15 ans après
Le 7 juillet... Une date à part. Même si elle ne m'écrase plus de son importance démesurée, réveillant la douleur de façon aiguë, presqu'inattendue, elle reste une des dates décisives de ma vie dont je peux dire: il y a un "avant" et un "après"...
Une cicatrice qui verrouille à l'intérieur ce qui reste de cette douleur vive de l'instant... Aujourd'hui, l'incontournable recueillement m'invite à revenir 15 ans en arrière. J'ai toujours détesté, refusé l'injonction "travail de deuil", préférant dire "apprivoiser la douleur, l'absence". Raviver ce jour torride de 7 juillet où, après une nuit épuisante de veille auprès d'un corps hésitant encore au seuil de la mort, vers 7 heures du matin, la voix de notre ami commun qui m'a tenu compagnie sur ce chemin effrayant, le rendant ainsi plus apaisé, me ramène soudain dans une réalité encore irréelle: "... c'est fini, il ne respire plus." Dans le brouillard des va-et-vient affairés de plusieurs personnes accourues qui me posent des questions, qui me demandent de prendre des décisions, de signer des papiers, je sens vaguement que je suis en train de franchir le seuil d'une autre vie. Au bout de 33 ans.
Suis-je toujours prisonnière de ce passé comme certains le suggèrent?... C'est un fait que je "n'ai toujours pas fait le pas" - selon un ami psychologue - pour le laisser derrière moi. Il est à la fois une prison et un refuge.
/image%2F0554474%2F20210707%2Fob_4b92ff_yin-et-yang.jpg)