Le blog de Flora

Noël 2013

23 Décembre 2013, 15:13pm

Publié par Flora bis

Noël 2013

Le jour de Noël est une fête pour la plupart des gens, qu'ils soient chrétiens croyants ou non. Les chrétiens fêtent la naissance du Christ, même si la véritable date se situe des jours, des semaines plus tard. Ce n'est que depuis 354 que le pape Libère (Liberius) l'a placée au 25 décembre, assimilant les fêtes païennes existantes depuis des millénaires aux alentours du solstice d'hiver, associant ainsi la naissance du Christ à la lumière croissante à partir du 21 décembre.

Peu importe, finalement, avec ou sans messe de minuit, nous fêtons avant tout l'amour qui nous lie à ceux qui nous sont proches: famille, amis réels ou même virtuels. Les gens qui comptent pour nous, ceux dont l'absence nous chagrine, ceux dont la chaleur nous réchauffe.

Je souhaite à tous ceux qui atterrissent sur ce blog, sur ces pages, un beau Noël chaleureux et paisible, juste avec les personnes qui réchaufferont leurs coeurs!

Merci de votre amitié qui m'enrichit.

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Passage

21 Décembre 2013, 11:26am

Publié par Flora bis

Passage

Nous avons beau savoir qu'entre le 31 décembre et le 1 janvier, il n'y a qu'une nuit d'écart, que ce sont tout simplement deux jours qui se suivent, nous nous ingénions à faire de cette nuit une fête pour faciliter le passage dans une nouvelle ère. Comme si nous franchissions une barrière, effaçant l'ardoise, pour avoir le droit au renouveau.

Nous faisons subrepticement le bilan de l'année écoulée, avec l'espoir naïf et toujours renouvelé que nous pourrions tirer des leçons de nos erreurs et manquements, que le destin serait rassasié de nos tourments et qu'il nous accorderait un peu de répit… Qui sait, il pourrait même nous sourire un peu?...

"L'espoir fait vivre." Ce lieu commun usé jusqu'à la corde n'en reste pas moins vrai. C'est un élan vital même si au fond, nous restons lucides: l'espoir n'engage que ceux qui y croient. Les croyants l'appellent l'espérance, placée dans un esprit ou être supérieur et tout-puissant qui distribue ses bienfaits ou punit, selon nos mérites ou nos manquements.

Je cite Esti Kornél, personnage de Dezső Kosztolányi, grand poète et écrivain hongrois que j'ai plusieurs fois présenté lors de nos soirées littéraires (traduit par moi):

"Je veux simplement dire: le bonheur, c'est cela. Il pousse au pied de souffrances extraordinaires, et il est lui-même aussi extraordinaire que la souffrance qui s'évanouit soudain. Le bonheur ne dure pas longtemps car nous nous y habituons. Il n'est que passage, intermède. Peut-être n'est-il que l'absence de la souffrance."

Quant à moi, pauvre pécheresse, je m'en contenterais, en laissant derrière moi une terrible année 2013...

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Entre passé et futur...

15 Décembre 2013, 10:50am

Publié par Flora bis

Entre passé et futur...

On dirait que le temps s'accélère, s'intensifie en décembre! Cela prouve bien son caractère éminemment subjectif, d'ailleurs. Pourquoi le percevons-nous parfois se traînant lamentablement, tel un escargot sur le sol accidenté, et à d'autres moments, s'emballant comme un cheval fougueux (pour rester dans les comparaisons tirées du monde animal…)

En ces moments-là - et à l'approche du solstice d'hiver où la nuit la plus longue de l'année nous attend - le Dieu romain à deux profils, Janus s'impose dans mes pensées: un de ses visages regarde vers le passé et l'autre, vers l'avenir. Mais entre Passé et Futur, où est la place du Présent? Notre mémoire tente de maîtriser le premier, très imparfaitement, certes, et nous faisons des projections vers le second, mais le Présent?… Où est-il? Cela reviendrait à définir l'Instant qui, le temps de le vivre, s'évanouit déjà ou il n'est pas encore survenu… C'est ainsi que nous vivons ces successions d'instants éphémères, en essayant désespérément de les fixer sur papier, sur une toile, dans la pierre ou dans les disques durs des ordinateurs...

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Au couvent

4 Décembre 2013, 13:25pm

Publié par Flora bis

Au couvent

J'ai regardé l'émission de France 2 hier soir et je l'ai même re-visionnée ce matin… Comme la journaliste d'Infrarouge, Alexandra Alévêque, elle-même incroyante, j'avais envie de "percer le mystère" de ces femmes qui - depuis cinquante ans pour certaines - vivent cloîtrées dans l'abbaye cistercienne de Chambarand, en Isère.

Ce qui frappe d'entrée, c'est la douceur, la sérénité qui se reflètent sur leurs visages. C'est aussi leurs sourires, leur humour, face aux questions de la journaliste, incongrues dans ce monde feutré de vie toute intérieure… Elles n'éludent pas les difficultés: le poids de la solitude, le renoncement à l'enfantement, plus qu'à l'amour d'un homme puisqu'elles ont l'amour du Christ… L'histoire de Soeur Fabiola m'a particulièrement touchée: elle avait quitté son fiancé avant le mariage car elle ne pouvait en aimer deux (avec le Christ), tout en gardant son amitié amoureuse pour l'homme qui ne s'est jamais marié… Ils se voient une ou deux fois par an. "C'est plus dur pour lui, car il s'en va seul, tandis que moi, je reste avec le Christ" - dit-elle, tout en avouant avoir beaucoup pleuré jusqu'à ses 50 ans, pour son enfant jamais né...

"On entre dans une dépossession de soi", renoncement aux apparences si séduisantes de la vie extérieure. Sept offices par jour, dont un à 4 heures du matin… Mais la prière est partout, à tout instant, en épluchant les légumes comme en enfilant les rosaires pour avoir un peu de revenu. Car les vocations se font rares: personne depuis 15 ans...

Le SILENCE règne… Autrefois, il y a peu, elles ne pouvaient communiquer que par signes. Les règles ont été quelque peu assouplies, les matelas ont remplacé les sacs bourrés de feuilles de maïs et la famille en visite peut embrasser les siennes, au lieu de les regarder, séparées par une double grille...

Je n'ai toujours pas la vocation. Cependant, je suis d'accord avec elles sur une chose: le silence sert à mieux entendre l'essentiel.

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Gloire et bonheur

27 Novembre 2013, 10:40am

Publié par Flora bis

Gloire et bonheur

"La gloire est le deuil éclatant du bonheur".

Cette phrase - un concentré raccourci de celle de Mme de Staël: "La gloire elle-même ne saurait être, pour une femme, qu'un deuil éclatant du bonheur" - je l'ai entendue hier soir, dans le magnifique documentaire sur Yves Saint-Laurent. Pierre Bergé nous le raconte, accompagné des images éblouissantes de sa vie, de ses créations. Le grand jeune homme timide et gauche, du haut de ses 21 ans, qui entame le chemin éclatant de la gloire!

Pierre Bergé tisse son histoire, leur histoire, avec calme et lucidité, sur la trame de la liquidation de leur somptueuse collection par vente aux enchères. A travers ses propos, ses regards, transparaît un vide douloureux. Même s'il n'est pas homme à s'abîmer dans un passé nostalgique.

Yves Saint-Laurent, le génie dépressif, l'inquiet, compense son hyper-sensibilité créative par des substances qui le détruisent. Plus il est adulé, plus il se réfugie dans la solitude.

Il a tout, la gloire, la richesse, la création - tout, sauf le bonheur serein.

Cette fameuse phrase console-t-elle quelque peu la foule des médiocres qui aspirent vainement aux fastes de la gloire... Piètre consolation. Vaut-il mieux être le génie d'exception qui se consume dans la création, en côtoyant la folie ou bien faire partie de l'écrasante majorité des quelconques, voire même des honnêtes talents qui poussent laborieusement leur chariot jusqu'au bout d'une existence sans éclats?… A voir.

Gloire et bonheurGloire et bonheurGloire et bonheur

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Méditations de fin de novembre

24 Novembre 2013, 17:14pm

Publié par Flora bis

Méditations de fin de novembre

Dehors, de plus en plus frisquet. On se calfeutre pour regarder les arbres se dénuder sous les coups de vent humide.

Les bruits de la fureur du monde pénètrent par écran et ondes de radio interposés: catastrophes, guerres, attentats, folies des hommes… Maladies des proches, des amis, deuils de novembre. Comment faire pour ressentir quand-même un peu de bonheur?...

Pendant des années, je me suis interdit de m'abandonner vraiment aux sentiments de joie - ne parlons même pas de bonheur, ce dernier suppose, à mon sens, un peu de durée. J'avais l'impression que baisser la garde entraînerait aussitôt une sanction, que le malheur n'attendait que ce moment de légèreté pour frapper… Comme s'il fallait mériter le bonheur.

Cela fait sept mois que nous avons enterré ma mère. Il m'arrive encore de stopper net un élan joyeux: "Comment oses-tu alors qu'elle souffre de ton abandon?"… Le dimanche, avec la baisse du jour, point l'angoisse sourde: "Il faut que tu l'appelles, pour l'entendre égrainer ses plaintes interminables contre le monde entier"… Pour essayer de la porter à bout de bras, à 1600 km de distance, impuissante de lui offrir le seul apaisement: ma présence, ma vie...

Cela ne s'efface pas facilement. Il y a des gens qui imprègnent notre vie comme le lierre le tronc d'arbre. L'arracher laisse des cicatrices même si l'arbre respire mieux.

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Soirée Márai

20 Novembre 2013, 10:38am

Publié par Flora bis

Soirée Márai

Dans deux jours, nous aurons notre soirée littéraire mensuelle. Ce sera mon tour d'accueillir les 20-25 personnes chez moi, pour un moment convivial, chaleureux où je leur présenterai Sándor Márai, écrivain hongrois dont quarante années d'existence et une bonne partie des activités créatives se sont déroulées loin de son pays d'origine… Il a quitté la Hongrie en 1948, au moment de la prise du pouvoir par les communistes, dans le déchirement, ayant compris qu'il lui serait impossible d'écrire et de publier librement. De fait, ses livres ont été interdits jusqu'en 1990, et ce n'est qu'au changement de régime que les lecteurs hongrois ont pu les découvrir ou les lire de nouveau.

Il a dit qu'il ne pouvait être écrivain que dans sa langue maternelle. Il est mort en exil, aux Etats-Unis, en 1989.

Une bonne partie de ses oeuvres sont accessibles en français, aux éditions Albin Michel, ainsi qu'en livres de poche. L'adaptation, créée par Claude Rich, de son roman: "Les Braises" a été un énorme succès théâtral.

Vendredi prochain, c'est à travers ce roman que je le présenterai, ainsi qu'en évoquant le choix difficile de l'exil par le biais de son livre: "Mémoires de Hongrie"...

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Vocations précoces

15 Novembre 2013, 19:37pm

Publié par Flora bis

Vocations précoces

Sur le blog d'une amie, une phrase m'a stoppée net. Elle a cité un conférencier qui dissertait sur l'enfance. Selon lui, il faut prêter une attention particulière aux jeux des enfants entre 9 et 11 ans, car leurs jeux spontanés, leur intérêt pour tel ou tel domaine nous donnent de précieuses indications sur leurs vocations futures.

Je vérifie mon "cas" par un rapide saut de quelques décennies en arrière… Je me vois prise d'une envie soudaine d'inventer des histoires. Je passe des heures sur mon cahier à noircir des pages avec des récits qui ne sont pas du tout des contes de fée! En même temps, j'écris deux pièces de théâtre que je mets en scène avec les copains du quartier, devant le public des familles réuni, forcément ébahi!

Il ne reste pas la moindre trace de ces textes. Il a fallu que j'attende cinquante ans pour que l'envie irrépressible d'écrire m'envahisse de nouveau.

Vers mes dix ans, ma prof de dessin me découvre des talents et cela me donne littéralement des ailes: je me mets à dessiner et à peindre avec frénésie, sans répit...

Jusqu'au moment où il a fallu choisir l'orientation définitive: mon amour pour les langues étrangères me dirige vers l'enseignement du russe et du français. L'écriture, la peinture sont des métiers de meurt-de-faim! On peut les exercer, à la rigueur, comme passe-temps agréables, à la portée de tous… La leçon parentale, le bon sens prudent ont fait leur chemin.

Après la cinquantaine, les premiers engouements refont surface… Une dernière chance?

Alors, faudra-t-il que je me sente enfin légitime?...

(illustration: portrait de mon grand-père, de l'époque de mes 10-11 ans. Je l'ai "déguisé" en gardien de troupeau de chevaux… va savoir pourquoi Mais la ressemblance est certaine)

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Nouvelles fleuries

13 Novembre 2013, 11:37am

Publié par Flora bis

Nouvelles fleuries

Le jardin commence à capituler sous les assauts sans cesse renouvelés de la pluie: averse drue ou crachin tenace, les roses baissent la tête et s'étiolent. Par bonheur, il reste les fleurs d'intérieur, sur le rebord de la fenêtre de la cuisine, regardant vers le jardin et savourant leur chance d'être à l'abri.

Celle-ci est de mes préférées. Elle mesurait à peine 15 cm, avec son pot, lorsque Catherine me l'a offerte, il y a une bonne dizaine d'années. Tous les deux ou trois mois, elle est inondée de fleurs! Pourtant, j'avoue que j'oublie l'engrais, la plupart du temps… Tout au plus, je lui verse un peu de marc de café: elle semble l'apprécier. Peut-être bien que les regards pleins d'affection et de reconnaissance que je lui adresse le matin, en préparant mon café, y sont aussi pour quelque chose...

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Migrations

7 Novembre 2013, 11:42am

Publié par Flora bis

Migrations

J'ai beaucoup déménagé dans ma vie; parfois, d'un pays à l'autre, traversant non seulement le rideau de fer, mais aussi la Méditerranée. Jeune, j'ai vécu ces changements comme le commencement d'une nouvelle étape, la possibilité d'ouvrir une page blanche, de corriger les ratages.

Cela fait 22 ans que j'habite cette maison, dont sept désormais seule. On dit que les murs des maisons absorbent les ondes puissantes des joies et des drames qu'ils enferment. Un jour, un visiteur, habitué à la compagnie des fantômes, s'est arrêté net sur le seuil, prétendant que mon couloir était si "habité" qu'il était incapable d'y entrer… Bon, en ces cas, je retiens mon sourire pour ne pas froisser la conviction intime de certains. Après tout, chacun a le droit de croire ce qu'il veut, ce qu'il peut ou ne rien croire du tout...

Pour ma part, je pense que c'est plutôt notre mémoire qui est peuplée de fantômes et nous ne faisons que projeter le souvenir des bonheurs et des drames liés à un objet ou à un recoin de la maison qui ressusciteront, intact ou apaisé, l'émotion vécue...

S'en aller, c'est quitter ces supports matériels de la mémoire et rendre nos souvenirs de plus en plus évanescents.

La question d'un nouveau déménagement fait son apparition, me poussant vers une "station" inédite qui sera sans doute la dernière… Nouvelle étape qui me modifiera aussi, à coup sûr.

Sans mon jardin et mes rosiers...

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