Le blog de Flora

Quelques réflexions autour de la blogosphère...

13 Mai 2014, 11:43am

Publié par Flora bis

Quelques réflexions autour de la blogosphère...

La blogosphère est un univers extrêmement varié, régi par ses propres lois et usages. C'est une véritable explosion de l'expression individuelle, jusque là réservée aux canaux des médias et à quelques formes libertaires marginales.

Qu'est-ce qui pousse des millions de personnes à saisir ce moyen d'expression tellement répandu que finalement, la voix individuelle, avide de se faire entendre, se perd dans le flux dense de chaque instant?

Premièrement, la liberté enfin offerte de s'exprimer. Pas de barrières de comité de lecture, d'obstacle financier ou autre. C'est comme un gigantesque mur à graffer mis à la disposition du tout-venant, sans sélection aucune. Un fleuve charriant aussi bien des pépites d'or que de la poussière...

Cette tour de Babel, bruissement gigantesque de voix disparates fait aussi qu'il est difficile de se distinguer, de se faire reconnaître. Des communautés thématiques se créent, avec leurs fidélités relatives et qui induisent d'autres entraves: de façon sournoise, la tentation de plaire à son public apparaît, afin de le fidéliser. Afin de se mirer dans le reflet tendu par celui-ci qui renvoie une image flatteuse la plupart du temps, sinon, il ne serait pas fidèle... Ceci dit, cette tentation existe partout, y compris dans la "vraie" vie...

S'exprimer veut dire exister pour beaucoup d'entre nous. Exister, ne serait-ce que virtuellement, auprès de lecteurs virtuels qui s'arrêteront ou non, le temps d'un instant fugace, car l'offre est incommensurable.

Une existence éphémère, à l'image de notre vie, notre minuscule parcours entre deux événements majeurs, nos Alpha et Omega personnels... Entre les deux, libre à nous de créer quelques illusions.

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Gyula Illyés: Dans la barque de Charon (extrait)

9 Mai 2014, 18:34pm

Publié par Flora bis

   "Je sentais les odeurs du crayon. Je les ai senties une par une; l'odeur du vernis, celle du bois taillé, celle de la mine de plomb friable. Je sentais même les odeurs du canif, une par une; celle, métallique, de la lame, celle du manche en corne et même l'odeur de ce que j'avais coupé auparavant.

   Et les minutes étaient pleines de la même manière. Je jouissais du temps, j'avais faim et soif de la moindre de ses parcelles et cela, non seulement avec l'unique organe de l'odorat mais avec tous les vingt mille autres.

   Et j'étais capable de percevoir le temps. Et je connaissais sa valeur. La valeur de chaque heure? Celle de chaque instant. (...)" 

 

"Éreztem a ceruza illatait. Külön-külön valamennyit; a festék illatát,

a megfaragott fáét, a porló grafitét. A bicsak illatait is éreztem; egyenként

ezen is a penge vasáét, a nyél szarujáét és hogy előzően mit vágtam vele.

És éppen így voltak telítve a percek is. Az időt éppígy élveztem; így

éheztem-szomjaztam minden darabkájára s nemcsak azzal az egy szagló

érzékszervemmel, hanem mind a húszezerrel.

S föl is tudtam fogni az időt. És értékét is tudtam. Minden órájának?

Minden pillanatának. (...)"

 

 

 

Gyula Illyés: Dans la barque de Charon (extrait)

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Semaine tendue

4 Mai 2014, 18:11pm

Publié par Flora bis

Semaine tendue

Ouf, décompression, après une semaine au rythme plutôt tendu... Outre les occupations habituelles de réunions, de visite chez l'amie malade, de l'intendance maison, il a fallu re-encadrer une dizaine de dessins destinés à l'exposition d'Arras, les emballer dans des poches, fabriquées sur mesure, en plastique à bulles, puis les transporter sur place pour les accrocher enfin... Hier soir, en rentrant, je me suis effondrée sur mon canapé pour la soirée. En ces moments-là, je constate avec une pincée de mélancolie qu'il y a quelques années, je pouvais plus... et je suis contente de vivre seule, afin de ne pas devoir infliger l'image de ma faiblesse à quelqu'un... Heureusement que ma voisine qui est la gentillesse personnifiée, avait déposé en mon absence, une copieuse assiettée de soupe de sa confection.

Pourtant, le plus gros de l'accrochage a été effectué par une amie sympathique et disponible - et dont la jeunesse souple permettait encore les nombreuses montées et descentes sur l'escabeau - qui m'a accompagnée à Arras. Ma foi, le résultat est plutôt plaisant. On verra l'ambiance du vernissage dans une dizaine de jours. En attendant, je peux m'atteler à la préparation de ma participation à l'exposition du groupe qui aura lieu à la fin du mois et par chance, sur place, dans ma ville.

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Éveil

29 Avril 2014, 19:41pm

Publié par Flora bis

Éveil

Avec la fin du mois d'avril, tout semble se réveiller: les lilas embaument le jardin, en passant leurs têtes, dans tous les tons du mauve, à travers les clôtures. J'adore humer l'air à la rosée du matin, tout comme au crépuscule... Les premiers boutons des rosiers éclosent, les oiseaux chantent, enivrés par le soleil, les parfums de l'air et l'appel des instincts à prolonger la race...

Et nous, au début de la pente descendante, plus du tout préoccupés par les urgences de la procréation? Le renouveau du printemps est un cadeau, nous jouons des prolongations, jouissons de la beauté de la vie, comme ça, gratuitement, sans autre obligation que de saisir cette manne tardive...

Un jour, quelqu'un m'a demandé ce qui provoquait en moi le sentiment de gratitude. La personne étant très croyante, je suppose qu'elle attendait de moi une référence à Dieu. Ma première pensée a été le spectacle du soleil levant sur mon jardin...

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Anniversaire

24 Avril 2014, 00:47am

Publié par Flora bis

Le 23 avril 2013, ma mère est devenue souvenir...

Une mémoire à créer, à recréer sans cesse. Avec ce qui reste et qui s'effiloche au fur et à mesure comme une mémoire pâlissante...

Les blessures deviennent moins vives, elles cicatrisent même; elles font désormais partie de notre physionomie. Une balafre de plus sur l'âme...

Il faut apprendre à vivre avec les absences, avec les fausses présences aussi qui hantent les sommeils trompeurs.

Il faut apprendre à être adulte, sans le regard maternel, protecteur et pesant à la fois, culpabilisant par l'amour démesuré dans lequel on se noie.

Difficile de satisfaire une telle attente, difficile de ne pas décevoir une telle admiration...

Être soi-même, lourde tâche.

Anniversaire

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Alphonse Karr (1808-1890)

16 Avril 2014, 10:40am

Publié par Flora bis

Alphonse Karr  (1808-1890)

Ce matin, sur mon calendrier éternel, je tombe sur une phrase d'Alphonse Karr:

"Tout le monde veut avoir un ami. Personne ne s'occupe d'en être un."

J'avoue n'avoir aucune idée de la personne d'Alphonse Karr, à part une brève indication: écrivain français et deux dates qui enferment presque tout le dix-neuvième siècle.

La pertinence de la phrase m'incite à chercher plus loin. Je découvre un personnage original, d'un esprit fin et d'un sens aigu de la formule: dons pour lesquels j'ai toujours eu une grande attirance.

Journaliste au Figaro un temps, romancier, auteur d'un grand succès: "Sous les tilleuls" que son père allemand aurait titré "Unter den Linden" à l'instar du célèbre boulevard berlinois... A l'avènement de Napoleon III, il se retire sur la Côte d'Azur et se consacre aux fleurs...

* "Tant de gens échangent volontiers l'honneur contre les honneurs."

* "Si l’on veut gagner sa vie, il suffit de travailler. Si l’on veut devenir riche, il faut trouver autre chose."

* "Les fonctionnaires sont comme les livres d'une bibliothèque. Les plus haut placés sont ceux qui servent le moins."

* "L'âge où l'on partage tout est généralement l'âge où l'on n'a rien."

* "Un baiser, c'est une demande adressée au deuxième étage pour savoir si le premier est libre."

* "Écrivain, c'est le seul métier, avec l'art de gouverner, qu'on ose faire sans l'avoir appris."

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L'inspiration d'un dessin

13 Avril 2014, 10:36am

Publié par Flora bis

Milena Jesenska a inspiré le dessin ci-dessous. Je n'ai pas fait un portrait proprement dit: j'ai affiné ses traits, en gardant la pose, la tête légèrement tournée vers l'oeil du photographe. Comme on sait, la légèreté est la chose la plus difficile à rendre...

Sur la photo, le portrait de Milena Jesenska, traductrice et amie de Kafka. Son nom nous reste probablement grâce à leur brève rencontre. Sur la photo, le portrait de Milena Jesenska, traductrice et amie de Kafka. Son nom nous reste probablement grâce à leur brève rencontre.

Sur la photo, le portrait de Milena Jesenska, traductrice et amie de Kafka. Son nom nous reste probablement grâce à leur brève rencontre.

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L'âme de voyageur

9 Avril 2014, 11:44am

Publié par Flora bis

L'âme de voyageur

"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."

Je suis tombée par hasard sur cette phrase de Paul Nizan.

J'ai beaucoup voyagé entre mes vingt et cinquante ans. Commencé par le séjour d'un an à Moscou - première occasion de quitter la Hongrie, armée d'une énorme valise contenant des vêtements pour quatre saisons, dont l'hiver russe carabiné, sans oublier un sachet de paprika en poudre et des saucisses maison au goût du vrai...

Par la suite, je suis devenue une nomade assez expérimentée qui plante sa tente au gré des nécessités, dans des conditions parfois périlleuses. Cela demande une certaine faculté d'acclimatation qui était nourrie chez moi par la curiosité insatiable pour les gens, leur façon de vivre et de penser. M'enraciner dans un sol, même provisoirement, m'attacher aux personnes même pour un temps m'était nécessaire. J'avais besoin de sentir cette appartenance. Les quitter était un déchirement inévitable.

Et pourtant, je repartais à l'aventure, faisant confiance à ma bonne étoile.

Cela fait 23 ans que j'habite ici, dans la même maison. Une aussi longue étape ne m'est jamais arrivée... Serait-ce la dernière? Une chose est sûre: désormais - un peu malgré moi - je voyage surtout dans ma tête, parmi les souvenirs indélébiles qui peuplent ma mémoire.

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Les effets positifs de rêvasser...

26 Mars 2014, 10:42am

Publié par Flora bis

Les effets positifs de rêvasser...

Il y a quelques jours, j'ai publié une petite réflexion sur mon blog hongrois au sujet de ces "heures perdues" à rêvasser. C'est l'émission de Frédéric Lopez, "La parenthèse inattendue" qui l'a inspirée.

Curieusement, les invités de la belle maison perdue dans les bocages - où l'on accède en ramant parmi les saules qui trempent leurs branches dans l'eau - des célébrités au sommet, nous racontent souvent, parmi les souvenirs de leur enfance, les heures de solitude, d'ennui même qu'ils ont vécues. Et comme s'ils s'en rendaient compte subitement, ils déclarent que sans ces heures "vides", ils ne seraient sans doute pas ce qu'ils sont aujourd'hui.

Beaucoup de parents de nos jours, stressés, obnubilés ou traumatisés par la "performance", veulent préparer leurs enfants au mieux à la lutte à couteaux tirés pour la meilleure place au soleil. Leur donner toutes les chances, en remplissant leur temps restant d'activités extra-scolaires, si bien que l'enfant, dans son programme serré, n'a plus une minute pour s'ennuyer. L'ennui est, d'ailleurs, la hantise du parent parfait. Alors que ce serait peut-être le moment privilégié où l'enfant peut nourrir sa propre créativité.

Il est vital, dans une journée harassante, que l'enfant puisse se déconnecter de la pression, de l'attention sans cesse sollicitée. Qu'il puisse laisser vagabonder son imagination sans être soumis au stress de l'urgence. Qu'il puisse remettre en place, digérer les émotions, influences en tout genre dont il a été bombardé durant la journée. Pour en nourrir son imaginaire.

Je dirai même plus: l'adulte tout autant...

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Jules Renard (1864-1910) * Citations

17 Mars 2014, 16:53pm

Publié par Flora bis

Jules Renard (1864-1910)   *   Citations

Qui ne connaît pas l'auteur de "Poil de Carotte"? En 46 ans d'existence, à cheval sur deux siècles, Jules Renard a partagé une époque que l'on a surnommée la "Belle", pleine d'ébullition, d'inventivité, d'enthousiasme, avec Hugo, Maupassant, Zola, les Frères Goncourt, Rostand, Proust, Claudel etc... Couronnée par l'Exposition Universelle et ses merveilles en 1900, l'époque s'enorgueillit des prouesses techniques comme la Tour Eiffel, l'électricité, l'automobile, le cinématographe, des découvertes scientifiques de Pasteur, des Curie, des révolutions artistiques de l'impressionnisme, du cubisme, de l'Art Nouveau... Impossible d'énumérer tous les motifs qui nourrissent l'enthousiasme né après la grande dépression des années soixante-dix, pour aboutir au suicide tragique de l'Europe de la Première Guerre mondiale.

Voici quelques citations empruntées au "Journal" de Jules Renard: phrases aigres-douces, teintées de lucidité, d'humour parfois noir, d'une certaine misogynie aussi...

* Il faut dompter la vie par la douceur.

* Il est plus difficile d'être un honnête homme huit jours qu'un héros un quart d'heure.

* On finit toujours par mépriser ceux qui sont trop facilement de notre avis.

* La vérité vaut bien qu'on passe quelques années sans la trouver.

* Le paradis n'est pas sur terre, mais il y a des morceaux. Il y a sur la terre un paradis brisé.

* On n'est pas heureux: notre bonheur, c'est le silence du malheur.

* Ce qui fait le plus plaisir aux femmes, c'est une basse flatterie sur leur intelligence.

* Si vous voulez plaire aux femmes, dites-leur ce que vous ne voudriez pas qu'on dît à la vôtre.

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