Le blog de Flora
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Début de séjour prometteur

30 Août 2020, 20:30pm

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Publié par Flora bis

   Je suis de retour après de courtes vacances en Hongrie. J'y suis allée à reculons, lessivée par une canicule désormais habituelle dans le Nord de la France et qui me fait craindre d'autant plus celle de mon pays natal.

    Finalement, pendant les 2 petites semaines que j'ai passées là-bas, la fin de saison a été plutôt moins torride que je ne le craignais. J'aurais même pu sortir, me promener plus que l'an passé si la fatalité ne m'avait pas barré la route: une chute lourde dans la rue, à cause d'un petit défaut dans l'asphalte du trottoir. Une seconde d'inattention... Mon ange gardien a rappliqué à tir d'ailes et son intervention in extremis a empêché la fracture de ma jambe gauche (toujours la même!)... Genou et cheville gonflés et très amochés mais je marche, lentement et claudiquant mais je marche.

    J'étais en route chez ma belle-soeur, veuve de mon frère quand mon regard s'est égaré un instant sur l'enseigne d'une boutique fermée... Ma distraction a été instantanément sanctionnée: j'ai vécu la chute, pourtant très rapide, comme un film au ralenti, en gémissant plus de désespoir que de douleur (aux premiers instants, on est anesthésié, paraît-il, par une montée d'adrénaline) à l'idée de la répétition fatale de mes chutes et de l'incapacité désormais de me relever sans aide. Mon sauveur est apparu en la personne du propriétaire de la boutique qui avait entendu mes gémissements et avec l'aide de sa femme, ils m'ont remise debout. Sa femme m'a même déposée chez ma belle-soeur avec sa voiture.

   Je suis donc arrivée à temps pour le repas familial, en offrant même sa principale attraction du début car à peu près 12 "médecins" m'entouraient, chacun avec ses conseils et remèdes, versant sur la plaie sanguinolente toute sorte de désinfectants prometteurs! Ça va mieux.

petit train touristique de Gyula

petit train touristique de Gyula

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La fleur au fusil

15 Août 2020, 17:32pm

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Publié par Flora bis

"Mimétisme" Rozsa T. encre, 1998

   Les tourterelles s'en donnent à coeur joie dans le prunier géant des voisins. Il fait très lourd, nuageux et tiède... La chaleur n'arrive pas à quitter la maison, les murs centenaires exhalent 27° dans la pièce la plus fraîche  -  que dire alors des autres, les plus chaudes?... Encore une nuit torride qui m'attend, me dis-je avec lassitude, avec un sourire évanescent pour mes jeunes années... J'en suis bien loin, soupirant uniquement après une brise nocturne qui me permettrait de dormir un peu....

   Faut-il remuer les dames fragiles et vieillissantes, afin de les empêcher de s'engourdir, de renoncer peu à peu à s'échapper de leur nid douillet?... A quoi aspirent-elles? "... traverser la solitude et la difficulté, l'isolement et le silence pour atteindre l'endroit où nous pouvons danser notre danse maladroite et chanter notre chanson douloureuse."  (Pablo Neruda) Les psychologues et les différents coachs sont en désaccord avec le poète chilien: bien vieillir devient un devoir impérieux, dans votre intérêt, mesdames et messieurs! Pour préserver une bonne santé, bougez, mangez léger, dormez beaucoup et à la bonne heure, riez au moins 1 heure par jour, intéressez-vous à vos proches et voisins, soyez créatifs en jardinant, tricotant ou vous initiant à l'aquarelle! Encore mieux ou en plus: faites de la danse country, du théâtre ou du taï chi, pour conserver ou atteindre un peu de souplesse de vos muscles ou de vos méninges, afin de rester jeunes le plus longtemps possible! Que l'on vous donne 10-15 ans de moins et surtout pas votre âge! Vous devez servir d'exemples aux générations plus jeunes: le chemin vers la disparition finale et sans appel n'est pas si effrayant, voyez-vous, jeunes gens, on y va en souriant et la fleur au fusil!...

   

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Début de canicule

6 Août 2020, 17:22pm

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Publié par Flora bis

   La canicule promise depuis plusieurs jours est arrivée, il fait 34° ici, dans le Nord et on nous fait miroiter jusqu'à 37°- 38° pour le week end prochain... Je me réfugie dans la relative fraîcheur de la vieille maison, derrière les fenêtres closes et les volets baissés. Avec les années, on devient une petite chose fragile, à préserver, qu'il faut arroser de temps en temps, car elle ne sent même pas la soif...

   La seule soif que je ressens, c'est celle des mots... Je viens de lire un témoignage au sujet d'un poète hongrois, d'un talent instinctif mais terriblement nonchalant concernant ses créations... Souvent, il ne prenait même pas la peine de noter ses poèmes qui n'existaient que dans sa tête et s'évanouissaient de sa mémoire au fur et à mesure... Ses épouses admiratives (car il s'est marié plusieurs fois, pour les tromper sans limites, irrésistiblement), ont bien essayé de lui imposer un minimum de discipline créative: en vain. Il créait comme il respirait, sans effort, avec génie. Qui sait si avec un peu plus de sérieux, de travail et de profondeur, ne nous aurait-il pas laissée une oeuvre majeure?... Il est mort à 53 ans, d'une crise cardiaque, tirant sa révérence sur une vie  -  et une oeuvre  -  inachevée, à peine esquissée...

"Sans travail, le talent n'est qu'un feu d'artifice: ça éblouit un instant, mais il n'en reste rien." écrit Roger Martin du Gard dans Les Thibault. Le génie ne suffit probablement pas. Il faut du travail. Certains prétendent même: 95% de travail et 5% d'inspiration... Difficile de jauger: comment préserver l'apparente légèreté du génie pour ne pas en faire un besogneux...

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Retenir le temps présent

28 Juillet 2020, 10:48am

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Publié par Flora bis

   Nous sommes à peu près au milieu de l'été et pourtant, je commence le compte à rebours... Je m'en veux, j'aimerais me débarrasser de ce sentiment oppressant qui m'interdit de profiter de l'instant présent. RETENIR le temps, arrêter l'écoulement impitoyable de ce sablier mental qui tourne dans ma tête depuis si longtemps!...

Le jardin est beau et épanoui, l'étau desserré permet quelques rencontres indispensables pour se sentir vivant au lieu d'être suspendu dans un vide sans perspectives. Cependant, comme sous une épée de Damoclès, je reste prisonnière de l'incertitude. 

   Je me souviens de mes jeunes années sous un régime communiste, en Hongrie. Loin de moi l'envie de le ressusciter mais je dois avouer que c'était la dernière fois que je ressentais un état sans angoisse, avec, devant moi, l'image (ou "mirage"?) d'un avenir insouciant, pour ne pas dire confiance indolente... Nonchalance de la jeunesse? Bonheur des ignorants? J'ai terminé mes études, la vie professionnelle tracée s'ouvrait devant moi (non sans difficultés matérielles). A l'instar de la plupart des Hongrois, je n'étais pas dupe du discours officiel et savais lire entre les lignes. Et pourtant, j'ai connu les véritables angoisses de l'avenir en quittant le cocon exigu et restreint pour la liberté... "Va comprendre, Charles!..."

    

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Tout-venant

14 Juillet 2020, 17:42pm

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Publié par Flora bis

   Les maniaques des blocs-notes, des agendas, des cahiers de toute taille me comprendront. Moi-même, j'en possède un certain nombre (offerts ou choisis), destinés à des tâches différentes: un petit dans le sac à main pour meubler des attentes imposées, épisodiques, dans les salles d'attente médicales, trajets en train ou en avion, pour laisser des traces des ambiances que je pourrais ressusciter plus tard, intactes; d'autres, plus grands, pour mes "journaux de bord", afin de consigner jour après jour, le temps qui s'enfuit.

   J'en ai un troisième, sous le coude, à mon bureau, près de l'ordinateur: il s'appelle "Zap Book, 100% recycled", 320 pages sans lignes ni carreaux, reliées à spirale, couverture vert vif. J'étais contente de ma trouvaille, de son papier grisâtre recyclé, de son épaisseur qui me promettait quelques années d'usage. Sa destination est spéciale et indispensable: "cahier pour le tout-venant" l'ai-je baptisé presqu'aussitôt. Ce nom m'a réjouie: cela veut dire  -  Liberté! Je peux noter des choses comme elles viennent, comme elles passent dans ma vie, dans ma tête, sans prédestination, sans organisation, sans autre but que de les retrouver plus tard, au hasard, en musardant parmi les pages... Cette joyeuse anarchie sans contrainte permet de fixer les choses importantes  au moment précis où elles passent car elle fixe surtout la couleur du moment.

   Petit échantillon pèle-mêle, au fil des pages, en français ou en hongrois, dans un fouillis jouissif: quelques astuces de l'utilisation du vinaigre blanc ou de la coquille d'oeuf concassée; esquisse d'un projet de roman; citations sur le désir; la recette de la Génoise et celle de la fameuse soupe aux carottes et au gingembre d'Evelyne; de la correspondance de Kafka et de Milena; étude du style de L. Slimani et de la peinture d'Alechinsky; compte des points d'une partie de Whist familiale;  archétypes de Mères; citations sur le silence... Etc... etc...

Mon jardin "fouillis"...

 

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Sous les "Soleils noirs" du Louvre-Lens

4 Juillet 2020, 19:06pm

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Publié par Flora bis

"J'ai tout donné au soleil

Tout sauf mon ombre"

(Guillaume Apollinaire, "Fiançailles" in Alcools, 1913) 

   Une belle exposition se préparait pour le 25 mars dernier au musée du Louvre-Lens, à 1 h de voiture de chez moi. L'épidémie et le confinement ont repoussé son ouverture jusqu'au début du juillet. Nous l'avons visitée hier avec trois de mes amies.

   Le noir est-il une couleur? Est-il l'absence des couleurs ou leur somme, à la manière d'un trou noir glouton qui les aurait toutes avalées? En tout cas, les 150 oeuvres prestigieuses exposées illustrent que les artistes s'y intéressent depuis des siècles.

   Les images me reviennent sans cesse: la nuit et ses monstres effrayantes... Celle, éternelle, de la mort et du deuil. Le noir et le sacré, les "vanités" qui nous invitent à nous pencher sur l'inéluctable, à y réfléchir afin de rendre notre vie plus digne et plus sage, voire à en profiter mieux... La pénombre et l'obscurité, destinées à mettre en valeur la lumière car elles ne peuvent exister l'une sans l'autre, ni sans la tension dramatique de leurs contrastes... La solennité luxueuse des portraits du 17e - 18e siècles, aux tissus noirs très rares et très coûteux que seuls les puissants pouvaient s'offrir... Le romantisme tourmenté du 19e siècle nous conduit vers la révolution industrielle; le charbon qui était au fondement de la richesse et de l'identité de notre région (le musée même repose sur un ancien terril plat). Les mines sont fermées mais la mémoire des "gueules noires" est vive.  L'exposition leur rend hommage avec, entre autres, une série de très belles photos en noir/blanc.

   Au 20e siècle, avec Malévitch, Hantai, Soulages, le noir devient une couleur à part entière, magistrale, riche et mobile. Les surfaces noires irrégulières accrochent et reflètent la lumière et les formes se mettent à vivre: elles changent en fonction du déplacement du spectateur devant la toile.

   Pourquoi "Soleils Noirs"? Pour moi, cet oxymore qui associe le drame, le deuil, la tristesse au soleil, nous conduit, par la force expressive de l'art, à leur sublimation éclatante.

 

Sous les "Soleils noirs" du Louvre-LensSous les "Soleils noirs" du Louvre-Lens
Sous les "Soleils noirs" du Louvre-Lens
Sous les "Soleils noirs" du Louvre-LensSous les "Soleils noirs" du Louvre-Lens

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Toast pour un douzième anniversaire

29 Juin 2020, 17:10pm

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Publié par Flora bis

  La blogosphère a plus ou moins 30 ans d'existence, si l'on compte l'apparition des premiers blogs embryonnaires au début des années 1990. Certains prétendent qu'elle est moribonde. Les Snapchat, twitter, WhatsApp, YouTube, Instagram et autre TikTok (non exhaustifs) sont en concurrence agressive, surtout chez les jeunes. Même Facebook devient tout doucement le jouet des papi et mamie, étant donné que la plupart des jeunes évitent les textes de plus de 10 lignes (voire encore moins), demandant de l'image, du son, du plaisir instantané, et surtout: SANS EFFORT! Je me sens d'une autre époque, non sans observer avec curiosité les générations suivantes.

   Quant à moi, je n'arrive pas à abandonner mon blog âgé de 12 ans! Malgré l'écho relativement modeste, voire inexistant (j'ajoute sa publication sur Facebook, pour élargir sa visibilité), je tiens à cet exercice d'écriture régulier, à ce remède miracle des mots. Il fait partie de ma vie, il est né peu après ma graphomanie qui questionnait ma solitude. Il testait mon français, souvent maladroit, récalcitrant à exprimer mes intentions avec justesse, tout en baignant dans la boulimie des mots des écrivaillons débutants. 

   Il a changé avec le temps, devenant de plus en plus intime: journal de bord pour mises au point sur mon chemin de Compostelle, figures libres qui servent de repères à cette vie qui, insaisissable, fuirait dans tous les sens...

 

 

 

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Trauma

24 Juin 2020, 16:37pm

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Publié par Flora bis

    Il a suffi d'un instant pour qu'une tempête d'émotion s'abatte sur moi. Je tremblais, couverte de sueur froide, la respiration saccadée. Je me suis réfugiée dans la cuisine pour tenter de retrouver un peu d'air et de contenance.

   Quel était donc ce choc qui m'a coupé le souffle?... Rien de grave. On peut même considérer qu'un événement aussi minuscule passe inaperçu et que son effet sur moi frise le ridicule! N'empêche que le malaise est bien réel et qu'il se reproduit à chaque fois pour les mêmes raisons... Je cherche ses origines lointaines dans mon enfance.

   A l'époque très éloignée où télé, tablettes, smartphones n'existaient même pas dans nos rêves, nous vivions à la campagne, dans une grande proximité avec la nature. J'observais de près le monde en mouvement perpétuel des sauterelles et des fourmis dans l'herbe, les animaux autour de nous, assistant à la naissance des petits cochons roses, des poussins dorés et soyeux et même des veaux à l'équilibre au début incertain... J'attrapais de petits serpents, des araignées, des grenouilles à main nue, sans l'ombre d'une crainte ni de dégoût... tant qu'ils étaient vivants! Mais leurs cadavres m'inspiraient le plus profond effroi.

   Hier après-midi, je suis allée dans mon jardin pour étendre le linge. Derrière le petit érable du Japon, j'ai failli marcher sur le cadavre d'un oiseau, étendu dans l'herbe, probablement étranglé par un des nombreux chats du voisinage. J'ai tout jeté par terre et me suis enfermée dans la maison pour appeler à l'aide...

   Voilà pourquoi je refuse d'avoir un animal de compagnie que tous me conseillent avec insistance. Je sais qu'un moment, je serais obligée de faire face à cette image de dépouille désespérément vide, à l'abandon extraordinaire, implacable et sans appel. 

Trauma

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De l'intuition. Que dit la fameuse petite voix?

16 Juin 2020, 16:55pm

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Publié par Flora bis

   Je viens de regarder une série de témoignages relatant des pressentiments intuitifs étranges et irrésistibles. Parmi les participants, il y en a qui évoquaient, en guise d'explications, des anges gardiens ou des signes, des réponses de l'Univers (ou de Dieu) qu'ils auraient sollicités. Un monsieur fort savant et très peu enclin à l'ésotérisme, psychologue clinicien, participait à l'échange, afin de donner des explications scientifiques.

   Il y a quelques années, j'ai moi-même exploré un peu le sujet de l'intuition, sous forme d'un exposé. C'était passionnant!

   Il n'y a pas de place ici pour faire le tour du sujet. En gros  -  et dans un dé à coudre  -  l'intuition est opposée au raisonnement, à la déduction. Tandis que l'une (l'intuition) sollicite l'hémisphère droit du cerveau, l'autre (le raisonnement) met à contribution le gauche. 

    Pour user d’une image créée par la béotienne que je suis dans le domaine scientifique, j’imagine le parcours fulgurant de la pensée intuitive comme un contact neuronal ultrarapide, court-circuitant le cortex et ses réseaux de la pensée logique et déductive. Elle nous arrive comme une évidence, faisant peut-être appel à une mémoire lointaine, voire même archaïque. Notre psychologue parle de "miroir émotionnel" car cet état intuitif fulgurant est accompagné généralement d'une grande charge émotionnelle.

   Je me souviens de quelques moments très importants dans ma vie où cet état m'est tombé dessus, souvent devant des choix cruciaux. La fameuse "petite voix intime" qui chuchote son conseil à votre oreille: "Vas-y, fonce!" ou au contraire: "N'y va pas, danger imminent!", je l'ai écoutée, la plupart du temps. Une seule fois je lui ai désobéi. J'en assume les conséquences, bonnes ou mauvaises. L'enfer ou le paradis. La vie, quoi.


 

 

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Fête des Mères 2020

8 Juin 2020, 11:02am

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Publié par Flora bis

   Le ciel est maussade, sur la table de la terrasse les quelques gouttes de pluie n'ont pas encore séché. Le radiateur imposant de la cuisine reste tiède. Mais les traces joyeuses et mouvementées du week end ont disparu, pour survivre avec d'autant plus de vivacité dans ma mémoire. Il suffit de fermer les yeux sur le calme immobile, et les oreilles sur le silence envahissant.

   Pour la Fête des Mères, les décideurs ont libéré les élans de l'amour, pour transformer les aspirations virtuelles en réalité palpable! Pour moi, les précautions, restrictions conseillées ont volé en éclats, pour laisser la place à une envie bridée depuis deux mois et demi : prendre mes enfants dans les bras, les serrer  sur mon coeur, les embrasser sur la joue, pas symboliquement du tout! Et renouveler tout cela, en mots, en regard et en geste, autant de fois que j'en avais envie! Le bonheur au présent!

   Je sais bien que cette intensité est due à la rareté de l'événement, aux mois de restrictions, d'angoisse, de privations de mouvements, d'émotions positives, de contacts qui l'ont précédé. Il serait difficile de maintenir cette amplitude durablement. Mais elle m'a réparée du manque lancinant, supporté sagement durant des semaines, pour, me disait-on, préserver ma petite vie solitaire, en veilleuse, et attendre pour vivre enfin cet événement. Pour qu'il donne envie de reprendre le cours de ce qu'on appelle la vie...

 

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