Le blog de Flora

Connaissez-vous l'acrasie?

24 Janvier 2019, 16:59pm

Publié par Flora bis

   Lorsque mardi dernier j'ai entendu Alexandre Jollien expliquer cette notion, j'ai sursauté: voilà ce qui manquait à mon vocabulaire! J'avais déjà récolté la "procrastination" avec le même "eurêka!" il y a quelques années, voici sa soeur jumelle qu'il faudra éclaircir...

   En préambule, notre philosophe explique que la "liberté intérieure", c'est de s'affranchir de tout ce qui nous tire vers le bas. Et "l'acrasie" fait partie justement de ces éléments qui entravent notre liberté intérieure. 

   Qui ne connaît pas de moment où il sait très précisément ce qui serait bon pour sa santé physique ou mentale et il fait exactement le contraire? Comme si une inertie déraisonnable et lourde le poussait à désobéir à toute sage résolution... Combien de fois nous prenons ces bonnes décisions en les regardant échouer aux épreuves du quotidien! A tel point que nous finissons par renoncer à les prendre, pour éviter l'humiliation de l'échec. Cependant, un vague sentiment de culpabilité continue à flotter dans notre mental.

 Je vais faire 30 minutes (disons, au moins 15, pour commencer...) de vélo

d'appartement tous les matins... Je ferai une demi-heure de marche quotidienne (ou 2-3 fois par semaine, pour commencer...) Je me coucherai à 23 h au plus tard, tous les soirs... Je sais  -  on me l'explique souvent de façon très convaincante  -  que c'est indispensable pour préserver une bonne santé, pour prolonger ma vie en bon état. Sans parler d'une sveltesse relative retrouvée! 

   Chacun(e) de nous peut énumérer tout ce qui serait bon pour lui (elle) et ce qu'il (elle) a déjà juré de faire mille fois, en vain!... Nous contemplons le paysage de désolation de notre état en ruine, au lieu de retrousser les manches: "de toute façon, c'est déjà trop tard! fichu, irrécupérable... ", soupirons-nous, "d'ailleurs, à quoi bon? cela ne transformera pas le désert de ma vie en jardins de Babylone..." Le héros du roman d'Ivan Gontcharov: "Oblomov" est devenu un archétype de ce personnage inerte, lascif, paresseux qui finit par renoncer à quitter son lit. C'est un grand roman, relativement méconnu en France que je vous recommande chaudement.

   

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De la nostalgie...

18 Janvier 2019, 19:16pm

Publié par Flora bis

"L'écriture n'est pas une fin en soi, elle est la nostalgie d'un ravissement."

(Yasmina Reza)

  Cent fois vrai pour moi. Il y a " la nostalgie" et il y aussi " le ravissement". Ils servent de moteur et de carburant, de terreau nourricier dans lequel peut s'épanouir le désir de l'écriture.

  Ma nostalgie me ramène invariablement vers les souvenirs heureux: de mon enfance, de la jeunesse où l'on se croit invincibles, où l'on a (presque) toutes les audaces. J'étais de nature plutôt prudente, peu téméraire, mes vingt ans m'ont vue pousser des ailes d'indépendance, une envie irrépressible de goûter à la vie, me suggérant "Tu as le droit!" Bien sûr, il ne faut pas imaginer des aventures extraordinaires dans les années 1960-70, dans les cadres étroits d'un régime communiste (même dans "la baraque la plus gaie du camps communiste", comme on appelait la Hongrie de cette époque de la consolidation ayant suivi la révolution de 1956). Nos révoltes et prises de risque étaient bien disciplinées, pour ne pas dire intimes et souterraines. N'empêche que cette sensation de "croquer la vie"  voire de "après moi le déluge" nous imprégnaient avec une force irrésistible. Mon ange gardien que j'ignorais encore superbement avait beaucoup de boulot qu'il accomplissait sans rancune.

   Et moi, sans le savoir, j'accumulais ce terreau nourricier...

 

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Rides et cicatrices

12 Janvier 2019, 11:04am

Publié par Flora bis

   Au début de l'année, nous nous retournons sur la précédente, comme au moment du départ, devant la porte, avec un dernier regard sur la maison: avons-nous laissé du désordre derrière nous? Avec le cumul des années, ce regard remonte de plus en plus loin pour embrasser finalement toute une vie.

   "Le coeur n'a pas de rides; il n'a que des cicatrices" disait Colette. J'aime beaucoup cette phrase, je la tourne dans la tête, dans la bouche, je la goûte, je l'essaie sur moi comme un nouveau vêtement, me regardant dans un miroir imaginaire: mon coeur a-t-il des rides? Quand-même... Du moins, il est enrobé par les années, protégé par la peur de souffrir, bouclier efficace. 

   Quant aux cicatrices, cela va sans dire... Je passe les doigts sur leurs traces. Elles sont palpables au toucher, pareilles aux collines douces de mon pays d'origine où il n'y a pas vraiment de montagnes dignes de ce nom. Des bosses, plus ou moins grandes, plus ou moins sensibles aux souvenirs, aux regrets. A quoi bon y revenir? Tentatives stériles de revivre le passé. Elles n'effaceront ni les rides ni les cicatrices du coeur.

 

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Heureuse nouvelle année à tous mes fidèles lecteurs!

1 Janvier 2019, 12:49pm

Publié par Flora bis

   Ca y est, nous y sommes arrivés! 

   Cette date si chargée d'espoirs, est-elle un jour comme un autre,  sommes-nous

les seuls à en faire une page (presque) blanche sur laquelle nous pourrons corriger les ratages de l'année passée?...

   Je traîne les pieds... Je tarde à mettre en musique (joyeuse) les activités et obligations qui m'attendent. Je jette un coup d'oeil mou sur la vaisselle qui  patiente dans la cuisine... Elle ne semble pas me presser outre mesure, elle non plus. Peut-être un peu de vélo d'appartement, avant, pour que mon genou gauche soit un brin plus musclé et qu'il me supporte pour le reste des tâches...

   On a beau se dire qu'on n'est pas dupe, que rien ne change fondamentalement et que le fleuve tranquille ou violent qu'est notre vie ne change pas de lit pour la seule raison que nous avons tourné une page du calendrier... Dans notre existence d'habitant des régions tempérées du globe, notre vie composée de cycles immuables nous suggère que les minutes, heures, jours et semaines, les mois et les saisons, toutes ces tranches plus ou moins artificielles que nous nous sommes créées, rythment notre petite existence et impriment cette sensation de périodicité. Elles insinuent en nous cet espoir aussi (souvent  déçu et ressuscité avec obstination) de pouvoir corriger le brouillon non abouti ou truffé de maladresses, de faux pas ou même de contresens. Sans parler de la sanction impitoyable, soulignée de rouge: "Hors sujet!"  On y revient quand-même, avec un entêtement admirable.

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Entre deux réveillons

28 Décembre 2018, 19:50pm

Publié par Flora bis

Entre deux réveillons

   Cela fait deux jours que je suis chez moi, que j'ai retrouvé le silence et la solitude, reposants au départ, après la cavalcade de Noël chez les enfants. Ils sont méritants d'avoir réuni autant de monde! (Il en faut toujours qui se dévouent pour resserrer les liens familiaux et amicaux...)

   Nous, les parents (les 3 restants) étions attendus dès dimanche midi. Le lendemain, le frère de ma belle-fille est arrivé avec sa fillette. Et le 25, à midi, six cousins se sont joints à la tablée déjà bien garnie.

   Le soir du 24, distribution des cadeaux: des choix finalement réussis, causes  de tracas préalables, entre envie de faire plaisir et peur de ratage... Une table soignée et des mets succulents, des bons vins  -  pour nous, il est vrai, Noël est plus proche dans l'esprit aux fêtes païennes antiques aux alentours du solstice d'hiver, célébrant la promesse de la Lumière.

   Au premier verre, j'ai eu envie de faire un petit discours mais finalement, j'y ai renoncé, de peur de paraître grandiloquente. C'était une pulsion intime, pour attirer l'attention, à un moment fugace dans la cavalcade des préparatifs, de l'adrénaline qui permet d'accomplir des prouesses, sur l'importance de l'instant: suspendons la course folle du temps afin qu'il ne nous échappe pas une fois de plus, saisissons la profondeur de cet instant qui nous réunit une fois encore, nous permettant de ressentir la chaleur vivifiante de l'autre... Prenons conscience de nos batailles, de nos défaites et de nos victoires surtout, puisque nous sommes toujours là, assoiffés de Lumière.

   

Entre deux réveillons
Entre deux réveillons

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Noëls, Noël...

18 Décembre 2018, 19:21pm

Publié par Flora bis

    Sur la plupart des blogs hongrois que je fréquente, une ambiance de solennité discrète règne; les quatre bougies de l'Avent s'allument les unes après les autres, une par semaine jusqu'à Noël.

   Etonnante ferveur chrétienne dans mon pays natal! Je l'ai quitté à 26 ans, en plein régime communiste. Je n'ai jamais connu cette habitude, pas de couronne d'Avent, ni même de messe de minuit le 24 décembre. Pourtant, ma grand-mère m'obligeait à suivre une éducation religieuse avec catéchisme (je garde l'image du curé qui venait à l'école à vélo, en soutane attachée avec des pinces pour ne pas se la faire prendre dans les rayons), confessions et messes, jusqu'à mes 14 ans où j'ai eu le courage de dire non. Il faut dire que ma grand-mère elle-même n'allait presque jamais à l'église  -  est-ce la grande distance à pied qui la rebutait  -  toujours est-il que le sauvetage du salut des six âmes de la famille reposait sur mes frêles épaules. 

   Enfants, avec mon frère, nous avions des idées assez confuses de ce que nous attendions de Noël. Il était vaguement question de la naissance d'un bébé dans une étable parmi les bêtes, un petit Jésus qui, à peine né devenait adulte et nous apportait le sapin décoré et les cadeaux. Un enfant, finalement, ne s'étonne de rien, il remplit les cases vides à sa façon et accepte fort bien le flou artistique. Pas de crèche dans la maison, je l'ai connue bien plus tard, dans ma belle-famille, en France.

   

 

Je tiens beaucoup à cette fête qui ne revêt pour moi aucun aspect religieux. Je célèbre l'amour qui réunit la famille, la conscience de l'importance des liens qui nous rassemblent, qui sont parfois fragilisés, qui perdent des chaînons remplacés par d'autres, qui s'enrichit des "pièces rapportées" soudées aux autres de façon que l'on souhaite éternelle.

   

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Mi-décembre avec rhume

15 Décembre 2018, 17:49pm

Publié par Flora bis

Cathédrale de Laon, traces de polychromie

Cathédrale de Laon, traces de polychromie

   Dehors, la température avoisine le 0°. La neige n'est pas loin. Les fêtes de Noël et de Nouvel An approchent à grands pas. Un rhume monumental me bloque à la maison, ainsi, au lieu de courir la cohue commerciale, j'écoute le bruissement du grésil sur le toit. 

   Je feuillette mon journal de bord: que s'est-il passé il y a 1 an? 14 décembre  2017, jeudi: La consultation avec le dr B. a été ultra rapide! A peine le temps de m'assoir, "Montrez-moi ce sein", déboutonnage, reboutonnage et déjà dehors! Quelques bribes sur une réduction du nombre de séances (je n'ai rien compris, tant c'était rapide)... C'est stressant, tous ces "soignants" toujours pressés! On a l'impression de les déranger..."  Cela me ramène dans l'ambiance de la radiothérapie, les coups de barre qui ont suivi immanquablement, avec effet cumulatif, les trente séances. Tous les jours, sauf samedi, dimanche et jours fériés. Le cancer aussi a le droit de respirer...

   Un an est passé, à la vitesse de l'éclair. Je vis avec l'esprit presque libre, débarrassée des contrôles pesants et angoissants, avec la conscience toutefois d'être en sursis, que tout cela est provisoire... Peut-on être rassuré face au cancer?  Moi, je n'y arrive pas. Mes cahiers à spirale s'alignent sur l'étagère. Témoins de ma vie. Ils consignent le temps qui passe. Sans pouvoir le retenir, hélas. 

   

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Une sorte de sagesse forcée

5 Décembre 2018, 20:12pm

Publié par Flora bis

   Ces derniers jours, plusieurs personnes désemparées, ébranlées m'ont posé la même question simple: "Dans ce monde incertain, difficile, qu'est-ce qu'il nous reste pour espérer, pour vivre décemment, pour tenir, tout simplement?..."

   Une sorte de pudeur, de politesse nous incite à ne pas nous plaindre en public. Garder la face. Il y a toujours pire ailleurs, sous nos yeux. Et nous évitons de regarder vers d'autres paysages où ça va incomparablement mieux: pourquoi nous faire du mal avec des comparaisons, des frustrations inutiles?... Le sens, le bonheur sont ailleurs, nous consolons-nous! Et nous nous lançons à la recherche de ce sens vers des territoires peu onéreux. 

   Petit à petit, nous nous habituons au renoncement permanent dans tous les compartiments de la vie, par pur réflexe de défense, nous fabriquant des raisons parfaites pour l'accepter. Pour nous résigner. Après tout, le plus long du chemin est fait, il est derrière nous. Ce qui est encore devant, nous le parcourrons bien, à petit feu, en gardant la parcelle de dignité qui nous reste, ce que le vieillissement, la maladie, la déchéance inévitable nous laisseront.

    Ceux qui se débarrassent sans problème d'un vêtement de marque dans leur poubelle par lassitude, ne peuvent pas imaginer ce que veut dire de s'habiller au supermarché, réservant le Monoprix (!) pour les grandes occasions, en guise de summum du luxe, et de garder le même manteau 15 ans. De devenir une ombre effacée, élimée, qui se confond avec un décor modeste mais qui choquerait dans les beaux quartiers... Alors, on les évite. 

   La beauté du luxe? Les métiers d'art, trésor du savoir-faire national, on les admire de loin et on prend soin de ses propres affaires bas de gamme pour qu'elles durent le plus longtemps possible. Veillant à ce qu'il y ait des traces de la beauté quand même, autant que possible à peu de frais. 

   Que veut dire "vivre décemment"? Manger à sa faim, avoir un toit, être chauffé par temps froid. Renoncer au superflu, même minuscule, celui qui peut donner, de temps en temps, une saveur inimitable à la vie.

   Je me garde bien de me prendre pour un gourou qui dispense ses bons conseils comme d'autres des hosties. Moi-même, je suis souvent à la recherche d'une branche salvatrice.

 

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"La vallée du néant" de Jean-Claude Carrière

3 Décembre 2018, 17:11pm

Publié par Flora bis

   La semaine dernière, j'ai entendu un long entretien avec Jean-Claude Carrière, à propos de son livre paru en septembre. La conversation a si bien "vendu" le thème du livre que l'après-midi même, j'ai couru l'acheter à la FNAC. 

  J'admire Jean-Claude Carrière depuis longtemps, sans doute depuis "La

controverse de Valladolid" que j'ai vu à la télé au début des années 1990. Le Mahabharata et Le Dictionnaire amoureux de l'Inde ont atterri dans notre bibliothèque plus tard. Je savais qu'il avait collaboré à des dizaines et des dizaines de films dont j'ai vu un bon nombre sans savoir qu'il était l'auteur du scénario. De Bunuel à Godard, de Wajda à Forman, de grands metteurs en scène ont sollicité sa collaboration. Et je ne parle pas de ses adaptations pour le théâtre et pour la télévision. Depuis 1957, il ne cesse de publier des romans, des essais, en même temps.

   Une boulimie de travail de cette envergure ne peut que provoquer l'admiration. A 87 ans, il est inévitable de questionner le Néant. Et lorsqu'on possède l'énorme culture et la non moindre curiosité, la soif d'explorer de Jean-Claude Carrière, on en fait un livre de questionnements, de réflexions et de tentatives de réponse.

   Depuis ma rencontre avec la mort en 2006, je ne cesse de tourner autour du sujet. Je me suis fabriqué mon propre récit sur mesure pour me préparer à l'ultime rencontre avec le plus grand mystère, à l'acceptation de ma disparition. J'arrive à une conclusion qui laisse difficilement de place aux spéculations rassurantes d'une survie quelconque: notre existence se limite bien au parcours entre la naissance et la mort... Comment faire, pour la traverser enrichi et la quitter sans trop de regrets?...

 "Traverser l'existence chargé, nourri par des milliers d'autres expériences et recherches, par d'autres savoirs, rester constamment curieux, attentif, vigilant, et si possible y ajouter quelque chose, même une virgule, une note, un accent...

   La vie sur cette Terre est, dans ce cas, le plus beau cadeau possible. Un cadeau de l'invisible, du destin, ou, si l'on préfère, du hasard. Depuis que je suis né, si par bonheur je suis curieux, j'avance au milieu des surprises. Je suis étonné à chaque pas. On m'a donné toute une existence pour aller dans la grande forêt, où chaque arbre, chaque feuille d'arbre porte un mystère.

   Et j'ai de la chance d'être là. Peut-être avec ma petite lumière."

J-C Carrière: La vallée du néant

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Soleil de novembre à l'économie

29 Novembre 2018, 18:58pm

Publié par Flora bis

Soleil de novembre à l'économie

   Temps de fin de novembre: crachin insidieux, vent mordant et pénétrant... Le soleil rare a du mal à grimper au-dessus des toits des maisons d'en face, ses rayons parcimonieux passent rapidement sur un coin de meuble ou sur l'aiguière ottomane qui me ramène immanquablement dans la boutique exiguë et chaleureuse de Kato l'Arménien, au Bazar d'Istanbul.

   C'est un temps à se pelotonner dans la chaleur de sa maison et savourer la chance d'en avoir une. Le vent secoue les volets, les feuilles jaune vif d'un gingko biloba atterrissent sur la terrasse, venues de je ne sais quel jardin invisible.

   Avec le temps, on se calfeutre dans sa maison, dans sa solitude. Plus d'envie de remuer ciel et terre, courir le monde sans tenir compte de la fatigue (jadis inexistante), du froid ou de la canicule... Où sont passées la force, la confiance invincible en la vie, remplacées petit à petit par une sagesse frileuse qui la regarde se consumer en veilleuse...

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