Le blog de Flora

Méditations de fin de novembre

24 Novembre 2013, 17:14pm

Publié par Flora bis

Méditations de fin de novembre

Dehors, de plus en plus frisquet. On se calfeutre pour regarder les arbres se dénuder sous les coups de vent humide.

Les bruits de la fureur du monde pénètrent par écran et ondes de radio interposés: catastrophes, guerres, attentats, folies des hommes… Maladies des proches, des amis, deuils de novembre. Comment faire pour ressentir quand-même un peu de bonheur?...

Pendant des années, je me suis interdit de m'abandonner vraiment aux sentiments de joie - ne parlons même pas de bonheur, ce dernier suppose, à mon sens, un peu de durée. J'avais l'impression que baisser la garde entraînerait aussitôt une sanction, que le malheur n'attendait que ce moment de légèreté pour frapper… Comme s'il fallait mériter le bonheur.

Cela fait sept mois que nous avons enterré ma mère. Il m'arrive encore de stopper net un élan joyeux: "Comment oses-tu alors qu'elle souffre de ton abandon?"… Le dimanche, avec la baisse du jour, point l'angoisse sourde: "Il faut que tu l'appelles, pour l'entendre égrainer ses plaintes interminables contre le monde entier"… Pour essayer de la porter à bout de bras, à 1600 km de distance, impuissante de lui offrir le seul apaisement: ma présence, ma vie...

Cela ne s'efface pas facilement. Il y a des gens qui imprègnent notre vie comme le lierre le tronc d'arbre. L'arracher laisse des cicatrices même si l'arbre respire mieux.

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Soirée Márai

20 Novembre 2013, 10:38am

Publié par Flora bis

Soirée Márai

Dans deux jours, nous aurons notre soirée littéraire mensuelle. Ce sera mon tour d'accueillir les 20-25 personnes chez moi, pour un moment convivial, chaleureux où je leur présenterai Sándor Márai, écrivain hongrois dont quarante années d'existence et une bonne partie des activités créatives se sont déroulées loin de son pays d'origine… Il a quitté la Hongrie en 1948, au moment de la prise du pouvoir par les communistes, dans le déchirement, ayant compris qu'il lui serait impossible d'écrire et de publier librement. De fait, ses livres ont été interdits jusqu'en 1990, et ce n'est qu'au changement de régime que les lecteurs hongrois ont pu les découvrir ou les lire de nouveau.

Il a dit qu'il ne pouvait être écrivain que dans sa langue maternelle. Il est mort en exil, aux Etats-Unis, en 1989.

Une bonne partie de ses oeuvres sont accessibles en français, aux éditions Albin Michel, ainsi qu'en livres de poche. L'adaptation, créée par Claude Rich, de son roman: "Les Braises" a été un énorme succès théâtral.

Vendredi prochain, c'est à travers ce roman que je le présenterai, ainsi qu'en évoquant le choix difficile de l'exil par le biais de son livre: "Mémoires de Hongrie"...

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Vocations précoces

15 Novembre 2013, 19:37pm

Publié par Flora bis

Vocations précoces

Sur le blog d'une amie, une phrase m'a stoppée net. Elle a cité un conférencier qui dissertait sur l'enfance. Selon lui, il faut prêter une attention particulière aux jeux des enfants entre 9 et 11 ans, car leurs jeux spontanés, leur intérêt pour tel ou tel domaine nous donnent de précieuses indications sur leurs vocations futures.

Je vérifie mon "cas" par un rapide saut de quelques décennies en arrière… Je me vois prise d'une envie soudaine d'inventer des histoires. Je passe des heures sur mon cahier à noircir des pages avec des récits qui ne sont pas du tout des contes de fée! En même temps, j'écris deux pièces de théâtre que je mets en scène avec les copains du quartier, devant le public des familles réuni, forcément ébahi!

Il ne reste pas la moindre trace de ces textes. Il a fallu que j'attende cinquante ans pour que l'envie irrépressible d'écrire m'envahisse de nouveau.

Vers mes dix ans, ma prof de dessin me découvre des talents et cela me donne littéralement des ailes: je me mets à dessiner et à peindre avec frénésie, sans répit...

Jusqu'au moment où il a fallu choisir l'orientation définitive: mon amour pour les langues étrangères me dirige vers l'enseignement du russe et du français. L'écriture, la peinture sont des métiers de meurt-de-faim! On peut les exercer, à la rigueur, comme passe-temps agréables, à la portée de tous… La leçon parentale, le bon sens prudent ont fait leur chemin.

Après la cinquantaine, les premiers engouements refont surface… Une dernière chance?

Alors, faudra-t-il que je me sente enfin légitime?...

(illustration: portrait de mon grand-père, de l'époque de mes 10-11 ans. Je l'ai "déguisé" en gardien de troupeau de chevaux… va savoir pourquoi Mais la ressemblance est certaine)

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Nouvelles fleuries

13 Novembre 2013, 11:37am

Publié par Flora bis

Nouvelles fleuries

Le jardin commence à capituler sous les assauts sans cesse renouvelés de la pluie: averse drue ou crachin tenace, les roses baissent la tête et s'étiolent. Par bonheur, il reste les fleurs d'intérieur, sur le rebord de la fenêtre de la cuisine, regardant vers le jardin et savourant leur chance d'être à l'abri.

Celle-ci est de mes préférées. Elle mesurait à peine 15 cm, avec son pot, lorsque Catherine me l'a offerte, il y a une bonne dizaine d'années. Tous les deux ou trois mois, elle est inondée de fleurs! Pourtant, j'avoue que j'oublie l'engrais, la plupart du temps… Tout au plus, je lui verse un peu de marc de café: elle semble l'apprécier. Peut-être bien que les regards pleins d'affection et de reconnaissance que je lui adresse le matin, en préparant mon café, y sont aussi pour quelque chose...

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Migrations

7 Novembre 2013, 11:42am

Publié par Flora bis

Migrations

J'ai beaucoup déménagé dans ma vie; parfois, d'un pays à l'autre, traversant non seulement le rideau de fer, mais aussi la Méditerranée. Jeune, j'ai vécu ces changements comme le commencement d'une nouvelle étape, la possibilité d'ouvrir une page blanche, de corriger les ratages.

Cela fait 22 ans que j'habite cette maison, dont sept désormais seule. On dit que les murs des maisons absorbent les ondes puissantes des joies et des drames qu'ils enferment. Un jour, un visiteur, habitué à la compagnie des fantômes, s'est arrêté net sur le seuil, prétendant que mon couloir était si "habité" qu'il était incapable d'y entrer… Bon, en ces cas, je retiens mon sourire pour ne pas froisser la conviction intime de certains. Après tout, chacun a le droit de croire ce qu'il veut, ce qu'il peut ou ne rien croire du tout...

Pour ma part, je pense que c'est plutôt notre mémoire qui est peuplée de fantômes et nous ne faisons que projeter le souvenir des bonheurs et des drames liés à un objet ou à un recoin de la maison qui ressusciteront, intact ou apaisé, l'émotion vécue...

S'en aller, c'est quitter ces supports matériels de la mémoire et rendre nos souvenirs de plus en plus évanescents.

La question d'un nouveau déménagement fait son apparition, me poussant vers une "station" inédite qui sera sans doute la dernière… Nouvelle étape qui me modifiera aussi, à coup sûr.

Sans mon jardin et mes rosiers...

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Toussaint

2 Novembre 2013, 10:12am

Publié par Flora bis

Toussaint

Temps de Toussaint, pluie et vent...

La photo ci-contre a été prise à un début d'été, il y a quelques années. Depuis, les plants qui entourent la plaque ont grandi, ils nécessitent une petite taille de temps en temps que j'effectue aux ciseaux.

Longtemps, j'ai hésité à prendre cette photo, comme si j'avais dérobé une intimité. Avec mes petites-filles, nous y allons par beau temps, rendre visite à leur grand-père qu'elles n'ont pas eu le temps de connaître. Nous y laissons un petit caillou, selon la coutume empruntée aux Juifs.

Le marbre de 60 / 60 cm s'appelle "Galaxie". Sur fond d'un bleu-noir secret, scintillent des éclats minuscules. Je me souviens de ma joie quand le marbrier l'a enfin découvert derrière un grand nombre d'échantillons: Gilbert, essayiste et critique de science-fiction, pourra ainsi continuer ses voyages inter-galactiques! Ma première pensée était: il sera content quand je lui raconterai cela en rentrant! J'avançais alors à tâtons sur le no man's land entre l'impossible et la réalité...

Longtemps, Gilbert souhaitait que ses cendres soient dispersées du haut de la cathédrale de Laon. Vers la fin, il s'est choisi une place au cimetière de notre ville. Lorsque, surprise, je lui ai demandé la raison de ce changement, il m'a répondu: "Je veux que l'on puisse me retrouver."

Sur la plaque, j'ai fait graver sa phrase: "Si la réalité existait, il faudrait s'empresser de la faire disparaître."

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Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944)

31 Octobre 2013, 10:52am

Publié par Flora bis

Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944)

Difficile de choisir parmi les phrases des héros! De plus, quand ils disparaissent en vol, au-dessus de la Méditerranée, par temps de guerre... A 44 ans, après une courte vie bien remplie, devenue légende... Laissant derrière eux des textes non moins légendaires, incarnés par leur vie qui y ajoutera ainsi une aura supplémentaire.

Quand on meurt jeune, on n'entache pas son oeuvre, comme cela arrive parfois, avec des radotages filandreux de vieux gâteux, à l'infini, puisant dans les éclats de sa flamboyante jeunesse...

Difficile de choisir parmi les phrases de Saint-Exupéry, celles qui n'ont pas encore été complètement galvaudées, pour avoir été citées tant de fois et à toutes les sauces, par ceux qui souvent, ne connaissent de l'oeuvre que ces os resucés...

* "Ce pour quoi tu acceptes de mourir, c'est cela seul dont tu peux vivre." (Citadelle)

* "La contrainte te délivre et apporte la seule liberté qui compte." (idem)

* "N'espère rien de l'homme s'il travaille pour sa propre vie et non pour son éternité." (idem)

* "Je ne dirai pas les raisons que tu as de m'aimer. Car tu n'en as point. La raison d'aimer, c'est l'amour." (idem)

* "Que m'importe que Dieu n'existe pas. Dieu donne à l'homme de la divinité." (Carnets)

* "L'ordre ne crée pas la vie." (idem)

* "L'illumination n'est que la vision soudaine, par l'Esprit, d'une route lentement préparée." (Pilote de guerre)

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Sevrage

27 Octobre 2013, 16:25pm

Publié par Flora bis

Sevrage

Cela fait plus de deux semaines que je néglige mes blogs! J'avoue que l'exercice me manquait... Et ce, malgré l'immense plaisir que j'éprouve en compagnie de mes petites-filles!

Alice (5 ans et 4 jours) vient de repartir pour passer la deuxième semaine des vacances avec ses parents et sa grande soeur, quelque part au bord de la Méditerranée, j'espère, au soleil! Nous avons passé une semaine délicieuse en tête-à-tête, en grande douceur, entrecoupée des perles de rires interminables, d'exercices physiques très toniques de la boule de muscles qu'elle est, carburant à une énergie inépuisable!

Alice, c'est aussi la reine du coloriage, minutieusement exécuté, avec une infinie patience et application dans le choix des couleurs. Le dessin est souvent fourni par mes soins, à sa demande, précisé dans les moindres détails.

Parfois, pour varier les plaisirs, elle se lance dans les puzzles, en méprisant les boîtes à 50 pièces ("C'est pour les bébés!") et s'attaquant aux 80... J'admire sa patience, sa concentration, sa ténacité. Non, elle n'abandonne pas, elle va au bout des difficultés!

Depuis peu, c'est de nouveau le silence. Plus de sollicitations incessantes, du matin au soir. Je peux m'attaquer à la montagne des choses que j'ai remises à plus tard, pour profiter pleinement de sa présence.

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Les pouvoirs curatifs du sourire

11 Octobre 2013, 12:04pm

Publié par Flora bis

Les pouvoirs curatifs du sourire

Je n'ai jamais eu besoin de me forcer pour sourire à la vie, et cela, en dépit d'un grand nombre d'épreuves traversées... Je dois avouer que je n'étais même pas consciente de ce don de la nature. La première qui me l'a fait remarquer était une collègue russe, plutôt "rugueuse", à la fin d'un stage linguistique où j'accompagnais des lycéens. Elle m'a glissé un petit billet d'adieu dans la main, me remerciant pour mon "magnifique sourire radieux"... Inutile de dire que je tombais de stupéfaction: je ne me posais jamais cette question!

Depuis que je vis parmi les Français, je constate l'importance primordiale du sourire (même si tout le monde dit que les Français sont moroses!). Il est comme une carte de visite que l'on met en avant, une sorte de main tendue, en guise d'accueil cordial. Un personnage public, un candidat politique augmente ses chances en possédant ce précieux sésame, tout comme il va à l'échec dans le cas contraire.

Je suis en train de lire le nouveau best-seller du dr. Saldmann, le célèbre cardiologue qui nous propose des méthodes de guérison, du moins, de soulagement de nos maux par des moyens autres que chimiques, voire même en évitant le bistouri radical. Je me rends compte que je pratiquais instinctivement certaines de ces "formules magiques" depuis longtemps... Le sourire en fait partie. Selon le dr. Saldmann, il diminue le stress, la fréquence cardiaque non seulement en nous, mais aussi dans notre entourage, comme si nous générions des ondes positives autour de nous! La bonne humeur ainsi créée est contagieuse! Alors, pourquoi se priver de cette méthode simple et gratuite?

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L'agenda d'une geignarde...

7 Octobre 2013, 12:26pm

Publié par Flora bis

Lorsque je sens les vagues des obligations retardées tout près de m'engloutir, l'image en rêve d'une plage ensoleillée et presque déserte réapparaît dans ma tête... Ai-je besoin de me barricader de tous côtés par des obligations que, en grande partie, je m'impose toute seule?... Pourquoi? Est-ce par peur du désoeuvrement qui rime à mes yeux avec l'agonie, ou par simple réticence, voire incapacité de dire non à une proposition intéressante? Les deux, sans doute, mon capitaine. Oscar Wilde n'a-t-il pas dit: "Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder"?...

l'Atlantique...

l'Atlantique...

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