Le blog de Flora

temoignage

Difficile de quitter les écrans!

31 Juillet 2024, 20:12pm

Publié par Flora bis

   Au retour des courtes mais intenses vacances en Hongrie, après quelques retrouvailles avec des amies sous les parasols, lessives et rangements, courses alimentaires et RDV médicaux, les Jeux Olympiques pouvaient débuter, pour que les polémiques rances laissent enfin la place au vrai enthousiasme d'un public nombreux que même la pluie diluvienne de la soirée inaugurale n'a pu décourager. C'était un spectacle inventif, audacieux et généreux!

   Il a été très long mais au moins, j'étais à l'abri de la pluie devant mon écran. Il m'a éblouie, avec quelques réserves... Et c'est normal, les goûts ont encore le droit de ne pas être uniformes! Mais il a révélé l'antagonisme existant entre les conservateurs et les générations plus jeunes  -  à moins que ce ne soit pas l'âge, plutôt une vision du monde radicalement différente qui les sépare! Je penche plutôt pour cette dernière hypothèse.

   "Il fallait la censurer!" réclament des voix sur certaines pages des différents réseaux (dont des hongrois, peu habituées à des époques où la liberté des opinions et leurs expressions remplace la censure qui dicte la voie.) "C'est révoltant!", voire "à vomir!", entonnent d'autres en coeur, de Poutine à Orbán et à Trump, éructant contre l'Occident décadent. Il me manque, certes, quelques références de jeux vidéos ou de musiques contemporaines pop, ou d'attirance pour certains phénomènes comme les drag-queens mais il ne me viendrait pas à l'idée de les interdire... Au lieu de jouer les Savonarole, j'essaie de comprendre mon époque.

   Si j'écoute mes propres goûts, ils me mèneraient plutôt vers la vision de Sofiane Pamart et Juliette Armanet sur leur barque en feu, de Guillaume Diop, danseur étoile sur le toit de l'Hôtel de Ville, de la Marseillaise sous la pluie par la magnifique mezzo soprano Axelle Saint-Cirel depuis le toit du Grand-Palais. J'ai admiré le cheval galopant sur les flots de la Seine pour apporter la flamme, la vasque majestueuse enflammée s'envolant en montgolfière, Céline Dion interprétant la si symbolique chanson de Piaf. Le tableau polémique pour certains de Bacchus peint en bleu, interprété par Philippe Catherine ne m'a pas choquée du tout, j'étais à mille lieux de penser à la caricature de la Cène de Leonardo. J'aime surtout son humour et la liberté de secouer les esprits sclérosés! "De toute façon, il n'y a pas plus pacifique qu'un nu : pas moyen de cacher une arme sur lui", résume-t-il la polémique inutile... Quelle tempête soulevée dans un verre d'eau! Souvent, par manque de culture de la part des uns et des autres... Contentons-nous de nous régaler des exploits sportifs, dans une communion enthousiaste.

 

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"Dum spiro..."

18 Mars 2024, 13:20pm

Publié par Flora bis

   J'ai décidé de m'occuper un peu de moi, le temps du weekend passé. Au lieu de courir à droite et à gauche, tout en me reprochant de ne jamais satisfaire entièrement à mes obligations, je resterais à la maison. Je me pencherais sur mon sentiment permanent de vivre quasi en apnée et de survoler ainsi ma vie à la hâte, sans avoir vraiment prise sur elle. Plongée sans répit dans une angoisse sourde.

   La décision est née d'un reportage entrevu sur le Net. Un médecin et un thérapeute discutaient  de notre respiration qui s'avèrerait incorrecte et serait source d'une multitude de problèmes de santé.

Cela fait longtemps que je crois aux bienfaits de la bonne respiration (sans l'appliquer pour autant : acrasie, si tu nous tiens!) : je n'avais pas 30 ans, quand une sage-femme de l'hôpital militaire français de Berlin-Ouest nous a initiées, quelques femmes qui attendions un enfant, à la relaxation par la respiration. Allongées sur un tapis de yoga, nous devions "balayer" mentalement chaque parcelle de notre corps, des orteils (un par un) au sommet du crâne, prenant conscience des noeuds de tension existants et les dénouant ainsi. Parallèlement, elle nous enseignait la respiration par le  ventre : inspirer par le nez, en gonflant d'abord le ventre, puis expirer par la bouche, commençant par le ventre, puis comprimant le thorax. Le tout au ralenti, pour approcher le rythme cardiaque pendant le sommeil profond. J'ai appris entre autres que je stimulais ainsi le nerf vague (le plus long du corps humain, du crâne au ventre, il dirige toutes les fonctions automatiques, de la respiration au rythme cardiaque, la digestion, la circulation du sang etc). En état de stress, la respiration est plus rapide et incomplète et cet état prolongé est très nocif à l'ensemble des fonctions de notre corps mal oxygéné car il libère le cortisol, l'hormone de stress.

   Lire tout cela d'un trait peut sembler intimidant mais n'ayez pas peur : j'ai moi-même une formation de scientifique très basique due au lycée et à mon intérêt d'amateur plus tard. Surtout, je vis le stress tous les jours avec ses effets néfastes (inflammations, douleurs articulaires, diabète, cancer, hypertension  -  n'en jetez plus!). Aux difficultés de m'endormir, je tente de remédier par la respiration lente, proche de celle du sommeil profonde libératrice. Si, en montant les dix-neuf marches menant à ma chambre, je me surprends de respirer à l'économie, je gonfle à fond les poumons et aussitôt, j'ai moins mal aux genoux... Dans la journée, il m'arrive de me mettre la pression inutilement  -  alors que je suis, normalement, "maître des horloges" de ma vie,  -  aussitôt, j'essaie de décompresser en appliquant quelques séances bienfaitrices de respiration, afin de me soulager de l'envahissement néfaste du stress! 

   Pour le résultat espéré, on verra bien, plus tard...  

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Qu'ai-je en commun avec Lady Jane?

21 Juillet 2023, 12:30pm

Publié par Flora bis

    Une véritable obsession, celle de perdre mon temps, me tourmente (taraude, tenaille, tarabuste, turlupine, tracasse, torture etc  -  tiens, bizarrement tout me revient en "t"!...), m'empêche d'avoir l'esprit détendu et de profiter du soleil, écoutant mes envies. Mais en ai-je encore, vraiment?... Les temps ont bien changé.

   La mort de Jane Birkin a suscité une avalanche de réactions, bien plus que l'on n'aurait imaginé à propos de la disparition d'une chanteuse et actrice de son envergure. Sa vie, publique et privée  confondues, libre et inspirante s'est déroulée devant les yeux des spectateurs. Ce que la nostalgie ressuscite à travers sa figure est plus que l'artiste : c'est toute une époque qui semble avoir été un véritable âge d'or à nos yeux d'aujourd'hui. Comme d'habitude, le bonheur ne devient palpable que dans le rétroviseur. 

   "La ballade de Jane B. s'enracine évidemment dans tout ce qu'elle a incarné à ses débuts et continue à charrier dans nos imaginaires : la décontraction iconoclaste du Swinging London; un érotisme longiligne qui a renversé sur son passage les canons pulpeusement établis de la beauté; le couple scandaleux et passionné qu'elle a formé avec Serge Gainsbourg. Gainsbourg, dont sa voix toujours jeune et toujours au bord de se briser a si bien interprété les chansons." (éditorial de L'Obs du 20 juillet 2023, G. Leménager)

   Nous sommes à un an de près de la même génération. Tout le reste nous sépare. Elle, fille d'un Occident qui brise les carcans de la société engoncée dans la bien pensance conformiste de l'après-guerre, suivie de l'ère d'une consommation triomphante et abondante. Moi, je vis de l'autre côté du "rideau de fer", dix ans après la révolte d'octobre 1956 et son écrasement dans le sang, suivis de la consolidation du régime. Je suis étudiante à la fac et les échos lointains du Mai 68 et du Printemps de Prague nous arrivent, même filtrés par le pouvoir.

   Le régime est obligé de desserrer l'étau. Nous commençons à respirer un peu. Bien sûr, la censure  -  et même une certaine auto-censure  -  régnent, nous savons jusqu'où nous pouvons aller trop loin pour préserver les maigres mais précieux acquis. C'est ainsi que nous pouvons communier maintenant dans la (presque) même nostalgie de cet "âge d'or" si court qu'était notre jeunesse partagée...

Qu'ai-je en commun avec Lady Jane?Qu'ai-je en commun avec Lady Jane?

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Pensées magiques

4 Février 2023, 17:30pm

Publié par Flora bis

   Autour de moi, sur la table, un amas considérable de photographies, représentant le même dessin : un des rares que j'ai été capable de réaliser l'an passé. Manque d'exercices, de motivation mais une nostalgie sourde pour les temps où le dessin représentait mon activité quotidienne. C'est comme le vélo, pensé-je, il ne s'oublie pas, même si les premiers coups de pédales s'avèrent laborieux... 

Je suis donc en train d'écrire mes cartes de voeux. Plus d'un mois de retard que je m'offre. La honte! J'ai des excuses : mes mois de décembre et de janvier ont été particulièrement chargés, physiquement autant que moralement. Mais les destinataires ne sont pas obligés de connaître les détails. Alors d'avance, je présente mes excuses, en même temps que mes voeux. Oh, la fameuse pensée magique! On ne sait jamais, "ça ne mange pas de pain!" comme dirait notre regrettée Richarda dont la présence nous manque tant.

Une minuscule anecdote : jeudi dernier, je pousse mon chariot dans le rayon cosmétique du supermarché, en cherchant la crème du jour idéale sans être trop chère. Sous mes yeux défilent les qualificatifs plus alléchants les uns que les autres, pour faire tomber les rêveuses dans le piège d'une promesse bien rodé : effacer les dégâts de l'âge, de la fatigue ou simplement, du manque de générosité de la nature à leur égard. Comment choisir entre le produit miracle remaillant*, repulpant*, hydratant*, tonifiant*, liftant*, lissant*, reconstituant*, sublimant*,  exfoliant*, densifiant*, équilibrant*, vitalisant*, antioxydant*, sans oublier le sésame du "bio"! Toutefois, la palme revient pour moi à un produit qui vous promet d'agir "pour un regard plus lisse et rebondi" (* tous véridiques et j'en oublie!)

 

Une dame d'un certain âge (semblable au mien) a l'air encore plus perdue derrière son charriot. Je lui demande : "Trouvez-vous tout ça crédible?" " Ah mais moi, Madame, je cherche mon produit qui me fait des miracles. Regardez, vous me trouvez une seule ride? (oui, mais lâchement, je ne démens pas.) Pourtant, j'ai 82 ans." Alors, je m'incline et demande quel produit elle cherche. "La crème à la bave d'escargot. On peut en mettre partout", répond-t-elle. Sidérée, j'en reste coite.

 

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Faire chanter les lendemains...

29 Novembre 2022, 12:07pm

Publié par Flora bis

    Il y a des jours tellement chargés d'émotions positives que, gorgés de dopamines, nous avons l'impression de nous détacher de la pesanteur terrestre et nous planons carrément à quelques dizaines de centimètres au-dessus du sol... Hélas  -  ou heureusement  -  il y a forcément un atterrissage. C'est dans le face à face avec un quotidien bien plat et sans enthousiasme que réside l'épreuve du courage de vivre.

   Dans l'immédiat après l'atterrissage, nous souhaiterions presque de ne jamais avoir décollé. Être restés dans la tiédeur sans enthousiasme de l'existence, dans la frustration discrète et constante qui égrène les jours sans relief sur le chapelet de nos vies minuscules... Sans secousse, en veilleuse et en regrets. Je m'y attendais comme à une gueule de bois après l'ivresse. Mais que c'est bon d'être là-haut!

   L'excitation montait, notre amie et hôtesse Evelyne a tout bien préparé, aidée par la généreuse participation de sa famille. Les trois- quatre pièces en enfilade du rez-de-chaussée de sa maison ont été chamboulées, le public, les cinq interprètes et moi-même (en qualité d'auteur) les avons progressivement envahies. Les seize micronouvelles ont été lues dans le silence des émotions à fleur de peau, jusqu'à la délivrance par la belle voix d'Annette et la guitare de Benoit qui ont libéré le public, en l'invitant à chanter plus d'une heure durant...

   L'écriture est une activité éminemment solitaire. Sa mise en voix non seulement la fait vivre en y associant interprètes et public, mais surtout, le sentiment profond du partage de son pain quotidien. 

Faire chanter les lendemains...Faire chanter les lendemains...Faire chanter les lendemains...
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De l'âge

5 Juin 2022, 12:17pm

Publié par Flora bis

   L'administratrice de notre blog commun (en hongrois, animé depuis 2010 par une bonne dizaine de graphomanes) nous a proposé le thème du mois: époques, âges (le même mot en hongrois), avec l'interprétation libre du sujet. 

   Je cède à la tentation de faire le tour du sujet en français aussi. Après tout, j'ai vécu deux-tiers de ma vie "en français"... Pour canaliser les idées, pour y instiller un peu d'organisation, je choisis l'approche qui semble la plus simple : ma vie. Je la découpe en périodes, "époques" pour revenir au mot du sujet, car dans ma tête, ma vie est bel et bien divisée en périodes successives qui se juxtaposent, s'enrichissent, signifiant que j'avance dans l'âge, en un mot : que je mûris. Bien sûr, ces périodes n'ont pas de frontières bien définies, cependant on sent bien distinctement vivre quelque chose de différent.

   L'enfance... Inconscience, légèreté, du moins dans mes souvenirs, nourries par la confiance illimitée en mes parents qui font en sorte que, en dépit des difficultés bien réelles des années 1950, mes souvenirs restent toujours, toujours ensoleillés, sur fond de ciel bleu immaculé. (Je garderai l'allégorie météorologique pour la suite aussi.)

   L'adolescence... C'est le réveil de la conscience. J'ai un appétit sans borne pour la lecture, première porte ouverte sur le monde. Le cordon ombilical de la confiance infinie en les parents se rompt : on a besoin de voir, de juger par soi-même. De résister, de contredire. Besoin de solitude  aussi, pour réfléchir, pour formuler en écrivant, en dessinant, ce que je traverse au fond de moi. Le soleil alterne avec les nuages, quelques orages somme toute modérés traversent mon ciel bleu.

   La jeunesse... Entre 18 et 35 ans (oui, je suis assez généreuse avec moi-même!) Commençant aux années 1960-70... Mes années d'étudiante, elles sont très importantes, surtout l'année et demie passée en stage linguistique en Russie. La vie d'adulte nous attend. Avec mes amies, nous en discutons énormément, nous avons beaucoup de rêves et très peu d'expériences... C'est mon premier séjour à l'étranger, je dois me débrouiller seule en toute circonstance, loin de la famille. Puis le travail nous accueille. Ensuite, le grand saut dans l'inconnu : mon mariage avec G. et le début des longues années à travers des pays et parfois des continents. Parallèlement, c'est aussi l'apprentissage de la vie à deux, avec ses rapports de force et ses compromis nécessaires, les illusions naïves quelque peu malmenées pour les deux... L'allégorie météorologique raconte des vents printaniers, des étés torrides et quelques passages de fronts...

   L'âge adulte... Entre 35 et 65 ans. Ce n'est pas un voyage sans secousse et nous apprenons les difficultés de la vie, les maladies et les deuils. Des soleils des naissances aussi. Le destin nous soumet à des épreuves très lourdes. En y repensant, je ne sais pas comment j'ai fait pour les traverser, pour faire face... Rester debout malgré tout, cela révèle des forces insoupçonnées en nous. Et laisse des traces indélébiles, aussi bien des jours ensoleillés que des tempêtes dévastatrices.

   La vieillesse maintenant... Je chemine vers elle ou j'y suis déjà? Parfois, je surprends sur une photo plus récente, un visage fatigué dont l'ovale s'est effacé, la peau défraîchit lentement, encadré des cheveux de plus en plus grisonnants... Serait-ce moi? Il me reste à faire la paix avec l'inéluctable et à marchander avec le destin quelques concessions pour que le chemin devant moi soit le plus riche et le moins humiliant possible.

De l'âge

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Gilbert l'écrivain

28 Juillet 2021, 10:16am

Publié par Flora bis

 

Je viens de relire quelques extraits des textes de Gilbert, publiés à partir des années 1990, année de notre retour en France. Je suis frappée par la force, la perfection, l'originalité du style comme si je découvrais ces pages. Je le revois dans son bureau perché au 2ème étage de la maison, au bout de 38 marches raides avec des virages étroits que je montais et descendais dix fois par jour. Mon bureau se trouvait juste à côté, tout comme la chambre d'amis. Le palier, ainsi que les pièces sont tapissés de livres, du sol au plafond. Des siens et des miens. Quel apaisement était pour lui de voir tous ses bouquins enfin réunis à portée de main!... Sources d'inspiration plus puissantes que la vraie vie dont il n'était pas persuadé de la réalité... Il recréait inlassablement sa réalité à lui, en une fiction complexe, teintée d'éléments fantastiques, d'humour et de dérision caustiques, sûr qu'elle l'aiderait plus infailliblement que tout, à vaincre la mort.

   Oui, je connaissais ses textes par coeur car il m'a associée très étroitement au processus de leur création. Redoutable privilège! J'ai été happée, dans l'incapacité de me libérer, écrasée par la responsabilité de la tâche et par l'exigence et la sensibilité particulière de l'écrivain... Sa confiance intuitive en mon jugement, non moins instinctif  -  car je ne me sentais absolument pas à la hauteur!  -  à la fois gratifiante mais surtout écrasante, m'obligeait, que je veuille ou non, à suivre pas à pas les tourments d'un écrivain qui savait que le temps lui était compté. 

   Avant sa mort, il m'a confié 2-3 textes inachevés avec une injonction impossible à accomplir: "Tu les finiras!" Comment me mettre dans les pas d'un écrivain à l'univers si différent du mien (si jamais j'en ai un...), dans une langue d'adoption dans laquelle je n'ai jamais commis le moindre texte littéraire?... J'ai commencé mon blog français en 2008, en guise "d'entraînement à l'écriture" mais je ne me sens toujours pas prête...

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Effets secondaires

2 Avril 2021, 10:50am

Publié par Flora bis

   Ca y est, le 31 mars, j'ai reçu la deuxième piqûre du vaccin Pfizer-BioNTech. A 14h30, j'étais seule à attendre dans l'immense gymnase aménagé en "vaccinodrome", et après le protocole d'usage et un petit café réconfortant, je suis partie dans la foulée faire mes courses alimentaires de la semaine.

   Le lendemain matin, je me suis levée un peu chancelante, en proie aux vertiges et autres faiblesses passagères. Tension prise, j'ai constaté qu'elle avait chuté de 6-7 points par rapport à l'habituelle. C'est dire que j'étais incapable de rester devant mon ordinateur  -  mon occupation ordinaire de la matinée à me rattacher au monde extérieur  -  pour répondre au courrier et aux messages, à publier éventuellement un nouvel article sur mes blogs français ou hongrois ou sur Facebook. J'ai passé le reste de la matinée dans mon fauteuil IKEA, à moitié allongée, car à 14h30, je devais participer à une petite réunion associative à six que je ne voulais pas manquer.  Mes amies m'ont amenée avec elles et j'ai passé l'après-midi à demie-éteinte, à discuter des choses sérieuses et des plus futiles aussi, en buvant un verre de champagne pour fêter dignement l'anniversaire de l'une de nous. Peu à peu, en fin d'après-midi, j'ai retrouvé mon état habituel. Je me suis dit: voilà les fameux effets secondaires du vaccin; si ce n'est que ça, ce n'est pas grave, il suffit d'attendre et ça passera! En effet, ce matin, les choses ont retrouvé leur place familière et ma tête, mes jambes leur assurance des jours ordinaires. Le beau temps semblent fini dans le Nord, la grisaille est de retour. Le "confinement ouvert" oxymorien est étendu sur toute la France, les vacances scolaires sont légèrement chamboulées, la population oscille entre résignation consensuelle et inertie apathique, voire quelques sursauts d'humeur festive générée par le soleil... On a de plus en plus de mal à se souvenir d'une autre vie, celle d'AVANT... Effet secondaire d'une pandémie interminable.

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Toast pour un douzième anniversaire

29 Juin 2020, 17:10pm

Publié par Flora bis

  La blogosphère a plus ou moins 30 ans d'existence, si l'on compte l'apparition des premiers blogs embryonnaires au début des années 1990. Certains prétendent qu'elle est moribonde. Les Snapchat, twitter, WhatsApp, YouTube, Instagram et autre TikTok (non exhaustifs) sont en concurrence agressive, surtout chez les jeunes. Même Facebook devient tout doucement le jouet des papi et mamie, étant donné que la plupart des jeunes évitent les textes de plus de 10 lignes (voire encore moins), demandant de l'image, du son, du plaisir instantané, et surtout: SANS EFFORT! Je me sens d'une autre époque, non sans observer avec curiosité les générations suivantes.

   Quant à moi, je n'arrive pas à abandonner mon blog âgé de 12 ans! Malgré l'écho relativement modeste, voire inexistant (j'ajoute sa publication sur Facebook, pour élargir sa visibilité), je tiens à cet exercice d'écriture régulier, à ce remède miracle des mots. Il fait partie de ma vie, il est né peu après ma graphomanie qui questionnait ma solitude. Il testait mon français, souvent maladroit, récalcitrant à exprimer mes intentions avec justesse, tout en baignant dans la boulimie des mots des écrivaillons débutants. 

   Il a changé avec le temps, devenant de plus en plus intime: journal de bord pour mises au point sur mon chemin de Compostelle, figures libres qui servent de repères à cette vie qui, insaisissable, fuirait dans tous les sens...

 

 

 

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De l'intuition. Que dit la fameuse petite voix?

16 Juin 2020, 16:55pm

Publié par Flora bis

   Je viens de regarder une série de témoignages relatant des pressentiments intuitifs étranges et irrésistibles. Parmi les participants, il y en a qui évoquaient, en guise d'explications, des anges gardiens ou des signes, des réponses de l'Univers (ou de Dieu) qu'ils auraient sollicités. Un monsieur fort savant et très peu enclin à l'ésotérisme, psychologue clinicien, participait à l'échange, afin de donner des explications scientifiques.

   Il y a quelques années, j'ai moi-même exploré un peu le sujet de l'intuition, sous forme d'un exposé. C'était passionnant!

   Il n'y a pas de place ici pour faire le tour du sujet. En gros  -  et dans un dé à coudre  -  l'intuition est opposée au raisonnement, à la déduction. Tandis que l'une (l'intuition) sollicite l'hémisphère droit du cerveau, l'autre (le raisonnement) met à contribution le gauche. 

    Pour user d’une image créée par la béotienne que je suis dans le domaine scientifique, j’imagine le parcours fulgurant de la pensée intuitive comme un contact neuronal ultrarapide, court-circuitant le cortex et ses réseaux de la pensée logique et déductive. Elle nous arrive comme une évidence, faisant peut-être appel à une mémoire lointaine, voire même archaïque. Notre psychologue parle de "miroir émotionnel" car cet état intuitif fulgurant est accompagné généralement d'une grande charge émotionnelle.

   Je me souviens de quelques moments très importants dans ma vie où cet état m'est tombé dessus, souvent devant des choix cruciaux. La fameuse "petite voix intime" qui chuchote son conseil à votre oreille: "Vas-y, fonce!" ou au contraire: "N'y va pas, danger imminent!", je l'ai écoutée, la plupart du temps. Une seule fois je lui ai désobéi. J'en assume les conséquences, bonnes ou mauvaises. L'enfer ou le paradis. La vie, quoi.


 

 

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