György SOMLYÓ (1920-2006) : La soirée d'adieu de Bartók (Bartók búcsúestje)

La soirée d'adieu de Bartók
En quittant sa petite et fameuse patrie,*
Il s'inclina, lui qui jamais ne s'inclinait,
Et regarda les mains lui faire une forêt:
Pas un public pourtant, mais une troupe amie,
Tout ce camp de guerriers que la musique unie
A la douleur avait levé, aguerrissait.
Amers plus qu'ils n'avaient été, ils apprenaient
Qu'il faut des actes vrais quand monte l'infamie,
Lui opposer la digue faite avec les mains,
Donner à la révolte un nom qui soit commun,
Ouvrir cette prison pour tous, les lèvres closes...
Mais déjà le proscrit s'arrachait de chez lui;
Nous aussi nous faisions presque la même chose,
Avec pour lieu d'exil notre propre pays.
traduit par l'auteur
* allusion à une chanson populaire recueillie par Bartok
Bartók búcsúestje
Indulóban a híres kis hazából,
meghajtotta sosem-hajló fejét.
Nézve a kezek zúgó erdejét,
nem is közönség volt ez – harci tábor,
mely a zenétől s közös bánatától
egyszerre megsejtette erejét,
s ily keserűn már nem érezte rég,
hogy tett kellene most, tett a javából.
A vésznek, amíg lehet, szegni gátat,
közös nevet adni a lázadásnak,
feltörni börtönét és merev ajkát…
De már indult a bújdosó világgá.
S mentünk mi is, ki-ki amerre várt rá
a külön kis hazai hontalanság.
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