Le blog de Flora

Mes petites-filles en vacances

24 Juillet 2018, 11:12am

Publié par Flora bis

   Un des plaisirs de l'été: mes petites-filles en vacances pour 15 jours, avant de continuer ailleurs, ensemble encore ou séparément. L'aînée me rattrape à quelques centimètres de près, la plus jeune la suit avec 2 ans et demi d'écart. La chaleur inhabituelle (je ne m'en plains pas: enfin un vrai été!) nous maintient à l'intérieur ou dans une salle climatisée de cinéma jusqu'à 6 h du soir mais nous prenons nos repas sur la terrasse, sous le parasol.

   Lucie est arrivée avec une semaine d'avance, Alice s'étant attardée avec les autres grands-parents à la mer. Ainsi, la première semaine s'est passée dans une intimité que Lucie affectionne particulièrement: elle lui rappelle l'exclusivité de l'époque où elle était enfant unique... Nos parties de cartes, de baccalauréat, de dessins, de discussions interminables, de confection de sachets de lavandes, de dégustation de pastèque ou de crêpes: autant d'occasions de joyeuse complicité! 

   Alice la Douceur, Alice la Tendresse est arrivée, très attendue par sa soeur aussi, avec des petits cadeaux confectionnés pour elle. Leur différence de tempérament, de caractère s'est manifesté rapidement. Lucie prend volontiers la direction des événements en main, elle déborde d'idées et d'initiatives. Sa soeur n'est pas contrariante mais il ne faut pas franchir certaines limites! 

   Pour moi, c'est la fin d'une solitude parfois pesante mais qui m'a permis d'installer un rythme de vie confortable quoiqu'un peu poussif, correspondant à mes nouvelles possibilités. La présence de mes petites-filles ramène de la vie trépidante, de la jeunesse devenue lointaine nostalgie...

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La deuxième étoile

17 Juillet 2018, 11:23am

Publié par Flora bis

Supporters "maison"

   Que d'émotions! Je ne cesse de me demander comment un jeu de ballon  -  il est vrai, planétaire  - arrive à m'embarquer dans une telle vague déferlante d'émotions commune à des millions de gens... Moi qui aime tant maîtriser ce qui m'arrive, du moins, m'en donnant l'illusion.

   J'ai vécu la première étoile en 1998, les digues de la peur rompues par le coup de sifflet final, l'incroyable exploit arrivé. La deuxième est forcément moins intense: un tout petit peu moins. Il y a le sentiment du "possible" derrière.

   Je lis une certaine presse rance hongroise, certains blogs aussi, juste pour voir que ça existe, pour avoir honte à leur place. Par bonheur, il ne représente pas tout le pays, même s'ils sont actuellement au pouvoir dans mon pays d'origine. Ils disent par exemple que la Croatie aurait vaincu facilement une équipe française (sous-entendu: celle-ci ne l'était pas du tout, avec si peu de Blancs!) D'autres y ont vu une preuve de l'envahissement de l'Europe par la "race" inférieure et craignaient la menace pour l'extinction de la pureté blanche et forcément chrétienne européenne! Je bouillonne de rage et de honte en lisant de tels propos! Que le petit pays croite de 4 millions d'habitants qui priait ensemble avec ferveur pour la victoire ne pouvait que gagner! Raté! Il faut croire que certains manquaient à l'appel... Qu'en matière de football, c'est quand-même la meilleure, la plus soudée des équipes qui gagne. En l'occurrence, de couleurs arc-en-ciel!

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Est-ce facile de critiquer?

11 Juillet 2018, 19:47pm

Publié par Flora bis

   Sur mon blog hongrois, nous avons eu des échanges intéressants au sujet de la relation parfois difficile entre écrivains et critiques, sur des ego surdimensionnés des auteurs qui considèrent les remarques (surtout négatives) comme des vengeances d'écrivains ratés... 

   Est-ce facile de critiquer la prestation des autres? Pas si simple. Surtout, si vous connaissez l'auteur, plus ou moins intimement. Certains, avec prudence, se tiennent à distance de la production littéraire de leur conjoint(e) ou ami(e). Sage précaution! Même s'il est flatteur de répondre à la sollicitation de donner son avis, d'être le lecteur privilégié, c'est un terrain éminemment glissant! 

   Quoi de plus normal que la soif de l'écrivain d'une reconnaissance aussi large que possible? Sinon, il suffirait d'écrire pour son tiroir. Le danger qui le guette est double. Le nez sur son texte, il manque de la distance nécessaire pour pouvoir le juger objectivement (si jamais le jugement objectif existe). Il y voit non seulement ce qu'il a réalisé mais aussi ses intentions! Il les lit entre les lignes, de façon subliminale, visibles par lui seul... L'autre danger est plus narcissique: il barbote, s'ébroue dans le bain des mots, il s'émerveille de ses propres trouvailles, incapable de déceler le bavardage inutile et surchargé, le ridicule qui guette...

   Comment le lui dire, alors qu'il est si heureux de sa performance?... Comment lui broyer le moral quand l'écriture est devenue sa respiration?... Il vous en voudra à mort.

 

 

"Poème maudit" par Santiago Caruso

 

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12 ans

7 Juillet 2018, 11:40am

Publié par Flora bis

Les anniversaires rythment notre vie. Le 7 juillet rythme la mienne en particulier.

Tous les ans, en posant ce petit caillou virtuel sur la tombe de Gilbert, je fais un rapide bilan personnel.

12 ans déjà... Je mesure ma survie. Je mesure ma solitude. Je me regarde dans le miroir. Le reflet n'est pas vraiment flatteur, les années passent à l'accéléré. Il faut épouser les contours de chaque étape. Savourer les instants tout en étant consciente  -  et cette lucidité ne me quitte plus -  que c'est un compte à rebours...

Les enfants grandissent, leurs parents entament la maturité de l'âge. Et les grands-parents? Ils résistent.

Tous les ans, je me répète l'avertissement: débarrasse-toi du poids de l'insupportable inertie, des doutes et des peurs qui te paralysent, cesse de gaspiller le temps précieux et entame enfin le vrai travail qui te permettra de monter sur l'ultime balance... 

Un juin-juillet aussi chauds qu'il y a 12 ans... 

(illustration: Yin et Yang, huile sur toile, R. T.)

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Simone au Panthéon

2 Juillet 2018, 17:57pm

Publié par Flora bis

Hier matin, j'ai suivi la cérémonie de la "panthéonisation" de Simone Veil. 

C'était une belle et émouvante cérémonie, solennelle et sobre à la fois, digne de cette grande dame si aimée et respectée par la majorité des Français jusqu'à la fin de sa vie, en juin 2017.

J'ai lu son livre "Ma vie" à sa parution. Son courage, sa volonté m'ont impressionnée, sa ténacité en toute circonstance. Sa droiture aussi. C'est sans doute pour cela qu'elle a résisté à l'embrigadement dans un parti politique... Elle était au-dessus des petits jeux de circonstance, elle préférait les grandes causes aux arrangements politiciens à la petite semaine.

La loi Veil de 1974... Résister aux insultes de bas-étages des conservateurs catholiques... "Aucune femme n'a recours à l'avortement de gaieté de coeur" disait-elle. Beaucoup de femmes mouraient alors à cause des avortements clandestins.

L'Europe, sa grande affaire... La réconciliation après une guerre dont elle a souffert dans sa propre chair. Première Présidente élue du Parlement Européen à une époque où l'Europe était encore une belle utopie...

 

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Positivons!

27 Juin 2018, 11:58am

Publié par Flora bis

   Ma boîte email, vieille de plus de 25 ans, s'est définitivement bloquée... 

   J'ai passé l'âge où l'on gère avec souplesse ce genre de bouleversement sismique de l'existence. D'abord, la panique vous gagne: vous perdez tout un pan de votre histoire, de votre vie... Le danger de ne pas recevoir un courrier administratif important vous effleure: impôts, gaz, téléphone, associations et j'en passe. Les amis, la famille: votre cordon ombilical qui vous relie au monde des vivants est coupé... J'exagère? Un peu. Reste le téléphone, la poste, la sonnette sur la porte, mais nous en perdons l'habitude. La messagerie électronique est tellement plus pratique, tellement plus rapide!...

   Dans le sillage de mon adresse email, ma page Facebook se bloque. Les mots de passe: mon cauchemar! Il en faut partout, on en change aussi au cours des années. J'essaie de les noter au fur et à mesure, mais les feuilles s'envolent! Je me retrouve, recroquevillée sur mon problème et je crée un nouveau compte (l'ancien avait 7 ans!) Retrouver les amis, les prévenir...

 

Recréer une nouvelle page... de ma vie?...

Aussitôt, mes réflexes de sauvetage se mettent en route. N'est-ce pas une occasion de renouveau qui se présente devant moi et qui va bien au-delà d'un compte Facebook et une nouvelle adresse email? Je peux tout trier comme pour un déménagement. Le grand débarras. Me libérer des pesanteurs! Les habitudes ont une force d'inertie inouïe. Elles sont réconfortantes, douillettes, même si, au bout d'un moment, elles peuvent rendre l'atmosphère étouffante, lourde, comme dans une maison jamais aérée... Abandonner certaines habitudes, des relations pesantes ou stériles qui vous enfonçaient, vous tiraient en arrière... Repartir d'un nouvel élan, changer soi-même.

Un peu.

 

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Vache inspirante

17 Juin 2018, 12:00pm

Publié par Flora bis

"On ne gagne pas beaucoup à trop réfléchir sur sa destinée. La vraie philosophie consiste peut-être à traverser la vie avec la sérénité tranquille de l'animal broutant l'herbe du sentier qui le mène à l'abattoir."
(Gustave Bon, 1841-1931)

Dès la première lecture, cette citation a suscité en moi des images familières, celles de mes vacances d'été dépaysantes, années après années, chez mes grands-parents maternels. Je gardais la vache de ma tante pendant quelques semaines, signe de confiance et de responsabilité.

    "...la sérénité tranquille de l'animal broutant l'herbe..." Cette image est restée gravée dans ma mémoire. Certains jours, au lieu d'investir avec les autres adolescents la pâture municipale, je promenais la placide ruminante le long des sentiers, la tenant par une corde nouée autour de ses cornes, marchant à son rythme à quelques pas devant elle. Aussi étrange que cela puisse paraître, cette occupation me plaisait beaucoup (j'aurais du mal à imaginer un ado de notre époque avec un smartphone greffé à sa main  -  et à ses yeux  -  promener une vache pendant des heures et heureux d'être plongé dans des pensées sereines...). J'alternais les jours avec les copains sur la pâture, discussions et parties de cartes, tandis que les vaches broutaient en groupe, et mes solitaires tête-à-tête avec la paisible blonde de ma tante. 

   L'adolescence... Je suis sûre que cette expérience qui se répétait d'année en année, a eu une influence importante sur l'adulte que je suis devenue. Le besoin de me retrouver dans une solitude apparente (la vache m'accompagnait et m'inspirait) pour mettre en ordre les morceaux du puzzle du monde autour de moi, des découvertes incessantes de cet univers réservé pendant longtemps aux adultes omniscients et omnipotents, des jeux de séductions et des pulsions à la fois attirantes et effrayantes, passant par des regards dérobés et recherchés, tout en étant entourée et sécurisée de l'affection débordante et infaillible de mes grands-parents, oncles et tantes... De longues heures de lectures solitaires dans la douceur de l'été, cachée dans le jardin de ma tante parmi les pieds de vigne, les dahlias et les grasses feuilles de betteraves...

   C'était l'initiation à une certaine philosophie... Traverser la vie avec la plus grande sérénité possible. (Il s'est avéré par la suite que ce ne serait pas toujours aussi évident.) Y tendre, du moins, au lieu de se torturer vainement. Le sentier mène, de toute façon, à l'abattoir.

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Ce n'est qu'un jeu de ballon rond...

11 Juin 2018, 16:12pm

Publié par Flora bis

   

   Au risque d'étonner  -  voire de faire fuir  -  quelques lecteurs, je voudrais parler de foot... C'est un peu le moment: nous sommes quelques uns à partager les souvenirs uniques de l'explosion de joie du 12 juillet 1998. Tout comme la rage de honte de l'épisode d'Afrique du Sud où l'équipe de France a touché le fond...  

   Non, je ne suis pas une passionnée du foot ni du sport en général (l'apparence est trompeuse!); d'ailleurs, je n'en suis pas fière... Avec Gilbert, j'ai pris l'habitude de suivre les événements sportifs à la télé. Il aimait presque tous les sports, il en pratiquait aussi mais avant tout, c'était l'esprit de l'exploit, du dépassement de soi qui le passionnaient. Depuis mon fauteuil, j'étais devenue une vraie spécialiste du rugby, de l'athlétisme, du vélo, du foot, du tennis, du ski, de la course automobile et j'en oublie...

   L'autre jour, j'ai regardé le documentaire sur la Coupe du Monde du Football 1998. Les champions d'il y a 20 ans, dégarnis ou grisonnants, quelque peu épaissis, évoquaient l'EVENEMENT de leur vie sportive. Avec, dans leurs regards, l'émotion d'il y a vingt ans, intacte. Tout comme dans le mien. Avec, plus d'une fois, des larmes aux yeux...

   L'atmosphère, plus que tiède du départ, s'est progressivement réchauffée jusqu'à la liesse populaire qui nous a emportés tous. J'ai revécu les moments poignants des matchs successifs, jamais gagnés d'avance, où nos compétiteurs devaient y croire en se surpassant pour franchir l'obstacle. Pour qu'ils puissent se retrouver 20 ans après et communier dans l'émotion et l'amitié inchangées, il a fallu un sentiment collectif (ce mot d'Aimé Jacquet tant raillé!) fort qui a transcendé les quelques individualités en vue. Il leur a fallu beaucoup d'humilité  -  à commencer par le sélectionneur malmené qui les avait protégés des critiques malveillantes des journalistes omniscients  -  aussi, pour les préserver de la grosse tête avant l'heure et pour garder la capacité d'émerveillement de ce qui leur arrivait! Cet émerveillement semblait encore vivant 20 ans plus tard, en eux aussi bien qu'en leur public...

   Je me souviens des clameurs, des rues envahies de notre petite ville, des visages en joie, bariolés de bleu-blanc-rouge, drapeaux à la main. La foule convergeait de partout vers la Place d'Armes et l'Hôtel de Ville où nous avons entamé spontanément la Marseillaise, sous l'oeil de Jean-Louis Borloo sorti sur le balcon. Des inconnus s'embrassaient. On était loin des menaces de toute sorte. La joie et la fierté étaient contagieuses, dépassant de loin une coupe du monde gagnée.

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"Fantastique!"

8 Juin 2018, 10:52am

Publié par Flora bis

 

Hier,  je suis rentrée en miettes de fatigue de la journée (de 9h du matin à 18h30) à la faculté des lettres de l'Université de ma ville. Et ce n'était que le premier jour! J'y ai participé à un colloque sur le thème de la littérature fantastique. Sans être fan du genre, je le connais assez bien grâce aux nombreux essais de Gilbert entre 1996-2006, en collaboration ou individuellement, dans des revues et aux éditions Belin et Ellipses. Hier, ma principale motivation a été de retrouver deux des contributeurs, Mathieu Lottiaux et Alain Delbe, éminents collaborateurs de notre revue "Hauteurs" que nous animions entre 1999 et 2009. 

   Entretemps, nous avons tous pris presque 20 ans... Le souvenir des 10 années riches et mouvementées de la revue continue à nous lier d'amitié  -  avec une pointe de nostalgie que seul un travail en commun bien fait peut générer... Dominique et Agnès, Perrine, Michel, Cathy et Daniel,  Muriel s'ajoutent aux deux noms déjà cités, plus quelques uns, de souvenirs plus douloureux que je ne nommerai pas...

   Alain, auteur de plusieurs romans et nouvelles était reçu en "guest star", de nombreux extraits de ses textes ont été lus. Mathieu qui vient de terminer son premier roman, a présenté une analyse fort savante du mythe du Golem (auquel Alain avait consacré un roman en 2004), d'autres contributions détaillaient les thèmes du vampire, de Peter Pan ou l'oeuvre de Steeman, écrivain belge de la première moitié du 20e s. Ce dernier a été une découverte pour moi: son oeuvre (dont les plus célèbres ont été portées à l'écran par Clouzot "L'assassin habite au 21", "Quai des Orfèvres") est un véritable laboratoire de l'écriture! 

    Les nombreux échanges entre les conférenciers et le public ont rendu la rencontre très intéressante et ont installé cette ambiance à la fois érudite et dépourvue de toute "prise de tête" hermétique, chaleureuse et enrichissante dont le Nord a le secret...

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Insomnie

4 Juin 2018, 19:36pm

Publié par Flora bis

   

"Le corridor" par R. T. 1999

  J'ai beaucoup discuté la semaine dernière: trois-quatre amies sont passées pour prendre un café ou un thé avec moi et surtout, pour échanger sur une foule de sujets plus intéressants les uns que les autres!...

   J'aime les échanges, ils donnent souvent naissance à des idées, des projets nouveaux qui ouvrent des perspectives enrichissantes. Que ce soit des projets littéraires avec d'autres rencontres à venir, ou des problèmes personnels à discuter qui permettent de plonger dans nos propres ténèbres: ces petites conversations sous le parasol de la terrasse ou sur le canapé du salon sont mes plaisirs depuis toujours.

   Prenons par exemple le problème cuisant de l'insomnie. Depuis les derniers mois précédant la mort de Gilbert, mon sommeil est assez désordonné. J'ai pris l'habitude de veiller tard, de trouver mille prétexte pour retarder le moment de me coucher et rater ainsi les heures les plus profitables et les plus réparatrices du sommeil. Au milieu de la nuit, le bourdonnement discret de la radio accompagne la chute dans les profondeurs de l'inconscience, par ailleurs, de relativement courte durée. Je me lève tard, fatiguée. Cela fait douze ans que ça dure...

   Avec une amie qui souffre d'une forme encore plus grave d'insomnie, nous avons tenté d'explorer ces territoires tourmentés. Qu'est-ce qui nous empêche de dormir comme avant? Qu'est-ce qui nourrit cette angoisse sourde, cette peur de ne pas pouvoir plonger dans le sommeil bienfaisant, et une frayeur encore plus grande de céder à son invitation?... 

  Nous avons fini par prononcer la même phrase, presqu'en même temps: cela ressemble à la peur de la mort! Tout simplement. 

   Le sommeil est bel et bien une métaphore de la mort. On ferme les yeux, on s'abandonne à un état incontrôlé et incontrôlable (très grave pour moi qui aime(rais) maîtriser en toute circonstance ce qui m'arrive...) et surtout: aucune garantie à ce qu'on puisse refaire surface! J'ai vécu ce moment traumatisant où j'attendais le réveil de quelqu'un qui n'a plus jamais rouvert les yeux...

 

 

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