Le blog de Flora

Nous ne sommes pas à l'abri du meilleur!...

1 Janvier 2021, 14:44pm

Publié par Flora bis

   1er janvier 2021... Ouf, nous y sommes arrivés! Cela ne veut pas dire que le temps de la grande respiration est déjà là. Que nenni! Tout ce qui nous tracasse, tout ce qui nous emprisonne depuis presqu'un an, ne s'évanouira pas comme par enchantement, parce que nous avons tourné une page du calendrier!...

   Il y a des voix irréfléchies  -  ou les traiter plutôt d'incultes?  -  qui affirment bruyamment que nous avons vécu "l'année la plus horrible de l'histoire de l'humanité"... Consternant. Comment comparer les années de guerre, d'épidémie de peste, les grandes famines ou la grippe espagnole d'il y a un siècle demandant jusqu'à 50 millions de victimes? Comment les comparer avec notre confinement douillet, compensé, aménagé pour la majorité de la population? Etre privés de restaurant, de boîtes de nuit, de cinéma ou de salle de sport, de vacances exotiques : est-ce comparable avec des privations autrement plus douloureuses et éprouvantes? Parfois, remettre les choses à leurs justes proportions ne ferait pas de mal, à condition d'avoir un peu de réflexions.

"Cultivons notre jardin!"

   Certes, nous avons vécu une année pénible, avec des contraintes, des angoisses sourdes, des souffrances et des deuils. Pour ceux qui ont perdu un proche ou qui ont souffert de la maladie dans leur chair, peu importe s'ils font partie de 50 millions ou de quelques dizaines de milliers.

    Nous avons résisté, nous sommes toujours là. C'est notre victoire, modeste ou grandiose mais victoire quand-même. Nous avons résisté au virus invisible et sournois, à la dépression ambiante due à la solitude et au manque de perspectives claires. "Ce dont j'ai le plus peur, c'est la peur" pouvons-nous citer Montaigne, légèrement paraphrasé. Vaincre la peur, c'est déjà un pas vers la légèreté si désirée. Je citerais quelques lignes des paroles d'une chanson d'Yves Duteil (qui ne fait pas partie de mes idoles mais cette fois-ci, je suis en accord parfait avec ses mots):

Et même si le mal s'acharne à tout détruire
S'il conspire en silence en attendant son heure
Nous aurons beau tout faire pour nous garder du pire
On n'est jamais vraiment à l'abri du meilleur

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Esprit de fêtes

26 Décembre 2020, 18:39pm

Publié par Flora bis

   Les enfants sont repartis, la maison est de nouveau plongée dans le silence. Leur visite de presque trois jours est passée à la vitesse d'un éclair. Bien sûr, je n'ai pas pu respecter la distance prescrite, je les ai serrés dans mes bras autant de fois que possible: je devais recharger mes batteries d'urgence! Je ressemblais à un pot de fleur abandonné dans un coin sombre, sans arrosage, sans même un regard stimulant, et qui attendait les jours meilleurs... 

   Bien sûr, j'espère au plus vite mon tour pour me faire vacciner, sans trop comprendre les frileux qui ne veulent pas s'en saisir pour échapper enfin à la peur d'être happés par l'ennemi invisible. (D'autant plus que Katalin Karikó, la chercheuse à l'origine de ce processus innovant est une Hongroise qui a fait ses études au début des années 1980, dans la même université que moi... Il est vrai que faute de crédits, placardisée dans son institut de recherches, elle a émigré aux USA comme beaucoup d'autres, pour y trouver les conditions nécessaires à l'aboutissement de ses recherches...)

Noël... Rien ne pouvait m'empêcher de me réjouir de son ambiance particulier: ni la fatigue accumulée, ni le mal de dos tenace se moquant de tous les antalgiques, ni le temps qui filait à toute vitesse. Je pensais à l'instant présent qui nous réunissait encore, dans cette période dominée par toutes les incertitudes. Croire qu'il était possible de revêtir nos habits de fête, à intérieur aussi bien qu'à l'extérieur... Essayez comme c'est efficace: un brin de maquillage pour atténuer les cernes, quelques bijoux pour effacer le quotidien morne et gris, des vêtements sortis pour l'occasion et la solennité de l'instant naît par le sourire bienveillant que nous adressons aux autres. Pour les honorer et honorer le moment qui nous réunit. A condition d'y croire avec sincérité. Terriblement efficace, si les habits intérieurs sont authentiques, si nous allons vers les autres à la recherche de l'étincelle de bonté qui existe en chacun de nous, j'en suis convaincue, même si elle reste parfois cachée sous les couches de rancunes, d'incompréhensions et de méfiances... 

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Casse-tête du matin

14 Décembre 2020, 09:37am

Publié par Flora bis

   Après une courte nuit, je me lève, je descends l'escalier, les jambes encore mal assurées. Je balaye du regard la scène de ma vie, du moins celle où je passe mes heures les plus claires. Quelles "heures claires"?... Une fois de plus, le soleil ne se lève qu'à moitié, il reste emmitouflé dans son édredon de nuages sans montrer le bout de son nez de toute la journée.

Des objets partout, à foison. Leur présence me rassure et m'étouffe à la fois et je me mets à rêver d'une razzia bienfaisante à faire disparaître de ma vue au moins la moitié des envahisseurs !... Au lieu de cela, je ne cesse  -  et d'autres le font aussi pour moi, par pure gentillesse  -  d'augmenter leur nombre! Je suis attachée à eux, je voudrais les avoir sous la main ou sous les yeux, et, régulièrement, leur foisonnement m'oppresse. Comme je n'ose plus descendre dans la cave, ni emprunter d'autres escaliers les bras chargés, je tourne en rond, impuissante à régler le problème. Il ne me reste plus qu'à rêver des espaces épurés à la japonaise où l'esprit peut flâner librement, sans buter sans arrêt sur des souvenirs... J'ouvre les volets sur le jardin, puis sur la rue, tandis que l'eau se met à susurrer dans la bouilloire pour le café du matin qui me donnera le petit coup de fouet indispensable. Je m'installe avec ma tasse devant l'ordinateur et le monde s'élargit devant moi. Du moins, virtuellement. 

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Des tics et des tocs...

7 Décembre 2020, 19:34pm

Publié par Flora bis

   Il y a des étrangers qui apprennent le français à l'école, à la fac et d'autres qui l'apprennent "sur le tas", dans le bain vivant de la langue. Dans le premier cas, on s'initie à une langue châtiée, en étant confronté à d'innombrables règles grammaticales, linguistiques. Approche difficile qui, parfois, ne sert pas vraiment à demander son chemin dans le pays!... L'autre solution  -  que beaucoup d'immigrés connaissent  -  c'est d'être jeté dans le bain, d'absorber une langue comme une éponge. Ce deuxième abord très empirique permet de se débrouiller plus rapidement dans la vie de tous les jours, ignorant la plupart du temps les nuances et les règles de la langue que l'on essaye de conquérir.

   En ce qui me concerne, j'ai commencé par la première méthode, enrichie par la seconde en rencontrant mon futur mari. Je me souviens encore du sentiment douloureux de manquer parfois de mots pour exprimer ma pensée le plus justement possible. Ce souci de justesse ne me quittera jamais.

   Les hasards de la vie ont fait que le français est devenu non seulement mon métier mais aussi ma langue de tous les jours. Nous nous sommes adoptés mutuellement mais je suis consciente que cette adoption me demandera du travail jusqu'à la fin de ma vie... Un travail jamais ennuyeux et très enrichissant.

   Dans la vie quotidienne, j'ai souvent les oreilles écorchées par les incorrections commises par snobisme ou négligences que l'on inflige à cette belle langue française. Comme si certains n'étaient même pas conscients de ses richesses infinies, ils agitent les 500 mots de vocabulaire squelettique qu'ils possèdent. Depuis un moment, l'envie me pousse à faire un petit bouquet non exhaustif de ces tics envahissants qui se propagent par mimétisme comme une incendie de forêt en été. De quoi je me mêle? De quel droit oserais-je épingler les défauts de natifs chanceux qui absorbent leur langue maternelle avec le biberon? D'autant plus que j'ai trop conscience de mes propres faiblesses et fragilités.

"ça va le faire", "pas de souci", "du coup", "en fait", "j'ai envie de dire", "on va dire ça comme ça", "focus", "genre", "en mode..." etc, etc... Ce sont souvent des expression "bouche-trou" pour meubler la conversation.

  En général par snobisme, les anglicismes, américanismes envahissent l'espace de la communication, la "cyber-espace" du bureau. Certains s'enracinent, d'autres essaient de le faire même s'il y a l'équivalent en français. Les "brainstorming", "call-conf", "management" et autres "challenges" hésitant entre anglais et français dans la prononciation, alors qu'un simple "défi" serait plus court pour ce dernier... Mais le plus horripilant est ailleurs: des petits monstres nés ces derniers temps dans les cerveaux technocratiques, repris par les média serviles et par le grand public soucieux d'être "in".

   Commençons par l'adjectif "compliqué". Essayez de tendre l'oreille: combien de fois l'entendez-vous dans la journée et à toutes les sauces? Il remplace tous les synonymes, faisant fi aux nuances de la gravité qu'il voudrait préciser. Plus de place pour "difficile", "complexe", "pénible", "grave", "délicat" et beaucoup d'autres nuances qui sont balayées par le seul choix qui s'impose. L'autre paire de jumeaux monstrueux mis au monde par la Covid : "présentiel" et "distanciel". Ils prospèrent et se répandent comme une pandémie. Ils font pâlir leurs aînés : "On est sur une commode Restauration" dit le commissaire priseur imbu de sa science. "Suite à notre conversation d'hier..." au lieu de "A la suite de notre conversation"... semble prendre racine. Ne parlons même pas de "au niveau de..." ou pire encore, "niveau efficacité, on est (au) top"... Quand on ne sait plus comment relier les éléments du syntaxe...

   Pour ma part, je reste avec Erasme de Rotterdam qui a dit: " La maîtrise de la langue est primordiale. Sans elle, on ne peut maîtriser le monde."  Langage riche et limpide = pensée riche et limpide, ajouterais-je volontiers.

 

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Un jour essentiel

28 Novembre 2020, 12:23pm

Publié par Flora bis

   Dehors, soleil éclatant, pourtant trop bas pour pénétrer dans mon jardin. Il faut le mentionner, tant il est rare! Aussitôt, je sens mes énergies rachitiques se regonfler et je regrette de ne pas m'être levée tôt pour en profiter plus longtemps, à la place des heures nocturnes interminables à fuir mon lit...   

Jour très important : celui de l'anniversaire de mon fils! Je revis le départ précipité des amis réunis pour fêter l'anniversaire de Gilbert, son père, tandis que je saisis la petite valise préparé depuis plusieurs semaines pour partir vite à l'hôpital militaire français du quartier Napoléon (la gouvernance militaire des Alliés français de Berlin-Ouest), vers 19-20h... Où il est venu au monde le lendemain, vers 13 h, offrant ainsi à son père un jour d'anniversaire plein et non partagé.

   C'était hier. Pour moi, miracle toujours aussi incroyable, symbole de mon audace à vivre une vie de femme accomplie, geste de création suprême, sans doute aussi désir inconscient de prolonger la mienne en assumant la responsabilité de mettre au monde un petit être qui va devoir vivre la sienne. Il est vrai que c'était le milieu des années 1970 et l'avenir se promettait d'être plutôt radieux... Nous ne savions pas que le monde nous réservait quelques secousses assombrissant l'avenir de notre planète et que son père souffrait d'une maladie auto-immune... Depuis, la chaîne des générations s'est enrichie d'autres maillons, nous obligeant sans cesse de prendre conscience du temps qui passe, qui file à l'accéléré. Une chose reste inchangée: l'amour infini, viscéral et profond que je leur porte. 

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Bravitude

20 Novembre 2020, 12:00pm

Publié par Flora bis

"... même quand tu nous livres tes vagues à l'âme, cela me fait sourire car c'est la preuve que c'est bien toi derrière l'ordinateur."  (merci, chère Françoise)

  Depuis plusieurs jours, sous un ciel de plomb, j'attendais l'impulsion pour me remettre à écrire. Oui, écrire quelques chose, sans en avoir l'idée préconçue. Comme souvent. C'est un état proche de l'accouchement qui tarde à se déclencher (que j'ai déjà vécu "en vrai" avec mon fils qui se faisait attendre, il y a plus de 40 ans...): on éprouve une certaine impatience mêlée d'appréhension devant LA rencontre avec quelqu'un  (ou, en l'occurrence, quelque chose, dans le cas de l'écriture) qui vient du plus intime de vous, qui vous exprime et qui devient, en même temps, parfaitement autonome... Entre l'avant et l'après, il y a la mise au monde, moment difficile car on veut vivre pleinement cet instant de grande Vérité, un des trois plus importants de notre vie.

   Depuis plusieurs semaines, je me dis que je dois faire un effort, par ces temps de déprime généralisée, d'une année éprouvante qui nous tient dans l'étau des incertitudes, pour suggérer la bouffée d'espoir qui fait défaut... C'est presqu'une obligation morale de ne pas en rajouter une pelletée sur la tombe de l'insouciance, d'accrocher la bannière de l'espérance à la fenêtre de mon blog! Cela fait quelques années que j'ai gommé le mot "espoir" de mon vocabulaire... Pourtant, au siècle dernier, je me suis définie comme une incurable optimiste, contre vents et marées, que Gilbert traitait même d'inconsciente! Peu à peu, à force d'éprouver les coups du sort qui me faisait dégringoler du haut de mon enthousiasme au moment où j'en éprouvais la plénitude, je suis devenue méfiante. Se relever à chaque fois, c'est héroïque et admirable, certes, mais extrêmement usant... Ne vaut-il pas mieux, par pur réflexe de défense, avancer avec prudence, jetant des regards suspicieux en arrière, toujours prêt à esquiver les mauvais coups ou, du moins, leur faire face. Cette vie en veilleuse est tellement contraire à moi qu'elle n'a d'égale qu'à ma hantise de souffrir encore et encore... Je ne suis pas plus brave que ça, mes chers soeurs et frères en humanité! J'essaie, du moins, d'être honnête.

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La Toile...

11 Novembre 2020, 11:34am

Publié par Flora bis

   Hier matin, à la suite d'un mystérieux cafouillage, ma page Facebook s'est mise à se dérégler (plus familièrement, je dirais "déconner" car ce mot exprime mieux le désarroi et la colère que j'ai éprouvés). Ai-je fait un geste rapide et erroné qui me plonge habituellement dans des affres imprévisibles et souvent insurmontables? Piratage? Avec le danger d'attirer d'autres dans le piège! Peu à peu, tout se bloque, puis d'autres propositions suspectes apparaissent pour m'enfoncer encore plus dans la panique!... Personne autour de moi pour me tirer du mauvais pas. J'hésite à solliciter mon fils très pris par son travail. Je passe des heures à essayer de m'en dépêtrer... 

   La solution m'effleure: et si c'était un signe pour quitter définitivement les réseaux sociaux? On en dit tant de mal, de ce monstre qui enfle de jour en jour, non maîtrisable, contradictoire, soufflant tour à tour la haine dévastatrice et meurtrière et la chaleur amicale, vivifiante, les merveilles de la création humaine... Devenu totalement addictif, il tend à remplacer la vraie vie: pas besoin de se déplacer (interdit même!), le monde entier est à un clic! Les "j'aime" et "j'adore" agissent comme des bonbons de récompense, voire des "doudous" réconfortants pour notre ego malmené (selon les psychiatres, ils mobilisent les mêmes connexions neuronales du cerveau) qui mènent à l'addiction. 

famille hongroise, famille française...

   Vers 20 h, mon fils me rappelle enfin pour me sortir de l'ornière, en deux temps, trois mouvements.  Je replonge avec soulagement dans le bain anesthésiant... Ma solitude est de nouveau peuplée, les murmures incessants de la Toile qui ne dort jamais remplissent les sensations du vide, créé par l'absence de la "vraie vie", les caresses manquantes et les regards qui ne sauveront pas... 

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Besoin de légèreté

6 Novembre 2020, 16:57pm

Publié par Flora bis

   Une semaine de reconfinement. Notre vocabulaire n'arrête pas de s'enrichir, au gré du fameux virus qui lui-même ne ressemble pas aux autres, aux habituels. Il joue à cache-cache avec nous. Petit à petit, nous nous laissons ballotter par les circonstances, abandonnant les réactions de résistance, de protestation et nous entrons dans l'ère des automatismes sans repères. Résister, trépigner, protester par de vieux réflexes d'insoumission console sans doute certains: désobéir leur donne l'illusion d'exister, de préserver une plate-bande de liberté, hélas, imaginaire...

Ghardaïa, 1975

   Par bonheur, les élections présidentielles américaines nous distraient un peu des nouvelles anxiogènes et souvent contradictoires du front de la pandémie. Les agitations indignes et vulgaires du président sortant (espérons que ce sera une vraie sortie!) tour à tour nous lassent, nous inquiètent: nous avons tant besoin d'une bonne nouvelle! Notre vie est à nouveau privée des petits plaisirs du quotidien qui lui donnaient la saveur indispensable pour la rendre encore attrayante. Les chiffres psalmodiés quotidiennement nous flanquent une frousse toute simple, toute nue pour notre petite vie en déclin. Cela fait un bon moment que nous avons oublié la légèreté de l'existence où la nuit s'achevait sur une journée ensoleillée et insouciante. Oui, le soleil était permanent... du moins, dans ce coin bien caché, protégé de la mémoire où l'on stocke les souvenirs les plus précieux que l'on ne ressort que rarement, avec précaution pour ne pas les galvauder, chiffonner, à force de les revivre pour tenter de nous réparer...

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Résonance rare

30 Octobre 2020, 20:06pm

Publié par Flora bis

   Re-confinement, premier jour. Un petit goût du "déjà vu", sans l'excitation  -  ni la panique!  -  de la nouveauté. J'ai imprimé quelques attestations pour les jours à venir, ayant perdu l'habitude de sortir "en laisse". Voilà. Fallait-il crier sur tous les toits que, devenue pantouflarde, je remettais volontiers à plus tard mes sorties comme des corvées indispensables? A présent, je suis servie; du coup, je me sens frustrée de liberté! Je suis la contradiction personnifiée.

   

Ce qui manque surtout, ce sont des rencontres, sans masques, les échanges intéressants qui vous amènent en voyage... Sans masque, dans le sens propre et figuré. Le regard de l'autre vous incite à creuser plus loin dans les mystères de l'âme humaine, la vôtre et celle des autres. J'utilise le mot "âme" sans la connotation philosophico-religieuse, opposée au corps physique, matériel et destinée à lui survivre. Pour moi  -  mais c'est personnel et on n'est nullement obligé de me suivre!  -  elle est plutôt une "fonction", un "produit" du corps vivant et qui meurt avec lui... Son fonctionnement est insaisissable et c'est la raison de toute spéculation concernant sa survie après la mort. Cela console les mortels de savoir que leur disparition n'est pas définitive, qu'une parcelle même insaisissable de leur existence reste éternelle... Et bien, pour moi, quelques rencontres rares et précieuses, où les masques tombent, font ressentir l'essence de cette onde mystérieuse qui vous relie à un autre humain tel un fil invisible. Les échanges d'idées, d'émotions vous font toucher soudain un point essentiel pour votre existence, vous font découvrir quelque chose de fondamental que vous ignoriez jusqu'alors et la résonance des âmes se produit. Moment rare, fécond et indispensable.

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Quel sursis?...

22 Octobre 2020, 12:24pm

Publié par Flora bis

   Ca y est, gros soupir de soulagement, comme quelqu'un qui sort enfin la tête de sous l'eau!... J'ai présenté mon exposé hier soir, travail prévu pour début avril et ajourné à cause des contraintes sanitaires, puis les vacances d'été. Et moi, incurable procrastineuse, tant que je n'ai pas le couteau sous la gorge, je trouve mille prétextes pour remettre la tâche à plus tard, même celle qui m'intéresse... Je me contente d'y penser souvent, la "brodant dans ma tête"... Enfin, le niveau d'adrénaline monte assez haut pour me faire basculer dans une activité intense et durable, jusqu'à la finition du travail, quasi en apnée...

   Aussi loin que je me souvienne, cela se passait ainsi. Gagner du temps, le but était là. Ce sentiment de soulagement était très relatif, car au fond de ma conscience, le pavé faisait son poids. Je n'étais pas vraiment tranquille, loin de là, mais repousser les délais m'anesthésiait quelque peu. Oui, au lieu de m'attaquer à la tâche pour en être quitte et soulagée pour de bon, je faisais traîner la souffrance... Par un raisonnement tordu et inconscient, voulais-je m'assurer d'avoir du boulot jusqu'à un horizon que je pouvais repousser plus loin? Ou alors, retardais-je la chute du couperet du délai pour un sursis factice? Tout est possible, même les deux à la fois. La question du fond est: quel sursisgagner du temps dans quel but?  Là, je cherche encore la réponse. 

(image: Net)

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