Le blog de Flora

citations

Vague à l'âme de novembre

23 Novembre 2025, 14:39pm

Publié par Flora bis

   Je voudrais, avant tout, saluer le Visiteur (la Visiteuse) de mon blog qui, bravant la neige, le froid glacial et la déception, frappe à ma porte quasi tous les jours, pour vérifier si je suis encore vivante... Il paraît que oui.

   Ce n'est que mon troisième article en novembre; cela peut passer inaperçu à d'autres que moi. Dehors, il fait -2° et je rentre de chez le coiffeur. Cela fait plusieurs jours, voire semaines que je piétine devant l'obstacle et que je recule au dernier moment, saisissant tous les prétextes bons ou mauvais pour rester cloîtrée dans ma tanière. Cet après-midi, un soleil timoré m'a fait bouger du point mort. La coiffeuse a bien-bien allégé ma tête, du moins extérieurement.

   On dit que novembre est moche, que le froid nous donne envie de nous calfeutrer : la chaleur de l'abri fait prendre conscience de la chance d'en posséder un. Noël est encore loin, mais on a inventé le black friday pour nous distraire en dépensant nos sous, avec l'illusion de faire des affaires très malignes! Et la certitude d'être plus malin que les autres est un composant indispensable pour l'estime de soi d'un Français. Syndrome d'Astérix...

   Je réprime l'envie de déverser sur le lecteur des seaux entiers de mon spleen, mot que je croyais emprunté chez les romantiques anglais dont le pays brumeux et les habitudes culinaires offrent de véritables raisons d'être mélancoliques... J'apprends que le mot anglais "spleen" qui signifie "rate," provient du latin et du grec ancien "splen" désignant le même organe que la médecine ancienne supposait produire de la bile noire... Cette dernière, il est bien connu, ne donne vraiment ni bonne mine, ni bonne humeur!...

   Sans pouvoir à tous les coups engendrer des chefs-d'oeuvre à la Byron, Lamartine ou Baudelaire, Pouchkine ou Lermontov, la mélancolie ou vague à l'âme s'est répandue au 19ème siècle, teintée d'un certain romantisme noble. Par la suite, elle a donné naissance à un véritable mal des temps modernes : la dépression. Alors que le niveau de vie a augmenté dans des proportions extraordinaires, "la dépression est devenue un des fléaux du monde moderne d'autant plus tragique que nos sociétés hédonistes, qui exaltent la recherche du bonheur et les vertus de l'optimisme, marginalisent les dépressifs et excluent les perdants." (Georges Minois, historien) 

(illustration dessin R. T. 2006)

 

 

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Le chaos et l'Esprit des lois

2 Septembre 2025, 18:36pm

Publié par Flora bis

   Dites-moi, comment ignorer toutes les nouvelles anxiogènes qui pleuvent sur nous de partout?... Les déceptions, les incapacités et les malhonnêtetés dans le but de s'accaparer du pouvoir, les mensonges et les lâchetés devenus monnaie courante dans une vie politique sans envergure où tout est communication!... Si nous y ajoutons les soubresauts menaçants de la géopolitique, nous assistons aux convulsions de l'humanité en train de sombrer sur une planète qui suffoque...

   Que faire? S'enfermer chez soi, faisant l'autruche, sans ouvrir radio, télé, journaux, Internet?... Débrancher son téléphone et la sonnette sur la porte?... Je crains que ce ne soit pas tenable. Et puis, les événements vous rattrapent, de toute façon.

   Certains préparent d'arrache-pied le 10 septembre. Ce matin, je lis avec stupéfaction dans le journal le portrait d'un homme de 43 ans (marié, deux enfants) qui passe, selon ses dires, 90% de son temps (!) à mobiliser les gens autour de lui et cela, depuis des mois... (Je me demande au passage quand il travaille ou s'occupe de sa famille...) Il prépare le 10 septembre, la grande révolte venue d'en bas qui balayera ceux d'en haut qui nous oppriment. Remplacer par quoi ? Il ne le sait pas. Le peuple décidera coup sur coup, par la base. Le plus urgent : quitter l'Europe et l'euro avec, supprimer les partis politiques. (Tiens, ça me rappelle les discours d'un certain homme politique frustré que l'envie du pouvoir démange depuis si longtemps...)

   Il est évident que l'élite rejetée à ce point est pour quelque chose dans ce ras-le-bol violent. L'ennui c'est que l'homme interviewée dans mon journal a quitté l'école à 10 ans! Après un parcours chaotique, sa réflexion s'arrête à l'idée de la destruction. Sans comprendre que la direction d'un pays ne peut pas se faire à coup de slogans basiques et de table rase. Tout comme "l'élite" si décriée ne doit pas gouverner sans tenir compte de "la base".

   Et si on relisait notre bon vieux Montesquieu qui n'a pas perdu son actualité:

* C'est dans le gouvernement républicain que l'on a besoin de toute la puissance de l'éducation.

* La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent.

* (Le véritable esprit d'égalité) ne cherche pas à n'avoir point de maître, mais à n'avoir que ses égaux pour maîtres.

* L'esprit d'égalité extrêmeconduit au despotisme d'un seul.

Le chaos et l'Esprit des lois

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Sagesse ancienne

31 Mars 2025, 12:46pm

Publié par Flora bis

    Je continue à tailler l'érable et les rosiers, sans oublier l'hortensia et le viorne... J'avale au passage quelques doses de la délicate poudre jaune pâle qui tombe des branches, de quoi tousser le reste de la journée (cependant sans aucun effet psychédélique...)

   Je passe une semaine solitaire, stérile, avec beaucoup d'engourdissements, de torpeurs, de temps perdus. Je pense que les paresseux authentiques en tireraient une vraie jouissance, à la place de ma sombre culpabilité... J'essaie de m'obliger à accomplir des taches terre-à-terre, pas "intello" pour deux sous, physiquement plutôt pénibles  -  pour "débrancher" mon cerveau  -  ou plutôt pour le libérer?... Pour m'ancrer dans la réalité rassurante, toucher la glaise... au lieu de céder aux envies incertaines, aux contours flous, indéfinis (j'apprends par la suite que c'était Saturne qui m'avait empêché de bouger, en me mettant ainsi sous l'étouffoir... Le monde serait beaucoup plus simple si je pouvais y croire!).

   Pour tenter de me booster, je recopie quelques phrases pleines de force et de sagesse venues des personnes mortes depuis longtemps. Tiens, tous des hommes! Ils devaient connaître le secret :

"Les gagnants cherchent des moyens, les perdants des excuses." (F. Roosevelt) Je le reconnais mais ce n'est pas glorieux pour moi...

"Quand on ose, on se trompe souvent. Quand on n'ose pas, on se trompe toujours." (R. Rolland) Et vlan, je suis prévenue!...

"La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre." (A. Einstein) Eh oui!... Je ne suis pas remonté sur un vélo depuis au moins trente ans!...

"Soyez vous-mêmes, tous les autres sont déjà pris." (O. Wilde) Est-ce que cela me sauverait vraiment?...

"Le meilleur moment pour planter un arbre, c'était il y a 20 ans. Le second meilleur moment est maintenant." (Proverbe chinois.) Comme on sait, les proverbes chinois ont toujours raison. Leur grand âge, sans doute...

 

Glasgow qui connaît le secret
Glasgow qui connaît le secret

 

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Avec Montaigne...

31 Mai 2021, 16:47pm

Publié par Flora bis

    Depuis mercredi dernier, le jour de notre première sortie "terrasse" pour déguster des moules-frites en grelottant sous le chapiteau traversé par le courant d'air glacial, le temps s'est grandement amélioré. Il fait jusqu'à 28° dehors, et le jardin ressemble à une jungle foisonnante, les chats des voisins se cachent dans l'herbe en guettant les oiseaux à chasser. Je pense que cela ne durera pas longtemps, la météo nous annonce déjà au moins 3 jours de pluie pour la fin de la semaine.

  Des invitations, une réunion associative au bout de sept mois de confinement... Nous nous sommes retrouvés avec grand plaisir, malgré les masques et les distances imposés. On ne peux pas se serrer la main, se prendre dans les bras, sans parler d'embrassades  -  en masque, horribile dictu!  -  mais bon, c'est encore une période de transition... Patience... Il faut se préserver et préserver les autres. Il faut aussi espérer que cette patience et cette persévérance qui nous guident n'auront pas asséché complètement notre capacité de manifester nos émotions, notre affection envers amis et famille, que nous pourrons encore vivre le partage sans peur, sans méfiance, en écoutant Michel de Montaigne: "Tu ne meurs pas de ce que tu es malade; tu meurs de ce que tu es vivant."   

   Nous avons écouté un exposé sur "la peur", inspiré par la célèbre phrase de Montaigne: "C'est de quoi j'ai le plus de peur que la peur."  De quoi déclencher des échanges riches ! Les Essais de Montaigne, si modernes, si lumineux, constituent une source inépuisable de réflexions pour l'homme d'aujourd'hui, perdu dans un monde sans repères. Montaigne l'humaniste ne nous juge pas, ne nous culpabilise pas, il nous prend tranquillement par la main, nous disant: je vis ainsi, je pense ainsi, je partage avec vous "l'humaine condition". Je n'impose rien à personne, ceux qui m'aime me suivent  -  s'ils veulent!

 

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Début de canicule

6 Août 2020, 17:22pm

Publié par Flora bis

   La canicule promise depuis plusieurs jours est arrivée, il fait 34° ici, dans le Nord et on nous fait miroiter jusqu'à 37°- 38° pour le week end prochain... Je me réfugie dans la relative fraîcheur de la vieille maison, derrière les fenêtres closes et les volets baissés. Avec les années, on devient une petite chose fragile, à préserver, qu'il faut arroser de temps en temps, car elle ne sent même pas la soif...

   La seule soif que je ressens, c'est celle des mots... Je viens de lire un témoignage au sujet d'un poète hongrois, d'un talent instinctif mais terriblement nonchalant concernant ses créations... Souvent, il ne prenait même pas la peine de noter ses poèmes qui n'existaient que dans sa tête et s'évanouissaient de sa mémoire au fur et à mesure... Ses épouses admiratives (car il s'est marié plusieurs fois, pour les tromper sans limites, irrésistiblement), ont bien essayé de lui imposer un minimum de discipline créative: en vain. Il créait comme il respirait, sans effort, avec génie. Qui sait si avec un peu plus de sérieux, de travail et de profondeur, ne nous aurait-il pas laissée une oeuvre majeure?... Il est mort à 53 ans, d'une crise cardiaque, tirant sa révérence sur une vie  -  et une oeuvre  -  inachevée, à peine esquissée...

"Sans travail, le talent n'est qu'un feu d'artifice: ça éblouit un instant, mais il n'en reste rien." écrit Roger Martin du Gard dans Les ThibaultLe génie ne suffit probablement pas. Il faut du travail. Certains prétendent même: 95% de travail et 5% d'inspiration... Difficile de jauger: comment préserver l'apparente légèreté du génie pour ne pas en faire un besogneux...

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Le temps devant soi...

20 Décembre 2019, 18:27pm

Publié par Flora bis

"Dans la cabane, le temps se calme. Il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et soudain, on ne sait même plus qu'il est là."

   Cette phrase de Sylvain Tesson, tirée de son roman "Dans les forêts de Sibérie" est revenue dans une conversation. Nous discutions de styles, de compositions, de livres et de leurs auteurs. Un lecteur "instinctif" n'a pas besoin d'analyser pourquoi il est attiré par tel ou tel auteur, par tel ou tel livre : il s'enflamme ou reste tiède, voire indifférent. D'autres comme moi, ne peuvent pas s'empêcher d'analyser ce "pourquoi".

   Je me souviens encore de la lecture de ce livre, des nombreuses pages cornées (pourtant pas dans mes habitudes), sur lesquelles une ou plusieurs phrases m'ont immobilisée, enchantée par la justesse, l'originalité de l'idée et de son expression, sans doute parce qu'elles rencontraient intimement ce que je vivais à ce moment-là. La "cabane", maisonnette perdue au bord du lac Baïkal, dans les -30° de l'hiver sibérien, permet la rencontre avec soi-même, la tenue d'un journal intime à la lueur d'une lampe à pétrole et accompagné du vieux poêle qui fait fondre la neige pour avoir son thé à la vodka... Par bonheur, on n'est pas obligé d'aller jusqu'en Sibérie : on peut trouver sa cabane partout, même dans une grande ville. Et moi, pour qui le contact des autres servait jusqu'alors d'oxygène, j'étais en train de faire l'apprentissage de la solitude.

   "Dans la cabane, le temps se calme." J'aspirais à ce sentiment, après des années passées sur le qui-vive... M'arrêter, poser le fardeau, faire le point, ouvrir ma porte devant une quasi inconnue, moi-même. Avant, il y avait toujours plus urgent, prioritaire, vital. 

   Le temps... Cette image saisissante et finement esquissée : "il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et soudain, on ne sait même plus qu'il est là." C'est exactement cela. Fidèle, disponible,  il se fait oublier. Cependant, sa présence vous plonge dans un moment de grâce. 

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Ecrivains entre eux

19 Novembre 2019, 18:49pm

Publié par Flora bis

   Voici quelques citations d'écrivains célèbres. Certains manifestent un esprit taquin, pour d'autres, l'écriture est une chose tellement grave  -  délivrance ou cri sans bruit  -  qu'elle transcende la réalité de l'existence.

Léautaud par Cocteau

* "Le style, pour l'écrivain aussi bien que pour le peintre, est une question non de technique mais de vision."  (Paul Valéry)

*  "Un écrivain ne lit pas ses confrères; il les surveille."  (Maurice Chapelan)

*  "La littérature n'a rien à voir avec la richesse du vocabulaire, sinon le plus grand des chefs-d'oeuvre serait le dictionnaire."  (Paul Léautaud)

*  "Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit."  (Marguerite Duras)

*  "Un chef-d'oeuvre de la littérature n'est jamais qu'un dictionnaire en désordre."   (Jean Cocteau)

*  "L'écriture est une délivrance qui, phrase après phrase, mot après mot, devient un esclavage."  (Alain Bosquet)

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Mark Twain (1835- 1910) * Citations

9 Janvier 2017, 12:25pm

Publié par Flora bis

 

Mark Twain (Samuel Langhorn Clemens) est un écrivain américain, né en 1835 dans le Missouri. Enfant, j'ai dévoré trois de ses romans: Le Prince et le Pauvre, Les aventures de Tom Sawyer (le premier roman au monde écrit sur une machine à écrire) et Les aventures de Huckleberry Finn. Ses aphorismes enchantent le lecteur par leur finesse et leur humour "pince sans rire". En voici un petit bouquet, choix personnel:

 

 

* Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors, ils l'ont fait.

* Le lit est l'endroit le plus dangereux du monde: 99% des gens y meurent.

* Le premier baiser qu'on obtient d'une femme est comme le premier cornichon qu'on parvient à extraire du bocal. Le reste vient tout seul.

* On pourrait citer de nombreux exemples de dépenses inutiles. Les murs des cimetières: ceux qui sont dedans ne peuvent pas en sortir, et ceux qui sont à l'extérieur ne veulent pas y entrer.

* Je choisirai le paradis pour le climat et l'enfer pour la compagnie.

*  Avoir goûter de la pastèque, c'est savoir ce que mangent les anges.

* On n'hérite pas de la terre de ses ancêtres, on l'emprunte à ses enfants.

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La sagesse de Marc-Aurèle

22 Novembre 2016, 11:28am

Publié par Flora bis

"Voici la morale parfaite:

vivre chaque jour comme si c'était le dernier;

ne pas s'agiter,

ne pas sommeiller,

ne pas faire semblant." 

(Marc Aurèle)

Tout est dit. Seulement, comment savoir si l'on est encore vivant?...

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Petites méchancetés entre écrivains

28 Septembre 2016, 11:53am

Publié par Flora bis

Petites méchancetés entre écrivains

J'avais envie d'un article un peu plus détendu, un peu moins mélancolique...

J'ai déjà cité le petit livre d'Eric Momus: "Je hais les écrivains" (éditions du Rocher, 2008), collection de citations au vitriol d'auteurs plus ou moins célèbres à l'adresse des critiques, des éditeurs et... des confrères!

En voici un autre petit bouquet:

* "Un livre posthume est presque toujours une oeuvre que l'on a eu tort de ne pas enterrer avec son auteur." (Henri Jeanson)

* "Vous venez voir l'écrivain? Méfiez-vous, c'est décevant... C'est comme si après avoir mangé le foie gras, vous rencontriez l'oie en personne." (Arthur Koestler)

* "Une autobiographie révèle généralement que tout va bien chez son auteur, sauf la mémoire." (Franklin P. Jones)

* "Il y a des chefs d'oeuvre si fastidieux qu'on admire qu'il soit trouvé quelqu'un pour les écrire." (Jean Rostand)

* "Le Goncourt, c'est la seule distraction annuelle de ces vieux messieurs si heureux de recevoir un coup de projecteur sur leur figure oubliée." (Paul Morand)

* "Huit fois sur dix, on arrive aux honneurs déshonoré. Il a trop fallu ramper pour les obtenir. (Gabriel Chevalier)

* "Il m'a fallu quinze ans pour découvrir que je n'avais aucun talent d'écrivain, mais je n'ai pas pu renoncer car j'étais déjà devenu trop célèbre." (Robert Benchley)

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