Le blog de Flora

Point de départ et de non-retour...

8 Avril 2018, 11:49am

Publié par Flora bis

   Je m'aperçois que mon jardin constitue un point d'encrage, non seulement dans ma vie mais aussi pour mon blog, point de départ pour une note à publier. Il arrive souvent que l'envie d'écrire, de communiquer existe mais il manque l'impulsion, la première phrase. Quelle direction choisir pour le vagabondage?...

   On n'a parfois qu'une vague idée de ce dont on aurait envie d'échanger... L'essentiel serait-il de discuter ou de formuler sa pensée pour y voir plus clair? Serait-ce, en quelque sorte, un dialogue avec soi-même?...

   La pénurie des commentaires donnerait raison à cette intuition. Dans mes statistiques de fréquentation, je vois un nombre de visiteurs parfois conséquent pour un petit blog qui ne fait pas trop d'effort pour se faire connaître mais heureusement qu'il y a Françoise M. et la fidèle Aude qui me laissent un petit caillou de temps en temps, signe de leur passage... Une autre fidèle Françoise est partie dessiner des nus légers et charnus, épanouis et mélancoliques à la fois, au-delà de ce monde matériel  -  mais en existe-t-il un autre?... Notre longue amitié virtuelle me manque... Suis-je une indécrottable sentimentale, bien que je m'en défende la plupart du temps, fuyant le déluge des émotions suscitées, calculées si souvent pour manipuler les foules?... Je suis bien consciente que c'est un réflexe de défense: je m'accroche à ma matérialité palpable pour protéger ma vulnérabilité et mes émotions à fleur de peau, en les enfouissant bien profondément, à l'abri des regards...

   Bon, après m'être livrée (comme dirait mon fiston) si intimement, je reviens à mon jardin. Quel plaisir d'assister à son réveil, un peu tardif cette année! Le camélia offre ses dernières fleurs, ayant résisté bravement aux gels de février, les jacinthes se terminent et les tulipes se bousculent au portillon. Et les draps, pour la première fois de l'année, sèchent sur le fil! 

(à cliquer sur les photos!)

Point de départ et de non-retour...
Point de départ et de non-retour... Point de départ et de non-retour...

Voir les commentaires

Pâques au tison

1 Avril 2018, 11:27am

Publié par Flora bis

   Les mètres carrés de mon jardinet qui reçoivent le soleil parcimonieux sont couverts d'un tapis de violettes. Au début, il fallait regarder attentivement la pelouse à peine dégelée sous ses pieds pour ne pas écraser les minuscules taches bleuâtres... Quelques jours plus cléments, un semblant de printemps, frisquet, sans feuilles et sans fleurs ont suffi pour que les violettes s'affirment. Je fais le tour du jardin, rapidement, sans m'attarder dans le vent mordant. A quand les matins doux et ensoleillés qui invitent à prendre son déjeuner sur la terrasse?...

   Dimanche de Pâques. Les croyants fêtent l'événement le plus important, fondement de la foi chrétienne: la résurrection du Christ. En effet, à l'image des sacrifices païens très anciens, l'Agnus Dei se sacrifie pour racheter les péchés du monde et vaincre ainsi les forces du Mal. Sa résurrection au troisième jour est censée de donner l'espoir d'une vie éternelle à tous les croyants, les rassurant en même temps qu'avec la mort, tout n'est pas fini; bien au contraire: la vraie vie, libre et immatérielle commence avec elle. 

   J'admets que cette conviction doit être une consolation profonde contre la grande peur de l'homme, sans doute le seul être doué de la conscience de sa disparition, de sa finitude, du Néant. Ceux qui ne possèdent pas ce remède, doivent faire avec cette angoisse métaphysique en se réconciliant peu à peu avec leur condition d'humain si fragile et  -  grâce à cette conscience  -  si puissant à la fois.

   

Voir les commentaires

C'est ainsi que la terre est ronde

26 Mars 2018, 11:45am

Publié par Flora bis

Je cherche une place sur le mur, envahi par mes nombreux dessins et quelques peintures

pour le tableau fraîchement livré de Cléa. Je sais que la plupart des peintres préfèrent vendre leurs propres productions plutôt que d'acheter celles des autres, rivaux potentiels de surcroît. Pour ma part, j'ai succombé parfois aux coups de coeur; je l'aurais même fait plus souvent si mon porte-monnaie n'avait pas freiné mes élans. De plus, je sais bien qu'un achat rend une crédibilité de poids aux compliments faciles...

   Je ne suis pas coloriste: je suis bien plus attirée par des formes, des volumes mise en valeur par des ombres et des lumières, les contrastes fortes du noir et blanc, modelés avec peu de moyens. Quelquefois, un peu de couleurs juste pour réveiller le monochrome...

   Chez Cléa, c'est le contraire: débauche de couleurs chatoyantes, harmonie et nuances subtiles. Il n'est pas étonnant que son tableau m'ait attirée: je pense ne pas être capable de pareille abondance! De son côté, elle complimentait la plasticité de mes nus: à chacun son univers et c'est ainsi que la terre est ronde!

Voir les commentaires

Célébration du printemps

21 Mars 2018, 10:37am

Publié par Flora bis

   Officiellement, le printemps est là. Nous allons passer à l'heure d'été, pour la dernière fois, paraît-il, dans trois jours.

   Ce printemps factice et glacial n'est pas exceptionnel même si nous avons tendance à en tirer des signes de catastrophes annoncées. Je ne me plains pas de la journée extraordinaire d'hier! Le soleil généreux semble vouloir rattraper ses manquements de pingre de cet hiver. Je  le prends avec reconnaissance  -  ai-je le choix?... Les habitants des contrées ensoleillées qui tombent dans la déprime au bout de trois jours de pluie, peuvent-ils apprécier à sa juste valeur le cadeau quotidien que le soleil leur offre? Chez nous, c'est l'inverse: trois jours de soleil pour trois mois de grisaille... Et la course poursuite des nuages chargés de pluie sur la toile tourmentée du ciel, en guise d'attraction dont les gens du Nord finissent par tomber amoureux...

 

 

Mon camélia a résisté avec courage aux assauts du gel, du moins à ce jour. Pour preuve, cette photo, prise hier (sur l'image, je l'ai décapité pour éliminer le fil à linge...) J'ai taillé les rosiers, autre signe encourageant. Il reste beaucoup de tâches à accomplir: rafraîchir les arbustes, les pots de fleurs qui ont passé l'hiver sans protection. Nettoyer la table et les quatre chaises en métal, le cabanon à outils de jardinage (le repeindre) et laver la terrasse. Sans parler de la pelouse à tondre bientôt. Que de travaux manuels pleins de promesses des plaisirs renaissants: plaisirs pour les yeux et pour l'odorat des fleurs en abondance, plaisirs pour la peau des caresses du soleil... Sans oublier le linge séché en peu de temps et gorgé du parfum inimitable de la pelouse fraîchement tondue! 

Voir les commentaires

Soirée au Bar à Lire

13 Mars 2018, 18:10pm

Publié par Flora bis

   En début de semaine, je prends mon temps, je le laisse s'étirer paresseusement comme si j'étais encore en mesure de gaspiller avec largesse le contenu de mon sablier... Vers la fin de la semaine, les choses s'accélèrent: vers midi, un rendez-vous plutôt ennuyeux, puis une soirée littéraire qui me consolera du premier. 

Muriel à la lecture

   La maisonnette très ancienne, rescapée rare des destructions des siècles passés abrite le Bar à Lire. Rien que le nom met l'eau à la bouche (et de fait, on n'y sert que des boissons sans alcool!). C'est là que notre talentueuse poète, Muriel a organisé la soirée autour du thème des femmes, date oblige. Sur les cimaises en briques rouges, les 17 tableaux de Cléa, artiste à l'univers coloré et féerique ont inspiré les poèmes de Muriel lus par elle-même. Le public ayant été invité à apporter des textes, je lis 5 "micro-fictions" au même sujet, pour contribuer à la soirée. J'en ai écrit une quarantaine, aux années 2011-12, en les considérant comme des gammes du pianiste débutant ou des exercices à la barre des danseurs apprentis, en attendant des projets plus ambitieux.

   A ma grande surprise, l'accueil du public est très chaleureux et cela fait du bien à ma confiance toujours prête à chanceler... On me demande même où on peut les trouver... Question saugrenue pour moi: je ne les ai jamais montrées à un éditeur, comme aucun de mes textes, et cela pour plusieurs raisons. "Sur mon blog", dis-je assez sobrement. 

Voir les commentaires

Journée des droits de la femme

8 Mars 2018, 18:58pm

Publié par Flora bis

   S'il faut désigner une journée spéciale pour y attirer l'attention, c'est que tout n'est pas parfait dans le meilleur des mondes!... Il faut reconnaître que de grands progrès ont été réalisés surtout au vingtième siècle grâce aux âpres combats des féministes, nos mères et grands-mères, voire arrières-grands-mères pour certains. Cependant, le constat s'impose: dès que les femmes baissent la garde, on essaie d'éroder, de saper leurs droits durement conquis (il suffit de voir ce qui se passe en Pologne actuellement).

   Je suis persuadée du rôle primordial de l'éducation dans ce domaine aussi bien que dans beaucoup d'autres: à l'école, mais cela commence dans la famille, l'exemple le plus efficace vient des parents. Des deux parents! La mère doit montrer l'exemple d'une femme qui se respecte et se fait respecter, qui s'assume au-delà de le mettre au monde et de prodiguer des soins à son enfant, qui s'assume comme un membre à part entière de la société et non seulement un élément sous tutelle du mari, vivant par procuration tout ce qui se passe en dehors du foyer.

   Le mari ne "participe" (ou pire encore: "aide") pas seulement mais il "prend sa part" dans tout ce qui concerne le foyer, dans un partage équitable et parfois interchangeable des tâches. Le respect doit être réciproque, y compris envers les enfants! Quand ils grandissent dans une telle atmosphère, ils suivent l'exemple, dans la plupart des cas, sans se forcer.

   Nous sommes loin de ce monde idyllique, même en occident. Dire que dans certaines autres parties du monde, les femmes sont maintenues dans l'ignorance, dans la dépendance totale et leurs combats méritent beaucoup de respect et de soutien de notre part, incontestablement plus privilégiées. L'éducation, cette lumière qui mène vers l'amélioration de leur sort, par le combat contre le poids des traditions souvent obscures, par la prise de conscience de leur valeur.

 

Voir les commentaires

Addictions nouvelles

4 Mars 2018, 12:26pm

Publié par Flora bis

   Je passe plusieurs heures devant mon ordinateur, pour lire et écrire, pour communiquer. Suis-je bel et bien en addiction de tous les écrans qui m'entourent?... Difficile de l'admettre. Je fuis les jeux vidéos, je n'achète que rarement sur le Net. Il y en a un dont je me passe assez bien: c'est mon smartphone. Souvent, il se retrouve déchargé, pile au moment où j'en aurais besoin!

   Cette maladie, apparue il y a moins d'une quinzaine d'années, s'est répandue avec la rapidité des incendies d'été dans le maquis de la côte varoise. Je vois des adultes qui ont pourtant grandi sans, toucher leur poche d'un geste mécanique et répétitif, pour en extraire la petite machine diabolique qui se coule si parfaitement dans la paume de la main, pour consulter leurs messages, et pour la moindre question qui se pose, tapoter fiévreusement sur les touches pour trouver la réponse... Tout juste s'ils ne tournent pas plus spontanément vers leur smartphone que vers leurs fenêtres pour connaître le temps qu'il fait...

   Plus grave encore pour les enfants dont le cerveau est en développement, en apprentissage. J'ai vu des tout petits qui ne savaient pas encore parler, se jeter avidement sur le téléphone, la tablette de leur parents, attirés comme par un aimant, manifester des symptômes de manque si l'on les en privait... N'accepter le repas que si leurs yeux étaient scotchés sur un écran. Leur bouche s'ouvrait alors machinalement, sans qu'ils se rendent compte de ce qu'ils avalailent... Où est passé le rêve, la découverte au toucher des objets immobiles qui les attendent avec patience ou, mystérieusement, qui s'enfuient? Le brin d'herbe ou la poignée de terre que l'on émiette ou, éventuellement, on porte à sa bouche pour le goûter... Où est le temps de la lenteur, sans le stress des images sautillantes à la vitesse endiablée?...

   Il manque dramatiquement le contact des yeux, des regards, tellement primordiaux dans l'apprentissage de notre humanité! De quoi privons-nous nos enfants en sensibilité, en socialisation, en empathie, en verbalisation de leurs émotions, en un mot, en complexification du fonctionnement de leur cerveau si malléable? Certes, on vous affirme que les jeux vidéos aiguisent leurs réflexes, leurs capacité d'analyser rapidement les situations inattendues. Sans doute. Mais en les transformant peu à peu en robots stressés et irritables.

 

Voir les commentaires

La Grande Histoire dans ma vie...

28 Février 2018, 19:03pm

Publié par Flora bis

   Quelqu'un a lancé une idée intéressante sur la blogosphère hongroise que je fréquente: où et comment avons-nous vécu les événements historiques qui se sont déroulés pendant notre vie? Quel souvenir gardons-nous de ces dates importantes pour tout un pays, voire pour toute l'Europe ou l'humanité entière?

   Nous avons recensé quelques dates, démarrant aussi loin que notre mémoire le permettait. Mon premier souvenir remonte à 1953: j'ai 5 ans. Nous marchons devant le parc de la mairie et une femme (membre éminent du parti communiste local) en sanglots arrive à notre rencontre: "Notre père Staline est mort! Qu'allons-nous devenir?..." Je suis effrayée: elle parle de "notre père", le disparu serait-t- un membre de la famille?...

  23 octobre 1956... Je viens d'avoir 9 ans. La nuit est tombée. Dehors, un groupe de gens défile en criant des slogans, pour moi incompréhensibles mais qui restent gravés dans ma mémoire: "A mort Gerő! AVH-s  -  assassins!" (Gerő était un des dirigeants principaux du parti stalinien, ministre de l'intérieur de sinistre réputation. L'AVH est l'abréviation de la police politique qui semait la terreur dans les années 1950, jusqu'à la révolution.) Un voisin paniqué vient aux nouvelles: il paraît que les insurgés ont balancé le responsable local du parti par la fenêtre... Il ne devait pas tomber de bien haut: il y avait peu de maisons à étage à l'époque dans notre bourg... Nos parents nous entourent d'un filet de protection, taisant devant nous les angoisses et les difficultés de la vie. Nous attrapons quelques mots mystérieux des conversations à voix basse qui parlent des greniers vidés, des gens emportés la nuit et réapparus, battus lors des interrogatoires musclés...

   1963, l'assassinat de Kennedy. Je suis à la deuxième année du lycée mais l'événement ne me touche pas vraiment... La politique était à des années-lumière de mes préoccupations. De toute façon, les décisions nous tombaient dessus sans que l'on nous consulte; infantilisés, nous n'avions pas à nous casser la tête avec des questions et des choix.

   1968. Prague. Mon frère est en train de faire son service militaire. Nous tremblons pour que l'on ne l'amène pas en Tchécoslovaquie, avec les divisions des 5 pays frères, afin de sauver le régime communiste tchèque de l'attaque des méchants impérialistes!

   En 1973, je passe dans le camp ennemi... Je m'intéresse toujours aussi peu à la politique, mes motivations sont uniquement sentimentales... Après 2 ans en Algérie où je me familiarise avec l'histoire de mon pays d'adoption, celui de mon mari, la France, nous arrivons dans Berlin-Ouest. Situation cocasse: ayant la double nationalité, je possède un passeport communiste et une carte d'identité délivrée par le Gouvernement Militaire de Berlin attestant que mon séjour est en rapport avec l'occupation de la ville par les alliés occidentaux... Heureusement, que l'atmosphère de schizophrénie ambiante ne m'était pas inhabituelle sous des régimes communistes!... C'est à Berlin que notre fils est né en 1977, et que nous sabrons le champagne le jour de la victoire de Mitterrand, en mai 1981.

   La catastrophe de Tchernobyl nous trouve à Istanbul, en 1986. On nous recommande d'éviter le café, le thé et les pistaches turcs car des pluies radioactives sont retombées du côté turc de la Mer Noire. Recommandation irréalisable pour les Turcs! Tout comme pour nous, résidents étrangers.

   En 1989, les régimes communistes s'effondrent. Les étoiles rouges géantes tombent du haut des édifices publics, les statues de Lenine et d'autres sont reléguées dans des parcs à souvenirs. Les vestiges de mes années hongroises, le décor de mon enfance et de ma jeunesse qui semblaient immuables disparaissent dans le tourbillon de l'histoire. J'ai perdu mes balises et j'ai du mal à me repérer dans ce pays nouveau...

 

Voir les commentaires

Echanger

19 Février 2018, 16:55pm

Publié par Flora bis

   Je remonte les volets. Je constate  -  à la place, au moins pour un instant fugace, de l'image du Bosphore majestueuse, changeante scène de théâtre de mon quotidien pendant 6 ans  -  que l'asphalte brille de la pluie fine de la nuit... Le ciel de plomb confère aux briques rouges une tonalité plus sombre, en attendant que le soleil réchauffe à nouveau les façades austères du Nord.

   J'ai passé le week end chez les enfants. Les neuf personnes ont bien rempli la maison. Le soleil aussi était au rendez-vous, la promenade digestive, calibrée à mes jambes, raccourcie mais très agréable. Ajoutons les parties de cartes indispensables, tout comme les conversations, dans lesquelles je puise l'énergie pour les jours à venir. 

"Seul dans la foule", huile, R. T. 2004

   Je connais des gens verrouillés à l'échange. Se sentent-ils protégés, à l'abri dans l'hermétisme de leur silence, je ne le sais pas. Sont-ils impuissants, tout simplement, à forcer la carapace dans laquelle leur éducation, la culture familiale, environnementale les ont enfermés depuis leur enfance? 

   Je me dis: quelle chance j'ai à pouvoir faire confiance aux mots! Se livrer représente, certes, un risque, n'ayant pas la certitude si les personnes ainsi mises dans la confidence sont ou non dignes de celle-ci. Encore que, le dosage dépend de notre volonté. Libre à nous d'en fixer les limites. Mais les mots ont un pouvoir libérateur incroyable! Ils cicatrisent les blessures, transforment les plaies ouvertes en traces visibles mais qui cessent de nous faire souffrir à vif!

Voir les commentaires

Flow

11 Février 2018, 18:30pm

Publié par Flora bis

   Née le15 novembre 1933, Françoise Héritier vient de mourir le jour de son 84ème anniversaire, le 15 novembre 2017. Son dernier livre, couronné du prix Fémina : "Au gré des jours", est paru en octobre 2017, un mois avant le décès de son auteur.

   Dans sa première partie, le livre reprend le principe et le style du "Sel de la vie", l'énorme succès de Françoise Héritier en 2012. J'avoue avoir eu le sentiment que l'idée suivait le sillage de ce petit livre au charme léger et insaisissable, sans pour autant pouvoir l'égaler: le charme, suscité en grande partie par la surprise, l'originalité et l'inattendu, est rompu par le "déjà-lu"... On ne devrait jamais ré-exploiter les idées géniales nées dans le flow...

  Que veut dire exactement le "flow"? (nous y reconnaissons les mots français "flux", "flot", "fluide") Mis à part le sens de l'écoulement, du débit de l'eau, j'entends par "flow" l'état presque second d'inspiration totale, cet état de grâce dans lequel nous nous trouvons à quelques rares moments de création. Si quelqu'un a déjà éprouvé cette sensation sait de quoi je parle.

   J'ai trouvé sur le Net un article fort intéressant à ce sujet ("Osez écrire votre roman" de Laure Gerbaud).

"...Le flowc’est l’inspiration et la maîtrise d’un art ou d’une activité menées à leur excellence, leur apogée. C’est le dépassement de soi, c’est quand ta plume glisse avec vélocité et intelligence, quand tu fais corps avec ta pensée, tes émotions, tes compétences. (...) Bref, c’est l’instant de grâce quand tu maîtrises parfaitement ce que tu écris, et c’est tellement facile et fluide que tu as l’impression de recevoir de l’extérieur ce qui vient de l’intérieur. Tu es à ce moment parfaitement en accord avec toi-même, ce que tu fais et ta manière de le faire..."

   J'avoue l'avoir déjà éprouvé, en écrivant ou en dessinant. C'est mystérieux et troublant, cela vous tombe dessus sans que vous l'ayez provoqué, voulu. Vous quittez votre réalité pesante,  votre décor quotidien disparaît. Vous ne touchez plus le sol, vous flottez (encore le "flot"!...) dans une atmosphère indéfinissable, mu par cette énergie puissante qui vous libère des contingences habituelles, des attentes et des exigences, des peurs et des inerties. Vous planez mais dans un état de concentration totale.

   Et la jubilation demeure.

 

   

Voir les commentaires