinquante ans à nous découvrir, à nous séduire, oui, je peux le dire, inlassablement… Je connaissais chaque centimètre carré de son corps, accueillant et familier… Au lieu de m’en lasser, cette intimité si rassurante demeurait une source de plaisir renouvelé et réciproque. Pas question de routine sans âme, en pensant à autre chose, et surtout pas à quelqu’un d’autre !...    

Nos corps ont changé petit à petit, sous les yeux de l’autre, et cette lente métamorphose devenait familière, une nouvelle source de tendresse. Oui, je l’ai aimé avec les cheveux en moins, les kilos en plus, avec la même flamme dans le regard que je parvenais encore à susciter. Il était là, le jeune homme, inchangé, dans cette petite flamme qui nous rappelait si généreusement notre jeunesse…"

 

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Hasards...

18 Septembre 2018, 10:01am

Publié par Flora bis

 

Le hasard existe-t-il? Cette question tracasse l'humanité depuis une éternité.

Elle me tracasse aussi, un peu plus, depuis hier après-midi.

Hasard heureux  -  ou malheureux. Nous acceptons volontiers le premier, sans chercher plus loin. Le second, plus traumatisant, pose la question de son essence: y a-t-il une cause secrète  invisible, une volonté divine cachée?... Einstein lui-même ne l'aurait-il pas légitimée ainsi: "Le hasard, c'est Dieu qui se promène en incognito" ?...

Les hasards gouvernent ma vie depuis bien longtemps. Si je remonte aux commencements: depuis la rencontre fortuite de ma mère et de mon père, en 1945, dans la rue d'un village improbable, au crépuscule, à l'autre bout du pays où la fin de la guerre a mené mon père, en militaire dépenaillé, à la recherche d'un verre de lait. De pures coïncidences... Existent-elles vraiment?

Souvent, sous forme de plaisanterie, j'introduis un ange gardien dans ce manège hasardeux qu'est notre vie. Lorsque sa maîtrise nous échappe, un imprévu malheureux nous fait frôler la catastrophe. Si nous ne faisons que de la frôler, c'est grâce à la vigilance bienveillante de notre Ange gardien! Je crois que le mien n'a pas d'ailes, je ne peux même pas le décrire. D'ailleurs, même si je pouvais, je ne le ferais pas. Ca ne se livre pas, un Ange gardien.

Sur ce blog, j'ai relaté plusieurs épisodes de ces dernières années où il m'a rattrapée in extremis (endormissement sur l'autoroute, chute dans la cave, fracassement d'une porte de garage au bout d'une pente en Smart etc, etc...) Rien que ces quelques dernières années. En y repensant, il y a eu d'autres sauvetages miraculeux, depuis bien longtemps. Depuis que je suis née. Commençant, d'ailleurs, par ma naissance.

La journée d'hier a mal commencé. La nouvelle du décès prématuré d'un de mes anciens élèves (à 51 ans) m'a perturbée. Sur F-B, les hommages spontanés, émus et bouleversés pleuvaient littéralement. Pourquoi faut-il mourir pour savoir à quel point les gens vous estiment?... Quand vous ne pouvez plus l'entendre, de toute façon.

En descendant de l'étage, j'ai raté les deux dernières marches de l'escalier. Je suis tombée lourdement sur le dos, ma tête a frappé le carrelage du couloir (très dur!)... Commotionnée, mais vivante. Une fois de plus.

 

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Un anniversaire

15 Septembre 2018, 10:46am

Publié par Flora bis

 

Le dixième...

Les blogs intéressent-ils encore les gens? 

Je m'aperçois que le mien a eu 10 ans cet été, en juillet. Je me souviens de l'enthousiasme avec lequel je l'ai inauguré, tremblant presque de l'émotion de m'exposer ainsi... Exposition pourtant bien modeste, parmi les millions de blogueurs!...

Depuis, tout s'est accéléré dans le monde de la communication démocratisée. Instantanée.  On parle déjà de l'obsolescence de Facebook, succès planétaire de la décennie passée. Pas assez rapide, pas assez superficiel pour la génération des "zappeurs", survolant, insatiables, les nouveautés à se mettre sous la dent à chaque instant, s'arrêtant à peine pour digérer la précédente bouchée... 

Tout cela me donne le tournis, une frustration de plus en plus forte, un besoin profond de m'arrêter, de descendre du manège fou, pour réfléchir un peu... Mettre les sensations en perspective, à leur place en moi.  Revenir à l'immobilité suspendue de l'instant...

(dessin: R.T.)

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Tentative de reprise...

5 Septembre 2018, 18:09pm

Publié par Flora bis

    Le pianiste a les doigts engourdis, les articulations du danseur grincent... Cela fait bien longtemps qu'ils négligent les exercices quotidiens, par la force des choses... Les réflexes, les souplesses s'estompent. Les réveiller demande du temps et du travail acharné.

   Difficile de retrouver le chemin vers le portrait, surtout le portrait d'enfant. C'est un genre délicat qui demande à la fois de la précision (nécessaire ressemblance !) et en même temps, il ne faut surtout pas charger le dessin, sous peine de le "vieillir"... Un petit millimètre d'erreur et ça "sonne" faux... On y revient, on s'obstine mais avec le portrait, c'est souvent la fraîcheur du premier trait pur et spontané  -  s'il est juste  -  qui marche sinon c'est l'acharnement aussi vain qu'épuisant... Il vaut mieux tout recommencer, le plus souvent, après un temps de repos pour l'oeil.

   Avec quelques amies, nous avons décidé de créer un petit atelier chez l'une d'elle. A. peignait à l'huile, L. à l'acrylique, M. à l'aquarelle et moi-même, je suis revenue vers la sanguine... Chacune faisait librement ce qu'elle voulait, l'essentiel étant que l'énergie mystérieuse du désir de créer circule parmi nous. En tout cas, l'envie de persévérer est née.

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