Le blog de Flora

Enrichir son vocabulaire... Pour comprendre.

20 Août 2021, 11:52am

Publié par Flora bis

   J'ai appris un nouveau mot ("pour un nouveau-né, tous les gags sont neufs") qui n'est pas si nouveau que cela mais pour la néophyte que je suis, il l'est: "solastalgie". Inventé en 2003 par le philosophe australien Glenn Albrecht (du latin "solacium" réconfort" et du grec "algos" souffrance, douleur. Ce néologisme anglais a été formée plutôt sur le modèle de "nostalgie" d'où l'apparition du -st- .) Bref, dès que j'ai pris connaissance de sa signification, je me suis découverte sur un terrain familier.

   La "solastalgie" désigne, pour ainsi dire, un stress pré-traumatique. C'est à dire, on souffre de quelque chose qui pourrait, qui devrait arriver. Cela crée un état anxieux, un sentiment de perte de contrôle de sa vie, avec sa cohorte de symptômes comme insomnie, dépression, perte du goût des choses, léthargie, tristesse... Combien de fois ai-je vu tomber mes élans dans l'inertie, avec la question immanquable: "A quoi bon?..."

   Alice Desbiolles, le médecin qui a fait connaître le phénomène en France en 2019, le définit comme l'expression de la détresse des écosystèmes, notamment celle du lien entre l'homme et son environnement. Prendre conscience du danger imminent qui menace cet environnement crée une inquiétude permanente et anticipatoire, une représentation tragique de notre présent et de notre futur, un sentiment d'impasse. Nous sommes bombardés sans relâche par des nouvelles catastrophiques venant tour à tour des scientifiques, des politiques (qui en font souvent des arguments électoraux), par les média affamés de frissons sensationnels. Peu importe les dégâts irréparables qu'ils provoquent, sans se soucier des remèdes. Sans oublier cependant de nous culpabiliser au passage, alors que, à notre petite échelle, nous jouons déjà aux colibris dociles et lénifiants, en tentant de nous redonner quelques lambeaux de bonne conscience. Pendant ce temps, ceux à qui le vrai pouvoir d'agir revient, exploitent sans vergogne le bien commun de l'humanité, coupant la branche commune à tous, pour amasser de plus en plus de richesse! Après moi le déluge! Et nos enfants et petits-enfants? Que deviendront-ils?... L'instinct grégaire de l'homme à s'émerveiller au premier cri d'un bébé... Pour danser encore, les yeux bandés, au bord du précipice.

   Le remède? "Se raccrocher à quelque chose de positif, de vivant, contacter en soi la force, quelque chose de solide et d'ancré" disent les psychologues qui commencent à se pencher sérieusement sur la gravité du phénomène. On essaie de soigner les symptômes faute de pouvoir traiter la cause. Petites rustines sur une jambe de bois.

Que dit de la résilience B. Cyrulnik qui a importé en France la notion :

"... c'est une stratégie de lutte contre le malheur qui permet d'arracher du plaisir à vivre, malgré le murmure des fantômes au fond de sa mémoire."

 

   

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