Le blog de Flora

Toussaint

2 Novembre 2013, 10:12am

Publié par Flora bis

Toussaint

Temps de Toussaint, pluie et vent...

La photo ci-contre a été prise à un début d'été, il y a quelques années. Depuis, les plants qui entourent la plaque ont grandi, ils nécessitent une petite taille de temps en temps que j'effectue aux ciseaux.

Longtemps, j'ai hésité à prendre cette photo, comme si j'avais dérobé une intimité. Avec mes petites-filles, nous y allons par beau temps, rendre visite à leur grand-père qu'elles n'ont pas eu le temps de connaître. Nous y laissons un petit caillou, selon la coutume empruntée aux Juifs.

Le marbre de 60 / 60 cm s'appelle "Galaxie". Sur fond d'un bleu-noir secret, scintillent des éclats minuscules. Je me souviens de ma joie quand le marbrier l'a enfin découvert derrière un grand nombre d'échantillons: Gilbert, essayiste et critique de science-fiction, pourra ainsi continuer ses voyages inter-galactiques! Ma première pensée était: il sera content quand je lui raconterai cela en rentrant! J'avançais alors à tâtons sur le no man's land entre l'impossible et la réalité...

Longtemps, Gilbert souhaitait que ses cendres soient dispersées du haut de la cathédrale de Laon. Vers la fin, il s'est choisi une place au cimetière de notre ville. Lorsque, surprise, je lui ai demandé la raison de ce changement, il m'a répondu: "Je veux que l'on puisse me retrouver."

Sur la plaque, j'ai fait graver sa phrase: "Si la réalité existait, il faudrait s'empresser de la faire disparaître."

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Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944)

31 Octobre 2013, 10:52am

Publié par Flora bis

Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944)

Difficile de choisir parmi les phrases des héros! De plus, quand ils disparaissent en vol, au-dessus de la Méditerranée, par temps de guerre... A 44 ans, après une courte vie bien remplie, devenue légende... Laissant derrière eux des textes non moins légendaires, incarnés par leur vie qui y ajoutera ainsi une aura supplémentaire.

Quand on meurt jeune, on n'entache pas son oeuvre, comme cela arrive parfois, avec des radotages filandreux de vieux gâteux, à l'infini, puisant dans les éclats de sa flamboyante jeunesse...

Difficile de choisir parmi les phrases de Saint-Exupéry, celles qui n'ont pas encore été complètement galvaudées, pour avoir été citées tant de fois et à toutes les sauces, par ceux qui souvent, ne connaissent de l'oeuvre que ces os resucés...

* "Ce pour quoi tu acceptes de mourir, c'est cela seul dont tu peux vivre." (Citadelle)

* "La contrainte te délivre et apporte la seule liberté qui compte." (idem)

* "N'espère rien de l'homme s'il travaille pour sa propre vie et non pour son éternité." (idem)

* "Je ne dirai pas les raisons que tu as de m'aimer. Car tu n'en as point. La raison d'aimer, c'est l'amour." (idem)

* "Que m'importe que Dieu n'existe pas. Dieu donne à l'homme de la divinité." (Carnets)

* "L'ordre ne crée pas la vie." (idem)

* "L'illumination n'est que la vision soudaine, par l'Esprit, d'une route lentement préparée." (Pilote de guerre)

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Sevrage

27 Octobre 2013, 16:25pm

Publié par Flora bis

Sevrage

Cela fait plus de deux semaines que je néglige mes blogs! J'avoue que l'exercice me manquait... Et ce, malgré l'immense plaisir que j'éprouve en compagnie de mes petites-filles!

Alice (5 ans et 4 jours) vient de repartir pour passer la deuxième semaine des vacances avec ses parents et sa grande soeur, quelque part au bord de la Méditerranée, j'espère, au soleil! Nous avons passé une semaine délicieuse en tête-à-tête, en grande douceur, entrecoupée des perles de rires interminables, d'exercices physiques très toniques de la boule de muscles qu'elle est, carburant à une énergie inépuisable!

Alice, c'est aussi la reine du coloriage, minutieusement exécuté, avec une infinie patience et application dans le choix des couleurs. Le dessin est souvent fourni par mes soins, à sa demande, précisé dans les moindres détails.

Parfois, pour varier les plaisirs, elle se lance dans les puzzles, en méprisant les boîtes à 50 pièces ("C'est pour les bébés!") et s'attaquant aux 80... J'admire sa patience, sa concentration, sa ténacité. Non, elle n'abandonne pas, elle va au bout des difficultés!

Depuis peu, c'est de nouveau le silence. Plus de sollicitations incessantes, du matin au soir. Je peux m'attaquer à la montagne des choses que j'ai remises à plus tard, pour profiter pleinement de sa présence.

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Les pouvoirs curatifs du sourire

11 Octobre 2013, 12:04pm

Publié par Flora bis

Les pouvoirs curatifs du sourire

Je n'ai jamais eu besoin de me forcer pour sourire à la vie, et cela, en dépit d'un grand nombre d'épreuves traversées... Je dois avouer que je n'étais même pas consciente de ce don de la nature. La première qui me l'a fait remarquer était une collègue russe, plutôt "rugueuse", à la fin d'un stage linguistique où j'accompagnais des lycéens. Elle m'a glissé un petit billet d'adieu dans la main, me remerciant pour mon "magnifique sourire radieux"... Inutile de dire que je tombais de stupéfaction: je ne me posais jamais cette question!

Depuis que je vis parmi les Français, je constate l'importance primordiale du sourire (même si tout le monde dit que les Français sont moroses!). Il est comme une carte de visite que l'on met en avant, une sorte de main tendue, en guise d'accueil cordial. Un personnage public, un candidat politique augmente ses chances en possédant ce précieux sésame, tout comme il va à l'échec dans le cas contraire.

Je suis en train de lire le nouveau best-seller du dr. Saldmann, le célèbre cardiologue qui nous propose des méthodes de guérison, du moins, de soulagement de nos maux par des moyens autres que chimiques, voire même en évitant le bistouri radical. Je me rends compte que je pratiquais instinctivement certaines de ces "formules magiques" depuis longtemps... Le sourire en fait partie. Selon le dr. Saldmann, il diminue le stress, la fréquence cardiaque non seulement en nous, mais aussi dans notre entourage, comme si nous générions des ondes positives autour de nous! La bonne humeur ainsi créée est contagieuse! Alors, pourquoi se priver de cette méthode simple et gratuite?

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L'agenda d'une geignarde...

7 Octobre 2013, 12:26pm

Publié par Flora bis

Lorsque je sens les vagues des obligations retardées tout près de m'engloutir, l'image en rêve d'une plage ensoleillée et presque déserte réapparaît dans ma tête... Ai-je besoin de me barricader de tous côtés par des obligations que, en grande partie, je m'impose toute seule?... Pourquoi? Est-ce par peur du désoeuvrement qui rime à mes yeux avec l'agonie, ou par simple réticence, voire incapacité de dire non à une proposition intéressante? Les deux, sans doute, mon capitaine. Oscar Wilde n'a-t-il pas dit: "Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder"?...

l'Atlantique...

l'Atlantique...

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Le virus du diariste...

2 Octobre 2013, 12:05pm

Publié par Flora bis

Le virus du diariste...

Hier, j'ai publié une note sur mon blog hongrois (http://floramagyarblogja.blogspot.com) sur mes débuts de diariste, à Moscou, à l'âge de 22 ans... Ce n'est pas précoce. J'ai longtemps méprisé le genre, l'associant à l'adolescence boutonneuse où notre petite personne prend soudain des dimensions démesurées et des démangeaisons égotistes nous obligent à coucher nos tourments sur du papier, dans des carnets cadenassés...

Non, je n'ai jamais cédé à ces tentations jugées ridicules!

Tout a changé à Moscou: pendant une année entière, avec Marie, mon amie et "camarade de chambrée", nous avons noté ensemble sur un modeste cahier gris, parfois dans un style télégraphique, les événements du quotidien, nos émotions débordantes, nos petits flirts audacieux mais somme toute inoffensifs... Je l'ai continué seule, pendant le semestre qui suivait, à Leningrad.

Lorsque je feuillette ces cahiers, les sensations surgissent, intactes, d'un passé de plus en plus lointain. Je revois la jeune fille que j'étais, maigrichonne (si, si!), pleine d'audace extrêmement prudente, de curiosité, de soif d'apprendre... Plongée dans le bain linguistique, très peu livresque, j'absorbais la langue russe comme une éponge, je m'émerveillais avec gourmandise de sa musique, de ses tournures savoureuses...

Quant à nos flirts, malgré leur grande innocence, ils nous menaient à l'apprentissage de la vie adulte. Coups de foudre, flamboiements, souffrances et félicités, je pense que nous aimions bien plus le sentiment amoureux que les garçons qui en étaient l'objet...

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Questionnements...

1 Octobre 2013, 17:44pm

Publié par Flora bis

Questionnements...

Je me suis aperçu depuis longtemps que les questions sont plus excitantes que les réponses... Ces dernières, bien souvent, ne résistent pas à l'épreuve du temps: le monde change, nous nous transformons avec lui, nos cellules se renouvellent aussi (dans le meilleur des cas...). Comment pourrions-nous imaginer la possibilité de fournir des réponses inoxydables?...

Les questions, par contre, apportent la preuve de l'esprit en éveil, celui qui relève les zones d'ombre, les incohérences et incite à la réflexion. Il pousse à explorer les territoires peu connus ou complètement vierges. Il ne donne jamais la certitude et le contentement de soi. Se remettre en question, nous mène à l'humilité. Devant le Grand Inconnu de notre existence et de sa finalité.

Ces quelques réflexions ne nous dirigent pas forcément vers une sorte de mysticisme à peine déguisé... Peut-être même vers son exact opposé. Les certitudes en béton ne tolèrent pas le doute, la remise en question. La liberté de penser est un exercice de funambule...

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Un dernier geste de clémence...

24 Septembre 2013, 18:42pm

Publié par Flora bis

Un dernier geste de clémence...

En hongrois, l'été indien s'appelle "été des vieilles"... Les rayons du soleil se font rares et caressants, histoire de réchauffer les articulations grinçantes... Ce n'est plus la peine de fouetter leurs instincts vitaux, elles ne se lanceront plus dans la grande course triomphale pour conquérir, acquérir, désirer et souffrir...

Elles se résignent à vivre à petit feu, lumière et chaudière en veilleuse, tout à l'économie... Pour prolonger une existence étriquée, loin de leur jeunesse fiévreuse... Cet appétit-là n'est plus qu'un souvenir opaque qui, de temps à autre, revient encore les hanter par bribes, redonnant pour un instant fugace, le goût lointain du sel de la vie... Ou de celui, délicieux, du fruit défendu...

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Prenons de la hauteur!

20 Septembre 2013, 19:31pm

Publié par Flora bis

Prenons de la hauteur!

Ceux qui me connaissent m'ont souvent entendu prononcer cette phrase, devenue peu à peu un genre de "mantra", en cas de besoin, pour retrouver de la sérénité.

Je ne veux surtout pas paraître dans la posture d'une donneuse de recette, pire encore, de donneuse de leçon. La souffrance d'une amie a inspiré ces réflexions.

L'humain doté d'une sensibilité normale ne peut rester indifférent devant l'agressivité, l'injustice, la mesquinerie hypocrite de ses contemporains, surtout s'il en est la victime impuissante. Être témoin est déjà assez pénible, subir, même en réagissant, l'est encore plus.

Petit à petit, j'ai appris à me défendre. Il ne s'agit pas de fuite - il faut répondre, si possible en gardant notre calme, car c'est une arme véritable, - mais de ne pas tomber dans le pugilat qui ne ferait que nous rabaisser.

Comment faire pour se défendre de la souffrance? On accuse le coup, c'est certain. Il s'agirait plutôt de ne pas nous arrêter indéfiniment là-dessus, nous morfondant sur notre triste sort, mais de mettre de la distance au plus vite, en nous élevant au-dessus de ces bas-fonds. "Prendre de la hauteur" , et aussitôt, devant mes yeux apaisés, survient l'image d'un aigle planant majestueusement dans des altitudes très pures...

Bien sûr, cette évidence ne m'est pas apparue si facilement; il a fallu des années de dur apprentissage. Un jour, j'ai compris que l'essentiel de ma souffrance venait du fait que j'allais vers les gens avec une confiance naïve et que j'attendais d'eux la même attitude en retour.

J'ai décidé que dès lors, tous mes actes seront absolument gratuits, sans la moindre attente du retour. Si je fais un geste, c'est que je le veux bien, sans calculer qu'on me le rende. Il s'agit d'un don et non d'un donnant-donnant... Ainsi, j'évite la déception, l'amertume, puisque je n'attends rien. Et si je reçois quand-même quelque chose, ça ne peut être que du bonus!

On acquiert ainsi une liberté intérieure inouïe! Et comme on sait que c'est la seule véritable, on n'est pas loin de rejoindre l'aigle par-dessus les nuages!...

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En visite chez le Roi-Soleil (sans le soleil...)

18 Septembre 2013, 16:49pm

Publié par Flora bis

Les nuages ternissent les dorures des toits, la débauche des ornements et des marbres, mais la belle perspective de l'enfilade des salles, parées de tableaux monumentaux demeure intacte. De l'or, encore et encore... De magnifiques tentures autour des couches royales: on imagine cette vie dépourvue de la moindre intimité. Toujours sur scène, devant des spectateurs dévoués mais intriguant sans relâche dans les coulisses... Une sorte de championnat de l'hypocrisie, en somme...

Il a fallu l'envergure d'un Louis XIV, conditionné dès sa plus tendre enfance pour accomplir ce rôle, en y prenant plaisir, de surcroît. Il a fallu cette richesse immense pour commander les chefs-d'oeuvres que les générations des siècles à venir pourront encore admirer. Admirer et non pas posséder. Pour ma part, je m'en accommode amplement.

En visite chez le Roi-Soleil (sans le soleil...)

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