Le blog de Flora

dessin

Savourer un café brûlant

30 Janvier 2026, 13:59pm

Publié par Flora bis

   J-2 avant la fin du mois... D'un côté, hâte d'en finir, de la grisaille de l'hiver, de l'autre, ne la pressons pas, elle arrivera bien trop vite, la fin de l'étape obligée!... Vivre chaque instant à fond, essayant de trouver du goût même dans la grisaille qui vous scie la jambe, la volonté et la gaieté... 

   Savourer la lenteur comme une tasse de café brûlant, avec le droit de ne pas se précipiter quelque part, à chaque instant, vers une obligation impérieuse... Suspendre le mouvement et se donner le droit de s'attarder sur un détail, une couleur, un reflet... Laisser germer une pensée, même pour un rapide retour dans le passé dont on s'escrime à ne garder que des bons souvenirs... Tâche éminemment ardue!

   Enfouir la culpabilité très ancienne de s'offrir des instants inutiles... Quand on n'a de compte à rendre à personne d'autre qu'à nous mêmes, ce moi intime s'avère un gendarme plus redoutable que les ombres du passé! Il faut se battre avec elles, une par une, faire tomber les anciennes tutelles et emprises, avec le sentiment jouissif des briseurs des idoles. Ainsi, on peut espérer vaincre à la fin ce gendarme intime tout puissant.

   Texte énigmatique? Pas sûr. Je pense que beaucoup se reconnaîtront.

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Vague à l'âme de novembre

23 Novembre 2025, 14:39pm

Publié par Flora bis

   Je voudrais, avant tout, saluer le Visiteur (la Visiteuse) de mon blog qui, bravant la neige, le froid glacial et la déception, frappe à ma porte quasi tous les jours, pour vérifier si je suis encore vivante... Il paraît que oui.

   Ce n'est que mon troisième article en novembre; cela peut passer inaperçu à d'autres que moi. Dehors, il fait -2° et je rentre de chez le coiffeur. Cela fait plusieurs jours, voire semaines que je piétine devant l'obstacle et que je recule au dernier moment, saisissant tous les prétextes bons ou mauvais pour rester cloîtrée dans ma tanière. Cet après-midi, un soleil timoré m'a fait bouger du point mort. La coiffeuse a bien-bien allégé ma tête, du moins extérieurement.

   On dit que novembre est moche, que le froid nous donne envie de nous calfeutrer : la chaleur de l'abri fait prendre conscience de la chance d'en posséder un. Noël est encore loin, mais on a inventé le black friday pour nous distraire en dépensant nos sous, avec l'illusion de faire des affaires très malignes! Et la certitude d'être plus malin que les autres est un composant indispensable pour l'estime de soi d'un Français. Syndrome d'Astérix...

   Je réprime l'envie de déverser sur le lecteur des seaux entiers de mon spleen, mot que je croyais emprunté chez les romantiques anglais dont le pays brumeux et les habitudes culinaires offrent de véritables raisons d'être mélancoliques... J'apprends que le mot anglais "spleen" qui signifie "rate," provient du latin et du grec ancien "splen" désignant le même organe que la médecine ancienne supposait produire de la bile noire... Cette dernière, il est bien connu, ne donne vraiment ni bonne mine, ni bonne humeur!...

   Sans pouvoir à tous les coups engendrer des chefs-d'oeuvre à la Byron, Lamartine ou Baudelaire, Pouchkine ou Lermontov, la mélancolie ou vague à l'âme s'est répandue au 19ème siècle, teintée d'un certain romantisme noble. Par la suite, elle a donné naissance à un véritable mal des temps modernes : la dépression. Alors que le niveau de vie a augmenté dans des proportions extraordinaires, "la dépression est devenue un des fléaux du monde moderne d'autant plus tragique que nos sociétés hédonistes, qui exaltent la recherche du bonheur et les vertus de l'optimisme, marginalisent les dépressifs et excluent les perdants." (Georges Minois, historien) 

(illustration dessin R. T. 2006)

 

 

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Les pleins et les vides

28 Avril 2025, 11:42am

Publié par Flora bis

 

   Ayant repéré mon intérêt vif, les algorithmes complices drainent vers ma page de F-B, de nombreuses démonstrations de peintres, de dessinateurs, d'aquarellistes inconnus à la recherche d'une notoriété qui se promène incognito.  

   Je ne parle pas de ceux qui épatent la galerie avec des portraits ultra réalistes, mieux qu'une photo de studio... Ou alors de ceux qui vous peignent un paysage de mémoire, comme ça, avec du bleu et du vert, de la ligne d'horizon en sapins se reflétant dans un lac bordé de roseaux, sans oublier la petite maison qui se cache dans un coin et le sentier qui y mène... Le tout exécuté à l'accéléré, plus vite que son ombre!

   Certaines démonstrations témoignent d'excellentes connaissances techniques, souvent novatrices et virtuoses et me laissent malgré tout indifférente. La plupart du temps, elles me donnent envie d'arrêter la main de l'artiste en cours de route : stop, ça suffit, un trait de plus va tout gâcher! Le résultat finira trop léché, étouffé, presque sali...

   Un autre artiste encore, recopie en dessin minutieusement identique, la photo de très grande taille de tout un quartier sans oublier le moindre recoin ni brin d'herbe, puis, par un labeur de plusieurs semaines, il s'attelle au coloriage de l'ensemble : vous pourrez vérifier à la loupe, il ne manquera pas le moindre reflet sur la fenêtre la plus lointaine! J'imagine que le résultat lui apportera une belle somme bien méritée pour la sueur de son front. Sans oublier l'admiration d'un public conquis par une telle prouesse...

   Non, ma préférence va vers ceux qui reproduisent non pas la copie la plus proche de la réalité mais qui reflètent leur vision de cette réalité, passée par le filtre de leur sensibilité. Un paysage de Schiele est à la fois évocateur des petites villes autrichiennes tristes de son enfance et de son désespoir inspiré par le monde en train de s'effondrer autour de lui à la veille de la première guerre mondiale. Il en va de même de ses figures torturées, inachevées, d'une force suggestive extrême. Ce qui me touche le plus chez lui, c'est le trait suspendu. L'image comme inachevée, la main de l'artiste arrêtée par sa volonté, comme pour laisser la place au spectateur pour compléter l'image, pour combler les vides... s'il veut. Car sur un tableau, le vide est aussi parlant que le plein.

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Tout passe... pensées de fin d'été

28 Septembre 2024, 11:41am

Publié par Flora bis

   Le soleil à peine voilé, le drap bleu tendu du ciel me redonne le petit élan que j'aime tant et qui me manquait le long de la semaine maussade. L'envie de dessiner, d'écrire revient aussitôt. La machine à laver travaille discrètement en arrière-bruit, pour me rappeler qu'il n'y a pas que de l'art dans la vie! Que l'été est bien fini et que les jours ensoleillés deviennent rares : il faut donc se précipiter sur la lessive si on veut la sécher dehors! Ainsi les contraintes du quotidien prennent soin de vous descendre de votre "flow" si enivrant, si rare, pour vous enfoncer dans la prose la plus banale du monde : lessive, cuisine, courses... J'y pense : est-ce pareil pour un homme? Est-il ainsi rappelé à l'ordre, coupé dans son élan par une servitude incontournable, terre à terre mais impérieuse?...

   Sous notre ciel du Nord, pendant les rares moments ensoleillés, je me sens persécutée par un sentiment d'urgence : il faut en profiter, ça na va pas durer! Sentiment inconnu avant le départ de mon pays natal aux étés interminables qui me donnaient une certaine insouciance, celle de vivre dans le présent. L'urgence s'estompait sans pouvoir gâcher l'immersion quasi sans limite de ce qui me captivait l'attention... Je sais maintenant à quel point c'est rare et précieux.

   Dans le pastel ci-dessous  (2015), c'est ce sentiment alangui, nonchalant que je voulais sans doute ressusciter... Rien ne presse mais tout passe... Même ce dessin fragile.

Tout passe... pensées de fin d'été

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A vous, mes chers visiteurs,...

18 Août 2023, 13:36pm

Publié par Flora bis

Un grand MERCI à Vous, mes chers Visiteurs
qui passez sur ce blog, 
un peu déserté par son propriétaire, 
par ces temps de vacances pour beaucoup!
Vous m'êtes très importants, même si souvent anonymes;
je vous prie de patienter encore un peu,
en espérant votre amitié, votre fidélité infaillibles...
Avec la mienne, tout aussi sincère. 
"La terrasse", pastel, R. T. 2015

 

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Dialogue intime

19 Février 2023, 14:45pm

Publié par Flora bis

Aucun dessin n'est irréprochable. Je parle, bien sûr, essentiellement des miens! Leurs imperfections font partie de mes faiblesses.

A moins que Leonardo et quelques autres de mes idoles n'aient réussi l'exploit de la perfection. D'autres ont "tordu" les règles académiques, afin d'exprimer leur vision du monde alentour. Un tableau de Modigliani, avec ses inspirations de masques africaines, avec les orbites vides qui enferment le regard à l'intérieur, pour mieux s'offrir, peut-être, à celui du spectateur... Qui sait? Une oeuvre échappe nécessairement à son créateur pour que le spectateur puisse ressentir librement ce qu'elle lui offre. Par un dialogue muet, mystérieux et secret.

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   Alors, montagnes russes ou voiturette?

28 Juin 2021, 17:59pm

Publié par Flora bis

   Dans 3 jours, nous serons en juillet. Les jours défilent à l'accéléré, et cela donne le tournis.  Pourtant, il ne se passe rien de significatif  -  ou alors, justement, c'est parce qu'il ne se passe rien d'exaltant. Il faut croire que j'ai encore des besoins d'exaltations dans ma vie... Qui l'eût cru?...

   Je m'aperçois que j'utilise assez souvent le mot "exaltant", en guise de synonyme de "galvanisant", "excitant", "enthousiasmant",  -  en un mot: stimulant. Ce n'est pas inconcevable; malgré l'apparente léthargie, on dirait que "la bête vit encore", du moins, elle entrouvre un oeil de temps en temps pour se persuader que la terre n'a pas cessé de tourner.

   Si nous prenons l'habitude de chercher la tranquillité, un rythme de vie sans secousses, nous finissons par sombrer dans un demi-sommeil, prélude à l'endormissement définitif dont il n'y aura pas de réveil... Le cerveau, le coeur s'engraissent dans leur inactivité prudente et, au lieu de nous préserver  -  mais pour quelle contrepartie? vivoter à petit feu, à l'économie, pour faire des centenaires momifiés vivants?  -  oui, à nous épargner des tremblements de terre, même minuscules, ils nous feront glisser imperceptiblement dans le sommeil éternel.

   De quelle exaltation s'agit-il? J'entends par là un état presque grisant où les sens sont en éveil, les idées fusent et une envie irrépressible de créer s'empare de vous... Cette sensation peut être provoquée par une rencontre, un spectacle, un voyage, une lecture, une conversation. Une chose semble sûre: cela se déclenche toujours de façon imprévue, sans attente ou préparation préalable. Bien au contraire: toute prévision la tue avant qu'elle ne puisse vous faire décoller du plancher des vaches!

   Alors, montagnes russes ou voiturette? La vie est une aventure exaltante et dangereuse qui, de toute façon, finit toujours mal, à en croire à Marcel Aymé.

(illustration: R.T. pastel 2015)

 

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Leonardo - de près...

27 Septembre 2020, 12:03pm

Publié par Flora bis

   Hier, en fin d'après-midi, bravant les bourrasques et les 9° hostiles, je suis allée au cinéma avec une amie. Quelle bonne idée elle a eue! Dans la grande salle  -  2e semaine!  -  nous étions 5 spectateurs... La distance physique sanitaire a été amplement respectée.

   Nous sommes allées voir le film tourné à l'exposition du Louvre des oeuvres de Leonardo da Vinci. "En nocturne", dans l'intimité presque totale avec le maître prodigieux de la Renaissance, "l'uomo universale" inventeur infatigable dans tous les domaines. Nos deux guides très compétents savaient au besoin rester discrets et nous pouvions approcher, à l'aide de la caméra, les oeuvres rarement ou jamais vues, les innombrables dessins des carnets remplis de notes au moindre centimètre carré (j'ai souris intérieurement à mes 7 cahiers remplis à ras bord, sans la plus petite marge, de vide  -  que l'on me pardonne cette comparaison extrêmement audacieuse!) 

   Comme d'habitude, j'ai été sensible au clair/obscur, au contours effacés, au "sfumato" mystérieux obtenu par la superposition des couches légères qui donnent cette impression de vibration secrète... Mais par-dessus tout, cette fois encore, ce sont ses dessins préparateurs aux tableaux ou simples croquis de l'artiste génial dont les mains ne restaient jamais inoccupées, prolongements naturels de l'observation sans repos de la vie, qui me donnaient le frisson de plaisir toujours renouvelé, inextinguible. 

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Grand Palais, grande émotion

16 Janvier 2020, 11:44am

Publié par Flora bis

   Henri de Toulouse-Lautrec est un de mes artistes préférés. Depuis longtemps. J'ai vu quelques uns de ses tableaux au Musée d'Orsay, il y a des années mais voir une grande exposition sur deux niveaux et dans de nombreuses salles, c'était un événement à ne pas manquer. J'étais pourtant prête à y renoncer à cause d'une phlébite récalcitrante à la jambe, et aussi à cause de la fatigue insurmontable qu'un piétinement dans une salle surpeuplée signifie pour moi... Les enfants ont insisté avec beaucoup de générosité et finalement, toute la famille s'est déplacée dimanche matin.

 La courte vie du peintre tient entre ces deux dates: 1864-1901. Courte vie, petite taille (152 cm) mais le talent d'un géant! Il quitte Albi (où, de nos jours, un beau musée abrite nombre de ses tableaux) et sa famille de la vieille aristocratie des mariages consanguins (cause de son handicap) pour Paris et le milieu bohème de ses artistes de cabarets, de cirque et de ses maisons closes dont les pensionnaires l'accueillent avec une grande générosité, lui servant de modèles. Les coulisses de cette vie s'ouvrent devant nous, dans tout son naturel, sur les tableaux et dessins de Lautrec empreints d'une grande humanité. 

   Hélas, les nombreux visiteurs m'ont empêchée de m'approcher vraiment et surtout, de m'attarder suffisamment longtemps devant les cadres, de les dévorer des yeux en pénétrant l'univers de l'artiste, les contours rapides et admirablement justes, les toiles "non finies" mais encore plus intéressantes pour moi. J'étais ébahie devant les poses audacieuses, prises sur le vif comme s'il avait voulu saisir un maximum de la vie, pressentant le peu de temps qui lui était imparti.

   Depuis toujours, j'ai un faible pour le dessin, ce genre dédaigné par beaucoup face à la peinture. Pour moi, il est vivant, libre et fragile à la fois : c'est la perception première en marche. Il ne faut pas le charger, lécher, il faut le laisser vivre cette liberté, cette velléité de disparaître à l'occasion.

Grand Palais, grande émotionGrand Palais, grande émotionGrand Palais, grande émotion
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Crépuscule

28 Avril 2019, 17:40pm

Publié par Flora bis

 

 

 

 

"(...) Faut-il se résigner à mourir dans une maison de retraite ? Entre les mains peu charitables qui vous manipulent comme un objet encombrant. J’ai fini par dire oui à la famille qui n’arrivait pas à me trouver une place en son sein… «En son sein»  -  drôle d’expression ! Je n’en attendais pas tant ! J’ai bien compris que je devenais une vieille chose acariâtre qui ne parvenait pas à être reconnaissante pour le moindre geste prodigué envers elle… Je voulais les punir ! Pour tout. Pour les heures interminables de solitude, pour le glissement impitoyable vers la déchéance. Pour l’allégresse avec laquelle ils se sauvaient après avoir accompli leur devoir. (...)"

(texte et illustration: R. T.)

 

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