Le blog de Flora

Du pardon

13 Mars 2014, 11:13am

Publié par Flora bis

Du pardon

Il m'est arrivé plusieurs fois de regarder des documentaires sur le "pardon". Qui n'a pas été confronté à cette souffrance, à cette impossibilité et à cette nécessité?

Dans les documentaires, les témoignages sont bouleversants: la mère rendant visite à l'assassin de son fils, condamné à perpétuité, l'amoureux trahi échafaudant des plans de vengeance, l'homme qui a passé 15 ans en prison, accusé à tort de viol sur mineure... Comment surmonter le traumatisme qui lie désormais les deux parties? Le traître, le menteur, l'assassin repenti et celui qui subit sont liés, même si leur souffrance est loin d'être de la même nature, de la même intensité.

Le premier pas sur le chemin de la rédemption doit venir du coupable, car peut-on pardonner à celui qui ne l'a pas demandé?... Ce premier pas est très difficile pour les deux. Acte de contrition pour l'un, acte de générosité surmontant la plaie ouverte pour l'autre. Mais c'est le prix à payer pour pouvoir entamer une résilience...

De nature, je ne suis pas rancunière, estimant que nourrir ce sentiment négatif équivaut à laisser du poison s'infiltrer dans ses veines et, petit à petit, s'abandonner à la destruction. Par bonheur, je n'ai pas souvent été confrontée à cette situation. Il reste cependant une personne que j'essaie de gommer de ma mémoire car il a fait trop de mal, surtout à quelqu'un autour de moi qui était déjà à terre... Le mépris prend le dessus sur le ressentiment.

Je fait appel à Musset: "A défaut du pardon, laisse venir l'oubli."

illustration: Odilon Redon

Commenter cet article