Le blog de Flora

Famille, amis, années...

16 Octobre 2020, 11:58am

Publié par Flora bis

   Une bonne dizaine de jours sans revenir sur mon blog... Il est vrai qu'entre-temps, j'ai pris une année sur le compteur! Je commence seulement à retrouver mes jambes après le week end si agréable en famille : malgré le virus qui s'envole, je n'ai pas pu résister au plaisir de la proximité de mes enfants et petits-enfants, de la compagnie des parents de ma belle-fille, à l'avalanche d'attentions et de gentillesses à cette occasion (partagée avec Alice). 

 D'une réunion de famille, je retiens surtout l'effet stimulant pour moi: le mélange des générations indispensable pour ne pas sombrer dans le tunnel d'un quotidien solitaire. J'aime aussi la compagnie  des gens de mon âge "au repos" mais encore sollicités. Ils me sont très proches car ayant souvent une vision semblable de la vie (elle-même semblable), nous nous comprenons à demi-mot et, à notre âge, la rivalité de toute nature a perdu son pouvoir de nuire à la sincérité des relations... Nous savons qu'il ne faut pas perdre du temps pour taire par pudeur les mots d'affection, d'amitié car nous pouvons, à tout moment, manquer à jamais cette précieuse occasion.

   Mes enfants dans la force de l'âge, c'est sur eux que pèse l'essentiel des responsabilités, aussi bien en famille que dans la société. J'essaie de ne pas trop y ajouter. C'est aussi ma satisfaction personnelle de tâcher de me débrouiller encore tant bien que mal. Je sais (je l'ai vécu) le poids de l'angoisse que certains parents (surtout les mères, reconnaissons-le) administrent à compte-gouttes à leurs enfants, rien que dans le but de garder une place privilégiée dans leur vie, dans leur conscience. J'ai envie de les secouer: chacun est responsable de sa vie, ratée ou pas. Ce n'est pas aux enfants de l'assumer, de la réparer.

 

Voir les commentaires

Ambiance d'octobre sous la pluie...

5 Octobre 2020, 15:59pm

Publié par Flora bis

   Cette photo, je l'ai empruntée sur le Net, il y a plusieurs années. Je la garde sous les yeux, à la page d'accueil de mon ordinateur, au cas où j'aurais besoin d'encouragement pour trouver de la beauté dans la grisaille automnale, de la poésie dans une tasse de thé fumant à la lumière feutrée d'un abat-jour en soie... Tandis que dehors, les gouttes de la pluie tintinnabulent sur la table rouge de la terrasse,  inlassablement.

   Depuis le printemps, la météo (je dis "météo" sans d'autres convictions plus solides) nous gratifiait d'une abondance de soleil parfaitement inhabituelle sous nos latitudes. Comme si les décideurs célestes de notre sort avaient voulu adoucir l'épreuve du confinement, la privation de tendresse et d'amitié et la solitude aride par la clarté des jours de plus en plus longs. Après des mois de canicule, de sécheresse, d'arrosage et d'autres tentatives de sauvetage du jardin, nous avons accueilli les premières averses presque avec soulagement: les rosiers allaient ressusciter, la pelouse jaunie retrouverait sa vigueur. Nous sommes abondamment servis. A présent, une pause serait la bienvenue, juste en cadeau d'anniversaire...

   Bientôt une année de plus au compteur... Quelle importance?... Ce n'est pas le jour J qui nous fera vieillir mais tous les autres qui s'écouleront entre les deux dates. J'essaie de retenir l'instant, le présent si insaisissable... la tasse de thé et sa légère amertume et le petit gâteau suave qui fond dans la bouche... 

   

Voir les commentaires

Leonardo - de près...

27 Septembre 2020, 12:03pm

Publié par Flora bis

   Hier, en fin d'après-midi, bravant les bourrasques et les 9° hostiles, je suis allée au cinéma avec une amie. Quelle bonne idée elle a eue! Dans la grande salle  -  2e semaine!  -  nous étions 5 spectateurs... La distance physique sanitaire a été amplement respectée.

   Nous sommes allées voir le film tourné à l'exposition du Louvre des oeuvres de Leonardo da Vinci. "En nocturne", dans l'intimité presque totale avec le maître prodigieux de la Renaissance, "l'uomo universale" inventeur infatigable dans tous les domaines. Nos deux guides très compétents savaient au besoin rester discrets et nous pouvions approcher, à l'aide de la caméra, les oeuvres rarement ou jamais vues, les innombrables dessins des carnets remplis de notes au moindre centimètre carré (j'ai souris intérieurement à mes 7 cahiers remplis à ras bord, sans la plus petite marge, de vide  -  que l'on me pardonne cette comparaison extrêmement audacieuse!) 

   Comme d'habitude, j'ai été sensible au clair/obscur, au contours effacés, au "sfumato" mystérieux obtenu par la superposition des couches légères qui donnent cette impression de vibration secrète... Mais par-dessus tout, cette fois encore, ce sont ses dessins préparateurs aux tableaux ou simples croquis de l'artiste génial dont les mains ne restaient jamais inoccupées, prolongements naturels de l'observation sans repos de la vie, qui me donnaient le frisson de plaisir toujours renouvelé, inextinguible. 

Voir les commentaires

Michael Lonsdale

22 Septembre 2020, 10:53am

Publié par Flora bis

   

   Michael Lonsdale vient de mourir à 89 ans. En pensant à lui, l'image du frère Luc, le moine de Tibhirine me vient immédiatement à l'esprit. Il a tourné dans beaucoup de films, des rôles caméléon,  impressionnants, véridiques, mais sous les costumes changeants, le personnage secret, observateur serein qu'il était aussi dans la vie, se laissait deviner.

   Selon un extrait du célèbre "Divan" de Chapuis, il était un boulimique de travail. J'ai noté quelques phrases de cet entretien, phrases qui trouvent un fort écho en moi:

"Le travail bien fait donne envie de continuer. La fatigue ne vient qu'à partir du moment que l'on fait des choses qui ne sont pas bonnes. Le bon travail redonne la force pour continuer. (...)

(...) Je m'adapte partout et je fais en sorte de prendre la couleur de l'endroit où je suis, pour ne pas être dépaysé. Il ne me faut pas être à un certain endroit pour être heureux. Le bonheur pour moi est de m'adapter aux personnes que je rencontre et aux situations et lieux où je suis. Et d'être observateur et heureux partout car il y a à observer et à apprendre dans tous les endroits du monde."

Voir les commentaires

Encore l'été...

15 Septembre 2020, 11:29am

Publié par Flora bis

   L'été est de retour, avec 30° et plus, même dans le Nord. Moi qui n'en ai jamais assez, je suis contente de ce petit supplément de bonheur illusoire. Un avant-goût du "Vénasszonyok nyara"  -  "été des vieilles" dit le hongrois qui, au 19 s. ignorait le politiquement correct. De nos jours, il se rattrape et succombe à "l'été indien" comme la plupart des pays.

   Ce n'est pas encore la vraie saison douce qui débute fin de septembre et dure jusqu'à mi-octobre. Des matins brumeux et frais se réchauffent au soleil pâlissant et, sur les toiles d'araignées, des gouttes de rosée tremblent dans les rayons parcimonieux. Les après-midi clémentes, les vieilles s'installent sur les bancs devant les maisons pour une causette, pour réchauffer un peu leurs vieux os et articulations grinçantes, pour emmagasiner un brin de chaleur vivifiante pour les mois d'hiver, afin qu'elle les préserve jusqu'au printemps prochain...

  Tout cela n'est que des réminiscences de mon enfance... Là où j'habite, une avenue encombrée de voitures en stationnement, d'autres vrombissant dans les deux sens pour gagner quelques décamètres entre deux feux rouges, point de bancs devant les maisons... Les vieilles se cloîtrent dans leurs jardins de derrière les murs, les plus âgées deviennent peu à peu invisibles. Sauf une. Elle habite en face, elle a 95 ans. Elle a du mal à marcher mais elle tient à rester chez elle. L'autre jour, je l'ai vue dans sa porte, sur une chaise placée dans l'ouverture. Elle prenait l'air chargé des gaz d'échappement des voitures, de la poussière de la rue, mais elle humait la vie en mouvement...

 

Voir les commentaires

Rentrée à pas de charge

7 Septembre 2020, 18:19pm

Publié par Flora bis

   Une semaine de plus sur la montagne russe de mon été 2020. Drôle d'impression de vouloir me poser et d'avoir le sentiment qu'il est impossible d'arrêter le manège. Moi qui ai tant aimé les changements, les surprises improvisées, je mesure le poids et l'envie de la lenteur, voire de l'immobilité... Oui, me poser pour me réparer jusqu'à ce que le désir de bouger se réveille de nouveau.

  Les deux petites semaines de repos en Hongrie, entourée de la gentillesse des enfants m'ont offert le loisir de me remettre de la lessiveuse de la canicule française. Si la secousse de ma chute a un peu perturbé cette quiétude, mon retour en France l'a complètement effacée: je mesure le poids de ce qu'on appelle "charge mentale" que j'ai pu mettre de côté avec bonheur pendant mon séjour en Hongrie. La vie quotidienne est de retour et je le prends de plein fouet avec les factures à régler, le courrier en retard, les courses pour remplir le frigo vide, les coups de fil à donner, les RDV et les réunions à organiser. Mon rythme stressé, mes nuits raccourcies se sont réinstallés dès mon retour  et me font penser avec nostalgie aux matins hongrois ensoleillés en compagnie de mes petites-filles: on se couchait plus tôt pour se réveiller plus tôt et mieux profiter ainsi du temps devant nous qui semblait plus généreux...

   La première semaine a apporté un week end agréable avec le retour des enfants pour fêter les anniversaires de ma belle-fille et de sa maman, avec deux repas en famille, le bonheur des retrouvailles, autant de pansements sur les coeurs fatigués.

Anniversaires, mère et fille...

 

   

Voir les commentaires

Début de séjour prometteur

30 Août 2020, 20:30pm

Publié par Flora bis

   Je suis de retour après de courtes vacances en Hongrie. J'y suis allée à reculons, lessivée par une canicule désormais habituelle dans le Nord de la France et qui me fait craindre d'autant plus celle de mon pays natal.

    Finalement, pendant les 2 petites semaines que j'ai passées là-bas, la fin de saison a été plutôt moins torride que je ne le craignais. J'aurais même pu sortir, me promener plus que l'an passé si la fatalité ne m'avait pas barré la route: une chute lourde dans la rue, à cause d'un petit défaut dans l'asphalte du trottoir. Une seconde d'inattention... Mon ange gardien a rappliqué à tir d'ailes et son intervention in extremis a empêché la fracture de ma jambe gauche (toujours la même!)... Genou et cheville gonflés et très amochés mais je marche, lentement et claudiquant mais je marche.

    J'étais en route chez ma belle-soeur, veuve de mon frère quand mon regard s'est égaré un instant sur l'enseigne d'une boutique fermée... Ma distraction a été instantanément sanctionnée: j'ai vécu la chute, pourtant très rapide, comme un film au ralenti, en gémissant plus de désespoir que de douleur (aux premiers instants, on est anesthésié, paraît-il, par une montée d'adrénaline) à l'idée de la répétition fatale de mes chutes et de l'incapacité désormais de me relever sans aide. Mon sauveur est apparu en la personne du propriétaire de la boutique qui avait entendu mes gémissements et avec l'aide de sa femme, ils m'ont remise debout. Sa femme m'a même déposée chez ma belle-soeur avec sa voiture.

   Je suis donc arrivée à temps pour le repas familial, en offrant même sa principale attraction du début car à peu près 12 "médecins" m'entouraient, chacun avec ses conseils et remèdes, versant sur la plaie sanguinolente toute sorte de désinfectants prometteurs! Ça va mieux.

petit train touristique de Gyula

petit train touristique de Gyula

Voir les commentaires

La fleur au fusil

15 Août 2020, 17:32pm

Publié par Flora bis

"Mimétisme" Rozsa T. encre, 1998

   Les tourterelles s'en donnent à coeur joie dans le prunier géant des voisins. Il fait très lourd, nuageux et tiède... La chaleur n'arrive pas à quitter la maison, les murs centenaires exhalent 27° dans la pièce la plus fraîche  -  que dire alors des autres, les plus chaudes?... Encore une nuit torride qui m'attend, me dis-je avec lassitude, avec un sourire évanescent pour mes jeunes années... J'en suis bien loin, soupirant uniquement après une brise nocturne qui me permettrait de dormir un peu....

   Faut-il remuer les dames fragiles et vieillissantes, afin de les empêcher de s'engourdir, de renoncer peu à peu à s'échapper de leur nid douillet?... A quoi aspirent-elles? "... traverser la solitude et la difficulté, l'isolement et le silence pour atteindre l'endroit où nous pouvons danser notre danse maladroite et chanter notre chanson douloureuse."  (Pablo Neruda) Les psychologues et les différents coachs sont en désaccord avec le poète chilien: bien vieillir devient un devoir impérieux, dans votre intérêt, mesdames et messieurs! Pour préserver une bonne santé, bougez, mangez léger, dormez beaucoup et à la bonne heure, riez au moins 1 heure par jour, intéressez-vous à vos proches et voisins, soyez créatifs en jardinant, tricotant ou vous initiant à l'aquarelle! Encore mieux ou en plus: faites de la danse country, du théâtre ou du taï chi, pour conserver ou atteindre un peu de souplesse de vos muscles ou de vos méninges, afin de rester jeunes le plus longtemps possible! Que l'on vous donne 10-15 ans de moins et surtout pas votre âge! Vous devez servir d'exemples aux générations plus jeunes: le chemin vers la disparition finale et sans appel n'est pas si effrayant, voyez-vous, jeunes gens, on y va en souriant et la fleur au fusil!...

   

Voir les commentaires

Début de canicule

6 Août 2020, 17:22pm

Publié par Flora bis

   La canicule promise depuis plusieurs jours est arrivée, il fait 34° ici, dans le Nord et on nous fait miroiter jusqu'à 37°- 38° pour le week end prochain... Je me réfugie dans la relative fraîcheur de la vieille maison, derrière les fenêtres closes et les volets baissés. Avec les années, on devient une petite chose fragile, à préserver, qu'il faut arroser de temps en temps, car elle ne sent même pas la soif...

   La seule soif que je ressens, c'est celle des mots... Je viens de lire un témoignage au sujet d'un poète hongrois, d'un talent instinctif mais terriblement nonchalant concernant ses créations... Souvent, il ne prenait même pas la peine de noter ses poèmes qui n'existaient que dans sa tête et s'évanouissaient de sa mémoire au fur et à mesure... Ses épouses admiratives (car il s'est marié plusieurs fois, pour les tromper sans limites, irrésistiblement), ont bien essayé de lui imposer un minimum de discipline créative: en vain. Il créait comme il respirait, sans effort, avec génie. Qui sait si avec un peu plus de sérieux, de travail et de profondeur, ne nous aurait-il pas laissée une oeuvre majeure?... Il est mort à 53 ans, d'une crise cardiaque, tirant sa révérence sur une vie  -  et une oeuvre  -  inachevée, à peine esquissée...

"Sans travail, le talent n'est qu'un feu d'artifice: ça éblouit un instant, mais il n'en reste rien." écrit Roger Martin du Gard dans Les ThibaultLe génie ne suffit probablement pas. Il faut du travail. Certains prétendent même: 95% de travail et 5% d'inspiration... Difficile de jauger: comment préserver l'apparente légèreté du génie pour ne pas en faire un besogneux...

Voir les commentaires

Retenir le temps présent

28 Juillet 2020, 10:48am

Publié par Flora bis

   Nous sommes à peu près au milieu de l'été et pourtant, je commence le compte à rebours... Je m'en veux, j'aimerais me débarrasser de ce sentiment oppressant qui m'interdit de profiter de l'instant présent. RETENIR le temps, arrêter l'écoulement impitoyable de ce sablier mental qui tourne dans ma tête depuis si longtemps!...

Le jardin est beau et épanoui, l'étau desserré permet quelques rencontres indispensables pour se sentir vivant au lieu d'être suspendu dans un vide sans perspectives. Cependant, comme sous une épée de Damoclès, je reste prisonnière de l'incertitude. 

   Je me souviens de mes jeunes années sous un régime communiste, en Hongrie. Loin de moi l'envie de le ressusciter mais je dois avouer que c'était la dernière fois que je ressentais un état sans angoisse, avec, devant moi, l'image (ou "mirage"?) d'un avenir insouciant, pour ne pas dire confiance indolente... Nonchalance de la jeunesse? Bonheur des ignorants? J'ai terminé mes études, la vie professionnelle tracée s'ouvrait devant moi (non sans difficultés matérielles). A l'instar de la plupart des Hongrois, je n'étais pas dupe du discours officiel et savais lire entre les lignes. Et pourtant, j'ai connu les véritables angoisses de l'avenir en quittant le cocon exigu et restreint pour la liberté... "Va comprendre, Charles!..."

    

Voir les commentaires