Le blog de Flora

reflexion

Où sont passés les Pâques d'autrefois?...

7 Avril 2023, 12:05pm

Publié par Flora bis

   Dimanche et lundi de Pâques approchent. Pour moi, ce seront des jours ordinaires que je passerai probablement seule, les ami(e)s occupé(e)s avec leurs familles, mes enfants en voyage. Je suis contente pour eux, ils avaient grand besoin de se changer les idées. La solitude ne me chagrine pas : heureusement, en bientôt 17 ans, j'ai appris à occuper le temps agréablement en ma compagnie aussi.

   C'est bien loin, il est vrai, des effervescences d'autrefois, des préparatifs joyeux dans la maison de mon enfance, préalablement rafraîchie sous le soleil printanier, remplie des effluves du jambon et des saucisses maison qui cuisent doucement, en compagnie des oeufs, dans une énorme marmite qui ne sert qu'à cette occasion. Le défilé des "arroseurs" dont mon père tient à être le premier, à l'aube, versant une bonne rasade d'eau fraîche sous ma couette pour me tirer du sommeil... C'est pour la bonne cause : pour assurer ma bonne santé pour le reste de l'année! Les garçons qui sonneront à la porte jusqu'à midi, utiliseront de l'eau de Cologne de parfums divers dont le cocktail donnera un mélange lourd et inextricable... En échange, ils recevront un oeuf coloré et une pièce qui gonflera leur argent de poche. 

   Ici, en France, ce coutume n'existe pas. Cela fait bien longtemps que personne ne "m'arrose" plus et cela se ressent à ma petite santé... Là-bas, les parents reposent au cimetière. Je me rends compte avec stupeur que c'est à mon tour de prendre leur place, en première ligne du barrage contre la mort. Le soleil est présent mais ne réchauffe plus la maison de l'enfance, à part les rares moments d'été où nous y allons. A Pâques, les effluves alléchantes du jambon fumé et de la brioche vanillée me manquent... Irrémédiablement.

  

Où sont passés les Pâques d'autrefois?...Où sont passés les Pâques d'autrefois?...

Voir les commentaires

Chat du matin, ...

27 Septembre 2022, 10:20am

Publié par Flora bis

   Je profite du regain d'énergie offert par le soleil matinal qui se montre entre deux averses. Ma voisine vient de m'apprendre que cette nuit, nous avons eu une très grosse pluie avec des coups de vent forts. Je n'ai rien entendu, pourtant, j'ai éteint après 4 h du matin!

Mon préféré: BASTET l'Egyptien

Je viens de passer un certain temps à la chasse d'un chat roux tigré, "adolescent" mal élevé qui prend ses aises dans mon jardin et sur ma terrasse, me regardant avec insolence si je lui intime l'ordre de déguerpir. Il fait partie des 5-6 chats (minimum!) du voisinage qui se promènent sur "l'esplanade" que les murs séparant les jardins leur offrent. Ils surveillent les oiseaux à leur portée et n'hésitent pas à en attraper si l'occasion se présente. C'est insupportable surtout à cause de la saleté déposée un peu partout sur ma pelouse et l'impossibilité de laisser la porte ouverte sans surveillance.

   Quitte à me faire mal voir par les amis des bêtes  -  bien que je ne fasse jamais de mal à ces dernières  -  j'ai une règle simple: chacun chez soi. Si je me prive de leur compagnie, j'ai mes nombreuses raisons. Et je ne tolère surtout pas qu'ils s'imposent sans être invités.

 

Voir les commentaires

Une fête de mai

30 Mai 2022, 10:30am

Publié par Flora bis

   Fête des Mères... Dans mon enfance, c'était un vrai événement dont la solennité nous imprégnait peu à peu, tout comme les autres rituels. Les premiers bouquets et petits poèmes maladroits devant notre mère émue aux larmes, suivis des cadeaux élaborés à l'école (pas de collier de nouilles en Hongrie, mais j'y ai eu droit plus tard en France, devenue mère moi-même!). Sans parler des bibelots, oiseaux ou figurines de la vitrine qui portent les stigmates des années et que nous achetions avec notre argent de poche économisé... L'autre jour, dans la maison de mes parents (devenue celle de mon fils), dans une vieille coiffeuse d'une époque révolue, j'ai retrouvé un double coeur en papier, entouré de fil rouge qui cachait en son intérieur un petit mouchoir blanc brodé par mes soins, périlleusement, de cachette en cachette, sur lequel on pouvait déchiffrer, cousu d'un fil bleu ciel: "Pour la Mère la plus aimante"...

   J'ai eu le bonheur de revoir mes enfants pour le long week end de l'Ascension. Petite pause dans leur vie harassante... Un peu d'animation bienfaisante dans la mienne.

Une fête de mai
Une fête de maiUne fête de mai

Voir les commentaires

Des coups de leçon

8 Mai 2022, 18:18pm

Publié par Flora bis

   Dehors, soleil magnifique. Je pourrais m'installer sur ma nouvelle terrasse mais on dira que je ne suis jamais contente: au moment où je veux ouvrir mon super parasol vert, je m'aperçois qu'il manque un bout de la tige (tube) qui le maintient dans le pied... Il a du s'égarer dans le jardin parmi les bric-à brac au démontage du cabanon où il était stocké pendant l'hiver. Pourvu qu'il n'ait pas été évacué à la déchèterie avec d'autres débris!... Je ne peux même pas descendre sur la pelouse pour le vérifier car je serais incapable de remonter sur la terrasse, dans l'attente de l'escalier...

   Il ne faut pas grand chose pour que l'on se sente tout d'un coup démuni, impuissant... Il suffit d'une accumulation d'ennuis plus ou moins grands. Et depuis mon retour, ils pleuvent sur moi (je vous épargne la longue liste). Tout ce que j'entreprends à dénouer, à régler  -  et il y en a des masses!  -  échoue impitoyablement, comme par fatalité! Je comprends enfin : c'est la punition de m'être sentie intensément (et insensément!) heureuse les deux jours qui ont suivi mon retour... Il n'y a pas, ça ne rate jamais! Inutile d'essayer d'ignorer le poids du destin, il vous rattrapera toujours. Et il agira comme le dompteur face à l'animal à soumettre : dès que celui-ci lève la tête, il reçoit un coup sur le nez jusqu'à ce qu'il retienne la leçon!

 

Voir les commentaires

Toast pour un douzième anniversaire

29 Juin 2020, 17:10pm

Publié par Flora bis

  La blogosphère a plus ou moins 30 ans d'existence, si l'on compte l'apparition des premiers blogs embryonnaires au début des années 1990. Certains prétendent qu'elle est moribonde. Les Snapchat, twitter, WhatsApp, YouTube, Instagram et autre TikTok (non exhaustifs) sont en concurrence agressive, surtout chez les jeunes. Même Facebook devient tout doucement le jouet des papi et mamie, étant donné que la plupart des jeunes évitent les textes de plus de 10 lignes (voire encore moins), demandant de l'image, du son, du plaisir instantané, et surtout: SANS EFFORT! Je me sens d'une autre époque, non sans observer avec curiosité les générations suivantes.

   Quant à moi, je n'arrive pas à abandonner mon blog âgé de 12 ans! Malgré l'écho relativement modeste, voire inexistant (j'ajoute sa publication sur Facebook, pour élargir sa visibilité), je tiens à cet exercice d'écriture régulier, à ce remède miracle des mots. Il fait partie de ma vie, il est né peu après ma graphomanie qui questionnait ma solitude. Il testait mon français, souvent maladroit, récalcitrant à exprimer mes intentions avec justesse, tout en baignant dans la boulimie des mots des écrivaillons débutants. 

   Il a changé avec le temps, devenant de plus en plus intime: journal de bord pour mises au point sur mon chemin de Compostelle, figures libres qui servent de repères à cette vie qui, insaisissable, fuirait dans tous les sens...

 

 

 

Voir les commentaires

De l'intuition. Que dit la fameuse petite voix?

16 Juin 2020, 16:55pm

Publié par Flora bis

   Je viens de regarder une série de témoignages relatant des pressentiments intuitifs étranges et irrésistibles. Parmi les participants, il y en a qui évoquaient, en guise d'explications, des anges gardiens ou des signes, des réponses de l'Univers (ou de Dieu) qu'ils auraient sollicités. Un monsieur fort savant et très peu enclin à l'ésotérisme, psychologue clinicien, participait à l'échange, afin de donner des explications scientifiques.

   Il y a quelques années, j'ai moi-même exploré un peu le sujet de l'intuition, sous forme d'un exposé. C'était passionnant!

   Il n'y a pas de place ici pour faire le tour du sujet. En gros  -  et dans un dé à coudre  -  l'intuition est opposée au raisonnement, à la déduction. Tandis que l'une (l'intuition) sollicite l'hémisphère droit du cerveau, l'autre (le raisonnement) met à contribution le gauche. 

    Pour user d’une image créée par la béotienne que je suis dans le domaine scientifique, j’imagine le parcours fulgurant de la pensée intuitive comme un contact neuronal ultrarapide, court-circuitant le cortex et ses réseaux de la pensée logique et déductive. Elle nous arrive comme une évidence, faisant peut-être appel à une mémoire lointaine, voire même archaïque. Notre psychologue parle de "miroir émotionnel" car cet état intuitif fulgurant est accompagné généralement d'une grande charge émotionnelle.

   Je me souviens de quelques moments très importants dans ma vie où cet état m'est tombé dessus, souvent devant des choix cruciaux. La fameuse "petite voix intime" qui chuchote son conseil à votre oreille: "Vas-y, fonce!" ou au contraire: "N'y va pas, danger imminent!", je l'ai écoutée, la plupart du temps. Une seule fois je lui ai désobéi. J'en assume les conséquences, bonnes ou mauvaises. L'enfer ou le paradis. La vie, quoi.


 

 

Voir les commentaires

Comparaison n'est pas raison?...

23 Mai 2020, 10:44am

Publié par Flora bis

   Déjà?... Fin de la deuxième semaine du "déconfinement". Je continue de m'étonner à l'idée que je peux sortir "sans laisse", quand je veux. De plus, je n'en abuse pas... Il a fait une chaleur caniculaire jusqu'à l'Ascension et hier, nous avons reçu avec soulagement la chute de la température de 10°, accompagnée d'une averse minuscule.

Plusieurs fois, une comparaison un peu saugrenue, un peu abusive me traverse l'esprit: dans une certaine mesure, nous nous trouvons dans l'état groggy des générations qui ont vu déferler l'épidémie du SIDA dès les années 80, balayant la liberté insouciante arrivée à ses extrêmes... L'hébétude des débuts, les tâtonnements concernant l'origine et les modes de transmission ont duré des années, accompagnées de la déferlante des victimes...  Ce qui a fait dire à beaucoup de gens anxieux se remettant dans les grâces de ce qui les dépassait  -  tout comme maintenant  -  que c'était la punition des dieux! Peurs vieilles comme l'humanité, recours adéquats dans l'impuissance.

   En tout cas, le clairon du rappel à l'ordre a sonné de nouveau. Comme si la Nature (ou Dieu, c'est selon), de temps en temps, raccourcissait la bride afin que l'humain réfléchisse aux conséquences de ses actes...

 

Voir les commentaires

Ce ne sera jamais plus "comme avant"...?!

13 Mai 2020, 10:24am

Publié par Flora bis

   Nous faisons nos premiers pas apeurés à l'air libre. J'exagère: je suis sortie régulièrement, pendant le confinement, pour les courses au supermarché, chez le boulanger et parfois, à la pharmacie. Sans masque et sans gants, sans trop de précautions, dont certaines je ressentais comme éloignées du bon sens (se changer de pied en cap, voire même se doucher dans son garage avant de franchir le seuil de sa maison, désinfecter même les pots de yoghourt etc...). Les rayons étaient suffisamment déserts pour éviter la proximité avec les autres et je me suis dit que se gratter le nez avec ou sans gant revenait à peu près au même... Bien sûr, à la maison, mon premier geste a été de me laver soigneusement les mains: cela m'arrive d'ailleurs, plusieurs fois par jour, depuis bien longtemps... Par contre, personne n'a franchi le seuil de la maison, pas plus que moi, je ne suis allée chez personne... 

   J'ai la nostalgie d'une certaine insouciance d'avant... Oh, il ne s'agit que des choses à la portée de tous, peu coûteuses, relativement faciles à réaliser... Un petit repas improvisé avec des amis pour échanger, s'intéresser à l'autre, partager ses soucis ou ses joies, une sortie au théâtre, au cinéma ou au restaurant, de temps en temps, pas trop souvent pour ne pas les banaliser et qu'elles gardent leur attrait exceptionnel... Serrer mes enfants dans les bras, très fort! En vrai et non seulement "en mode virtuel"...

   J'espère que nous aurons réussi à conserver au fond de nous ces quelques habitudes anciennes et qu'un jour, elles réapparaîtront pour redonner des couleurs à notre vie de solitaires. C'est ce que je réponds à ceux qui me tapent sévèrement sur les doigts avec leur phrase qui tombe comme un couperet: "RIEN ne sera plus comme avant!"

 

Voir les commentaires

Apprentissage...

7 Mai 2020, 10:07am

Publié par Flora bis

   J'aimerais bien que les sujets redeviennent un peu plus variés... Les média ne bruissent que d'une unique préoccupation: du coronavirus sous toutes les coutures, jusqu'à la saturation totale! Je ne dis pas qu'il faut cacher ou omettre les informations nécessaires à ce sujet mais en remplir le moindre interstice de notre vie finira par être contre-productif! Dans les cas extrêmes, les uns sombrent dans la léthargie, ferment les écoutilles, tandis que d'autres, en proie à des peurs apocalyptiques, non seulement respectent les prescriptions à la lettre, surenchérissent même jusqu'au ridicule, et la moindre faille  -  à leur goût  -  chez quelqu'un déclenche leur agressivité démesurée... Une fois de plus, je reste adepte de la modération. De grâce, un peu de bon sens!

moi entre 3 et 4 ans... confiante, curieuse

 

 

 

Est-il possible de parler d'autre chose? Nous sommes alourdis d'angoisses, de désorientation spatio-temporelle, de surexplications scientifiques, de polémiques en embuscade, prêtes à surgir à la moindre occasion. J'ai beau me retourner vers des paysages d'un autre âge, celui de la confiance et de l'insouciance, les souvenirs ensoleillés s'enfuient pour me laisser au milieu de la broussaille des confusions ou pire, du désert aride... 

   

 

On entrouvre les portes du confinement, parfois au choix, assortissant la possibilité de bon nombre de précautions aux risques funestes... J'ai vu à la télévision des interviews de confinés  -  parmi ceux qui peuvent le faire  -,  déclarant qu'ils optent pour rester au fond de la tanière qu'ils ont fini par apprivoiser, bien au chaud, protégés du monde extérieur, truffé de dangers imprévisibles... Réapprendrons-nous un jour à franchir la distance de la méfiance sans peur?...

Voir les commentaires

Déconfinement...

29 Avril 2020, 18:35pm

Publié par Flora bis

   J'ai écouté le discours du premier ministre à esquisser les perspectives du "déconfinement". Je me suis rendu compte que mon état d'enfoncement dans les profondeurs de l'isolement presque total était déjà tellement avancé que je n'arrivais même pas à me réjouir... Le déconfinement sera progressif, très lent. Heureusement pour moi qui supporterais difficilement une nouvelle secousse.

   Oui, depuis les premières alarmes suivies du débordement des urgences et le nombre de morts égrené jour après jour, les restrictions successives, nous avons encaissé des chocs réguliers qui nous ont renforcés peu à peu dans le sentiment du danger de mort imminent et invisible... J'évoque ici le cas d'une personne que je connais bien, de l'âge défini comme "à risque" avec quelques complications de santé. A cette occasion, j'ai appris un mot pour moi nouveau mais non moins effrayant: "comorbidité". Les médecins aiment bien utiliser un vocabulaire qui fait peur: c'est normal, ils ont assez souffert pour l'acquérir pendant leur long apprentissage et ce jargon hermétique impressionne avantageusement le patient déstabilisé... Bref, nous avons fini par atteindre un état friable, inconsistant, flottant dans un espace/temps indécis où l'on évite de se projeter dans l'avenir...

   Enfermés dans nos forteresses presque inviolables  -  à condition de ne pas mettre le nez dehors et de ne laisser entrer personne  -  nous pouvions nous sentir à l'abri.. La moindre sortie  -  avec notre propre autorisation contrôlable et verbalisable  -  relevait d'une aventure à nos risques et périls. 

   L'homme est un être éminemment social. Le priver des gestes élémentaires de sociabilité le plonge dans la dépression. Les poignées de main, les embrassades, les caresses, les regards et les sourires, la voix et ses modulations  -  tellement éloquentes au-delà même des mots  -  sans ces signes de proximité et d'affection l'humain dépérit. Un ou deux mètres de distance et le regard fuit. Le masque cache presque tout le visage et son expression. Et la froideur lisse de l'écran ne pourra jamais s'y substituer.

d'après l'affiche du film "Le silence des agneaux"

 

Voir les commentaires

1 2 3 > >>