Le blog de Flora

Venise l'inspiratrice

8 Septembre 2011, 18:14pm

Publié par Flora bis

iles-jumelles-couv.jpg Mon petit séjour m'a incitée à relire le très beau roman d'Alain Delbe Les îles jumelles, publié en 1993 aux éditions Phébus. Après avoir goûté à Venise, ne serait-ce que pendant trois jours, on ne lit pas de la même façon cette histoire mi-conte, mi-roman où le fantastique se promène avec un tel naturel que personne ne songe à s'en étonner... Le décor de Belle-Île évoque Venise, La Ville, La Splendide qui ne peut faire surgir qu'une telle histoire envoûtante, hors du temps. Soudain, le narrateur et tous les habitants voient apparaître de la brume, en face sur la lagune, une île jumelle, en tout point semblable à celle qu'ils habitent, peuplée de leurs doubles insensibles à la présence des visiteurs. Ils soupçonnent de ce sortilège un étrange magicien, M. Hunt, dont le spectacle a fasciné, puis scandalisé le public qui a fini par le chasser. L'Île-Neuve est attaquée et s'évanouit dans la brume, laissant La Splendide baigner désormais dans l'eau, en îlots séparés. Les habitants sont gagnés de rêves lourds et étranges...

   Comment ne pas être fasciné, dans cette ville, par l'idée du reflet qui nous mène tout droit à celle du double, à la  gémellité? Voilà comment notre narrateur prend conscience de la vraie dimension de son existence:

(...) Mais il ne ralentit nullement et, tandis qu'il franchissait la distance nous séparant encore, je sentis monter en moi une véritable terreur. Peur de ce qui allait m'arriver? Sans doute, mais en même temps cette peur se liait au sentiment d'une monstrueuse lucidité! Oui, car, chose inouie, ces secondes furent pour moi un temps d'extrême clairvoyance. Et ce que j'y éprouvai, ce fut d'abord l'inconsistance du corps, assemblage dérisoire de chairs et de sang enclos d'une peau si fragile... Puis, c'est l'idée même d'une individualité de l'esprit qui m'apparut orgueilleuse, vaine, illusoire. Avec quelle évidence je sus que tout ce qui était l'humain, et ce monde lui-même, émanait d'un autre univers, mille fois plus réel bien qu'invisible à nos yeux, et dont nos corps et nos esprits, comme toute forme, n'étaient que d'infimes concrétions, guère plus semblables et différentes que des vagues à la surface de la mer. Ces corps, ces esprits auxquels nous identifions pourtant tout notre être, que nous croyons vraiment être! (...)

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L
<br /> L'intrigue du livre est passionnante avec ce double, effet de miroir ou réalité ?<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Je ne peux que vous recommander sa lecture (si vous le trouvez encore en distribution). Envoûtant, en un mot. <br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> Ce sont un peu les mêmes impressions que j'ai pu éprouver, du haut du sommet du Mont Saint-Michel et face à la baie, loin de la foule, devant cette immensité de sable et d'eau s'étalant jusqu'à<br /> l'horizon et se confondant avec les brumes du ciel<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Il y a des lieux  -  et Gilbert y était très sensible  -  "habités" qui inspirent... Moi, toujours plus rationelle, j'ajoutais: Ca dépend qui... à condition d'avoir des<br /> connaissances, des idées pour les peupler...<br /> <br /> <br /> <br />
J
<br /> Le sais-tu, toutes les îles sont jumelles. Beau texte d'Alain.<br /> Amitiés<br /> José<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Je ne le savais pas... <br /> <br /> <br /> Beau roman, vraiment. A bientôt, peut-être.<br /> <br /> <br /> R.<br /> <br /> <br /> <br />