Le blog de Flora

Nostalgie...

18 Août 2013, 20:14pm

Publié par Flora bis

Nostalgie...

J'aime beaucoup les gens fidèles... A mes yeux, c'est une vertu cardinale.

Ce week end, j'ai eu la visite de J. avec son mari et deux de leurs trois filles.

Nous nous connaissons depuis bientôt quarante ans... Depuis Berlin et le Lycée Franco-allemand de l'époque du Mur. Après deux ans passés en poste en Algérie, Gilbert a été nommé professeur dans ce lycée.

J. a été son élève pendant un an, puis ils ont fait du théâtre aussi ensemble. Nous avons toujours très apprécié cette jeune fille courageuse et douée qui s'intéressait à tant de choses: aux matières scientifiques (elle est devenue chercheuse en physique nucléaire), aux langues anciennes, à l'alpinisme, au piano et au théâtre...

Nous sommes restés en contact; elle nous a rendu visite en France et en Hongrie, en Turquie aussi. Nous avons suivi les stations de sa vie, les études brillantes, les voyages et les débuts de la vie professionnelle, sa rencontre avec son mari et la naissance des enfants...

En évoquant quelques souvenirs, nous sommes sous le choc du temps qui passe: impossible! C'était hier et dans nos têtes, rien n'a changé... ou presque.

(sur la photo, Gilbert à 28 ans, arrivé à Berlin en 1976)

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Avons-nous un ange-gardien?

14 Août 2013, 17:22pm

Publié par Flora bis

Avons-nous un ange-gardien?

Je me suis toujours doucement moqué de ces histoires-là. Ces croyances naïves qui permettent à certains de s'accrocher à toute sorte de protections imaginaires. Les anges, je les ai relégués dans le monde merveilleux de l'enfance qui autorise tous les fantasmes. Jusqu'à samedi dernier.

Qu'est-ce qui m'a réveillée à dix centimètres de la barrière centrale de l'autoroute, à 130 km/h au volant de ma voiture?... Qu'est-ce qui a fait que personne ne se trouvait dans la file de gauche, lorsque, imperceptiblement, j'y suis passée?... Mystère. Normalement, à l'heure qu'il est, je ne devrais plus être en vie, ou pire, en bouillie sur un lit d'hôpital...

Sur le coup, je n'en ai pas été vraiment secouée, tout au plus, ça m'a réveillée assez efficacement jusqu'à la maison. Je suis restée très calme, comme anesthésiée. Depuis, insidieusement, la pensée se faufile dans mon esprit de plus en plus souvent.

Cela tient à un fil ténu qu'une vie ne soit suspendue, et celle de quelques autres personnes bouleversée de fond en comble. Des projets balayés, des rendez-vous annulés, - une maison à vider... Le monde s'arrête.

Et si on avait vraiment un ange gardien?...

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"Éternel retour"...

12 Août 2013, 08:41am

Publié par Flora bis

"Éternel retour"...

Retour au silence, retour à la maison. Cela fait trois semaines que j'ai quitté ce refuge, devenu avec le temps, d'une contrainte insoutenable, une tanière somme toute assez réconfortante... Parfois, j'observe avec stupeur les changements survenus en moi: aussi loin que je me souvienne, la compagnie des autres m'était indispensable. La solitude faisait effet de menace, de gouffre qui risquait de m'engloutir... De fait, je la côtoyais très peu.

En sept ans, il fallait bien que je la regarde en face, que je l'apprivoise, et pour finir, que j'en tire quelque chose de positif. Cela ne va pas du jour au lendemain mais le jeu vaut la chandelle. Je perçois différemment la phrase de Pascal: "On mourra seul; il faut donc faire comme si on était seul." La compagnie de soi-même... On se rend compte que c'est un territoire inconnu, à explorer. Que cette aventure peut s'avérer intrigante, qu'elle peut réserver de bonnes surprises.

Je ne prône pas l'isolement. La compagnie des autres, famille et amis, reste indispensable, source de chaleur et d'inspiration. Tout comme le silence qui doit succéder au bruissement du monde, afin que toute la richesse puisée au contact des autres soit intégrée en nous.

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Le premier jour du mois d'août, déjà...

1 Août 2013, 09:39am

Publié par Flora bis

Le premier jour du mois d'août, déjà...

Le paradis ressemble sans doute à l'image que nous en créons dans la tête: chacun selon ses désirs, ses plaisirs... Ce matin, en ouvrant la porte de ma cuisine qui donne sur le jardin, avant que la grosse chaleur n'envahisse le monde, obligeant les humains à se cloîtrer derrière leurs volets baissés, voilà à quoi ressemblait un coin du paradis à mon goût...

Le paradis, on le voudrait éternel. Il faut donc en élaborer le décor avec soin: pour très-très longtemps... Oui, à ce moment précis, j'ai l'impression que je pourrais éternellement supporter cette douceur, cette lumière et ce ciel bleu immaculé...

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Dezső Kosztolányi: MÈRE (traduction)

18 Juillet 2013, 10:21am

Publié par Flora bis

Dezső Kosztolányi : MERE

Tu m'as enchaîné encore, maman,

Avec tes bras.

Posant sur moi les quintaux

de ta tendresse.

Je te porte maintenant, dans mon coeur endolori

comme tu m'avais porté.

Je pense à toi, à ta tasse de café, à tes larmes

à ton veuvage aussi.

Je me querelle avec toi, avec tes soucis,

bec et ongles.

Si je me promène gaiment, tout seul,

tu marches à mes côtés.

Première femme de mon Eden perdu

Fille d'Eve.

Tu me tourmentes, pleine de grâce et ton chevalier

T'aime en pleurant.

traduction: Rozsa Tatàr avec la collaboration de Muriel Verstichel

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Dezső Kosztolányi: ANYA

18 Juillet 2013, 09:41am

Publié par Flora bis

Dezső Kosztolányi:  ANYA

Kosztolányi Dezső: ANYA

Megláncoltál megint a karjaiddal,
anyám, anyám.

Reám raktad a gyöngeséged mázsás
bilincseit.

Most hordalak fájó lelkemben téged,
amint te hordtál.

Rád gondolok, kávédra, könnyeidre,
özvegyi fődre.

Veszekszem én veled és gondjaiddal,
foggal-körömmel.

Ha vidáman ballagnék egymagamban,
mellettem lépkedsz.

Első nő rég-elvesztett édenemből,
Éva leánya.

Gyötörsz te is, áldott s én mint gavallér,
sírva szeretlek.

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7 juillet, une date à part

7 Juillet 2013, 17:38pm

Publié par Flora bis

7 juillet, une date à part

Ce jour, depuis des années, je dépose virtuellement un petit bouquet de mots sur la tombe de Gilbert. J'ai commencé ce blog le 6 juillet 2008. Cela faisait alors deux ans que j'avais entamé mon apprentissage de la vie solitaire, après trente trois années d'une vie à deux que les épreuves ont rendues très intenses.

Lorsque je relis, sur ce blog, les notes de 7 juillet, je retrace les stations du deuil, depuis la douleur vive des débuts que les mots aident à atténuer progressivement. Sept années qui ne m'ont pas libérée pour autant. Je ne crois point qu'il existe un au-delà où les défunts nous attendraient... Je ne suis pas nourrie de tendances morbides qui me feraient préférer la compagnie des morts à celle des vivants, je n'ai aucune tentation de guetter des signes, ni de faire tourner des tables. Lorsque l'on nous conseille de "laisser partir les morts", je me méfie: que veut-on dire par là? Qu'il existe des "entités" (dont je doute fort), que nous retenons, en les intégrant trop fort dans nos pensées, nos chers défunts dans un monde qui n'est plus le leur; que nous les obligeons à errer, en quelque sorte, en les empêchant de regagner une dimension inconnue, celle de la quiétude de l'éternité.

La cartésienne que je suis au fond de moi, me dit que j'ai tout simplement besoin de ces points de repère du passé qui m'empêchent, moi plutôt, d'errer, perdue dans le monde des vivants. Sa bataille - notre bataille - contre la maladie, la fin inéluctable prédite dès le début, me sert encore et toujours d'exemple, de colonne vertébrale dans les moments de découragement. Il m'a légué le plaisir des mots. J'y ajoute l'émotion qu'il fuyait, se réfugiant dans l'humour noir. Je suis le cours du temps.

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2013. július 7., vasárnap

7 Juillet 2013, 13:15pm

Publié par Rozsa Millet-Tatar

2013. július 7., vasárnap

2013. július 7., vasárnap

"Liber mortis"

A 639 oldalas könyvvé összeállított napló utolsó bejegyzése 1990. február vége. Szabó Magda kisebb-nagyobb kihagyásokkal 8 év óta írta, füzetekbe, papírcetlikre, mikor mi akadt a keze ügyébe, hogy a feltörő gondolatokat, érzéseket rögzítse. Igaz, író volt, mintegy a munkájához tartozott ez a rögzítési kényszer.
A napló valami más. Nagyon személyes, sokkal inkább, mint bármely próza, de még vers is, mert ez utóbbi formába öntése már maga is "mise à distance", vagyis bizonyos távolság megteremtését igényli. "Amellett, hogy a naplóírás lelki-szellemi szükséglet volt számára, irodalmi igénnyel (és áthúzások, javítások nélkül) vetette papírra a mondatokat: alkotott" mondja Tasi Géza az előszóban.
Ismerős nekem ez a "belső kényszer", anélkül persze, hogy bármilyen összehasonlításra vetemednék az író Szabó Magdával. Mit is ír erről Sylvain Tesson a "Szibéria erdeiben" ("Dans les forêts de Sibérie", tudomásom szerint még nincs magyarra fordítva) című napló-regényében?

"Jécris un journal intime pour lutter contre l'oubli, offrir un supplétif à la mémoire. Si l'on ne tient pas le greffe de ses faits et gestes, à quoi bon vivre: les heures coulent, chaque jour s'efface et le néant triomphe. Le journal intime, opération commando menée contre l'absurde. J'archive les heures qui passent. Tenir un journal féconde l'existence."

"Azért írok naplót, hogy a felvegyem a harcot a felejtés ellen, hogy tartalékként szolgáljon az emlékezet számára. Ha nem jegyezzük fel naponta a velünk és általunk történt dolgokat, minek is élni: az órák elfolynak, a napok elmosódnak és győz a megsemmisülés. A napló afféle kommandó-akció az abszurditás ellen. Mintegy "levéltárolom" a múló órákat. A naplóírás megtermékenyíti a létezést." (ford. T. R.)

Megint meszire kanyarodtam eredeti szándékomtól... Pedig csak Szabó Magda "Liber Mortis"-ának két utolsó rövid bejegyzését akartam ide írni:

1990. február 26.
Ma nyolc éve haltál meg. Én meg Veled együtt. Nyugodjunk békében. Túlvilági ajándékul azt add nekem, hogy visszasegítesz a szakmai kötélre, ahonnan a Creusa befejezése után levetettem magam. Be kell fejeznem a tanulmánykötetet. Ott a Vörösmarty tanulmány feliben-harmadában.

27.
Szakad a jeges eső.

Igen. Július 7-e van. Éppolyan gyönyörűen süt a nap, mint 7 éve, amikor Gilbert meghalt kora reggel.

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La der' de la saison

29 Juin 2013, 12:24pm

Publié par Rozsa Millet-Tatar

La der' de la saison

La der' de la saison

Hier soir a eu lieu notre dernière soirée littéraire, un peu "intimiste" puisque beaucoup de ses "piliers" n'étaient plus disponibles en fin de saison. Moi-même étant très prise encore une semaine, j'ai expérimenté la formule à la fois de facilité et de convivialité maximum: auberge espagnole non seulement, comme d'habitude, pour la table mais aussi pour la lecture! Chacun apporte un ou plusieurs textes (livre de chevet ou indispensable à emporter avec soi dans une île déserte...), bref, totale liberté!
Nous étions onze dont deux novices qui deviendront, je l'espère, des adeptes à leur tour... Dehors, il pleuvait à verse. Dans cette ambiance feutrée, les mots coulaient doucement durant plus de 2 heures entrecoupés de discussions. Le choix de chacun et l'envie de partager le plaisir...
Les grands timides ont goûté au "saut à l'élastique" de prendre la parole, avec réticence au début, de peur de ne pas être à la hauteur... Rapidement, ils y ont pris goût, à mon plus grand plaisir! Le but est avant tout la joie de partager et aucunement la "prise de tête intello" ce qui n'empêche nullement le niveau!
La table bien garnie, comme d'habitude, nous nous sommes attardés dans la bonne humeur jusqu'à minuit bien tassé!
Les photos qui illustrent mes propos ont été prises en 2010. Agnès, hélas, nous a quittés il y a deux mois... Elle était avec nous ce soir-là. Souvenir...

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Index - Kivirágzott a Tisza - Galéria

24 Juin 2013, 20:53pm

Publié par Rozsa Millet-Tatar

Lélegzetelállítóan szép képek!

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