Il faudrait faire un feu... bien grand, bien haut,
Pour que tous les hommes se chauffent à sa flamme.
Nous jetterions dedans tel bibelot vieillot,
Tels objets ébréchés, cassés, tel jeu de dames,
Les jouets des enfants, tel autre jeu,
M'entends-tu, chat perché? Et dans ce feu,
Nous éparpillerions, je le proclame,
Tout ce qui semble beau. L'on entendrait soudain
L'incandescente flamme offrir au ciel serein
Les ardeurs de son chant. Les gens d'une même âme,
Ou d'un même pays, se donneraient la main.
Il faudrait faire un feu d'une folle envergure,
Car le givre a couvert les villes et les prés;
Faire sauter la si froide serrure
De nos garde-manger. Et que les jets pourprés
Reçoivent de nos mains leur riche nourriture
Pour donner en retour la chaleur douce et pure.
Il faudrait, oui, faire ce noble feu
Afin que les humains se dégèlent un peu.
texte français: Jean-Paul Faucher
TÉL
Valami nagy-nagy tüzet kéne rakni
hogy melegednének az emberek.
Ráhányni mindent, ami antik, ócska,
csorbát, töröttet s ami új, meg ép,
gyermekjátékot, - ó, boldog fogócska! -
s rászórni szórva mindent, ami szép.
Dalolna forró láng az égig róla
s kezén fogná mindenki földijét.
Valami nagy-nagy tüzet kéne rakni,
hisz zúzmarás a város, a berek,
fagyos kamrák kilincsét fölszaggatni
és rakni, adjon sok-sok meleget.
Azt a tüzet, ó jaj; meg kéne rakni,
hogy fölengednének az emberek!
Vous remarquerez que le traducteur a changé la forme des strophes par rapport à l'originale (2 / 4 / 2 / 4 / 2) et il a fait débuté chaque ligne par majuscule (sans compter des divergence dûes aux rimes).
Michel Guillon vient de mourir. Il a suivi sa chère Liliane dont la mort, il y a plus de 15 ans, l'a laissé inconsolable, définitivement et irrémédiablement seul. Seul avec l'écriture, cette amie-ennemie qu'il nous disait plus d'une fois vivre comme une douleur. Son autodérision incessante masquait à peine l'être écorché, ombrageux qu'il est redevenu sans Elle. Un misanthrope que la maladie et le long et pénible combat contre elle rendait encore plus sauvage.
Il a écrit une bonne vingtaine de romans et de recueils de nouvelles. J'ai beaucoup aimé son écriture douce-amère, pétrie d'émotions et de poésie mais dépourvue de la moindre sensiblerie. Sa sombre autodérision l'en a préservé. J'ai longuement hésité pour choisir les extraits pour illustrer ce modeste hommage. Parmi ses livres, il y en a deux que j'aime particulièrement. En premier lieu, "Un rêve en Avesnois", écrit en 1996. Un long et douloureux monologue à la disparue, au bref bonheur lié à ce pays "à l'écart, en retrait, caché dans sa verdure et à l'abri de sa légende" qu'ils ont élu pour y établir leur coin du paradis.
(...) "L'Avesnois n'est fait que de vert. Un vert que le soleil éclaire au travers de nuages indécis, peu pressés, parfois même immobiles. C'est ce qui donne aux arbres, aux pâtures, aux haies qui cernent la moindre parcelle de bocage, l'aspect luisant, humide comme une peinture encore fraîche, de cette confusion de nuances.
Tout ça était à nous.
Un bout d'Irlande, d'Ecosse, mais vierge encore de toute influence touristique, rebelle même, récalcitrant, décourageant les audacieux de tous crins, autochtones ou découvreurs venus de loin.
Toi, tu apprenais le patois. Tu allais "à meurons" (cueillir les mûres) avec nos voisins, ou bien "à pichoulits" (pissenlits). Au moment du muguet nous avions notre coin, secret, tout comme pour les rosés ou les girolles, et tu trouvais que tout, de jour en jour, venait à nous paré comme nous aimions. Comme si chacun mettait du sien, être, chose, voûte céleste, brin d'herbe ou député pour que le rêve ait bien la consistance que nous cherchions et qu'une broutille n'aille pas troubler l'engourdissement, non de notre esprit, mais de notre coeur susceptible et douillet. Nous avions décidé d'être heureux, et, notre dévolu jeté sur l'Avesnois, il n'était pas question de le remettre en cause même si parfois un soupçon de regret se faufilait en moi, persévérant, dans mes pensées convalescentes - comme un microbe qui cherche encore à nuire après la guérison." (...)
L'autre roman que j'aime particulièrement et qui se lit entre rires et gorge serrée, c'est "Il n'y a pas que ça dans la vie" (1999). Le narrateur fait des tentatives vaines et dérisoires pour combler la béance de la solitude.
(...)"Dans la Chambre, rien n'a changé. Elle est forcément là encore puisque les remèdes - des calmants, sont sur la table de chevet, que son sac à main négligemment posé sur une chaise attend d'être rangé, que ce qui traîne ça et là, mouchoir brodé, peignoir, eau de toilette ou grappe de raisin juste entamée, montre qu'elle va rentrer. Seul l'aspect du raisin paraît suspect: desséchés, ratatinés sur la grappe, les grains s'éloignent du temps, immobiles, dans la soucoupe ovale.
C'était quoi, deux heures avant...
Elle avait les lèvres sèches.
La gorge aussi.
- Veux-tu un peu de raisin? avait-il dit.
La grappe était superbe. Du muscat noir. Comme il l'avait passée sous l'eau avant de la poser sur la soucoupe, des gouttelettes, en équilibre sur les grains, reflétaient sous les jeux de lumière toute la fraîcheur du fruit. Tentée par l'idée qu'elle se faisait de cette fraîcheur, elle avait murmuré "oui" comme si c'était une exigence exagérée, comme si, en plus, cette grappe offerte était une preuve d'amour exceptionnelle, un gage, une promesse.
Elle y avait à peine touché.
Depuis, comme un compte à rebours, la grappe, en se décomposant, indique le nombre de jours que le néant réclame pour effacer l'amour et revenir au point zéro. C'est de ça qu'elle a peur son âme. Du point zéro. S'il y avait que l'amour elle ferait de son mieux pour aider le néant, mais elle sait bien que seul le souvenir permet à l'existence de s'agripper encore, d'aller et venir au travers même de la mémoire, qu'elle-même ne dure que par cet artifice.
"Un froid sibérien s'est abattu sur la France!" Les médias se donnent le mot pour décrire le temps inhabituel qui sévit depuis quelques jours. Nous sommes en février, cela n'a rien d'étonnant... Normalement. Serions-nous tellement ramollis par le confort et les hivers doux qu'ils auraient effacé de notre mémoire tout souvenir de la saison blanche?...
Ces excès de langage me ramènent quelques décennies en arrière. Je n'ai jamais aimé le froid, la neige: j'en ai dégusté beaucoup et longtemps dans mon enfance. Mais ce sont les deux années successives passées à Moscou et à Leningrad qui m'ont laissé entrevoir ce qu'était l'hiver digne de ce nom!
En 1969 à Moscou, la première neige est tombée fin octobre. Le 7 novembre, fête de la Révolution d'octobre 1917, je suis allée voir la démonstration militaire près de la Place Rouge (je n'avais pas l'autorisation d'y pénétrer). Les fusées géantes, chargées sur des remorques interminables, défilaient dans la neige sans interruption, censées rassurer le peuple enthousiaste, et faisant dignement peur aux impérialistes qui guettaient la faille...
La neige n'a pas cessé de tout l'hiver, jusqu'à fin avril. De nouvelles couches s'ajoutaient aux précédentes, déjà gelées sur des trottoirs jamais dégagés, ni sablés... Nous tombions comme des mouches sur ces patinoires naturelles pendant les 20 min. de marche jusqu'à la fac, dans le matin sombre et glacial. On annonçait parfois -30°...
Tout le monde se souvient de l'époque des minijupes. Les collants commençaient à faire leur apparition, mais pas en URSS! Même l'usage du pantalon était interdit pour les filles, car jugé indécent, dans notre fac pudibonde! Alors, la partie restée découverte entre un manteau court et les bottes, a beaucoup souffert du froid! Nous enfilions 2-3 paires de bas, les prolongeant par les pantys multicolores de l'époque, et une fois au chaud, nous"épluchions" les différentes couches gelées et collées à la peau... Ajoutons à cela les provisions portées à bout de bras: par bonheur, le choix était bien mince!
L'hiver à Leningrad, l'année d'après, était différent. Moins froid, mais à cause de l'ouverture de la ville sur la mer et ses vents chargés de 70% d'humidité, il nous semblait bien plus inhospitalier que le froid sec de Moscou.
Cela se passa le plus banalement possible, dans le taxi de Georges. Sarah, les cheveux ruisselants de pluie, se réfugia dans la vieille Ford arrivée miraculeusement sous les réverbères. Du chauffeur, elle ne perçut que le dos légèrement voûté et la chevelure grisonnante. Plus tard, dans les bouchons du périphérique, distraits, ses yeux se posèrent sur les mains qui tenaient le volant. Elle nota machinalement l'absence de l'alliance. Au même moment, elle saisit le regard dans le rétroviseur.
Des mains énergiques et rassurantes qui tiennent la barre, sans tergiverser, sans se poser de questions inutiles... On peut s'y abandonner avec confiance, libérée des soucis passés, présents, futurs. Jouer un instant avec l'idée. Comme une vague envie de renouveler sa garde-robe. Un trouble inhabituel s'empara d'elle, une bouffée de fébrilité qu'elle n'avait pas ressentie depuis longtemps... Fuyant le regard insistant dans le rétroviseur, elle se détourna vers le flot anonyme des voitures.
La pluie avait cessé sous les arbres de sa rue. Georges se précipita pour ouvrir la portière, Sarah le laissa faire, telle la baronne que l'on raccompagne chez elle. Comme par miracle, elle trébucha. Georges la rattrapa par réflexe, par envie aussi de la serrer dans ses bras.
Elle jeta un rapide coup d'oeil vers la fenêtre du deuxième étage, cherchant machinalement - et avec un zeste de mauvaise conscience - l'ombre de son mari derrière le rideau. Personne. "Il est tellement sûr de me retrouver, pensa-t-elle, qu'il ne m'attend même pas." Elle revit la silhouette replète, les quelques cheveux restants, en bataille au sommet du crâne, les yeux enfoncés dans les coussinets de graisse, le pantalon de velours côtelé et le gilet avachi de grand-père avant l'heure, sans parler de l'accessoire le plus familier: la paire de charentaises éculées... "Il fait partie des meubles, du décor, au même titre que le plaid sur le canapé, songea-t-elle, élément inamovible que l'on ne voit même plus... Le dîner m'attend au coin de la table, en face de la télé. Ainsi, il ne sera même pas nécessaire de faire la conversation. Après, comme parfois, très rarement, à la suite du brossage des dents rituel, je me glisserai sous la couette, essayant d'éviter le bras distrait qui tentera de m'attirer vers lui..."
Avec précipitation, elle remonta dans la voiture. "Où vous voulez", dit-elle.
Depuis toujours, je passais les vacances d'été chez mes grands-parents maternels, à l'autre bout du pays. Quelle que soit la distance,l'autre boutest quand-même l'autre bout, même dans un petit pays! Sans doute que nos ratios se modifient à l'échelle du pays que nous habitons...
Tout était différent dans ce coin perdu, près de la frontière autrichienne. Après la Grande Plaine, où la seule bosse de mon horizon était constituée par la digue de la Tisza, la grande rivière paresseuse et par endroit capricieuse qui longeait le gros bourg où je suis née, dans ce minuscule village à trois-quatre rues, les douces collines enchantaient mon regard.Muché(comme on dit dans ch'Nord cher à mon coeur d'adoptée) dans des forêts d'acacias et de chênes, il demeurait invisible et il fallait emprunter des routes connues des seules initiés, pour y parvenir. Avec la calèche tirée par deux superbes chevaux de mon oncle, nous arrivions de la gare, tels des hôtes de marque! Et le conte de fée démarrait immanquablement, tous les ans, avec le même enchantement au rendez-vous.
Adolescente, on me confiait la garde de la vache de ma tante: signe de grande confiance! Une vache ne m'était pas tout à fait exotique, nous en possédions quand j'étais petite mais je n'ai jamais eu à m'en occuper. Ainsi, garder la vache de ma tante faisait partie de la grande bouffée de liberté de mes vacances d'été.
Moi qui n'ai jamais été matinale, je me levais allègrement avec le soleil, vers 5 heures du matin. Je respirais la douceur de l'air, encore frais de la rosée et des premiers rayons du soleil presque timides. Pieds nus - mon grand plaisir estival - je suivais la vache jusqu'à la pâture: elle connaissais le chemin par coeur. Elle broutait à sa guise toute la journée, me laissant tranquille sur la couverture dans l'herbe odorante, avec mon bouquin et les tartines démesurées de ma tante. J'aimais son côté imperturbable, elle m'enseignait sa philosophie en harmonie avec la nature. Avec le soleil pâlissant, on prenait le chemin du retour. Elle pressait le pas, avide d'être soulagée par la traite du soir. Immanquablement, elle retrouvait la maison dont la porte grande ouverte nous attendait...
* illustration: une de mes aquarelles de 1962, peinte là-bas, à 14 ans...
Vivre! La grande affaire! Elle nous concerne tous, tout le temps qu'elle nous préoccupe. L'homme, cet animal doué de conscience, sait qu'il est vivant et aussi qu'il mourra... Généralement, il trouve le laps de temps entre les parenthèses de la naissance et de la mort injustement court, une fulgurance. Parfois, il échafaude des subterfuges pour pallier à son angoisse devant sa disparition inéluctable: une âme immortelle, la métempsycose, voire la réincarnation... Tout sauf le néant! Et pourtant, je crains qu'il ne faille s'y résigner. Et cela donne encore plus de valeur à l'instant présent.
Voici quelques célèbres pensées autour de ce thème (la sélection n'est jamais due au hasard):
* "Notre grand et glorieux chef-d'oeuvre c'est vivre à propos." (Montaigne)
* "Vivre, c'est lutter contre les démons du coeur et du cerveau. Ecrire, c'est prononcer sur soi le jugement dernier." (Ibsen)
* "Dans la poésie, la vie est encore plus vie que la vie même." (Bielinski)
* "La vie est un travail qu'il faut faire debout." (Alain)
* "Il faut vivre comme on pense, sinon tôt ou tard on finit par penser comme on a vécu." (Bourget)
* "Tu ne meurs pas de ce que tu es malade, tu meurs de ce que tu es vivant." (Montaigne)
Il y a des jours où, engluée dans mes retards, mes impuissances, je languis après une plage de temps libre, en pensant à tout ce qu'elle me permettrait de réaliser d'exaltant, d'appétissant, d'indispensable si, pelotonnée dans le silence, je pouvais enfin y accéder, sans que rien, ni personne ne m'en empêche! Puis, quand cela arrive enfin, la possibilité, littéralement me paralyse... Et une histoire ancienne, obsédante, refait surface.
Dans la nouvelle maison où nous emménageâmes en janvier 1957, il y avait une pièce qui me donnait des frissons. J'y entrais avec réticence, oppressée par des pesanteurs maléfiques. L'ancienne propriétaire nous conta son histoire.
Elle nous vendit la maison héritée de ses parents. Son père était revenu de la guerre avec un handicap lourd mais invisible: un obus avait explosé près de lui, ne laissant aucune égratignure mais une obsession indélogeable: une envie de se pendre...
Il fit de nombreuses tentatives mais la famille aux aguets l'en empêcha toujours au dernier moment.
Un samedi, sa femme et sa fille vaquaient à leurs occupations, se préparaient pour le marché. Le père mit son costume du dimanche, le noir qu'il gardait pour la messe, en disant qu'il allait bavarder avec des amis sous les platanes.
De retour à la maison, la fille poussa la porte de la chambre mais celle-ci restait coincée par un obstacle lourd. Par la fenêtre latérale, elle aperçut la grande silhouette droite du père, vêtue de noir, se tenant debout sous une corde nouée à la poutre, le visage envahi par une clarté jubilatoire, soulagé, libre. Il était mort, debout. Pétrifié à l'idée de pouvoir enfin accéder à son désir obsédant.
P.S. après quelques commentaires, il m'a semblé nécessaire d'ajouter ces précisions: le caractère unique et "original" de cette histoire réside dans le fait quejustement, il ne s'est pas pendu! Il a bien noué la corde à la poutre mais il n'a pas eu besoin de se la mettre autour du cou. Son coeur s'est arrêté, pétrifié sous l'effet de la grande émotion qu'enfin, personne ne pourrait l'empêcher de réaliser son désir obsessionnel. Et il est resté debout, oui... Histoire vraie, racontée par sa fille qui l'a découvert. C'est bien pour cela qu'elle me hante...
Il m'arrive d'exhumer mes vieux carnets de croquis dont les dessins les plus anciens s'effacent tout doucement car je les ai faits au crayon gras, sans les fixer. Ce dessin représente ma grand-mère maternelle et je l'ai fait en été 1962: j'avais donc 14 ans.
Je n'ai jamais eu la prétention de loucher vers l'éternité... Ni vers la notoriété. Aucun encouragement des profs, des peintres, des amis, celui de ma mère surtout qui me plaçait sur le piédestal de sa fierté, n'y faisait. Je n'arrivais pas à y croire et cela dure toujours.
Le regard admiratif du père faisant défaut? Peut-être bien. Pourtant, si j'ai reçu un don, c'est de lui que je le tiens. Avec l'âge, je découvre même de plus en plus de proximité avec son tempérament ("Heureusement pour toi", dit ma mère...). Je n'ai subi aucune brimade de sa part. Seulement, RIEN NE SEMBLAIT L'IMPRESSIONNER... Pas même mon prétendu talent...
Ces quelques notes ont été prises il y a bientôt 2 ans... Rien de nouveau sous le soleil! Je les retranscris telles que je les ai jetées sur la page, à la hâte, sans dictionnaire ni correction. Tant pis pour les imperfections ou les fautes: un journal de bord "léché" est une triche...
4 février 2010
Depuis ma dernière note, nous avons même changé d'année! Ce n'est pas l'envie qui me manquait de me saisir de ce cahier et dufeutre pour me soûler"du mot juste",du moins de sa tentative. Un décembre épuisant, effervescent qui m'a laissée exsangue mais heureuse de me laisser bousculer encore: j'imagine trop facilement une vie étriquée, compassée, douillette mais puant la naphtaline... sinon le moisi?... Alors, je préfère, tant que je peux encore, la bousculade occasionnée par le passage intempestif de mes petites-filles ou d'un dîner entre amis. Mon problème, ce poids infini d'inertie qui me maintient dans un immobilisme crasse! J'ai tant de choses à faire, tant d'envies que, en fin de compte,ne sachant pas par où commencer, je reste paralysée et je ne bouge plus... Et le temps s'enfuit inexorablement, me laissant engluée dans des tâches et des objets inutiles, accumulés...
5 février 2010
Dois-je être fière de moi, après l'exploit d'hier d'être allée faire un tour à la déchetterie et d'avoir traduit le poème de Radnóti: "Tétova óda" pour Mu? Deux heures de boulotréel pour être suspendue le reste du temps sur l'écran de mon Mac... Addiction totale; il faut que je m'en arrache car je sens les effets du trou noir du Net, du virtuel dont les contacts faussement réconfortants mais totalement irréels et éphémères m'enferment petit à petit dans une bulle illusoire. Il faut que je retrouve le chemin du réel, du moins celui de l'écriture et du dessin, des échanges de vive voix. Briser ce cocon douillet mais somme toute stérile. Allez, je vais nettoyer le bureau de Gilbert!...