Le blog de Flora

Effets secondaires

2 Avril 2021, 10:50am

Publié par Flora bis

   Ca y est, le 31 mars, j'ai reçu la deuxième piqûre du vaccin Pfizer-BioNTech. A 14h30, j'étais seule à attendre dans l'immense gymnase aménagé en "vaccinodrome", et après le protocole d'usage et un petit café réconfortant, je suis partie dans la foulée faire mes courses alimentaires de la semaine.

   Le lendemain matin, je me suis levée un peu chancelante, en proie aux vertiges et autres faiblesses passagères. Tension prise, j'ai constaté qu'elle avait chuté de 6-7 points par rapport à l'habituelle. C'est dire que j'étais incapable de rester devant mon ordinateur  -  mon occupation ordinaire de la matinée à me rattacher au monde extérieur  -  pour répondre au courrier et aux messages, à publier éventuellement un nouvel article sur mes blogs français ou hongrois ou sur Facebook. J'ai passé le reste de la matinée dans mon fauteuil IKEA, à moitié allongée, car à 14h30, je devais participer à une petite réunion associative à six que je ne voulais pas manquer.  Mes amies m'ont amenée avec elles et j'ai passé l'après-midi à demie-éteinte, à discuter des choses sérieuses et des plus futiles aussi, en buvant un verre de champagne pour fêter dignement l'anniversaire de l'une de nous. Peu à peu, en fin d'après-midi, j'ai retrouvé mon état habituel. Je me suis dit: voilà les fameux effets secondaires du vaccin; si ce n'est que ça, ce n'est pas grave, il suffit d'attendre et ça passera! En effet, ce matin, les choses ont retrouvé leur place familière et ma tête, mes jambes leur assurance des jours ordinaires. Le beau temps semblent fini dans le Nord, la grisaille est de retour. Le "confinement ouvert" oxymorien est étendu sur toute la France, les vacances scolaires sont légèrement chamboulées, la population oscille entre résignation consensuelle et inertie apathique, voire quelques sursauts d'humeur festive générée par le soleil... On a de plus en plus de mal à se souvenir d'une autre vie, celle d'AVANT... Effet secondaire d'une pandémie interminable.

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Un monde masqué

25 Mars 2021, 19:01pm

Publié par Flora bis

   Au bout d'un an, je supporte toujours péniblement le masque, il m'étouffe, je respire mal : dès que je peux, je m'en libère. Néanmoins, avant Noël, pendant quelques jours très désagréables, le port d'un masque m'était d'un grand réconfort. Un abcès sur une dent de sagesse m'a gonflé la joue gauche et, en attendant d'être secourue par mon dentiste, j'étais bien contente de pouvoir dissimuler la déformation. Cet incident m'a inspiré quelques réflexions sur l'utilité de ce bout de tissu, au-delà de faire barrage aux virus.

   J'ai déjà écrit au sujet des masques, des vrais et des symboliques, de leur signification, de la nécessité de se cacher sous un masque invisible qui, peu à peu, devient un visage de circonstance, selon nos métiers, selon les situations de la vie sociale ou simplement au gré de nos états d'âme...

   Depuis la pandémie, ce masque abstrait, symbolique est devenu bien concret, un cache qui ne laisse voir que les yeux. Le regard prend ainsi beaucoup plus d'importance : seul point d'encrage pour sonder le fond de la pensée de l'autre. Il devient impossible de fuir le regard de l'interlocuteur, en fixant légèrement "à côté", la bouche ou le front, les boucles d'oreilles ou d'autres échappatoires... Restent les yeux, unique contact. Impossible de savoir si l'autre sourit : la bienveillance ou l'hostilité, voire l'indifférence de son accueil demeurent cachées devant nous. Nous ne pourrions même pas le (la) reconnaître sans masque. Nous pouvons seulement l'imaginer, y ajouter les détails manquants. De cette façon, si les circonstances permettent d'ôter le masque, la découverte d'un visage nu et inconnu peut nous réserver des surprises... "Je savais que le bien comme le mal est affaire de routine, que le temporaire se prolonge, que l'extérieur s'infiltre au-dedans, et que le masque, à la longue, devient visage." (Marguerite Yourcenar: "Mémoires d'Hadrien")

   

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Trophées et cérémonies aux temps du Covid

14 Mars 2021, 10:15am

Publié par Flora bis

Je fais partie des rares personnes qui ont regardé vendredi soir la remise des Césars sur Canal+, et jusqu'au bout, SVP.! (3h et demie, oui, je l'avoue, je suis un peu mazo!) Une grande salle de théâtre, l'Olympia, clairsemée, faisant à peine illusion, peuplée juste des personnes nommées par l'Académie "new look", fraîchement "rénovée", sélection féministe, diversité-iste, jeuniste, bref, exit le mâle blanc dominant patriarcal! (Attention tout de même de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain!...) Ajoutons à cela les aléas du COVID qui ont fermé les salles de cinéma, laissant brièvement entrevoir quelques films de la production riche et variée, pendant la brève ouverture de l'été.

Marina Foïs a assuré le rôle ingrat de l'hôtesse, à sa façon, avec son humour cru et mordant habituel. Je comprends bien l'intention de se débarrasser de tout ce qui crée l'ambiance guindée et la bienséance raide, parfois hypocrite de ces remises de trophées pour ôter la chape d'ennui qui menace... Mais là, "on est tombé de l'autre côté du cheval" (traduction du hongrois), d'un bout à l'autre on nageait dans une ambiance amère, inutilement agressive (même envers ceux ou celles qu'on avait sollicités pour remettre la statuette), volontiers scatologiques... Le strip-tease de Corinne Masiero ôtant sa peau d'âne et sa robe ensanglantée nous a offert l'image de son corps sculptural, rappelant celle de l'actrice victime de l'avidité d'un père (d'un metteur en scène) abusif... sans oublier les intermittents "à poil". Pour moi, la vraie émotion est née - et m'a maintenue jusqu'au bout - des extraits des films sélectionnés, de ceux aussi, et surtout, qui ont ressuscité pour un bref instant les personnes qui nous ont quittés cette année... Claude Brasseur, Michael Lonsdale, Guy Bedos, Juliette Gréco, Jean-Pierre Bacri, Annie Cordy, Michel Piccoli etc, ils sont très nombreux. Jean-Claude Carrière, l'érudit, l'incroyable et le merveilleux raconteur d'histoires, avec Jean-Loup Dabadie et son humour qui vire au drame... Ils font partie de notre imaginaire à jamais. Sans ces artistes, notre vie serait - EST - plus pauvre. Ils sont essentiels.

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Pluie de manne

8 Mars 2021, 11:44am

Publié par Flora bis

    Après de nombreux appels devenus routiniers, suivis de déceptions tout aussi routinières dont l'effet de stress ne manquaient jamais d'agir, façon piqûre de rappel douloureuse, sur le moral qui finissait obligatoirement dans les chaussettes... bref, samedi après-midi, je reçois l'appel d'une amie qui m'encourage à tenter la réservation d'un RDV sur Doctolib... J'y vais sans trop d'illusion  -  et miracle! j'ai RDV pour me faire vacciner le lendemain après-midi! Et même une deuxième fois pour 1 mois plus tard! Je me frotte les yeux, pour me réveiller de cette douce illusion... Je ne suis ni président de la république à la retraite, ni membre de réseaux puissants installés près du feu. Je ne me suis rendue célèbre, "médiatique" d'aucune façon : quel ratage! Je ne mérite décidément pas une Rolex!... Peut-on, décemment, se contenter d'être fière de son bilan "minable" d'aimer et d'être aimée par sa famille et ses amis? Anonyme qui prend de l'âge et quelques comorbidités mais toujours pas assez pour mériter le vaccin salvateur! Dévorée par le doute légitime, je reçois un SMS de confirmation, me pressant de me présenter à telle heure, telle adresse. Je me dis: il y aura bien un chien ou un autre canidé enterré à l'adresse indiquée...

   Je m'y rends à l'heure prévue : vaste gymnase transformé en "vaccinodrome" (notre vocabulaire ne cesse de s'enrichir!) où, à chaque pas, plusieurs représentants de la Croix Rouge, des infirmiers et d'autres individus masqués guident vos pas, vous désinfectent les mains, vous "trient" selon vos sensibilités dues à votre âge, vers des chaises et des carrés bâchés, tous numérotés! Un médecin remplit deux pages de vos aveux, puis il vous passe dans les mains d'un jeune et fringant infirmier qui, ni une, ni deux, vous pique le bras de votre choix! Quelques minutes plus tard, vous suivez les flèches vers la sortie. Quelle efficacité! Je tire mon chapeau imaginaire devant la mobilisation exemplaire et je fais quelques amères réflexions sur le contraste que cette capacité admirable d'organisation, d'efficacité représente face aux lenteurs, aux opacités, aux insuffisances qui règnent au niveau national... Après des mois de piétinement sur place, de doses à compte-gouttes, d'explications douteuses, soudain, une pluie de manne nous tombe dessus en un week-end, comme sur les Hébreux affamés, assoiffés dans le désert... Un pas vers la liberté retrouvée, un jour.

(dessin : Net, Chapatte)

 

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Février s'en est allé...

1 Mars 2021, 10:13am

Publié par Flora bis

Quelle semaine derrière moi!... Avec de la souffrance et de la douceur mêlées.

J'ai cueilli mes petites-filles dimanche 21 février, au train de midi. Pour les trois premiers jours, je les ai déposées chez les autres grands-parents, pour les récupérer mercredi soir. Entretemps, leurs parents sont arrivés, pour fêter dimanche, un peu en avance, l'anniversaire de l'aînée, Lucie. 15 ans dans une semaine, ma grande petite-fille! J'aime ces rituels familiaux qui contribuent à maintenir le lien entre les générations et nous font prendre conscience du temps qui passe.

La semaine a débuté pourtant avec des  soucis de santé récurrents et très handicapants qui ne m'ont lâchée que pour l'arrivée des petites chez moi, me léguant une tenace contracture dans le dos pour le reste de la semaine... En position de repos (rare), la douleur se laissait presque oublier et j'en ai profité pour savourer les moments passés avec mes petites-filles. Quel plaisir de les avoir avec moi, sans se presser, en échangeant, discutant de plein de choses extrêmement importantes à cet âge! Cela va sans dire que regarder ces petits êtres en mouvement, en maturation, en changements perpétuels est absolument passionnant: de ma position de grand-mère privilégiée (car je possède une chose précieuse qui manque souvent à tous les parents: la disponibilité), je peux les écouter sans juger, sans  réprimander  -  en rectifiant juste en douceur et en compréhension, du haut de mon âge, tout en respectant les peines du coeur qui, à 12 ou 15 ans font autant souffrir qu'à 25, 40 ou 70 ans... 

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Désespérant...

18 Février 2021, 10:29am

Publié par Flora bis

   Nous habitons une des régions les plus denses et les plus atteintes par le virus et ses variantes. Peu importe : la vaccination marche à compte-gouttes, quand elle marche. Lorsque vous essayez d'obtenir un RDV, la plupart du temps, personne ne décroche, au mieux c'est pour vous dire: "Rappelez plus tard, on n'a plus de doses". Même si vous êtes dans la bonne "tranche" et garni de plusieurs co-morbidités...

C'est assez désespérant. On ne peut pas dire qu'on manque d'informations, pourtant. Presse, radio, TV, Internet sont saturés d'avis d'experts de tout poil; certains, installés au sommet de leur autorité en la matière, souvent condescendants pour les ignares que nous sommes, d'autres, novices devant les caméras mais manifestement avides de s'y faire une petite place. Le début d'une notoriété de rock star! Certains s'y sont brûlé les ailes au passage, avec des remèdes sortis de leur cuisine de Grand Sorcier inattaquable! Comment se fait-il, en fin de compte, qu'on ait la sensation d'y voir de moins en moins clair? Ne serait-ce pas un écran de fumée cache-misère, pour ne pas avouer une incapacité opaque et bureaucratique d'organiser les choses convenablement? Je pense à Molière:

"Toute l'excellence de leur art consiste en un pompeux galimatias, en un spécieux babil, qui vous donne des mots pour des raisons, et des promesses pour des effets."  ("Le malade imaginaire")

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Ambiance de février, froide et molle...

9 Février 2021, 12:42pm

Publié par Flora bis

   Il était 2h40, la nuit dernière. Je m'apprêtais à monter les 18 marches qui mènent à mon lit. Par la porte vitrée qui donne sur la rue, une blancheur inhabituelle, compacte, m'a intriguée. J'ai saisi mon portable pour vérifier l'intuition, en ouvrant la partie vitrée : c'était bien la neige qui était en train de se poser sur la route, les trottoirs et sur les voitures. Comme du sucre glace sur un gâteau, par le geste ultime du pâtissier.

   Nous y sommes, en ce début d'année 2021, incertain, instable, suscitant tantôt des espoirs et nous plongeant, le lendemain, dans la désolation. Desserrant l'étau pour nous laisser respirer un coup, le resserrant aussitôt pour nous asphyxier mollement, patiemment.

   Février, c'est cela : une ambiance de lassitude, de l'hiver qui s'accroche à nos basques pour nous montrer qu'il est encore chez lui, qu'il peut nous envoyer des bourrasques et de la neige (que nous n'avons pas eues jusqu'ici) s'il veut. Que la sortie du marasme et de l'angoisse de toute une année est seulement entrevue, grâce aux vaccins, mais rebouchée aussitôt, par cafouillage bureaucratique, opacité sans courage... Nous sommes poussés un jour à avancer, condamnés à piétiner sur place le lendemain, comme une foule sans défense, à la merci des décisions peu transparentes et contradictoires. Stoppée ou ébranlée au gré des ordres incompréhensibles. Tout d'un coup, le souvenir des défilés obligatoires des 1 mai dans la Hongrie de l'époque communiste, fait surface dans ma mémoire. Les écoliers, les usines et les coopératives défilaient, en rang, en uniforme s'ils en avaient, brandissant les symboles de leur travail (je me souviens des élèves d'une écoles préparant aux métiers de la santé qui défilaient en blouses blanches, serrant des poupées baigneuses dans leurs bras...). La foule compacte avançait ou piétinait sur place, pendant des heures, selon les mots d'ordre venus d'on ne sait où...

 

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Comme une fin de janvier...

30 Janvier 2021, 18:39pm

Publié par Flora bis

   Nous sommes le dernier jour du mois de janvier. Sur mon blog, 3 articles, c'est tout. Mauvais signe à coup sûr: un mois peu inspirant, sous l'étouffoir. Quelques rendez-vous utiles mais peu enthousiasmants chez le dentiste, des démarches pour obtenir l'inscription sur le registre de la vaccination, en vain. "Ré-essayez fin février...", cherche à m'encourager une voix féminine. En attendant, tentons de passer entre les gouttes... de la pluie qui tombe en abondance. Triste week end, avec la sensation du poids du monde sur la poitrine. Vers 18 h, les rues se dépeuplent, je baisse les volets pour retenir un peu plus de chaleur à l'intérieur de la maison et je m'installe devant mon ordinateur pour tenter de combler le vide, pour allumer une petite lumière autour de moi  -  en moi.

Je tombe sur deux cahiers à carreaux très simples, pièges à souvenirs, machines à remonter le temps. Preuves aussi que je n'ai pas rêvé l'étudiante enthousiaste et avide de découvertes, car à l'intérieur, c'est bien mon écriture, en hongrois et en russe, tracée à la hâte. Je me réfugie dans les souvenirs d'il y a cinquante ans. La première note débute le 14 février 1971, dimanche. (Tiens, à l'époque, on ne savait pas que des décennies plus tard, ce serait, pour nous aussi, le St-Valentin!...) Depuis une quinzaine de jours, nous sommes à Saint-Pétersbourg qui s'appelle à l'époque Leningrad. Dehors, je souffre du vent glacial et humide et dans ma chambre   -  que je partage avec deux étudiantes soviétiques  -  ce sont des assauts nocturnes de punaises que je subis dès que j'éteins ma lampe de chevet... Le jour, elles sont invisibles, je ne sais même pas à quoi elles ressemblent car je n'en avais jamais vues. Elles doivent trouver mon sang exotique à leur goût car elles laissent mes voisines russes en paix. Il me faudra du temps pour que, à l'aide d'une mixture antique recommandée par une de mes profs de fac, je parvienne à m'en débarrasser...

   Six mois suivront, pleins d'aventures, de découvertes, d'amourettes, de grandes conversations, de théâtres, de voyages, d'amitiés pour la vie... Je pense aux étudiants des confinements et d'autres temps de pandémie et je les plains de tout coeur. En plein été, en période des nuits blanches réellement magiques à vingt ans, nous reprenons le train pour la Hongrie. Dernière note du cahier :" le 30 juin 1971, mercredi : à la descente du train, les bras aimants de la famille m'accueillent."

                                                                  

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Un départ cahotant

22 Janvier 2021, 16:28pm

Publié par Flora bis

   2021 prend un départ plutôt cahotant , sur des chemins pleins d'embûches. Les espoirs que certains ont investis dans le changement d'année, pâlissent au fur et à mesure que les semaines passent. Notre virus (Covid 19 par son petit nom), devenu familier, au point que les autorités nous incitaient à apprendre à vivre avec, nous condamnant ainsi à une existence masquée et "distanciée" à vie, voilà-t-y pas qu'il se met en tête de muter à tout va!...  Ses petits cousins exotiques se montrent encore plus gloutons. Les innombrables experts scientifiques nous font miroiter un troisième confinement.

   Les réticences devant la vaccination fondent d'un seul coup, générant une ruée sur les centres. En quelques jours, blocages: plus de doses disponibles, RDV annulés jusqu'à la fin de février!... Où est passée la France qui doute, honteuse à la queue des pays européens dans l'intention de se faire vacciner? Quels mots magiques ont-ils retourné la situation? Je suppose : "il n'y en aura pas pour tout le monde..." 

les Alpes

   Troisième confinement? Une lassitude nous envahit. Cela va faire un an que nous n'en voyons pas le bout. On peut reprocher aux décideurs leurs faux-pas, leurs manquements ou leurs dissimulations de la vérité, devant l'inconnu, on n'est pas sûrs qu'on auraient fait bien mieux. Peut-on s'installer durablement dans un semblant de vie?... Il faudrait le demander à Nelson Mandela qui a passé 27 ans en prison, et qui s'inspirait du poème de William Ernest Henley, "Invictus": "Je suis debout, bien que blessé. / Je suis le maître de mon destin / Je suis le capitaine de mon âme."

   

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Calfeutrés

15 Janvier 2021, 11:49am

Publié par Flora bis

   Cela fait plus de deux semaines que j'ai déserté mon blog. Les visiteurs, découragés, se lassent de frapper à la porte d'une maison que seuls les courants d'air et les fantômes traversent...

(Suis-je comme Annie Girardot à son dernier César: "Je ne sais pas si j'ai manqué au cinéma français mais à moi, le cinéma français a manqué follement, éperdument, douloureusement...") Non, je n'en suis pas aux larmes, plutôt au manque d'écriture, de la nécessité de tirer au clair les impressions, les sentiments, les contradictions et les questionnements. L'écriture possède le don d'aplanir les égarements, de lisser les souffrances, d'apaiser les détresses, avec l'aide des mots, ces lumignons magiques à éclairer les coins sombres de l'existence. Bon, j'espère que je n'ai pas été trop grandiloquente, sans pouvoir m'empêcher de m'ébrouer dans les mots comme les canards dans l'eau printanière!... Quoi que... Parfois, ça fait du bien..

   Hier, pendant la nuit, une mince couche blanche a recouvert les toits des maisons, des voitures et le gazon du jardin. Toute la journée, la température avoisinait le 0° et je suis sortie sur la terrasse, devenue une véritable patinoire, avec mille précautions. Signe de vieillissement, ai-je noté. Avant, je n'avais pas besoin de prudence particulière pour affronter l'hiver, ni le hongrois, ni le russe, ni le berlinois, avec leurs températures très en-dessus de 0° : si je tombais, je me relevais sans craindre que le terme de la vie valide ne soit arrivé...

   

   

   

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