Le blog de Flora

L'été, enfin!

16 Août 2012, 18:28pm

Publié par Flora bis

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   Mon jardin-mouchoir de poche s'épanouit timidement comme si lui non plus, il n'osait y croire: l'été est-il vraiment arrivé, pour de bon et non pas de façon trompeuse, pour un jour ou deux?... 

   Pour sûr, le jardin n'a pas souffert de sécheresse! Le tuyau d'arrosage acheté au printemps n'a jamais quitté son emballage... Les boutons des roses se fanaient sans pouvoir s'ouvrir, par manque de soleil. Ils se recroquevillaient, tristes et frileux, à mon image...

   J'aimerais que la saison se rattrape en nous offrant un bel été indien qui dure au-delà de mon anniversaire (mi-octobre)! Ce serait un beau cadeau qui me comblerait!

DSCN0855.JPG Cette petite fleur vient du jardin de ma mère. Elle a beaucoup insisté pour que j'emporte des graines dans mes bagages; sans doute était-elle heureuse de savoir un bout du pays ainsi avec moi.

   Petite fleur immigrée, transplantée dans un sol étranger... On ne lui a même pas demandé si elle en avait l'envie et le courage. Il lui faudra désormais, pour s'épanouir, s'habituer à la saveur différente du sol, aux parfums inconnus de l'air et au soleil parcimonieux... Sans parler du son de la cloche de l'église voisine qui entonne le soir: "Au clair de la lune, mon ami Pierrot..."

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Face-Book contra blogosphère

14 Août 2012, 18:33pm

Publié par Flora bis

   Un air de vacances plane sur la blogosphère, si ce n'est le signe d'un mal plus insidieux, plus grave... Du désintérêt, peut-être.

Num-riser0007.jpg   Il y a un an, j'ai ouvert un compte FaceBook, après des mois d'hésitation.Il est vrai que F-B n'a pas très bonne réputation. Plus encore, je ne voulais pas suivre le troupeau, quasi par obligation, sous prétexte que tout le monde y est. J'ai succombé quand-même à la tentation... Une nouvelle porte s'est ouverte, avec la possibilité de fréquenter des gens nouveaux (surtout des peintres extraordinaires, pour ma part). 

   Je ne suis pas adepte des records à battre quant au nombre de mes "amis"... Plutôt sélective. Je laisse venir les choses. Je préfère un petit nombre mais des relations de qualité.

   F-B permet d'être extrêmement réactif:un clic et vous donnez votre avis précieux (du moins pour vous). L'événement passe en un éclair. Remarque-t-on votre absence? Pas sûr. A notre époque où le zapping est roi, c'est sans doute là que réside son succès. Il faut sans cesse du nouveau à se mettre sous la dent. Il n'y a pas le temps (ni la demande...) pour le développement d'un raisonnement, la plupart des visiteurs ne suivraient pas au-delà de quelques lignes, surtout, sans image accrocheuse à l'appui.

   C'est pour toutes ces raisons que j'aime les blogs. Vous pouvez prendre votre temps pour écrire, publier quelque chose de plus abouti, du moins en avoir la prétention immodeste. Mais qui prendra encore le sien pour le lire, et, plaisir ultime pour l'auteur de la bouteille à la mer, pour laisser un commentaire, preuve de son intérêt pour la petite bafouille venue du coeur?...  

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Joie de vivre - et religion...

4 Août 2012, 17:53pm

Publié par Flora bis

images-1-copie-2.jpeg   Je regarde une émission sur LCP au sujet de l'Egypte d'aujourd'hui, un an après le printemps plein d'espoir d'une évolution démocratique. Les religieux ont pris la place restée vacante, les Frères Musulmans, jugés trop mous, sont poussés par les extrémistes salafistes, financés ouvertement par l'Arabie Saoudite... Le pays plutôt paisible semble en ébullition.

   Aux années 80, nous avons fait un voyage de dix jours à travers l'Egypte, d'Alexandrie à Abou Simbel, en avion, en bateau et en felouque. Le voyage le plus extraordinaire à travers le temps! Les monuments gigantesques me fascinaient, témoins immobiles des millénaires, oeuvres du génie humain, érigés par son aspiration à la spiritualité. Une religiosité complexe, avec une place singulière réservée à la mort et à l'au-delà.

   Du Caire surpeuplé, il me reste des images d'une circulation inextricable, celles d'une architecture chaotique, envahissant le désert jusqu'aux pieds de Khéops... Les millions d'habitants investissant même les cimetières. Un peuple souriant et agréable, tolérant. Sur le visage de Sadate qui avait tendu la main à Begin, j'ai découvert les traits des dieux nubiens. La danse et le chant étaient des arts traditionnels et séculaires. Ils se retrouvent menacés maintenant par le fanatisme religieux.

   J'observe la figure de l'avocat qui mène la croisade contre les chanteuses et danseuses, au nom de la morale dictée par sa conception de la religion. J'essaie de comprendre sa pensée. Son visage immobile, ses petits yeux intraitables prononcent la sentence: il faut préserver les bonnes moeurs car une femme non voilée incite au péché... Chant et danse sont oeuvre du diable... Ce dernier semble inspirer une grande peur à ce monsieur par ailleurs si autoritaire!

   Le prédicateur salafiste barbu, filmé dans la rue, avec ses propos et son visage qui ne respirent pas franchement la finesse et la complexité de la réflexion, est plus violent, prêt à en découdre avec la première chevelure féminine visible! Une femme ne doit pas exposer la moindre parcelle de son corps aux regards forcément concupiscents, seulement 'à son légitime propriétaire... Je me demande sans cesse: de quoi a-t-il peur? De quoi a-t-elle peur aussi, la doctoresse en études coraniques, emballée de pied en cape, en expliquant la nécessité de cacher le corps féminin? A qui ne font-ils pas confiance? A la femme qui, maintenue en laisse courte, aspire forcément à la liberté?... Ou bien, à eux-mêmes... Pourquoi une femme normalement vêtue inciterait-elle la meute des mâles à se jeter sur elle? Pourquoi, sinon à cause d'une frustration massive organisée au nom de la religion...

   Pourquoi les religions monothéistes ont-elles tendance à coupler péché et sexualité? Alors qu'une saine conception de la vie ne doit pas exclure la joie. Sous toutes ses formes.

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Rangements et pieds de plomb...

21 Juillet 2012, 11:43am

Publié par Flora bis

   Je ne pensais pas être aussi dépendante du soleil, du moins de la lumière! Depuis de longs mois,  -  excepté la fulgurante et prometteuse semaine de fin de mars  -  nous sommes plongés dans un temps maussade, pluvieux, automnal, avec la température à l'avenant. Le niveau de ma sérotonine doit être au plus bas... J'ai dû épuiser mes réserves. J'ai du mal à bouger, ayant l'impression de traîner des boulets de plomb attachés aux pieds comme les prisonniers des temps jadis...  

   Par contre, au moindre regain du beau temps, l'énergie me revient immédiatement, avec des envies de tout remuer et de rattraper les mois d'asthénie... Hélas, cela retombe aussitôt, faute de carburant... Il n'est pas étonnant d'avoir en tête l'image stéréotypée des Scandinaves moroses, voire suicidaires!

Numeriser0009-copie-1.jpg Ranger un placard encombré des vestiges du passé est particulièrement pénible et lent dans ces conditions. Le temps s'arrête. Je trie les vêtements d'un autre âge qui était le mien il y a quelques années. Tiens, ma robe de mariée que j'ai dessinée moi-même, il y a 39 ans... Un modèle qui devait pouvoir se remettre par la suite. Mais remet-on vraiment une robe de mariée?... 

   Une amie ne cesse de me faire de petites allusions sur les personnes qui restent figées dans le passé, insensibles à la vie qui continue. Sans elles. Cette amie, de ma génération, vient de rencontrer le grand amour, après quelques années de solitude. Bien que je l'aie assurée de ma totale neutralité sur la question (je suis très contente pour elle!), de mon respect du libre choix de chacun, elle insiste... comme pour se justifier, même inutilement. 

   Le deuil a ses stations. Il ne faut pas être pressé  -  ni presser personne  -  à les franchir. Je trie les pulls de Gilbert: ils faisaient tellement partie de son image! Au bout de 6 ans, je vais pouvoir tout débarrasser en les donnant à des gens qui en auront encore l'usage. Débarrasser... ce mot m'agresse encore. On débarrasse les déchets inutiles, encombrants. Lui ne m'encombre pas. Il devient de plus en plus immatériel.

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Françoise Héritier : Le Sel de la vie

16 Juillet 2012, 11:22am

Publié par Flora bis

419rGxAgj8L. SL500 AA300 C'est un petit livre d'à peine 90 pages et il se retrouve parmi les meilleures ventes depuis des mois, faisant un clin d'oeil à des mastodontes à chiffres de la jungle éditoriale! Moi-même je l'ai découvert dans l'émission de François Busnel, "La Grande Librairie". Cette émission, entre parenthèses, commence à asseoir son statut, bien mérité, d'émission littéraire populaire et exigeante, ce qui faisait défaut depuis Bernard Pivot. Je pense avoir compris la raison de son succès (et celle des tentatives avortées jusqu'ici): Busnel aime les écrivains, tout comme son illustre prédécesseur, et il les considère avant tout comme un lecteur averti et non pas leur concurrent...

   Françoise Héritier est une scientifique, anthropologue, professeur honoraire au Collège de France, élève de Claude Lévi-Strauss. Cette petite femme de près de 80 ans, pétillante d'esprit, nous livre une "fantaisie", comme elle la définit, écrite entre le 13 août et le 10 octobre 2011, sous forme de lettres adressées à un ami. C'est quasiment une seule longue phrase, une énumération sans début ni fin, "de sensations, de perceptions, d'émotions, de petits plaisirs, de grandes joies, de profondes désillusions,  parfois... Il faut voir dans ce texte une sorte de poème en prose en hommage à la vie."

   Dans cette énumération en infinitif impersonnel, le portrait de l'auteur se dessine toutefois en filigrane, sa sensualité, son appétit de vivre, sa sensibilité qu'elle partage avec nous, en les élevant au niveau universel. Un extrait (le choix est très difficile!): "... attendre à la terrasse d'un café, se dire qu'il faudrait faire de la gymnastique, penser parfois à respirer profondément, mettre à plat un trombone, monter à la main une mayonnaise ou des oeufs en neige, découvrir un fruit exotique délicieux, se remémorer les patois de son enfance ou des proverbes ou des savoirs, utiliser des mots justes qui surprennent, boire quand on a très soif, n'avoir jamais honte d'être soi..." Je pense que nous pourrions tous dresser notre liste jamais exhaustive, laissant libre cours à l'association des souvenirs. Car nous ne sommes pas seulement des êtres sociaux mais aussi des réceptacles d'émotions imprégnées. Elles ont contribué à construire l'être sensuel et émotionnel que nous sommes devenus. Le Sel de notre vie... Que serions-nous sans cet ingrédient essentiel?...

Françoise Héritier: Le Sel de la vie éditions Odile Jacob 2012

 

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Maison de retraite (encre, plume années 90...)

6 Juillet 2012, 09:27am

Publié par Flora bis

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Magda Szabó: LIBER MORTIS (extrait)

3 Juillet 2012, 18:27pm

Publié par Flora bis

533380_366364856762016_1096005710_n.jpg Magda Szabó que les lecteurs français connaissent surtout depuis 2003, l'année où elle a obtenu le prix Fémina étranger pour son roman "La Porte", s'est éteinte en 2007, à 90 ans, un livre à la main. "Liber Mortis" (Livre des Morts), un journal qu'elle a tenu entre 1982 et 1990, n'est autre qu'un cri de douleur incessante, inspirée par la mort de son mari, l'écrivain Tibor Szobotka, injustement mésestimé et condamné au silence par le régime communiste. Trente-deux ans de vie commune, un amour intense et réciproque la laissent inconsolable. 

 

 (...) Je t'aime. Je dois l'écrire encore, je l'écris sans cesse: je t'aime. Mon amour, mon chéri, ne t'éloigne pas de moi, ne laisse pas la douleur s'atténuer. Que je reste, tremblante, en pleurs, en détresse, celle qui était à toi, qui t'aidait à vivre, qui te tenait la main, qui était tout pour toi et pour qui tu étais tout. Je préfère la souffrance jusqu'à la mort, pourvu que tu m'aimes, pourvu que je puisse t'aimer. Fais-moi signe, il est minuit, je t'attends comme d'habitude. Fais-moi signe. A l'instant, tu as fait tomber une cuillère, tu dois être tout près. Je vais me laver, me brosser les dents, ouvrir le lit, puis j'attends. Peut-être rêverai-je de toi. Je dors si peu, malgré toutes ces drogues, six heures tout au plus, cinq plus probablement. J'ai encore maigri; pourtant, je dois continuer à vivre, trop de travail, de larmes aussi, et pas assez de nourriture. Mais je n'ai besoin de rien, c'est de toi que j'aurais besoin. (...)

traduit par R. T. 

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Faut-il rêver?...

1 Juillet 2012, 20:00pm

Publié par Flora bis

Ortak-y.jpg Hier soir, j'ai enfin pu regarder la rediffusion de "Faut pas rêver" de FR3 qui nous a fait voyager à travers la Turquie... L'occasion de constater à quel point la nostalgie était toujours au rendez-vous, intacte. Après 22 ans...

   Je me souviens de notre départ définitif, en juillet 1990, après un séjour de six ans. Notre voiture surchargée longeait les rives du Bosphore, par une journée ensoleillée. Je regardais la mer, étincelante, sillonnée par d'innombrables embarcations de toute taille, infatigables, et je pensais: il n'est pas possible que je voie ce spectacle que j'aimais tant, sans jamais m'en lasser, POUR LA DERNIÈRE FOIS! Et miracle: quelques minutes plus tard, nous nous sommes aperçus avoir oublié dans l'appartement d'Ata bey dont nous venions de rendre les clés, les sandwichs destinés pour le long voyage! Nous avons rebroussé chemin et ainsi, j'ai pu revoir mon cher Bosphore deux fois encore!

   Nous y sommes retournés six ans plus tard, invités au mariage de deux anciens élèves de Gilbert. Nous avons revisité les endroits jadis familiers, constatant les changements, nous nous sommes replongés dans le fourmillement multicolore et bruissant. L'émotion ne m'a pas lâchée. Cependant, quelque chose manquait pour que la magie puisse pleinement opérer: nous n'étions plus que des "touristes"! Nous étions privés de ce sentiment chaud et délicat de "chez nous". Nous étions de passage. J'ai eu l'intime et douloureuse certitude que je ne pourrais plus retrouver la chaleureuse familiarité avec les gens et les lieux, seulement ses miettes dissoutes dans les vagues de nostalgie qui ne cessent de m'étreindre, sans doute à jamais...

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Un bouquet pour Gustave... (Flaubert, 1821-1880)

27 Juin 2012, 17:12pm

Publié par Flora bis

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Qu'est-ce que l'esprit? Un regard aigu sur l'homme et son époque, sur sa bassesse et sa magnificence... Et surtout, un sens de la formule, pour que l'essentiel claque en quelques mots, comme un coup de fouet ou un étendard dans le vent... Flaubert en était un maître...

* Le souvenir est l'espérance renversée. On regarde le fond du puits comme on a regardé le sommet de la tour.  (très utile, par ces temps où la nostalgie fait des ravages ...)

 

* A moins d'être un crétin, on meurt toujours dans l'incertitude de sa propre valeur et de celle de ses oeuvres. (voilà ce qui me console terriblement...)

 

* Rien n'est humiliant comme de voir les sots réussir dans les entreprises où l'on échoue. (à moins d'avoir suffisamment de distance et de prendre de la hauteur...)

 

* Il ne faut pas toucher aux idoles: la dorure en reste aux mains. (distance, distance...)

 

* La parole est un laminoir qui allonge toujours les sentiments. (... et méfiance...)

 

Et pour finir, quelques perles du "Dictionnaire des idées reçues":

Érection: Ne se dit qu'en parlant des monuments.

Extirper:  Ce verbe ne s'emploie que pour les hérésies et les cors aux pieds.

Imbéciles: Ceux qui ne pensent pas comme nous.

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Destin * microfiction

23 Juin 2012, 17:02pm

Publié par Flora bis

DSCN0160 Parfois, ça tient à pas grand-chose. A-t-on le temps de se rendre compte de l'approche d'un tremblement de terre qui modifiera le cours des choses et le lit de la rivière?... Cela n'avait pas l'air d'un tremblement de terre. Petite secousse sans importance. Un simple oui ou non, et la vie prend une direction radicalement différente.

   Il était un grand garçon maigre, grosses lunettes d'écaille sur le nez qui agrandissaient encore ses yeux tristes. A priori, non, il ne l'attirait pas. Elle s'est efforcée à lui adresser la parole, comme ça, par politesse et aussi par pitié pour sa solitude gauche dans la salle bruyante et surpeuplée.

   Il s'est ravivé d'un coup, réveillé de sa léthargie défensive. Le sourire l'embellit, s'est-elle dit avec le contrecoeur allégé. Et sa voix est agréable, chaude, comme ses mains qu'elle a vaguement touchées en le saluant. Elle a noté au passage les doigts effilés et les ongles soignés, ignorant les poils noirs et frisés qui dépassaient de la manche de la veste. Un mauvais point, tant pis.

   Son humour, oui. Inhabituel. Il a une belle bouche, a-t-elle noté au passage. Pour elle, ce qui comptait, c'était la bouche et les mains. Les yeux, le regard venaient après, avec un brin de méfiance. Les yeux scrutent, peuvent capturer. Ou mentir. Les mains, la bouche, promesses d'une autre communion qui se passe de mots, les yeux clos... Mais ce serait bien plus tard qu'elle aurait tenté d'analyser tout cela. Beaucoup trop tard, de toute façon.

   Le petit jeu de séduction. Sur ce terrain, elle se sentait dans son élément. Elle maîtrisait le dosage, son tableau de chasse était conséquent. Elle savait lancer l'hameçon et tirer sur le fil, le relâcher quand il le fallait et le poisson ne manquait jamais de mordre.

   Il semblait une proie facile et elle ignorait encore que ce serait elle qui tomberait dans le piège.  

© Rozsa Tatar

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