Le blog de Flora

De l'art contemporain...

20 Mars 2012, 18:05pm

Publié par Flora bis

Redon araignée souriante Il y a quelques jours, je suis tombée sur l'intervention d'André Comte Sponville au Salon de l'Art contemporain de 2009. D'entrée, il remet en cause l'appellation même: autrefois, on disait "beaux-arts". Fallait-il effacer la beauté? Pourquoi les galeries (= le commerce, la spéculation) ont-ils instauré leur diktat au détriment des critiques d'art? Comte Sponville affirme que, contrairement aux sciences, la notion du progrès relève du non-sens dans le domaine des arts. Un artiste n'est pas plus avancé dans la hiérarchie des valeurs simplement parce qu'il est né quelques siècles plus tard. Ainsi, Leonardo da Vinci reste un génie et Daniel Buren est nul, même s'il est plus "moderne".

   Parfois, cela fait du bien d'entendre des propos iconoclastes. Depuis les critiques virulentes contre les impressionnistes, nous sommes tous devenus très prudents avant de descendre en flamme une oeuvre qui, à nos yeux, frise le simple ridicule, la supercherie ou la provocation... Qui ose affirmer à haute voix: "L'empereur est nu ! "?...

   Cependant, je serais beaucoup plus réservée à balayer tout l'art moderne d'un revers de main. Si la chronologie n'établit pas une hiérarchie de valeurs, elle influe sur le mode d'expression. Il est difficilement imaginable de peindre ou sculpter au 21e siècle de la même façon qu'au 15e. L'art se nourrit de son époque, de la sensibilité de celle-ci. De nos jours, les bouleversements surviennent avec une rapidité et une radicalité inouïes: ce qui aurait mis auparavant un siècle à arriver, passe avec fulgurance en une décennie à peine. Pour moi, l'art moderne reflète cet état d'esprit déstabilisé en permanence de notre époque, en recherche perpétuelle de repères...

   L'ennui est que dans le brouhaha des affrontements entre "réactionnaires" et "modernes", le simple quidam qui aimerait comprendre, trouve relativement peu d'arguments concernant les critères qui permettraient de juger la qualité d'une oeuvre. Le goût seul ne suffit pas. Je peux reconnaître la valeur d'un artiste qui ne m'est pas proche. (Par contre, il est improbable qu'un autre me plaise alors que je le jugerais mauvais...) Derrière le succès, on soupçonne les spéculations des galeries omnipotentes, faiseuses et défaiseuses de génies plus ou moins éphémères, et beaucoup de snobisme des acheteurs. (Respect à l'exception!) Ne boudons pas notre sensibilité. Pour moi, l'art est éminemment sensuel: en premier lieu, il doit s'adresser à mes sens et non pas à mes capacités de "conceptualiser" la démarche tortilleuse de l'artiste. Plus une oeuvre nécessite de liasses de feuilles d'explication, plus elle me fait fuir!   

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Les bateaux de croisière à Venise...

13 Mars 2012, 12:08pm

Publié par Flora bis

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   Non, vous ne rêvez pas! Du moins, moi, ça ne me fait pas rêver du tout! Le bâtiment (dans tous les sens du terme) qui barre la vue sur la Lagune, au bout de la place San Marco à Venise, est bel et bien un bateau de croisière! On pourrait presque jeter la passerelle sur le quai pour que nos chers touristes n'aient pas trop de chemin à faire jusqu'à leurs couchettes et piscines à bord...

   Nous en avons discuté avec notre gondolier. Pourquoi tolérer le ravage de la Lagune par ces monstres à la mode, ces mastodontes pour ploucs "tout-en-un"?... Il nous a dit qu'il y avait eu des pétitions contre. Les croisiéristes ont opposé l'ultimatum: c'est cela où ils éviteraient la ville et ne déverseraient plus désormais leurs hordes friquées en casquettes-bermudas sur les quais...

   La municipalité a abdiqué...

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Simone de Beauvoir (1908 - 1986) * Citations

12 Mars 2012, 12:29pm

Publié par Flora bis

images-copie-1.jpeg  La Journée de la Femme est derrière nous... Dans le monde entier, le nom de Simone de Beauvoir représente un des symboles du combat pour la reconnaissance de l'égalité entre les femmes et les hommes. Son ouvrage "Le deuxième sexe" est un choc, un début de prise de conscience pour beaucoup d'entre nous, donc éminemment subversif en son temps sinon actuellement encore... Bien sûr, la meilleure façon de s'imposer dans ce domaine est de relever les défis avec un esprit aussi brillant que le sien...

Notons que le choix des citations n'est jamais dû tout à fait au hasard!

 

La fatalité triomphe dès qu'on croit en elle.

L'écrivain original, tant qu'il n'est pas mort, est toujours scandaleux.

On ne peut rien écrire dans l'indifférence.

C'est dans l'Art que l'homme se dépasse définitivement lui-même.

La parole ne représente parfois qu'une manière, plus adroite que le silence, de se taire.

Ils se contentent de tuer le temps en attendant que le temps les tue.

La mort semble bien moins terrible quand on est fatigué.

 

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Adieu, Cahier Rouge, bienvenu, Cahier Noir!

6 Mars 2012, 16:50pm

Publié par Flora bis

cahier-rouge_NEW.jpg Page 225. La dernière de mon Cahier Rouge que j'ai cité parfois sur ce blog. Commencé il y a presque 3 ans, le 12 mars 2009, au Salon du Livre de Paris. 225 pages remplies d'une écriture très serrée, légèrement penchée vers la droite, au feutre noir. La couverture a passablement souffert des nombreux voyages qu'il a effectués en ma compagnie, fidèle, partout. Nous ne nous sommes jamais déplacés l'une sans l'autre  -  surtout lui, évidemment!... Sur la couverture rouge, il y a des numéros de téléphone notés à la hâte, des explications sur les voyelles de la langue hongroise et même quelques gribouillis de ma petite-fille Alice  -  preuve que le Cahier restait toujours à portée de main... Voici la dernière note:

4 mars dimanche 2012: je suis assise devant cette dernière page de mon Cahier Rouge. Moment émouvant. Commencé il y a 3 ans, presque jour pour jour, au Salon du Livre de Paris. Le dernier que je pratique activement, sur le stand du Nord-Pas-de-Calais. Comme si l'écriture devait vraiment remplacer désormais toute autre activité. Le début de l'enfermement. En moi. Introspection, exploration. Celle de la langue aussi. D'autres aventures, un jour, j'espère... un peu. Là, 22 h 10, je n'ai même pas ouvert la télé, je savoure le calme, le silence. Mes chéries sont belles, adorables. J'ai été heureuse d'avoir passé tout ce temps avec elles. Mais je suis épuisée... Et je ne le regrette surtout pas! Je me délecte de la liberté de ne pas être sollicitée pendant ces quelques heures! Comment ai-je fait pendant tant d'années?... Si ça continue comme ça, je finirai au couvent, mieux, en ermite... Car au couvent, on a encore des obligations!

Ce cahier touche à sa fin. 3 ans de ma vie, de mes réflexions assez fidèlement consignées. Bientôt, j'en entamerai un nouveau. Ce qui est sûr, c'est que le désir désormais indispensable de l'écriture demeure.

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Et voici le nouveau cahier...  240 pages. Entamé Le mardi 6 mars 2012. Arriverai-je au bout? Et dans quel état? Il contiendra mes élans spontanés  -  comme ça vient  -  et indispensables pour "fixer le temps, du moins s'en donner l'illusion". Il me permettra, comme le précédent, de revenir en arrière, de temps en temps, pour jeter un regard sur ce "moi" de quelques années plus tôt... De vérifier si j'ai "grandi" en sagesse, en sérénité dans ce cheminement vers la fin du voyage. Car le but est un peu cela aussi, inutile de se voiler la face: acquérir le sentiment d'avoir bien rempli le temps qui restait, que ce soit 30 ans, 20 ans ou encore moins... Par bonheur, nous ne le savons pas.

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De Goffette, une fois encore...

5 Mars 2012, 17:38pm

Publié par Flora bis

un-ete-autour-du-cou-guy-goffette-9782070427062.gif  Ce roman, écrit par un poète, paraît en 2001 aux éditions Gallimard où travaille l'auteur lui-même. Selon ses mots, il a porté cette histoire terrible durant des années avant de la laisser prendre forme. Un hommage aussi à un moment sensible de la préadolescence qu'il évoque avec une justesse délicate.

   Simon, le petit campagnard rêveur de douze ans rencontre les choses de la sexualité d'une façon tellement brutale qu'il en reste marqué, sinon anéanti pour la vie. Monette, de trente ans son aînée, l'envoûte, l'attire à sa perte qu'il pressent, ne l'imaginant pourtant pas. "... s'il m'avait aimé avec sa voix seulement, du bout des lèvres, susurrante et mouillée, câline comme un creux d'herbes moussues, de quoi m'ouvrir lentement au mystère de la femme, au lieu de me jeter sa chair nue à la figure et m'obliger à y boire, la tête maintenue dans le feu du torrent, moi qui ne connaissais que l'eau du robinet..." Le viol commis par une femme, cette double transgression qui détruit à la fois l'icône protectrice de la mère et celle de la jeune fille de ses rêves, laisse un homme solitaire, consumé de l'intérieur, incapable d'éprouver des sentiments...

   Le langage de Guy Goffette est celui d'un poète: déferlante vague poétique qui vous submerge et qui vous éblouit de sa justesse et de sa sensualité. Des phrases interminables, qui d'ailleurs ne se terminent pas, lorsqu'elles sont chargées de cette plainte sans fin d'une vie gâchée: "... si elle m'avait enveloppé en douceur dans sa voix de renarde, traînante comme la steppe, le temps que s'arrondissent au fond de ma gorge l'accent et le souffle, jusqu'à ce qu'ils me deviennent naturels et familiers comme un galet longtemps poli par la mer, le même que celui que je serrais dans ma poche en la regardant, chaud et moite et presque fondant tout à coup, au lieu d'en remettre comme elle avait fait sur la langueur et le rauque d'une sirène de lupanar..."

d'après mon article dans "Hauteurs" N° 13,  mars 2004

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Portrait du poète Guy Gofette (encre et pierre noire, 2004)

27 Février 2012, 13:21pm

Publié par Flora bis

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"Le frontalier que je suis est un animal bizarre, du genre bipède à poil rare. Qu'il arpente ses collines ou le trottoir des villes, on le reconnaît à son allure: le front haut et tourné vers les nues, il marche à grandes enjambées sans jamais se retourner comme s'il fallait à tout prix passer la frontière avant la nuit. Quelle frontière? Celle qui a tôt fait de s'installer en lui s'il s'arrête. Aussi ne tient-il pas en place. Toujours entre deux gares, deux fleuves, ne connaissant ni la satisfaction béate des "assis", ni l'ennui des repus. Toujours de passage et ne s'attardant que pour le partage amoureux et l'amitié. Sans regret sinon sans remords quand il se remet en route, il est fidèle et revient sans cesse. Et puis il écrit beaucoup de cartes postales qu'il oublie d'envoyer et qui, rassemblées, finissent par faire des livres qui continueront peut-être après lui à passer les frontières."  

(Guy Goffette in la revue "Hauteurs", mars 2004)

portrait par T. R. (flora) pour la revue "Hauteurs"

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Maisons d'écrivains * Marguerite Duras

21 Février 2012, 18:19pm

Publié par Flora bis

 Muriel V. m'a offert un petit livre qui lui sert de véritable Bible, dirais-je si ce n'était pas un blasphème à ses yeux... Il s'agit de "Écrire" de Marguerite Duras, paru aux éditions Gallimard en 1993. La partie intitulée "Écrire" fait une quarantaine de pages.

  A priori, je ne suis pas une fan de Duras, même si j'ai lu et aimé quelques uns de ses livres. Son écriture dérange et c'est plutôt une qualité à mes yeux. C'est une leçon de dépouillement de tout ornement si tentant dans l'ivresse des mots. On a l'impression qu'elle taille son écriture dans sa propre chair...

   "On ne trouve pas la solitude, on la fait. La solitude elle se fait seule. Je l'ai faite. Parce que j'ai décidé que c'était là que je devrais être seule, que je serais seule pour écrire des livres. Ça s'est passé ainsi. J'ai été seule dans cette maison. Je m'y suis enfermée  -  j'avais peur aussi bien sûr. Et puis je l'ai aimée. Cette maison, elle est devenue celle de l'écriture. Mes livres sortent de cette maison. (...) 

   Ça rend sauvage, l'écriture. On rejoint une sauvagerie d'avant la vie. Et on la reconnaît toujours, c'est celle des forêts, celle ancienne comme le temps. Celle de la peur de tout, distincte et inséparable de la vie même. On est acharné. On ne peut pas écrire sans la force du corps. Il faut être plus fort que soi pour aborder l'écriture, il faut être plus fort que ce qu'on écrit. C'est une drôle de chose, oui. C'est pas seulement l'écriture, l'écrit, c'est les cris des bêtes de la nuit, ceux de tous, ceux de vous et de moi, ceux des chiens. c'est la vulgarité massive, désespérante, de la société. La douleur, c'est Christ aussi et Moïse et les pharaons et tous les juifs, et c'est aussi le plus violent du bonheur. Toujours, je crois ça. (...)

   L'écriture, c'est l'inconnu. Avant d'écrire on ne sait rien de ce qu'on va écrire. En toute lucidité. (...)

   Si on savait quelque chose de ce qu'on va écrire, avant de le faire, avant d'écrire, on n'écrirait jamais. Ce ne serait pas la peine. 

   Écrire, c'est tenter de savoir ce qu'on écrirait si on écrivait  -  on ne le sait qu'après  -  avant, c'est la question la plus dangereuse que l'on puisse se poser. Mais c'est la plus courante aussi.

   L'écrit ça arrive comme le vent, c'est nu, c'est de l'encre, c'est l'écrit, et ça passe comme rien d'autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle, la vie."

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Marilyn, un fantasme incarné

18 Février 2012, 17:46pm

Publié par Flora bis

images.jpeg Je regarde en rafale 750 photos de Marilyn Monroe. Toujours le même sourire à pleines dents d'une blancheur aveuglante, irréprochables, entre les lèvres écarlates. Une blondeur peroxydée faisant disparaître la fille quelconque d'origine qui avait une telle envie de revanche sur le mauvais sort... Toujours la même cambrure mise en évidence, accentuée, offerte. Tout comme le décolleté généreux dont on se demande les astuces, tant la poitrine semble menue sur les photos de nu. Des yeux de biche lourdement soulignés de noir, rieurs et parfois perdus... Marilyn joue la séductrice avec l'objectif aussi. Tout cela semble tellement calculé et pourtant, les hommes tombent invariablement dans le panneau, même 50 ans après sa mort.

   Je me souviens avoir risqué quelques remarques critiques devant des amis, dans mon innocence dictée par l'objectivité. Son point faible, indéniablement, ce sont ses jambes. Les genoux disgracieux, les jambes à l'avenant.  Un petit bourrelet au ventre qui serait impitoyablement gommé par les "photoshop" de nos jours... mais que je trouve presque attendrissant: cela la rend humaine. Le bout de son nez serait aussi corrigé: ce petit empâtement retroussé serait effacé selon les canons du moment...

images-2 J'ai essuyé une volée de bois vert: "Tu es tout simplement jalouse comme toutes les bonnes femmes!" Les hommes seraient-ils dépourvus d'un minimum d'objectivité?  En quoi Marilyn incarne-t-elle cette quintessence de la féminité qui les rendrait aveugles? Et qui a fait dire à l'austère Arthur Miller, un de ses maris, cette phrase d'un vocabulaire étonnement réduit de la part d'un grand écrivain: "Elle était tout à fait femme, la femme la plus fémininement femme du monde." 

   Oui, je pense que ses admirateurs masculins ne cherchent pas l'objectivité. Le fantasme n'a pas envie d'être dégrisé, le regard embué d'admiration a horreur d'être dessillé. Marilyn reste tour à tour provocante, leur donnant une pulsion obscure de se jeter sur elle, ou bien petite fille perdue éveillant l'instinct protecteur du mâle...

   J'observe le rire éclatant, les poses provocantes. J'ai envie de la voir au saut du lit, sans maquillage, le regard vrai, sans le calcul de son effet. Il n'y a pas une seule photo de ce genre ou elle a été détruite. Marilyn est morte avant ses 40 ans, elle ne sera jamais vieille...

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Oeuvre de Gilbert * Miniatures

16 Février 2012, 11:54am

Publié par Flora bis

-Miniatures--couv._NEW.jpg     LAMELLE

   Les banques de données américaines rendent accessible au monde entier l'étude d'un corps humain sous toutes ses coutures. Médecins, curieux et amateurs de sciences peuvent pénétrer dans chaque organe, l'étudier en trois dimensions, l'analyser. Pour obtenir ce résultat, un criminel mort en prison a été découpé en 1871 lamelles, de la tête vers les pieds.

   Je propose d'aller plus loin, de créer une société à but bien lucratif chargée de tronçonner toutes les célébrités puis de les vendre en tranches. A chaque spectateur de "Jurassic Park", l'ouvreuse proposerait un morceau du vrai Spielberg, sous cellophane. Le prix Goncourt se distinguerait, outre le traditionnel bandeau rouge, par une petite pochette où le lecteur trouverait un cheveu de l'écrivain, un ongle, un fragment de rétine. On pourrait déterrer les auteurs morts, les chanteurs, les actrices, les princesses de Galles, pour les mettre aux enchères.


   KIF-KIF

   Pour sa maîtrise en sciences du langage, Arnaud avait choisi un sujet très pointu: "La limite sémantique". L'expression était de lui et désignait "toutes les formulations qui, atteignant la limite d'un domaine précis, se retrouvaient équivalentes à une autre expression formant la marge du domaine voisin." Il parvenait à démontrer qu'un géant minuscule avait, à peu de choses près, la même taille qu'un très grand nain, qu'un débile peu profond pouvait atteindre l'intelligence d'un bachelier à peine moyen.

   Son travail s'arrêta le jour où il réalisa qu'un étudiant très spécialisé avait aussi peu de chances de trouver du travail à la sortie de l'université qu'un demandeur d'emploi sans aucune qualification.

Gilbert Millet: "Miniatures"  éd. Editinter  1999  



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Mimétisme (encre, 1998)

14 Février 2012, 11:09am

Publié par Flora bis

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