Le blog de Flora

Tétova crédó - Litera | Az irodalmi portál

2 Avril 2013, 02:24am

Publié par Rozsa Millet-Tatar

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Kellemes Húsvéti ünnepeket minden látogatómnak!

31 Mars 2013, 16:21pm

Publié par Rozsa Millet-Tatar

Kellemes Húsvéti ünnepeket minden látogatómnak!

Kellemes Húsvéti ünnepeket minden látogatómnak!

Joyeuses fêtes de Pâque à tous ceux qui rendent visite à ces pages!

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Regard dans le rétroviseur... (extrait du Cahier rouge, mars 2010)

28 Mars 2013, 11:01am

Publié par Flora bis

cahier rouge NEW Ce matin, je me suis replongée dans ce "Cahier rouge", une sorte de consigne du temps qui s'enfuit, entamé en mars 2009 et arrivé à sa 225-ème page il y a à peu près un an.  Son successeur, le "Cahier noir" a déjà atteint 179 pages manuscrites, bien serrées. Que s'est-il passé d'important, du moins pour moi, il y a tout juste trois ans?...

30 mars 2010, mardi: (nb. je suis à Meudon) Pour me remettre des trois-quatre jours précédents, je reste à la maison, quasiment en position de gisant, renonçant au retour au Salon ou à l'expo de Lucian Freud. La honte! A ma décharge: de fréquentes averses qui me découragent de faire 2 heures de queue à Beaubourg et de monter la grimpette au tram. Lucie est restée scotchée à moi ce matin. Que faire? Elle se serre contre moi sans bouger... Drôle de petite tête: qu'y a-t-il dedans? Sûrement plein, plein de choses qu'on n'imagine même pas...

   Pendant ce temps, mon "Istanbul" reste en suspens. J'espère que ce ne sera pas cet     énième feu de paille dont j'ai le secret... C'est pour cela que j'ai besoin d'engagement ferme, pour ne pas sombrer dans l'inertie... En même temps, si je délaisse ce cahier (et le blog, surtout) plusieurs semaines, je ressens un manque sourd et oppressant. Se réfugier dans les mots? Fuir la réalité? Comment écrire, déjà? Faut-il y réfléchir ou bien peut-on se contenter de suivre ses instincts? Je serais sans doute incapable d'écrire un récit classique, linéaire, suivre une trame stricte. Incapable ou pas envie? Les deux et peut-être l'un à cause de l'autre.

(...)

   Au dernier billet en date sur mon blog, j'ai ajouté ma photo prise en 2006, sensiblement la même qu'aujourd'hui. Pourquoi ai-je franchi le pas? Ce n'est pas anodin, comme rien dans la vie. Il m'a fallu presque deux ans pour me "dévoiler" ainsi. Afin de comprendre le pourquoi de se dévoiler, il faut déjà comprendre le pourquoi de se masquer. Envie de créer des illusions? Peur de décevoir? Envie de se cacher? Pourquoi? Pour fuir le paraître? Pour se laisser imaginer à travers ce qu'on crée et qui doit être  -  du moins, on l'espère  -  plus vrai, plus fidèle que l'apparence physique? Cependant, je suis sûre que les personnes très belles s'empressent à exhiber leurs photos pour ajouter à la séduction éventuelle de leur production...! 

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De la perception du beau...

25 Mars 2013, 19:11pm

Publié par Flora bis

Johannes_Vermeer_-1632-1675-_-_The_Girl_With_The_Pearl_Earr.jpg La philosophie étudie le domaine de la beauté depuis longtemps; ce qui m'intrigue surtout, c'est de comprendre "comment ça se passe dans le cerveau?" L'article de Delphine Lorin-Etuy dans la revue Science m'a offert quelques précieuses pistes.

   Une curiosité en passant: si les hommes et les femmes peuvent donner la même définition de la beauté artistique, ils y arrivent par des circuits cérébraux différents. Tandis que les femmes activent les deux hémisphères du cerveau, les hommes se contentent du droit... Ce phénomène est dû probablement à la répartition des tâches au cours de l'histoire neuro-cognitive des humains....

   Les chercheurs dont Jean-Pierre Changeux ont poussé plus loin l'exploration de l'activité cérébrale grâce au développement des techniques scientifiques d'observation. Les résultats montrent qu'une résonance se produit entre la raison (cortex frontal) et l'émotion (amygdale), que les circuits du plaisir, de la récompense s'activent.

   Une fleur, un paysage, un visage peuvent également provoquer une sensation de beauté en nous. Cependant, il s'avère que notre cerveau fait rapidement la distinction entre la nature et une création artistique: son ativité n'est pas la même, elle devient plus complexe. Au-delà d'une première réaction de "surprise", le cortex frontal est sollicité pour tenter de comprendre la démarche artistique. Les "neurones miroirs", responsables de l'empathie, s'activent.

   Tout le monde a pu constater que le choix entre "je l'aime" et "je ne l'aime pas" se fait en quelques secondes. Les chercheurs de l'Université de Toronto l'ont même mesuré: 4 sec pour le "oui" et seulement 2 sec pour le "non".

   Lorsqu'une oeuvre plaît, le cortex visuel est sollicité plus longuement comme si on augmentait l'éclairage pour mieux observer l'objet. De plus, le gyrus fusiforme bilatéral qui sert à reconnaître les visages, entre en action aussi. Dans le cas du "non", on diminue rapidement l'activité du cortex orbito-frontal (en 2 sec), comme si on baissait l'éclairage sur un objet qui n'en vaut pas la peine...

   C'est un peu plus compliqué lorsqu'on se dit: "oui, je reconnais que c'est un immense artiste mais je ne l'aime pas..." C'est ce qui m'arrive en regardant Rubens, Picasso ou Matisse, par exemple. Va savoir pourquoi.

   Justement, on commence à comprendre pourquoi. Il s'agit de la beauté objective (Picasso, Rubens etc.) ou de la beauté subjective (Rembrandt, Klimt, Vermeer etc.), dans des exemples me concernant. La première est analysée par le circuit cortical évolué et l'insula (siège de l'empathie): je le juge beau, mais je ne l'aime pas. La seconde fait entrer en jeu le goût personnel, pour ne pas dire l'histoire personnelle, avec cette mystérieuse amygdale qui ne se trouve pas au fond de la gorge mais dans les profondeurs du cerveau et qui héberge nos émotions enfouies tout au long de notre parcours personnel.

   On pourrait continuer longuement cette passionnante exploration. Ce qui est merveilleusement rassurant pour moi, c'est l'alliance entre la raison et l'émotion: la première aide à comprendre et à maîtriser la seconde, et l'émotion, ce tremblement de l'âme, façonne en profondeur notre humanité.

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Yvette Moret, une vie de sage-femme au siècle dernier (extraits) 3.

22 Mars 2013, 11:37am

Publié par Flora bis

Yvette NEW La plupart des accouchements avaient lieu à la maison. Les femmes devaient passer trois visites auparavant, faute de quoi elles ne touchaient pas les allocations. Ces visites servaient à déceler une éventuelle anomalie, surtout celle du huitième mois. L'échographie n'existait pas, mais une mauvaise position pouvait se vérifier à la radio, les bruits du coeur s'entendaient bien au stéthoscope. Si, à la main, on sentait le bébé de travers ou un bassin trop étroit, on savait très bien qu'il fallait une césarienne, on les dirigeait vers une maternité. En cas d'inattendu, il fallait appeler une ambulance pour les "monter", l'hôpital se trouvant dans la ville haute. Le plus dur était de trouver un téléphone, la plupart des gens n'en avaient pas. Mais tout cela était exceptionnel.

   Les trois-quarts des naissances se font naturellement. On reparle de nouveau d'ouvrir des "maisons de naissances", en redonnant plus de responsabilité aux sages-femmes. Ce serait une bonne chose. Quand on voit les médecins déclencher des accouchements pour des raisons de confort personnel, pour ne pas y passer la nuit, pour ne pas travailler le dimanche... On n'a jamais vu autant de césariennes! Pour gagner du temps! J'ai toujours dit que c'était un métier de femme. Il faut une certaine compréhension de cette douleur-là: un homme ne peut pas comprendre ça!

   J'habitais le quartier saint-Marcel. Non loin, se trouvait la Cité d'urgence. Les Allemands avaient érigé d'énormes baraquements, destinés à héberger les soldats, la gare de Laon était très importante dans le transit militaire. Les occupants partis, on a transformé ces baraquements en petits logements d'urgence, puis on en a construit d'autres sur le même modèle. Au départ, c'était pour les gens dont la maison avait été démolie par la guerre. On l'a appelée la Cité Abbé Pierre, puisque c'était sa campagne d'hiver 1954 qui avait déclenché ces constructions. Progressivement, on a regroupé là tous les "cas sociaux". Certains travaillaient, mais la plupart vivaient de divers trafics. C'est devenu une concentration de gens en situation précaire. (...)

à suivre

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Abandon

18 Mars 2013, 16:47pm

Publié par Flora bis

DSCN0912 2   En apparence, seulement par souci trompeur, la maison garde son aspect familier. Les petits rideaux amidonnés sont en place, le balai n'a pas bougé de sa position habituelle. Le chauffage répand une chaleur réconfortante, cependant, quelque chose manque. Justement, l'essentiel.

   La paire de chaussons semble orpheline près du fauteuil qui conserve l'empreinte d'une silhouette. Un manteau accroché dans l'entrée projette le souvenir de celle qui s'affairait dans la cour, il y a peu. Sur la table, une casserole attend son tour, pour faire bouillir le lait du fermier. Elle ne servira plus. Abandon.

   Je fais un tour dehors. Sur le béton entourant la fontaine, une inscription est gravée: B. R. 1968. Les initiales de ma mère et la date qui témoigne d'une bataille emportée sur les réticences de mon père face à toute modernité. Une bataille de plus.

   Sur les vignes de la pergola, patientent les dernières grappes momifiées, oubliées sur des branches squelettiques en attente de la taille qui ne viendra probablement jamais. Les perce-neige et les crocus multicolores explosent à l'appel du soleil. Ils ne reverront plus la silhouette cassée en deux qui se penchait sur les fleurs du jardin. Abandon.

   Depuis plus d'un mois, ma mère vit dans une maison de retraite médicalisée. Elle ne reviendra plus dans la maison où elle a passé 56 ans de sa vie. La maison est comme une place désertée, encore tiède.

   Je n'aime pas ces condamnations définitives, à perpétuité, clôturant une époque qui se promettait immuable. Sans doute parce qu'elles nient l'espoir...

    

 

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Marguerite Yourcenar (1903-1987) * Citations

28 Février 2013, 11:26am

Publié par Flora bis

yourcenar.jpg Marguerite de Crayencour est née d'un père originaire de la Flandre française et d'une mère Belge (qui meurt dix jours après sa naissance). Elle est élevée par ce père austère qui lui fait réciter des textes grecs et latins dès le plus jeune âge... Le château familial, au Mont Noir à Saint-Jans-Cappel a été restauré et transformé par le Conseil Général du Nord, en résidence d'écrivains européens.

Marguerite Yourcenar est naturalisée américaine en 1947 et elle s'installe avec sa compagne Grace Frick à Mount Desert Island, dans le Maine où elle décède en 1987.

Elle est la première femme à être admise parmi les membres de l'Académie Française, en 1980.

Elle est l'auteur de nombreux essais et de romans, d'oeuvres autobiographiques, dont Mémoires d'Hadrien, L'Oeuvre au Noir, Archives du Nord, Souvenirs pieux etc.

 

* Nous nous croyons purs tant que nous méprisons ce que nous ne désirons pas.

 

* Tout bonheur est une innocence.

 

* On choisit son père plus souvent qu'on ne le pense.

 

* On ne doit plus craindre les mots lorsqu'on a consenti aux choses.

 

* La philosophie épicurienne, ce lit étroit, mais propre.

 

* Le véritable lieu de naissance est celui où l'on a porté pour la première fois un coup d'oeil intelligent sur soi-même.

 

* Il n'est pas difficile de nourrir des pensées admirables lorsque les étoiles sont présentes.

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Yvette Moret, une vie de sage-femme au siècle dernier (extraits) 2.

25 Février 2013, 09:57am

Publié par Flora bis

Yvette NEW (...) Mes études ont pris fin en même temps que la guerre. Je suis d'abord revenue chez mes parents à Laon; cela faisait longtemps que je ne les avais pas vus. Avec les bombardements, la gare, la poste, l'hôpital avaient été démolis, il n'y avait aucun moyen d'avoir des nouvelles. Pendant longtemps, je ne pouvais même pas savoir si j'avais encore des parents...

   J'avais le choix de travailler dans une maternité ou dans un hôpital, mais je voulais m'installer à mon compte: je rêvais d'être indépendante. J'ai donc mis une pancarte sur la porte. (...)

    Les quartiers de la ville étaient en grande partie sinistrés, les habitants s'étaient réfugiés à la campagne, et il fallait y aller! Et en vélo! J'ai acheté un vélo d'occasion, sans dérailleur. J'ai trouvé une maison à louer, fort sinistrée, la plupart des pièces avaient des trous dans le plafond. Mon père a emprunté une voiture à cheval, nous l'avons chargée de quelques meubles: une armoire, un poêle, une table, trois chaises, et j'ai emménagé. Ma mère était affolée, me voyant partir toute seule là-bas, mais mon père, une fois de plus, m'a soutenue: "Tu as une chance, prends-là!"

   Alors, je me suis installée. C'était le début de l'hiver. La première nuit, j'ai été appelée pour un accouchement. Je suis sûre qu'au moins deux tiers des accouchements se déclenchent la nuit! Les vieilles dames disaient: "C'est normal, ils sont faits la nuit!", ce qui n'est pas une explication rationnelle...

   Aux accouchements, il fallait ajouter les soins infirmiers. L'hôpital étant sinistré, on gardait les malades le moins longtemps possible. (...) De toute façon, nous devions savoir faire des perfusions aux femmes en salle de travail, des piqûres, des intraveineuses, des pansements, des suites de couche... En ce temps-là, les antibiotiques n'existaient pas. La Sécurité sociale a été instaurée par le général De Gaulle dès 1945. Les gens vraiment nécessiteux avaient droit à l'assistance médicale gratuite. Tout cela faisait beaucoup de travail. (...)

à suivre

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Soirée littéraire contre vent du nord...

23 Février 2013, 17:09pm

Publié par Flora bis

DSCN0943.JPG Il faisait très froid hier soir à Valenciennes! Le vent du nord balayait les rues, chargé de promesses de neige... La grippe et d'autres maladies font des ravages, et pour couronner le tout, la zone scolaire vit ses derniers jours de vacances! 

   Pour toutes ces raisons, j'ai attendu la soirée avec quelques angoisses: serions-nous une petite poignée présente, les 6 personnes qui s'étaient engagées pour faire la lecture des textes courts sélectionnés (et écrits) par moi-même?...

   Vers 20 h, arrivage en plusieurs groupes frigorifiés de vingt-deux personnes! Chargées de tartes au maroilles, de quiches, de salades, de gâteaux et de boissons, de quoi nous réchauffer le corps, une fois l'esprit rassasié! J'avais déjà poussé les meubles, rassemblé les chaises et préparé les assiettes en carton. Le gâteau sur la photo (au départ, trois fois plus long!)  -  ma contribution  -  préparé la veille, attendait au réfrigérateur.

   J'ai déjà eu l'occasion d'en parler sur ce blog: depuis la survenue de ma "graphomanie" somme toute récente (2006-07, la mort de Gilbert et les années qui suivent), l'envie de partager mes textes devient de plus en plus impérieuse, en lutte permanente avec mes réticences congénitales de me mettre en avant, de prendre des risques de la chute... En même temps, le temps passe à une vitesse sidérante: je ne dois plus tellement attendre avec les prises de risque si minuscules soient-elles... A mesure que je prends de l'âge, ledit risque diminue: qu'ai-je à craindre; après la soixantaine, ce n'est pas le ridicule qui tue le plus sûrement...

   Nous avons entendu dix-neuf micro-fictions, elles ont toutes été publiées auparavant sur ce blog. Les entendre lues par des lecteurs inspirés  -  qu'ils soient ici aussi remerciés!  -  a été émouvant, tous les plumitifs vous le diront...

   Un peu plus d'une heure de lecture, suivie du joyeux partage des victuailles et des conversations amicales et chaleureuses jusqu'à minuit passé: voilà une belle soirée d'hiver dans le Nord! 

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Yvette Moret, une vie de sage-femme au siècle dernier (extraits)

20 Février 2013, 11:13am

Publié par Flora bis

   Dans notre revue littéraire "Hauteurs" n° 13 (mars 2004), j'ai recueilli et retranscrit le témoignage d'une sage-femme qui a commencé ses activités à domicile, juste après la deuxième guerre mondiale. En relisant l'entretien (j'ai supprimé mes questions), j'ai décidé d'en publier des extraits sur ce blog. Il se trouve que cette sage-femme a été ma belle-mère... 

 

 Yvette NEW  Mes études de sage-femme à Reims ont coïncidé avec la guerre. Les Allemands occupaient l'hôpital Maison Blanche qui s'est retrouvé dans ce qui est aujourd'hui le musée, près de la basilique Saint-Remy. Il y avait donc un nombre de places très limité. (...) Que d'acharnement pour en arriver là!

   Ma mère avait blêmi en apprenant ma décision:  "Ma fille, tu ne sais pas de quoi tu parles!"

   En ce temps-là, on disait encore aux filles de seize ans qu'on achetait les bébés! Quand mon père est rentré de son travail  -  il était mécanicien, conducteur de locomotive,  -  elle lui a dit:  "J'ai demandé à Yvette ce qu'elle voulait faire, et tu te rends compte de ce qu'elle m'a répondu: sage-femme!" 

   Mon père m'a regardée: " Je crois que tu as raison, ça doit être un beau métier!"

   Je connaissais la sage-femme qui m'avait mise au monde. Elle disait: "Dans ce métier, on n'a pas de patron!" Être responsable de soi, prendre les choses en main... Et puis, étant fille unique, j'ai toujours souhaité avoir des frères et soeurs et pour moi, un bébé avait beaucoup de prix. Les deux raisons conjuguées ont abouti à ce choix. 

   Les études ont duré deux ans, de 1942 à 1944. A part les vacances, à savoir une semaine à Noël, une semaine à Pâques et un mois en été, il fallait obligatoirement loger sur place. On avait sa demi-journée de repos, une fois par semaine et une vraie journée une fois par mois. Nous étions tous les jours dans le service. (...)

   Dans le dortoir, nous étions huit. Il y avait l'électricité, mais pour le chauffage, c'était un poêle à bois au milieu du dortoir et aussi dans la salle de travail; il n'y avait pas de chauffage central. De temps en temps, quand le bois manquait, nous allions, à deux, en chercher dans le parc et nous ramenions quelques bûches dans nos tabliers. (...) 

à suivre

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