Le blog de Flora

Attila József (1905-1937) : Hiver (Tél, 1922)

12 Février 2012, 11:38am

Publié par Flora bis

Jozsef Attila 

HIVER

 

     Il faudrait faire un feu... bien grand, bien haut,

Pour que tous les hommes se chauffent à sa flamme.

 

Nous jetterions dedans tel bibelot vieillot,

Tels objets ébréchés, cassés, tel jeu de dames,

     Les jouets des enfants, tel autre jeu,

     M'entends-tu, chat perché? Et dans ce feu,

     Nous éparpillerions, je le proclame,

Tout ce qui semble beau. L'on entendrait soudain

L'incandescente flamme offrir au ciel serein

Les ardeurs de son chant. Les gens d'une même âme,

Ou d'un même pays, se donneraient la main.

 

Il faudrait faire un feu d'une folle envergure,

Car le givre a couvert les villes et les prés;

     Faire sauter la si froide serrure

De nos garde-manger. Et que les jets pourprés

Reçoivent de nos mains leur riche nourriture

Pour donner en retour la chaleur douce et pure.

 

     Il faudrait, oui, faire ce noble feu

Afin que les humains se dégèlent un peu.

 

texte français: Jean-Paul Faucher

 

 

TÉL

Valami nagy-nagy tüzet kéne rakni

hogy melegednének az emberek.

 

Ráhányni mindent, ami antik, ócska, 

csorbát, töröttet s ami új, meg ép, 

gyermekjátékot,  -  ó, boldog fogócska!  -

s rászórni szórva mindent, ami szép.

 

Dalolna forró láng az égig róla

s kezén fogná mindenki földijét.

 

Valami nagy-nagy tüzet kéne rakni,

hisz zúzmarás a város, a berek,

fagyos kamrák kilincsét fölszaggatni

és rakni, adjon sok-sok meleget.

 

Azt a tüzet, ó jaj; meg kéne rakni,

hogy fölengednének az emberek!

 

Vous remarquerez que le traducteur a changé la forme des strophes par rapport à l'originale (2 / 4 / 2 / 4 / 2) et il a fait débuté chaque ligne par majuscule (sans compter des divergence dûes aux rimes).

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A
Tu me fais découvrir des poètes que je lis avec attention et grand plaisir.<br /> @+
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F
<br /> <br /> Ce me fait grand plaisir, André! Tout comme tu me fais voyager avec tes superbes photos!<br /> <br /> <br /> <br />
L
J'y souscris ! Nous sommes tellement froids et indifférents les uns les autres : un feu de joie, enfin !
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F
<br /> <br /> Oui, je pense que nous nous étions enfoncés assez loin dans la frilosité individualiste...<br /> <br /> <br /> <br />
M
Je crois que ce feu on nous l'a déjà apporté et qu'il est en train de grandir, la braise est sous la cendre...Il nous suffit peut-être de souffler un peu pour ranimer ce feu qui n'en finira plus de<br /> briller et de réchauffer les hommes et qui sait, même, brûler quelques curieux qui voudraient s'approcher trop près pour le saisir et le garder pour eux ! Des noms ? Suffit de regarder les infos,<br /> nous avons vraiment atteint un point de non retour...Alors soufflons "pour offrir au ciel serine les ardeurs de son chant ! Bisous et merci pour ce poème admirable, Flora.
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F
<br /> <br /> Je ne sais pas, chère Mu, je suis moins optimiste... Mais le voeux pieux existe!<br /> <br /> <br /> <br />
T
il faudra vraiment que ce soit un très grand feu...<br /> besos<br /> tilk
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F
<br /> <br /> Que les gens non seulement se réchauffent mais "se dégèlent un peu"...<br /> <br /> <br /> Merci, tilk, amitiés.<br /> <br /> <br /> <br />
F
mais qui va bouger pour l'allumer? (à part Johnny, hmf)
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F
<br /> <br /> C'est bien ça, le problème!...<br /> <br /> <br /> <br />