Le blog de Flora

Semaine noire... ça existe?

5 Octobre 2019, 13:31pm

Publié par Flora bis

   Il y a des moments où les planètes sont, de toute évidence, en opposition totale les unes avec les autres. Ou alors, ont-elles du mal à supporter leur propre image dans le miroir cosmique?... 

   Cette première semaine d'octobre a eu sa ration de mauvais coups du sort. Avec une constance rare: comme s'il en pleuvait... Résultat: le stress montait dans un corps noué qui tentait de résister en vain à la douleur croissante. Sans rentrer dans les détails, voici un épisode de l'avalanche:

Les escrocs ont besoin de pigeons. J'en suis un exemplaire désigné et je les attire comme le miel attire les mouches. J'ai beau jurer sur tous les saints que l'on ne m'y reprendra plus, ma naïveté congénitale succombe à la gentillesse, à l'assurance convaincante des prédateurs affutés. Moi-même étant incapable de rouler quelqu'un, j'ai sans doute du mal à supposer cette vilenie venant d'un autre...

   Sous l'effet d'un discours crédible et bien rôdé, je signe, comme envoûtée, trois chèques de 665 € chacun, à débiter 3 mois de suite, pour une commande de travaux dont je n'ai, de toute vraisemblance, pas besoin. Pour un tarif généreusement réduit (mais sans doute gonflé préalablement) qui s'ajoute à l'appât.

   Souvent, l'envoûtement se dissipe rapidement et je n'ai plus que mes yeux pour pleurer. Jusqu'à la prochaine occasion...

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Retour à Istanbul

24 Septembre 2019, 16:51pm

Publié par Flora bis

   Je fouille dans ma photothèque comme à chaque fois que que l'envie me prend de faire un petit voyage dans le temps... Nostalgie stérile? Je pense plutôt au besoin impérieux de m'évader d'un présent qui n'a rien d'exaltant, l'occasion mise à part de me réjouir que l'infirmière de ce matin, très professionnelle, n'a pas esquinté la seule veine qui me restait à exploiter, avant d'injecter le produit de contraste qui m'inonderait d'une chaleur intense, de la tête au pied...

   En farfouillant parmi les images, je tombe sur cette photo prise à Istanbul, en 1990, à la salle d'exposition de Institut Français où j'attends l'ouverture du vernissage de ma deuxième exposition. "23 Mayis  -  3 Haziran". Je constate que pour la xième fois, on a écorché mon prénom sur l'affiche... Je ne sais pas pourquoi, cette composition de deux consonnes "ZS" semble contre nature pour l'oeil français, pire encore que le "SZ"... Je note au passage que la mode était aux épaulettes démesurées, ce qui, forcément, affinait la ligne des hanches... Ceci dit, ma minceur de 42 ans, désormais inatteignable, était alors bien réelle. 

   J'ai exposé essentiellement des lavis d'encre, pris sur le vif dans de différents endroits d'Istanbul. Avec ma petite chaise pliante, je m'installais dans les mosquées ou dans les cimetières, au pied de la Tour de Galata ou au bord du Bosphore, en haut de la rue des brocanteurs ou dans les jardins de Karyie Camii (Saint-Sauveur-in-Chôra) et beaucoup d'autres... Je n'ai jamais été importunée: "Kolay gelsin!"  -  me disaient les passants avec un sourire d'encouragement... (ce qui veut dire à peu près: "Que la peine vous soit légère!" c'est à dire: "Bon courage!")

 

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De la photo, tout simplement

17 Septembre 2019, 19:03pm

Publié par Flora bis

   La photo naît de l'envie de fixer l'instant et de le voler au temps qui s'enfuit. Du moins, c'était ainsi aux temps désormais lointains où nous nous laissions surprendre par l'émerveillement d'une fraction de seconde et nous ne faisions pas des clichés en rafale : juste quelques images, soigneusement choisies, car le plaisir instantané était exclu à l'époque des pellicules et de l'attente des clichés sur papier. 

   Sur notre blog hongrois commun, le sujet de réflexion a été la photo dans tous ses états. Cela a donné lieu à de savants traités sur les appareils, les méthodes ou à des flots de nostalgie. Quant à moi, je cherche la nature de la pulsion profonde, commune à tant de gens, qui nous pousse à nous arrêter, à emprisonner l'humeur d'un instant, pour le métamorphoser en un fragment d'éternité. Dérober une parcelle de présent. Y revenir encore et encore, pour ressusciter l'émotion initiale.

   Le sujet? Paysage, nature morte, portrait, le corps humain  -  que cherchons-nous, en découpant dans notre vision du monde un petit rectangle dont nous choisissons les limites? La beauté? A chacun sa définition. Pour moi, c'est certainement la vérité de l'instant, dans laquelle se reflète l'émotion et l'illusion de l'éternité.

   

De la photo, tout simplementDe la photo, tout simplementDe la photo, tout simplement
De la photo, tout simplementDe la photo, tout simplementDe la photo, tout simplement

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Obsolescence

9 Septembre 2019, 19:46pm

Publié par Flora bis

   La cafetière a-telle fait son temps? Même pas 2 ans d'usure, vous la jetez... Pareil pour l'aspirateur : pas la peine de le faire réparer, cela coûtera plus cher qu'un nouveau, pas encore utilisé...

   Le canapé? Le tapis sous la table basse, les doubles-rideaux?... Encore en bon état mais passés de mode... Vous ne pouvez plus les voir : les magazines, les émissions de décoration dictent les nouvelles tendances et vous avez horreur de l'étiquette de "ringard" qui pourrait être collée sur votre dos!

   Des vêtements remplissent quelques cartons que vous portez aux nécessiteux : heureusement qu'ils existent pour éponger votre mauvaise conscience de jeter autant de choses encore en bon état mais  -  passées de MODE!

   La nouveauté vous rajeunit, vous donne bonne mine et l'illusion qu'avec quelques rafraichissements ainsi effectués, votre vie prendra une autre direction, plus dynamique, plus légère... Se libérer du poids du passé, des souvenirs pesants, de la platitude de votre quotidien emprisonnés dans des objets dont il suffit de se débarrasser : tous les gourous modernes vous le susurrent à l'oreille... Après tout, on n'a qu'une vie et elle ne doit pas être sacrifiée au nom des principes d'avant le déluge! C'est maintenant qu'il faut vivre, dans l'instant présent! Ni dans le passé, ni dans l'avenir, hypothétique et incertain! 

   Votre regard glisse sur votre compagnon avachi dans son fauteuil, en pantoufles éculées, le journal sur les genoux... La tête renversée, la barbe grisonnante de 2 jours, il ronfle, dans une confiance bienheureuse et ignorante. Pour l'instant.

(peinture: R.T. 1998)

Obsolescence

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Tentatives et tentations

2 Septembre 2019, 16:10pm

Publié par Flora bis

Tentatives et tentations

   Une de mes amies a précisé (déjà, la nécessité de le formuler mériterait d'être analysé) qu'elle écrivait pour elle-même, sans un coup d'oeil sur le côté pour voir les réactions des lecteurs éventuels. Tout en redoutant sa susceptibilité, je n'ai pas pu m'empêcher de lui poser une question simple : si elle écrivait pour elle-même, pourquoi publiait-elle aussitôt sa production sur son blog, puis sur Facebook (élargissant ainsi son auditoire...) Il serait plus simple d'entamer un bon gros cahier à spirale, puis l'enfermer dans un tiroir, pour elle seule...

   Naturellement, supportant mal la contradiction, elle m'a accusée de couper les cheveux en quatre. Pourtant, si j'ai posé cette question, c'est qu'elle s'était posée à moi-même il y a 10-11 ans, lorsque j'ai commencé mes blogs et plus encore, à leur publication sur Facebook. J'ai cédé à l'envie irrépressible de mettre en mots les tourments qui m'assaillaient après la mort de mon mari : les souvenirs, ma place dans le monde, une liberté lourdement payée par la solitude, les bilans incontournables et l'obligation intime de mériter mon sursis. Peu à peu, les mots m'ont capturée et, au-delà de m'avoir secourue, ils sont devenus indispensables : les briques d'une vie plus vraie que la vie réelle...

   Au départ, j'écrivais dans un cahier mais rapidement, l'envie de partage m'a incitée à commencer mon blog français. Dans une langue d'adoption qui offre la distance nécessaire entre la réalité et sa perception. Je n'avais aucune prétention littéraire (de plus, les années d'expérience dans la jungle éditoriale pour les oeuvres de Gilbert m'ont rendue très méfiante), tout juste le plaisir de jouer avec les mots, la tentative d'attraper les plus justes, d'explorer leur puissance évocatrice. Rapidement, j'ai éprouvé l'envie de les lancer sur la Toile anonyme (pendant des années, sous pseudo) comme des bouteilles à la mer, sans prendre le risque d'un refus lapidaire et humiliant. Gloire minuscule et anonyme contre risque zéro.

   Soyons honnêtes : dès que nous exposons notre production, nous n'écrivons plus pour nous-mêmes. NOUS LA MONTRONS. Nous avons envie qu'elle existe. L'écriture reste lettre morte si personne ne l'a lue. Qu'elle plaise ou non, ce n'est plus de notre pouvoir.

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Entre-deux

30 Août 2019, 18:23pm

Publié par Flora bis

   Je ne peux pas m'empêcher de repasser sans cesse, grâce aux belles photos des enfants, le souvenir des lieux magiques de cet été... Ai-je fait ma rentrée véritablement ou suis-je encore  -  grâce au soleil magnifique  -  quelque part entre les Alpes, la Lagune encombrée de bateaux de toute sorte et de toute taille et la Grande Plaine hongroise écrasée par la canicule?...

   A en juger par mon petit désordre familier installé autour de moi, je suis bel et bien rentrée. Mes articulations convalescentes me le rappellent aussi tous les jours, surtout en montant, tant bien que mal, les escaliers... Le coin intime de mon bureau, le silence qui peut être aussi riche que son contraire me poussent à reprendre mes habitudes, sans précipitation.

   Le coup d'oeil vers mon jardin sous le soleil radouci où les rosiers s'épanouissent après les deux nuits d'averse, me confortent définitivement dans la sensation que les vacances sont finies. Enfin, ce que les "forces vives", ceux qui se lèvent tôt tous les jours, appellent les vacances. Pour moi et d'autres -  qui sommes sur les rails plus reposants (menant au garage...)  -  la différence réside essentiellement dans le silence qui remplace le bruissement incessant de la "vraie" vie... Un bruissement plein de rires, de mots, de regards complices, de larmes refoulées et de gestes de tendresse...

 

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Promenade dans un jardin féerique

27 Août 2019, 09:09am

Publié par Flora bis

   Cela fait des années que je collectionne les céramiques de Andrea Vertel. Ses figurines apparaissent de temps à autres sur mon blog. Cet été, j'ai réalisé mon vieux désir : visiter, au bord du Danube, son jardin féerique où toutes les pièces de sa production s'exposent dans l'herbe, dans des recoins secrets, sur les murs et sur les étales!

   Nous nous sommes promenés pendant une bonne heure dans les méandres du grand jardin, sous un soleil de plomb, tenant le chien en laisse. La petite dame mince, dépourvue du moindre effort commercial, s'est contentée d'emballer les pièces que je lui rapportais sans cesse, elle notait les prix au fur et à mesure. Ma famille française s'étonnait : un sourire avenant, un verre de rafraîchissant, quelques mots aimables lui feraient vendre la moitié de son jardin d'un seul coup!... J'ai essayé de lui trouver des excuses : n'est-elle pas là, avant tout, pour créer, produire et non pas pour vendre?... 

   Ma collection qui frise la monomanie, a démarré il y a plus de vingt ans. J'aime le charme grotesque, la tendresse ironique de la vision de Andrea Vertel. Ses figures, dépourvues de tout réalisme sirupeux, me surprennent et m'enchantent. Avec le sentiment de "la dernière fois", j'ai fait quelques folies... J'ai pris un grand oiseau pour le jardin, afin que mon petit mouton se sente moins esseulé, un plus petit pour m'inspirer, me regardant écrire, perché sur mon bureau et trois autres qui peuvent s'accrocher au mur et qui cherchent encore leur place.

(site: www.vertelandrea.hu)

Promenade dans un jardin féeriquePromenade dans un jardin féerique
Promenade dans un jardin féerique

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Périples d'été, riches et fatigants

21 Août 2019, 08:10am

Publié par Flora bis

   Je regarde les photos de ces 3 semaines de vacances, encore et encore, tout en essayant de recoller les morceaux éparpillés de mon pauvre corps... Peu importe, l'essentiel est d'avoir vécu ces sensations fortes, cette beauté et le soleil qui les enveloppait. Les faiblesses du corps écrasé par la fatigue, on espère en venir à bout lorsque le temps du repos arrivera enfin...

   Les enfants ont concocté un programme très varié: à commencer par 1 semaine dans les Alpes, près de Briançon, à 1300 m d'altitude, entourés de sommets époustouflants entre 2-3000 m, aux tons et reliefs sans cesse variés, au gré du soleil. Il est vrai que je me suis tenue à l'écart des activités familiales (canyoning, rafting, parapente, vélo  -  et même des randonnées digne de ce nom), me contentant d'un peu de marche avec mon bâton de faux randonneur. Respirer surtout cet air si pur dont on oublie même la saveur comme celle des tomates de notre enfance...

   Venise... Sur le chemin vers la Hongrie, nous y avons fait halte pour une nuit. Retrouvailles fugaces mais inoubliables! Cette fois-ci, ce n'était plus la découverte de son charme désuet, d'une beauté à vous couper le souffle, phénomène que j'avais vécu dans le sens propre il y a 8 ans... Je savais ce que je cherchais à retrouver, avec la sensation intime de la dernière fois...

   Après avoir traversé la Slovénie, nous sommes arrivés en pleine nuit dans le sud de la Hongrie, pour y passer 15 jours, souvent caniculaires, bien remplis de bricolages, de promenades, de plages et de retrouvailles familiales. Le retour, de nuit, en voiture (1700 km), nous a laissés en morceaux... Le travail a déjà repris pour certains.

 

   

Périples d'été, riches et fatigants
Périples d'été, riches et fatigantsPériples d'été, riches et fatigants
Périples d'été, riches et fatigantsPériples d'été, riches et fatigants

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Palier?

25 Juillet 2019, 10:59am

Publié par Flora bis

 (photo F. M.)

(photo F. M.)

   Mon blog va prendre quelques petites vacances que je souhaite, d'ailleurs, à tous ceux qui y passeront. Je sais que mes visiteurs ne sont pas nombreux mais d'autant plus précieux!

   Ma valise n'est pas prête, je m'embourbe dans les listes diverses "à faire avant de partir" et "à prendre avec moi". Sachant que les places seront comptées, que le chien et ses accessoires en prendront presque la plus volumineuse et que c'est un casse-tête pour les enfants, j'essaie de me faire petite. Je rêve de montagne et de sa fraîcheur à défaut de pouvoir faire des randonnées... Je serai spectatrice. L'essentiel, c'est d'être avec les enfants, comme tous les ans.

   Plus nous prenons de l'âge  -  quelques soucis de santé aidant  -  plus nous sommes difficiles à convaincre de bouger. Moi qui adorais les improvisations, je tergiverse indéfiniment pour me décider. La fatigue pèse des tonnes, à l'avance. Envie de souffler, là, sur place, sans valise, sans déplacement. La routine reposante sans secousses. Celle que je trouvais mortifère, il n'y a pas si longtemps, et que je fuyais dès qu'il était possible. 

   Est-ce cela qui s'appelle "un palier" à franchir?...

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Une histoire d'assiette

17 Juillet 2019, 11:10am

Publié par Flora bis

   "Je ne suis pas dans mon assiette..." Inutile de dire que cette phrase ne fait pas partie du vocabulaire, des expressions de la langue française que j'ai étudiés sur les bancs du lycée ou à la fac. Je l'ai apprise, parmi tant d'autres, savoureuses, avec ma belle-famille qui parlait, dans le nord de la France, à Laon, une langue châtiée de gens cultivés, dans laquelle se glissaient, de temps en temps, des mots et expressions plus colorés de leurs ancêtres picards. Moi, évidemment, je me les suis appropriés avec avidité. C'est ainsi que j'ai mis de côté parmi tant d'autres, dans ma boîte aux trésors, "wassingue" (serpillère), "papinette" (cuillère en bois), retenu que le "dîner" se prenait à midi, tandis que le repas du soir s'appelait le "souper".

   Après cette introduction, vaste détour dont je suis coutumière, je reviens "à mon assiette" que j'ai tant de mal à atteindre. Je suis crucifiée dans un choix cornélien et celui qui connaît la Balance sait que je n'exagère point. A chaque instant, je "balance" douloureusement entre l'envie irrépressible de prendre la route avec les enfants pour un grand périple estival de trois semaines, à travers l'Europe jusqu'en Hongrie  -  et la sagesse de rester à la maison pour souffler, tenter de rassembler les morceaux de puzzle secoué de mon état physique, après un premier semestre éprouvant. Etat parfois pitoyable de faiblesse, douleurs constantes qui empêchent la récupération, c'est ainsi que je paye à chaque fois les moments de bonheur des rencontres avec amis et famille... 

 

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