Le blog de Flora

Adieu, Bébel...

9 Septembre 2021, 19:30pm

Publié par Flora bis

   Je viens de regarder à la télé l'hommage à Jean-Paul Belmondo, solennel et en même temps intime, dans la cour des Invalides. Souvent, l'hommage en ces lieux revêt un caractère tragique, de deuil, pour honorer les victimes d'un attentat, les soldats morts pour la France. Rarement nous le suivons avec le sourire mêlé aux larmes comme c'était le cas ce jour, sous le portrait géant de Bébel.

   Difficile de loger cet énorme artiste populaire sous les ors de la République, dans le cercueil recouvert du drapeau tricolore et porté par des soldats en uniforme de parade, la Marseillaise par la Garde Républicaine et le Président de la République s'inclinant devant lui. "Quand-même, ça avait de la gueule!" - l'aurait-il peut-être reconnu, avec une petite revanche. Le discours du Président Macron, très inspiré (et écrit par lui-même, selon un intime) a recueilli de vifs applaudissements, plutôt rares en ces lieux et circonstances.

   Belmondo est inclassable: après avoir incarné "la nouvelle vague", il devient l'aventurier acrobate qui prend tous les risques pour exécuter les cascades lui-même, avec panache, en prenant quelques dégâts au passage. Sans se départir de son sourire triomphant ou complice vers le public, qu'il soit flic ou voyou, avec une insolente joie de vivre. 86 films avec de nombreux grands metteurs en scène jalonnent sa carrière de 60 ans. Mon préféré reste sa performance d'acteur dans "Itinéraire d'un enfant gâté" de Claude Lellouche. 

   L'ancien boxeur à la figure burinée, le nez aplati, la bouche démesurée, taillée pour le sourire est devenu un séducteur irrésistible, en démentant triomphalement les prédictions d'un metteur en scène imprudent qui, à ses débuts, lui déconseillait de tenter la carrière d'acteur... "Avec une gueule comme ça..." Sa gueule qui reste, bien logée, dans le coeur de tous les Français (et de bien d'autres), avec reconnaissance.

Adieu, Bébel...

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Poèmes en vert et bleu

6 Septembre 2021, 10:25am

Publié par Flora bis

   

Je n'ose presque pas l'évoquer, par crainte de faire cesser la magie de cet été si rare : le soleil, dès le petit matin, le ciel bleu immaculé et le parfum du chèvrefeuille en folie sur ma terrasse, près de la porte de la cuisine! Je ne suis pas difficile ni revendicative, je le prends comme un cadeau inattendu, avec la gratitude de ceux qui ne sont pas gâtés par les cieux.

   Forcément, je ressens un regain d'énergie et j'essaye illico d'en profiter. Il faut que je m'expose au soleil, en vue d'augmenter le niveau de ma vitamine D, que j'améliore la couleur déplorable d'aspirine (pas du tout effervescent) de ma peau due au ciel gris plomb de notre été dans la fameuse "goutte froide"!

   Je réponds donc à l'invitation de l'association "Le cahier allant vers..." animée par les infatigables Muriel, Rémy, Yamina, Céline et les autres. Ils ont organisé une petite récitation de poésies sur le thème de la nature, dans le Parc des Prix de Rome qui se trouve juste derrière ma rue. Dans le demi-cercle de l'agora ensoleillé, un public attentif et interactif les écoutait, faisant fi des motos pétaradantes des rues alentour et des cris joyeux des enfants qui couraient parmi les sculptures installées dans les allées, convoquant l'esprit des nombreux artistes originaires de Valenciennes qui avaient tous obtenu le Prix de Rome en leur temps. Tout cela sous le soleil caressant d'une belle fin d'après-midi de septembre.

Poèmes en vert et bleuPoèmes en vert et bleu

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Mi-figue, mi-raisin...

31 Août 2021, 10:07am

Publié par Flora bis

   Dernier jour du mois d'août. Autant dire, dernier jour de l'été, même si officiellement, l'automne ne débute que le 21 septembre. Cette année, je n'ai, pour ainsi dire, pas quitté la maison. Fatigue, méforme, poids de l'inertie? Sans doute tout cela à la fois. Pourtant, je pressentais que, malgré le soulagement du moment, le manque aurait rapidement pris le dessus: le changement, le dépaysement nécessaires à mon équilibre feraient douloureusement défaut. Le soleil encore plus! Nous habitons en plein milieu de la fameuse "goutte froide" dont nous avons amplement profité cet été! Averses après averses, défilé incessant des nuages, températures avoisinant les 20-22°, en un mot: un été tellement tempéré que le réchauffement climatique nous faisait doucement sourire... pour ne pas dire: envie!

   Je n'ai pas eu ma dose de sérotonine pour affronter la grisaille interminable et humide qui ne tardera pas à arriver. J'aimerais que septembre me dédommage de la frustration mesquine de l'été, afin que les caresses d'un soleil doux et pâlissant m'accompagnent tout en délicatesse vers l'envie de me calfeutrer à nouveau dans la chaleur de la maison, en compagnie des mots et des images, des êtres inventés de toutes pièces ou de chair et d'âme contre lesquels me blottir par temps de gelées blanches...

 

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Enrichir son vocabulaire... Pour comprendre.

20 Août 2021, 11:52am

Publié par Flora bis

   J'ai appris un nouveau mot ("pour un nouveau-né, tous les gags sont neufs") qui n'est pas si nouveau que cela mais pour la néophyte que je suis, il l'est: "solastalgie". Inventé en 2003 par le philosophe australien Glenn Albrecht (du latin "solacium" réconfort" et du grec "algos" souffrance, douleur. Ce néologisme anglais a été formée plutôt sur le modèle de "nostalgie" d'où l'apparition du -st- .) Bref, dès que j'ai pris connaissance de sa signification, je me suis découverte sur un terrain familier.

   La "solastalgie" désigne, pour ainsi dire, un stress pré-traumatique. C'est à dire, on souffre de quelque chose qui pourrait, qui devrait arriver. Cela crée un état anxieux, un sentiment de perte de contrôle de sa vie, avec sa cohorte de symptômes comme insomnie, dépression, perte du goût des choses, léthargie, tristesse... Combien de fois ai-je vu tomber mes élans dans l'inertie, avec la question immanquable: "A quoi bon?..."

   Alice Desbiolles, le médecin qui a fait connaître le phénomène en France en 2019, le définit comme l'expression de la détresse des écosystèmes, notamment celle du lien entre l'homme et son environnement. Prendre conscience du danger imminent qui menace cet environnement crée une inquiétude permanente et anticipatoire, une représentation tragique de notre présent et de notre futur, un sentiment d'impasse. Nous sommes bombardés sans relâche par des nouvelles catastrophiques venant tour à tour des scientifiques, des politiques (qui en font souvent des arguments électoraux), par les média affamés de frissons sensationnels. Peu importe les dégâts irréparables qu'ils provoquent, sans se soucier des remèdes. Sans oublier cependant de nous culpabiliser au passage, alors que, à notre petite échelle, nous jouons déjà aux colibris dociles et lénifiants, en tentant de nous redonner quelques lambeaux de bonne conscience. Pendant ce temps, ceux à qui le vrai pouvoir d'agir revient, exploitent sans vergogne le bien commun de l'humanité, coupant la branche commune à tous, pour amasser de plus en plus de richesse! Après moi le déluge! Et nos enfants et petits-enfants? Que deviendront-ils?... L'instinct grégaire de l'homme à s'émerveiller au premier cri d'un bébé... Pour danser encore, les yeux bandés, au bord du précipice.

   Le remède? "Se raccrocher à quelque chose de positif, de vivant, contacter en soi la force, quelque chose de solide et d'ancré" disent les psychologues qui commencent à se pencher sérieusement sur la gravité du phénomène. On essaie de soigner les symptômes faute de pouvoir traiter la cause. Petites rustines sur une jambe de bois.

Que dit de la résilience B. Cyrulnik qui a importé en France la notion :

"... c'est une stratégie de lutte contre le malheur qui permet d'arracher du plaisir à vivre, malgré le murmure des fantômes au fond de sa mémoire."

 

   

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Sisyphe heureux?

14 Août 2021, 11:02am

Publié par Flora bis

   Après des semaines interminables, le soleil est revenu, du moins pour quelques jours. J'ai appris une expression nouvelle: la "goutte froide" englobant le nord de la France et une partie de la Belgique, avec le Luxembourg et un bout de l'Allemagne. Elle nous a ainsi épargné, pour presque deux mois, la canicule dont souffrait le reste du pays. En échange de la grisaille permanente. Dans ce dérèglement accéléré, les exceptions deviennent peu à peu des règles: des étés torrides avec leurs cohortes d'incendies dévastateurs ou bien des "gouttes froides" déversant des pluies diluviennes et des inondations meurtrières... Ces convulsions de notre pauvre planète surpeuplée et surexploitée nous renvoient des signaux que nous espérons encore et toujours être les avant-derniers... Sans oublier une pandémie qui revient sans cesse à l'attaque et là, je me retiens difficilement pour ne pas fustiger les comportements absurdes, aveuglés par des croyances obscures ou par des manipulations complotistes soigneusement calculées...

   Trouver des moments d'apaisement, pour ne pas dire de bonheur, dans ce chaos de perte de repères jadis semblant immuables, il faut sans doute une foi inébranlable. Foi en quoi?... Les adeptes des religions se remettent dans la grâce d'une super-puissance placée au-dessus des contingences humaines. L'effondrement de notre cadre de vie échappe peu à peu à notre volonté, à notre pouvoir, et une intervention divine reste l'unique recours dans ce "Sodome et Gomorrhe" moderne... 

   D'autres font confiance à la puissance de l'esprit humain, au développement des sciences qui finiront par vaincre les aléas qui surgissent sur ce chemin triomphal... Travail de Sisyphe, interminable  -  inutile? Quel choix devant l'absurdité de la condition humaine?

Je cite ici la réponse de Camus, partage qui veut :

"La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d'homme.

Il faut imaginer Sisyphe heureux."

 

 

Titien, 1548

Titien, 1548

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Réminiscences...

6 Août 2021, 12:32pm

Publié par Flora bis

   Je devais prendre l'avion pour la Hongrie dans quelques jours. J'y renonce. Parmi plusieurs raisons, il y a la situation sanitaire incertaine en Europe, mon état de fatigue avancé, sans oublier la grosse chaleur qui règne dans mon pays natal et que je ne supporte plus. Bien sûr, cette décision s'accompagne de regrets: retour manqué au pays  -  même si je n'ai jamais souffert de nostalgie: attachée plutôt aux gens qu'aux paysages, partout, j'emportais ma "maison" avec moi.

   La perspective de partager une bonne dizaine de jours avec mes enfants, dans la maison de mes parents, ressuscitant les souvenirs des jours heureux d'une autre époque, de revoir la famille de là-bas me manqueront à coup sûr. Le temps qui s'écoule au ralenti, propice aux conversations sans se presser... La pastèque craquante des fins de repas, la lecture paresseuse sur la chaise-longue à l'ombre de la tonnelle de vignes... Une solitude peuplée des personnes aimées, des regards complices et des parties de cartes, des balades à la chaleur tombée. Des fantômes bien vivants aussi, qui apparaissent souriants dans l'embrasure d'une porte au rideau de dentelle, dans un fauteuil qui garde la forme d'une silhouette plongée dans la sieste, les lunettes glissées sur le nez et le journal sur les genoux... La douceur de l'air n'est pas la même que par ici, elle est chargée de réminiscences, celles de l'enfance, de l'adolescence révolues.

   J'ai choisi de rester, décidée d'utiliser le temps pour parfaire un travail d'écriture  -  un plaisir d'écriture?  -  qui traîne depuis des mois, interrompu sans cesse par des obligations que je m'impose moi-même, par la paresse aussi, par le découragement et manque de confiance qui m'effleurent devant l'immensité de la tâche. Par moment, c'est la démesure du défi qui crée le frisson délicieux qui me fait bouger du point mort.

Réminiscences...

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Gilbert l'écrivain

28 Juillet 2021, 10:16am

Publié par Flora bis

 

Je viens de relire quelques extraits des textes de Gilbert, publiés à partir des années 1990, année de notre retour en France. Je suis frappée par la force, la perfection, l'originalité du style comme si je découvrais ces pages. Je le revois dans son bureau perché au 2ème étage de la maison, au bout de 38 marches raides avec des virages étroits que je montais et descendais dix fois par jour. Mon bureau se trouvait juste à côté, tout comme la chambre d'amis. Le palier, ainsi que les pièces sont tapissés de livres, du sol au plafond. Des siens et des miens. Quel apaisement était pour lui de voir tous ses bouquins enfin réunis à portée de main!... Sources d'inspiration plus puissantes que la vraie vie dont il n'était pas persuadé de la réalité... Il recréait inlassablement sa réalité à lui, en une fiction complexe, teintée d'éléments fantastiques, d'humour et de dérision caustiques, sûr qu'elle l'aiderait plus infailliblement que tout, à vaincre la mort.

   Oui, je connaissais ses textes par coeur car il m'a associée très étroitement au processus de leur création. Redoutable privilège! J'ai été happée, dans l'incapacité de me libérer, écrasée par la responsabilité de la tâche et par l'exigence et la sensibilité particulière de l'écrivain... Sa confiance intuitive en mon jugement, non moins instinctif  -  car je ne me sentais absolument pas à la hauteur!  -  à la fois gratifiante mais surtout écrasante, m'obligeait, que je veuille ou non, à suivre pas à pas les tourments d'un écrivain qui savait que le temps lui était compté. 

   Avant sa mort, il m'a confié 2-3 textes inachevés avec une injonction impossible à accomplir: "Tu les finiras!" Comment me mettre dans les pas d'un écrivain à l'univers si différent du mien (si jamais j'en ai un...), dans une langue d'adoption dans laquelle je n'ai jamais commis le moindre texte littéraire?... J'ai commencé mon blog français en 2008, en guise "d'entraînement à l'écriture" mais je ne me sens toujours pas prête...

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Histoires grand-mériennes

23 Juillet 2021, 21:02pm

Publié par Flora bis

   Il est temps de retrouver mon blog : le mois de juillet a été maigre en écriture!... L'hébergeur donne quelques tuyaux pour augmenter la "visibilité" de mon blog  -  lui ai-je fait pitié avec ma relative discrétion dans la blogosphère?  -  mais cela ne m'empêche pas de vivre... Non pas que le trafic modeste et l'enthousiasme silencieux qu'il provoque ne me chiffonnent pas de temps en temps et que je ne préfèrerais pas un succès plus large  -  soyons modestes mais sans mentir!  -  cependant, je ne me sens pas prête à faire des efforts pour "chevaucher la conjoncture", en traitant des sujets accrocheurs, en me lançant dans les recettes de cuisine ou dans les potins des pseudo-stars en vue... Sans parler du train de l'influenceuse (nouveau métier prometteur et lucratif pour jeunes gens dont les préoccupations, apparemment, volent au raz des pâquerettes!), eh bien, ce train, je l'aurai définitivement manqué!

   Pendant 4 jours, j'ai profité de la présence  -  très courte!  -  de mes petites-filles de 12 et 15 ans. Nous avons beaucoup papoté car je ne suis plus une grande marcheuse comme il y a quelques années encore... Nous avons joué, nous avons beaucoup ri mais nous avons touché des sujets plus sérieux aussi. A cet âge, elles ont surtout besoin d'écoute attentive, sans jugement "guillotine" mais plutôt "réfléchissons ensemble"... Nous avons aussi évoqué des souvenirs. Un soir, en montant l'escalier, je les entends parler dans leur chambre. Je passe la tête pour leur souhaiter bonne nuit et un spectacle touchant m'attend: la plus grande est en train de lire à haute voix un conte africain et sa soeur, déjà au lit, l'écoute avec un sourire béat sur le visage... "La coiffe de plume"! C'était une de leurs histoires préférées pendant des années, en ces temps bénits de la petite enfance où nous n'aurions manqué pour rien au monde l'histoire du soir! J'y prenais sûrement autant de plaisir qu'elles, essayant de moduler l'intonation, ponctuer de gestes les rebondissements de l'histoire, afin d'en souligner les effets dramaturgiques. Parfois, nous partagions la lecture des paragraphes. Et là, je la ré-entends de la bouche de ma grande petite-fille, à l'identique! Quel bonheur!

Histoires grand-mériennes

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15 ans après

7 Juillet 2021, 10:28am

Publié par Flora bis

   Le 7 juillet... Une date à part. Même si elle ne m'écrase plus de son importance démesurée, réveillant la douleur de façon aiguë, presqu'inattendue, elle reste une des dates décisives de ma vie dont je peux dire: il y a un "avant" et un "après"...  

   Une cicatrice qui verrouille à l'intérieur ce qui reste de cette douleur vive de l'instant... Aujourd'hui, l'incontournable recueillement m'invite à revenir 15 ans en arrière. J'ai toujours détesté, refusé l'injonction "travail de deuil", préférant dire "apprivoiser la douleur, l'absence". Raviver  ce jour torride de 7 juillet où, après une nuit épuisante de veille auprès d'un corps hésitant encore au seuil de la mort, vers 7 heures du matin, la voix de notre ami commun qui m'a tenu compagnie sur ce chemin effrayant, le rendant ainsi plus apaisé, me ramène soudain dans une réalité encore irréelle: "... c'est fini, il ne respire plus." Dans le brouillard des va-et-vient affairés de plusieurs personnes accourues qui me posent des questions, qui me demandent de prendre des décisions, de signer des papiers, je sens vaguement que je suis en train de franchir le seuil d'une autre vie. Au bout de 33 ans.

   Suis-je toujours prisonnière de ce passé comme certains le suggèrent?... C'est un fait que je "n'ai toujours pas fait le pas"  -  selon un ami psychologue  -  pour le laisser derrière moi. Il est à la fois une prison et un refuge.

"Yin et Yang", T.R., huile, années 90

"Yin et Yang", T.R., huile, années 90

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   Alors, montagnes russes ou voiturette?

28 Juin 2021, 17:59pm

Publié par Flora bis

   Dans 3 jours, nous serons en juillet. Les jours défilent à l'accéléré, et cela donne le tournis.  Pourtant, il ne se passe rien de significatif  -  ou alors, justement, c'est parce qu'il ne se passe rien d'exaltant. Il faut croire que j'ai encore des besoins d'exaltations dans ma vie... Qui l'eût cru?...

   Je m'aperçois que j'utilise assez souvent le mot "exaltant", en guise de synonyme de "galvanisant", "excitant", "enthousiasmant",  -  en un mot: stimulant. Ce n'est pas inconcevable; malgré l'apparente léthargie, on dirait que "la bête vit encore", du moins, elle entrouvre un oeil de temps en temps pour se persuader que la terre n'a pas cessé de tourner.

   Si nous prenons l'habitude de chercher la tranquillité, un rythme de vie sans secousses, nous finissons par sombrer dans un demi-sommeil, prélude à l'endormissement définitif dont il n'y aura pas de réveil... Le cerveau, le coeur s'engraissent dans leur inactivité prudente et, au lieu de nous préserver  -  mais pour quelle contrepartie? vivoter à petit feu, à l'économie, pour faire des centenaires momifiés vivants?  -  oui, à nous épargner des tremblements de terre, même minuscules, ils nous feront glisser imperceptiblement dans le sommeil éternel.

   De quelle exaltation s'agit-il? J'entends par là un état presque grisant où les sens sont en éveil, les idées fusent et une envie irrépressible de créer s'empare de vous... Cette sensation peut être provoquée par une rencontre, un spectacle, un voyage, une lecture, une conversation. Une chose semble sûre: cela se déclenche toujours de façon imprévue, sans attente ou préparation préalable. Bien au contraire: toute prévision la tue avant qu'elle ne puisse vous faire décoller du plancher des vaches!

   Alors, montagnes russes ou voiturette? La vie est une aventure exaltante et dangereuse qui, de toute façon, finit toujours mal, à en croire à Marcel Aymé.

(illustration: R.T. pastel 2015)

 

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