Le blog de Flora

preoccupations grand-meriennes

Retour à ma vie minuscule

12 Mai 2025, 17:34pm

Publié par Flora bis

  Une lessive sèche sur le fil tendu de la terrasse. Retour à ma vie minuscule mais réconfortante que j'ai parfois l'illusion de gouverner. Je suis rentrée de chez les enfants hier midi.

   La meilleure façon de se rendre compte de la solitude, cadre habituel de sa vie, c'est de rentrer chez soi au bout de quelques jours ou d'une plus longue absence. Dès la clé dans la serrure et la porte entrouverte, on hume les odeurs familières un peu "renfermées", on scrute les objets habituels au passage : ils n'ont pas bougé de leur place et vous attendent avec docilité et dévouement. Derrière les volets que l'on s'empresse d'ouvrir pour redonner vie au décor, les pots de fleurs assoiffées réclament à boire. Et personne ne se précipite à votre rencontre.

   Le jardin... plutôt la jungle! L'herbe a poussé si vigoureusement qu'elle m'arrive aux genoux. Je ne distingue plus les fleurs! Quand aurais-je le courage, plutôt la force de m'y attaquer? Je me sens exténuée rien qu'à y penser...

   Les images et les sons des jours précédents tournoient dans ma tête. Tout ce qui me terrassait de stress avant mon départ (serai-je à la hauteur des taches qui m'attendent?) s'est évanoui pendant les jours ensoleillés, à la vue du beau jardin qu'un robot discret et infatigable maintient en l'état d'un terrain de golf de première classe. Le châtaignier majestueux neige de pétales blancs, tandis que l'acacia, le plus haut parmi les arbres centenaires, vient de se couvrir de grappes blanches odorantes, au goût du miel, celui de mon enfance. A deux pas de la grande baie vitrée, je cueille du persil frais pour les repas. Car je cuisine beaucoup, midi et soir. Toutefois, cela me laisse du temps pour mes habitudes devant l'ordinateur du bureau. J'en ai besoin désormais.

   Souvent, l'une de mes petites-filles est là, en pleine révision, parfois les deux, grâce aux jours fériés de la semaine. De leurs amis se joignent à nous une partie du weekend. J'aime la compagnie des jeunes, ils me ramènent aux temps nostalgiques où j'enseignais...

   Leurs parents arrivent frigorifiés du pays le plus au nord de l'Europe où le soleil, à cette époque, ne se couche pas. Nous regardons aussitôt leurs photos insolites et dépaysantes. Je boucle ma valise pour repartir tôt, le lendemain matin, mission agréable, chaleureuse et joyeuse accomplie.

Retour à ma vie minuscule
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Un jeudi mémorable

9 Mars 2024, 12:40pm

Publié par Flora bis

   Il est temps de revenir sur mon blog, non seulement pour moi mais pour la fidélité des lecteurs qui me suivent depuis, pour certains, plusieurs années, et d'autres dont j'ignore l'identité. Cette fidélité m'étonne et me touche énormément. Il est vrai que je ne fais pas de publicité pour mon blog, je ne suis pas les conseils infaillibles en choisissant les sujets payants (recettes de cuisine, potins mondains, titres accrocheurs, voyages, broderie ou tricot, animaux de compagnie etc...), les "référencements" à tout va, plutôt la petite musique en sourdine de ma vie. Méthode éminemment discordante avec notre époque où les places sont chères sous le soleil et la bousculade est grande. Tant pis... Le manque d'ambition criant  -  dont je ne suis pas particulièrement fière  -  qui me caractérise a beaucoup agacé mon mari, mais j'ai beau essayé, fait semblant, avant tout pour lui faire plaisir, je n'y arrivais pas... A l'heure qu'il est, en plus de mon aversion de "me vendre", je soupçonne aussi ma peur de souffrir des éventuels refus et échecs sur le chemin des prises de risque... Mes quelques essais timides dans ce domaine ont été dûs à ses encouragements énergiques. Suis-je une incorrigible hédoniste dans l'âme?... 

   Le jeudi de cette semaine qui touche à sa fin a été le jour des 18 ans de l'aînée de mes petites-filles. 18 ans! Je n'arrive pas à me faire à la rapidité du temps qui passe, même si cela devient le plus gros lieu commun pour les gens de mon âge! Aussitôt, la sensation de son poids plume de bébé remonte dans ma mémoire, à la première fois où ses parents l'ont posée dans mes bras et son regard toujours pénétrant a croisé le mien. Tout comme à la naissance de son père, 28 ans plus tôt, l'amour vous submerge à jamais, comme une coulée de lave, brûlante mais en même temps, infiniment vivifiante.

   Ce même jeudi, les quatre comédiennes amies ont présenté la lecture de mon texte "Nos étés indiens" devant le public des pensionnaires d'une maison de retraite. La doyenne avait 101 ans et une fraîcheur intellectuelle saisissante! Et lorsque le spectacle a pris fin, les applaudissements ont été suivis par les questions : "Vous en avez d'autres comme ça?" "Quand est-ce que vous revenez la prochaine fois?"

Un jeudi mémorable
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Histoires grand-mériennes

23 Juillet 2021, 21:02pm

Publié par Flora bis

   Il est temps de retrouver mon blog : le mois de juillet a été maigre en écriture!... L'hébergeur donne quelques tuyaux pour augmenter la "visibilité" de mon blog  -  lui ai-je fait pitié avec ma relative discrétion dans la blogosphère?  -  mais cela ne m'empêche pas de vivre... Non pas que le trafic modeste et l'enthousiasme silencieux qu'il provoque ne me chiffonnent pas de temps en temps et que je ne préfèrerais pas un succès plus large  -  soyons modestes mais sans mentir!  -  cependant, je ne me sens pas prête à faire des efforts pour "chevaucher la conjoncture", en traitant des sujets accrocheurs, en me lançant dans les recettes de cuisine ou dans les potins des pseudo-stars en vue... Sans parler du train de l'influenceuse (nouveau métier prometteur et lucratif pour jeunes gens dont les préoccupations, apparemment, volent au raz des pâquerettes!), eh bien, ce train, je l'aurai définitivement manqué!

   Pendant 4 jours, j'ai profité de la présence  -  très courte!  -  de mes petites-filles de 12 et 15 ans. Nous avons beaucoup papoté car je ne suis plus une grande marcheuse comme il y a quelques années encore... Nous avons joué, nous avons beaucoup ri mais nous avons touché des sujets plus sérieux aussi. A cet âge, elles ont surtout besoin d'écoute attentive, sans jugement "guillotine" mais plutôt "réfléchissons ensemble"... Nous avons aussi évoqué des souvenirs. Un soir, en montant l'escalier, je les entends parler dans leur chambre. Je passe la tête pour leur souhaiter bonne nuit et un spectacle touchant m'attend: la plus grande est en train de lire à haute voix un conte africain et sa soeur, déjà au lit, l'écoute avec un sourire béat sur le visage... "La coiffe de plume"! C'était une de leurs histoires préférées pendant des années, en ces temps bénits de la petite enfance où nous n'aurions manqué pour rien au monde l'histoire du soir! J'y prenais sûrement autant de plaisir qu'elles, essayant de moduler l'intonation, ponctuer de gestes les rebondissements de l'histoire, afin d'en souligner les effets dramaturgiques. Parfois, nous partagions la lecture des paragraphes. Et là, je la ré-entends de la bouche de ma grande petite-fille, à l'identique! Quel bonheur!

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Addictions nouvelles

4 Mars 2018, 12:26pm

Publié par Flora bis

   Je passe plusieurs heures devant mon ordinateur, pour lire et écrire, pour communiquer. Suis-je bel et bien en addiction de tous les écrans qui m'entourent?... Difficile de l'admettre. Je fuis les jeux vidéos, je n'achète que rarement sur le Net. Il y en a un dont je me passe assez bien: c'est mon smartphone. Souvent, il se retrouve déchargé, pile au moment où j'en aurais besoin!

   Cette maladie, apparue il y a moins d'une quinzaine d'années, s'est répandue avec la rapidité des incendies d'été dans le maquis de la côte varoise. Je vois des adultes qui ont pourtant grandi sans, toucher leur poche d'un geste mécanique et répétitif, pour en extraire la petite machine diabolique qui se coule si parfaitement dans la paume de la main, pour consulter leurs messages, et pour la moindre question qui se pose, tapoter fiévreusement sur les touches pour trouver la réponse... Tout juste s'ils ne tournent pas plus spontanément vers leur smartphone que vers leurs fenêtres pour connaître le temps qu'il fait...

   Plus grave encore pour les enfants dont le cerveau est en développement, en apprentissage. J'ai vu des tout petits qui ne savaient pas encore parler, se jeter avidement sur le téléphone, la tablette de leur parents, attirés comme par un aimant, manifester des symptômes de manque si l'on les en privait... N'accepter le repas que si leurs yeux étaient scotchés sur un écran. Leur bouche s'ouvrait alors machinalement, sans qu'ils se rendent compte de ce qu'ils avalailent... Où est passé le rêve, la découverte au toucher des objets immobiles qui les attendent avec patience ou, mystérieusement, qui s'enfuient? Le brin d'herbe ou la poignée de terre que l'on émiette ou, éventuellement, on porte à sa bouche pour le goûter... Où est le temps de la lenteur, sans le stress des images sautillantes à la vitesse endiablée?...

   Il manque dramatiquement le contact des yeux, des regards, tellement primordiaux dans l'apprentissage de notre humanité! De quoi privons-nous nos enfants en sensibilité, en socialisation, en empathie, en verbalisation de leurs émotions, en un mot, en complexification du fonctionnement de leur cerveau si malléable? Certes, on vous affirme que les jeux vidéos aiguisent leurs réflexes, leurs capacité d'analyser rapidement les situations inattendues. Sans doute. Mais en les transformant peu à peu en robots stressés et irritables.

 

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Retour au calme

2 Mars 2014, 19:14pm

Publié par Flora bis

Retour au calme

Une semaine trépidante! Je n'ai pas eu l'occasion d'approcher l'écriture, exercice désormais aussi indispensable que d'étancher sa soif... Parfois, je me pose la question: à quoi bon, tout cela? Ne serait-il pas plus utile que je passe les heures de lecture et d'écriture à des occupations plus saines, plus utiles, plus proches de la vraie vie, telles que récurer la maison, me promener ou cultiver mon vrai jardin - et non pas celui, secret, des mots?...

Ma petite Alice a passé une bonne partie de la semaine - la dernière des vacances de février - avec moi. C'est un véritable bonheur que je savoure car je sais que ses cinq ans vont s'éloigner en un éclair comme le temps béni de la confiance et de l'insouciante gaieté qui nous relient. Tout comme avec sa soeur qui va fièrement sur ses huit ans dans quelques jours et qui viendra aux prochaines vacances. Tout va si vite et de plus en plus vite... Les verrai-je adultes et comment nos relations évolueront-elles? J'aimerais imaginer que nos liens si forts, si riches continueront à nous nourrir réciproquement et que je resterai longtemps pour elles la grand-mère qui les attend les bras ouverts et le sourire aux lèvres...

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