Le blog de Flora

hommage

Je ne peux pas faire autrement!...

14 Août 2025, 12:14pm

Publié par Flora bis

   Je viens de boire un espresso, destiné à donner le petit coup de fouet à mon cerveau embrumé par la chaleur. Même si mes jambes deviennent défaillantes, j'aimerais bien qu'à l'étage supérieur, les rouages résistent encore à la canicule et aux ravages du temps...

   Depuis peu, je découvre en moi des gestes, des habitudes de ma mère qui, venant d'elle, m'exaspéraient... Souvent, je lui reprochais de "traîner les pieds" et d'accrocher ainsi les tapis qui couvraient le sol de toutes les pièces de la maison de mon enfance. Tout comme la mienne, maintenant. Ma mère avait des problèmes d'hypertension et je vivais dans l'angoisse permanente qu'elle ne tombe. Régulièrement, elle me donnait des nouvelles de ces chutes dont elle arrivait à se relever seule pendant longtemps, avec des bleus certes mais sans fracture. Oui, ça tenait du miracle  -  ou de son squelette  solide...

   Depuis quelque temps, je m'aperçois que la cause de mes chutes assez fréquentes est le fait que je traîne les pieds... Non pas par paresse ou nonchalance mais parce que je ne peux pas faire autrement... Et si en plus je me dépêche, la chute n'est pas loin, violente, traumatisante, avec des conséquences imprévisibles... Ayant pris conscience de la chose,  je lutte pour m'en défaire tout en rendant hommage à ma mère pour ces petites leçons de l'au-delà, du temps qui s'écoule, de l'âge qui tente de prendre le pouvoir.

  

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Mort d'un monstre sacré

18 Août 2024, 19:49pm

Publié par Flora bis

     Alain Delon vient de mourir.

   Pourquoi suis-je frappée tant par cette nouvelle, alors que la fin de sa vie s'étalait déjà depuis longtemps et si péniblement sur les pages des magasines en mal de sensations et si prompts à déchiqueter les idoles?... Pour suggérer sans doute que les célébrités ont eux aussi leur lot de malheurs et d'humiliations. Que finalement, devant la mort, les gâtés et les ratés de la fortune se retrouveront égaux, nus et démunis. Maigre consolation.

   Delon semblait passablement agacé quand on lui parlait de sa beauté comme son premier atout, sans doute parce qu'il soupçonnait un manque de reconnaissance pour son talent d'acteur. Comme tout artiste instinctif qui n'a pas eu de formation artistique consacrée (foule de peintres, musiciens, saltimbanques  -  seuls les écrivains et poètes font exception) il éprouvera toute sa vie un sentiment caché de dilettante... Seul son orgueil démesuré l'aidait à contrebalancer cette souffrance. Sa beauté irrésistible, cadeau du ciel, faisait intimement partie de sa personnalité, il fallait faire avec et même s'en servir beaucoup, à l'occasion. Elle le rendait non seulement irrésistible, mais aussi inaccessible. On l'aimait ou pas, on ne pouvait s'empêcher de tomber sous le pouvoir de son magnétisme. Il avait deux ans de moins que son copain et rival, Jean-Paul Belmondo qui est mort, lui aussi, à 88 ans. A l'encontre d'un Belmondo, que le public surnommait Bebel, Delon n'avait pas de petit nom affectueux et familier, on l'appeleit "Delon" et personne n'aurait osé l'aborder dans la rue...

   A défaut de pouvoir l'aimer, on l'admirait, comme une étoile solitaire et lointaine. Il a travaillé avec de très grands réalisateurs, il a parfois changé de registre, revenant invariablement aux gangsters ou flics ténébreux, la flingue à portée de main, regard d'acier, pénétrant, avec, parfois, un voile  d'inconsolance. Il a souhaité reposer dans sa propriété, parmi les tombes de ses malinois préférés, plus fidèles et moins décevants que les humains...

 

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Entre vivants et morts, le no man's land...

1 Novembre 2023, 11:19am

Publié par Flora bis

   Le cimetière est chargé de chrysanthèmes de toutes les couleurs, en tenue festive : c'est jour de Fête pour les morts, celle leur accordée par les vivants en sursis qui se souviennent, se rachetant ainsi un supplément de vie... 

   Mon pot de chrysanthème pompon jaune attend sagement que je le dépose près de la petite plaque de marbre qui scelle la sépulture de Gilbert. 17 ans déjà qu'il a droit à son pot de fleurs, lui qui leur accordait si peu d'intérêt... Je me demande si seulement il avait franchi le seuil d'un fleuriste. L'essentiel était ailleurs.

   Il n'allait pas non plus aux cimetières, pour la même raison. Jusqu'à quelques mois environ de sa mort. Déjà très affaibli, une marche quasi quotidienne l'y conduisait "pour choisir le lieu où on pourrait le retrouver si on voulait." Depuis ce moment-là, j'essaie de déchiffrer cette phrase gravée dans ma mémoire. 

   Ni l'un, ni l'autre, nous ne croyions en un au-delà après la mort. Je sais que sous la plaque irisée "Galaxie", il n'y a que l'urne avec l'improbable poignée de cendres, avec très peu de lui. Je n'ai pas besoin de m'y rendre pour qu'il soit présent dans mes pensées, très souvent comme une référence permanente. Un refuge ou une prison...

   Et pourtant, une ou deux fois par an, lorsque je me recueille devant la plaque de marbre, je ressens comme une invitation à lâcher prise. Chose que j'ai du mal à faire dans tous les domaines. Ce serait comme me débarrasser d'une armure qui me protège en toute circonstance. Cette invitation est si puissante que j'ai du mal à y résister. Elle est faite d'une foule de souvenirs envahissants et contrastés, d'une pensée si forte de communion que je dois m'accrocher pour rester au bord du précipice...

(dessin: R. T. 1998, plume, encre de Chine)

 

 

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Prix Nobel comme s'il en pleuvait...

5 Octobre 2023, 20:35pm

Publié par Flora bis

   C'est la saison des Prix Nobel. Suis-je chauvine sur les bords si je me réjouis particulièrement des deux prix suprêmes (en médecine et en physique) obtenus tour à tour par Katalin Karikó et Ferenc Krausz, deux chercheurs hongrois qui ont vu aboutir leurs travaux aux Etats Unis et en Allemagne.

   Hier matin, je suis passée à la pharmacie proche où j'ai l'habitude de faire mes provisions. Je me suis fait vacciner pour la sixième fois en trois ans contre le Covid. A chaque piqûre, j'ai une pensée émue et fière pour Katalin Karikó. Son prix Nobel (avec D. Weissman) m'a fait très plaisir. J'essaie d'imaginer ce qu'elle peut ressentir après des décennies de travail passionné, acharné, semé d'embûches. Sans jamais se décourager. Pourquoi ses compatriotes actuels (d'Amérique) et de jadis (de Hongrie) normalement constitués éprouvent-ils de la fierté à l'annonce de la nouvelle? Parce qu'ils se sentent, eux aussi, gratifiés par la gloire dont quelques parcelles pourraient rejaillir sur eux. (Tiens, je me sens fière même du fait d'avoir fait mes études dans la même université qu'elle, une bonne dizaine d'années plus tôt!)

   J'aimerais posséder ne serait-ce que des miettes de sa foi et de sa volonté inébranlable à poursuivre son intuition. Y tenir coûte que coûte! J'admire les gens capables de garder le cap, en dépit des obstacles que l'on dresse devant eux, persuadés de la valeur et de la légitimité de leur but. Capables de surmonter les échecs, avec une confiance à toute épreuve en leurs capacités.  Une confiance qui les propulse en avant, au lieu de laisser leurs énergies créatrices ronger par le doute... Je les regarde, éperdue d'admiration  -  et paralysée de pusillanimité...

   

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Qu'ai-je en commun avec Lady Jane?

21 Juillet 2023, 12:30pm

Publié par Flora bis

    Une véritable obsession, celle de perdre mon temps, me tourmente (taraude, tenaille, tarabuste, turlupine, tracasse, torture etc  -  tiens, bizarrement tout me revient en "t"!...), m'empêche d'avoir l'esprit détendu et de profiter du soleil, écoutant mes envies. Mais en ai-je encore, vraiment?... Les temps ont bien changé.

   La mort de Jane Birkin a suscité une avalanche de réactions, bien plus que l'on n'aurait imaginé à propos de la disparition d'une chanteuse et actrice de son envergure. Sa vie, publique et privée  confondues, libre et inspirante s'est déroulée devant les yeux des spectateurs. Ce que la nostalgie ressuscite à travers sa figure est plus que l'artiste : c'est toute une époque qui semble avoir été un véritable âge d'or à nos yeux d'aujourd'hui. Comme d'habitude, le bonheur ne devient palpable que dans le rétroviseur. 

   "La ballade de Jane B. s'enracine évidemment dans tout ce qu'elle a incarné à ses débuts et continue à charrier dans nos imaginaires : la décontraction iconoclaste du Swinging London; un érotisme longiligne qui a renversé sur son passage les canons pulpeusement établis de la beauté; le couple scandaleux et passionné qu'elle a formé avec Serge Gainsbourg. Gainsbourg, dont sa voix toujours jeune et toujours au bord de se briser a si bien interprété les chansons." (éditorial de L'Obs du 20 juillet 2023, G. Leménager)

   Nous sommes à un an de près de la même génération. Tout le reste nous sépare. Elle, fille d'un Occident qui brise les carcans de la société engoncée dans la bien pensance conformiste de l'après-guerre, suivie de l'ère d'une consommation triomphante et abondante. Moi, je vis de l'autre côté du "rideau de fer", dix ans après la révolte d'octobre 1956 et son écrasement dans le sang, suivis de la consolidation du régime. Je suis étudiante à la fac et les échos lointains du Mai 68 et du Printemps de Prague nous arrivent, même filtrés par le pouvoir.

   Le régime est obligé de desserrer l'étau. Nous commençons à respirer un peu. Bien sûr, la censure  -  et même une certaine auto-censure  -  régnent, nous savons jusqu'où nous pouvons aller trop loin pour préserver les maigres mais précieux acquis. C'est ainsi que nous pouvons communier maintenant dans la (presque) même nostalgie de cet "âge d'or" si court qu'était notre jeunesse partagée...

Qu'ai-je en commun avec Lady Jane?Qu'ai-je en commun avec Lady Jane?

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Adieu, Bébel...

9 Septembre 2021, 19:30pm

Publié par Flora bis

   Je viens de regarder à la télé l'hommage à Jean-Paul Belmondo, solennel et en même temps intime, dans la cour des Invalides. Souvent, l'hommage en ces lieux revêt un caractère tragique, de deuil, pour honorer les victimes d'un attentat, les soldats morts pour la France. Rarement nous le suivons avec le sourire mêlé aux larmes comme c'était le cas ce jour, sous le portrait géant de Bébel.

   Difficile de loger cet énorme artiste populaire sous les ors de la République, dans le cercueil recouvert du drapeau tricolore et porté par des soldats en uniforme de parade, la Marseillaise par la Garde Républicaine et le Président de la République s'inclinant devant lui. "Quand-même, ça avait de la gueule!" - l'aurait-il peut-être reconnu, avec une petite revanche. Le discours du Président Macron, très inspiré (et écrit par lui-même, selon un intime) a recueilli de vifs applaudissements, plutôt rares en ces lieux et circonstances.

   Belmondo est inclassable: après avoir incarné "la nouvelle vague", il devient l'aventurier acrobate qui prend tous les risques pour exécuter les cascades lui-même, avec panache, en prenant quelques dégâts au passage. Sans se départir de son sourire triomphant ou complice vers le public, qu'il soit flic ou voyou, avec une insolente joie de vivre. 86 films avec de nombreux grands metteurs en scène jalonnent sa carrière de 60 ans. Mon préféré reste sa performance d'acteur dans "Itinéraire d'un enfant gâté" de Claude Lellouche. 

   L'ancien boxeur à la figure burinée, le nez aplati, la bouche démesurée, taillée pour le sourire est devenu un séducteur irrésistible, en démentant triomphalement les prédictions d'un metteur en scène imprudent qui, à ses débuts, lui déconseillait de tenter la carrière d'acteur... "Avec une gueule comme ça..." Sa gueule qui reste, bien logée, dans le coeur de tous les Français (et de bien d'autres), avec reconnaissance.

Adieu, Bébel...

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Gilbert l'écrivain

28 Juillet 2021, 10:16am

Publié par Flora bis

 

Je viens de relire quelques extraits des textes de Gilbert, publiés à partir des années 1990, année de notre retour en France. Je suis frappée par la force, la perfection, l'originalité du style comme si je découvrais ces pages. Je le revois dans son bureau perché au 2ème étage de la maison, au bout de 38 marches raides avec des virages étroits que je montais et descendais dix fois par jour. Mon bureau se trouvait juste à côté, tout comme la chambre d'amis. Le palier, ainsi que les pièces sont tapissés de livres, du sol au plafond. Des siens et des miens. Quel apaisement était pour lui de voir tous ses bouquins enfin réunis à portée de main!... Sources d'inspiration plus puissantes que la vraie vie dont il n'était pas persuadé de la réalité... Il recréait inlassablement sa réalité à lui, en une fiction complexe, teintée d'éléments fantastiques, d'humour et de dérision caustiques, sûr qu'elle l'aiderait plus infailliblement que tout, à vaincre la mort.

   Oui, je connaissais ses textes par coeur car il m'a associée très étroitement au processus de leur création. Redoutable privilège! J'ai été happée, dans l'incapacité de me libérer, écrasée par la responsabilité de la tâche et par l'exigence et la sensibilité particulière de l'écrivain... Sa confiance intuitive en mon jugement, non moins instinctif  -  car je ne me sentais absolument pas à la hauteur!  -  à la fois gratifiante mais surtout écrasante, m'obligeait, que je veuille ou non, à suivre pas à pas les tourments d'un écrivain qui savait que le temps lui était compté. 

   Avant sa mort, il m'a confié 2-3 textes inachevés avec une injonction impossible à accomplir: "Tu les finiras!" Comment me mettre dans les pas d'un écrivain à l'univers si différent du mien (si jamais j'en ai un...), dans une langue d'adoption dans laquelle je n'ai jamais commis le moindre texte littéraire?... J'ai commencé mon blog français en 2008, en guise "d'entraînement à l'écriture" mais je ne me sens toujours pas prête...

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15 ans après

7 Juillet 2021, 10:28am

Publié par Flora bis

   Le 7 juillet... Une date à part. Même si elle ne m'écrase plus de son importance démesurée, réveillant la douleur de façon aiguë, presqu'inattendue, elle reste une des dates décisives de ma vie dont je peux dire: il y a un "avant" et un "après"...  

   Une cicatrice qui verrouille à l'intérieur ce qui reste de cette douleur vive de l'instant... Aujourd'hui, l'incontournable recueillement m'invite à revenir 15 ans en arrière. J'ai toujours détesté, refusé l'injonction "travail de deuil", préférant dire "apprivoiser la douleur, l'absence". Raviver  ce jour torride de 7 juillet où, après une nuit épuisante de veille auprès d'un corps hésitant encore au seuil de la mort, vers 7 heures du matin, la voix de notre ami commun qui m'a tenu compagnie sur ce chemin effrayant, le rendant ainsi plus apaisé, me ramène soudain dans une réalité encore irréelle: "... c'est fini, il ne respire plus." Dans le brouillard des va-et-vient affairés de plusieurs personnes accourues qui me posent des questions, qui me demandent de prendre des décisions, de signer des papiers, je sens vaguement que je suis en train de franchir le seuil d'une autre vie. Au bout de 33 ans.

   Suis-je toujours prisonnière de ce passé comme certains le suggèrent?... C'est un fait que je "n'ai toujours pas fait le pas"  -  selon un ami psychologue  -  pour le laisser derrière moi. Il est à la fois une prison et un refuge.

"Yin et Yang", T.R., huile, années 90

"Yin et Yang", T.R., huile, années 90

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Fête des Pères...

23 Juin 2021, 08:57am

Publié par Flora bis

   Après des jours lourds et caniculaires, de vrais déluges nous sont tombés dessus. La température s'est agréablement rafraîchie. La semaine a été bien remplie d'une prise de sang, d'un saut à l'hôpital (pour un scanner dont il faudra attendre le compte-rendu pour cause d'embouteillage dans les services), une réunion associative épuisante dans une salle irrespirable (clim' interdite à cause du brassage de virus...) et quelques sorties pour récolter de petits cadeaux pour les enfants que je n'ai pas vus depuis début mai. Samedi matin, nous avons pu prendre la route en compagnie des parents de ma belle-fille pour passer le week end près de Paris.

C'était aussi la Fête des Pères, incitation commerciale parmi tant d'autres. Nous ne l'avons jamais fêtée, refusant d'obéir aux exhortations inventées de toutes pièces avec l'espoir qu'elles deviendraient coutumes. Je n'ai pas besoin de ce genre de rappel pour penser au mien qui aurait cent ans l'année prochaine... J'y pense même de plus en plus souvent, en avançant dans l'âge et en découvrant toujours plus de points communs qui nous lient. Un jour, il faudra que je lui dresse un monument personnel de mots. Cela devient un besoin intime.

   Il est mort le jour de l'attentat contre Ytzhak Rabin, premier ministre d'Israël, le 4 novembre 1995. Je découvre plus tard que les deux hommes avaient le même âge, à 15 jours près: 73 ans... Les deux sont nés en 1922, le 18 février pour mon père, le 1 mars pour Rabin. Le coeur de mon père s'est arrêté le matin du 4 novembre, tandis que Rabin a été assassiné dans la soirée. Je me souviens: le monde entier parlait de l'espoir de la paix assassiné avec Rabin  -  et moi, sous le choc, j'avais le sentiment fugace et irréel que cet événement tragique a "volé" la mort de mon père... C'est ainsi que les drames personnels et planétaires se superposent... 

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Trophées et cérémonies aux temps du Covid

14 Mars 2021, 10:15am

Publié par Flora bis

Je fais partie des rares personnes qui ont regardé vendredi soir la remise des Césars sur Canal+, et jusqu'au bout, SVP.! (3h et demie, oui, je l'avoue, je suis un peu mazo!) Une grande salle de théâtre, l'Olympia, clairsemée, faisant à peine illusion, peuplée juste des personnes nommées par l'Académie "new look", fraîchement "rénovée", sélection féministe, diversité-iste, jeuniste, bref, exit le mâle blanc dominant patriarcal! (Attention tout de même de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain!...) Ajoutons à cela les aléas du COVID qui ont fermé les salles de cinéma, laissant brièvement entrevoir quelques films de la production riche et variée, pendant la brève ouverture de l'été.

Marina Foïs a assuré le rôle ingrat de l'hôtesse, à sa façon, avec son humour cru et mordant habituel. Je comprends bien l'intention de se débarrasser de tout ce qui crée l'ambiance guindée et la bienséance raide, parfois hypocrite de ces remises de trophées pour ôter la chape d'ennui qui menace... Mais là, "on est tombé de l'autre côté du cheval" (traduction du hongrois), d'un bout à l'autre on nageait dans une ambiance amère, inutilement agressive (même envers ceux ou celles qu'on avait sollicités pour remettre la statuette), volontiers scatologiques... Le strip-tease de Corinne Masiero ôtant sa peau d'âne et sa robe ensanglantée nous a offert l'image de son corps sculptural, rappelant celle de l'actrice victime de l'avidité d'un père (d'un metteur en scène) abusif... sans oublier les intermittents "à poil". Pour moi, la vraie émotion est née - et m'a maintenue jusqu'au bout - des extraits des films sélectionnés, de ceux aussi, et surtout, qui ont ressuscité pour un bref instant les personnes qui nous ont quittés cette année... Claude Brasseur, Michael Lonsdale, Guy Bedos, Juliette Gréco, Jean-Pierre Bacri, Annie Cordy, Michel Piccoli etc, ils sont très nombreux. Jean-Claude Carrière, l'érudit, l'incroyable et le merveilleux raconteur d'histoires, avec Jean-Loup Dabadie et son humour qui vire au drame... Ils font partie de notre imaginaire à jamais. Sans ces artistes, notre vie serait - EST - plus pauvre. Ils sont essentiels.

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