Le blog de Flora

Pages d'un album ancien

17 Janvier 2015, 15:30pm

Publié par Flora bis

Pages d'un album ancien

La vague des émotions commence à se retirer. Je me sens saturée d'images rétrospectives, de témoignages, de commentaires. Moi-même, j'ai échangé beaucoup sur LE sujet... Echanges cordiaux, dans la mesure du possible. Il faut toujours écouter son interlocuteur même si nous ne sommes pas du même avis. Comment prôner la liberté de s'exprimer pour nous, si nous la refusons à l'autre? Essayer de dissiper quelques confusions, fixer quelques principes. Je suis peut-être restée prof dans l'âme pour toujours...

J'ai envie de reprendre ma respiration, au moins pour un temps. Dehors, le ciel est d'un bleu étincelant mais le soleil est bas. C'est l'hiver. L'air pique les joues, les trottoirs glissent. Je me réfugie devant mon clavier...

Je feuillette les pages de mon album de photos virtuel. Les années s'égrènent devant mes yeux: des vacances, des Noël, des mariages, des naissances... Visages fixés par l'objectif reprenant vie, figures familières avec leurs gestes, attitudes mille fois vus, gravés à jamais dans la mémoire... Lieux habités par leurs souvenirs, intacts, et d'autres, exotiques à découvrir...

La vie ordinaire dans sa rassurante continuité. Pouvons-nous savoir au moment donné à quel point nous sommes heureux? Ou alors, le bonheur ne se reconnaît-il qu'à la traînée de parfum laissée à son passage, loin derrière lui, ou au goût de miel dans la bouche...

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Jours historiques

12 Janvier 2015, 17:38pm

Publié par Flora bis

Jours historiques

Foule immense, émotion collective, récupération ou non, futures polémiques... On est loin de l'état de sidération dans lequel nous étions plongés depuis mercredi midi et pendant trois jours. Dimanche après-midi, c'était l'enthousiasme et l'émotion à l'unisson qui primaient et qui, peu à peu nous libéraient du sentiment oppressant.
Massacre de dessinateurs, de journalistes, de victimes collatérales, prise d'otages sanglante et interventions impressionnantes, nous avons vécu, par écrans et ondes de radio interposés, des journées intenses.
Le déclencheur? La force subversive de l'humour. Je repense immédiatement au roman d'Umberto Eco: "Le nom de la rose". Le moine illuminé devient "serial killer" par fanatisme pur: pour lui, le rire est une provocation intolérable qu'il convient d'éradiquer. Le blasphème...
Jusqu'où va la liberté d'expression, a-t-elle une limite, quand devient-elle insulte pour les croyants? Manquerait-on à ce point de sens de l'humour au deuxième degré dans certains milieux (et pas seulement chez les fondamentalistes)? Censure, voire même auto-censure, couplées du "politiquement correct" qui a faussé tant de débats...
Beaucoup de pain sur la planche pour ceux qui ne se contentent pas de se jeter dans la chaleur des émotions collectives mais qui veulent bien réfléchir, calmement, sans passions partisanes, aux causes et aux conséquences, afin de préserver l
'avenir.

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Petite escapade hivernale

4 Janvier 2015, 11:00am

Publié par Flora bis

Lisbonne au soleil de fin de décembre

Lisbonne au soleil de fin de décembre

Je tente de retenir les caresses du soleil portugais sur ma peau fatiguée de nordiste d'adoption... Six jours de Lisbonne - pour moi, une initiation - ne permettent qu'un aperçu sommaire de la vie des gens: mes longs séjours dans des pays étrangers m'en ont profondément convaincue. Il faut y vivre des années, partager le quotidien.

Pour une initiation, six jours suffiront. L'avion survole les collines qui descendent vers l'océan. L'estuaire du Tage (Tejo) majestueux devient si large qu'il se confond avec l'Atlantique... Nous découvrons les quartiers anciens, témoins d'un passé glorieux où le Portugal était le premier peuple navigant découvreur de voies maritimes nouvelles, possédant des territoires de plusieurs fois sa taille... Que reste-t-il de ce passé grandiose? Le saudade, mélancolie nourrie du sentiment d'appartenir à un même destin, nostalgique du passé mais dénué de désespoir pour le futur...

Le grand poète Pessoa exprime ainsi ce flottement intemporel:

Je ne suis rien.

Je ne serai jamais rien.

Je ne pense vouloir être rien.

A part ça, je porte en moi tous les rêves du monde.

Le touriste ordinaire néanmoins sensible foule les petits pavés des rues étroites qui escaladent les collines, parmi les façades délabrées mais imprégnées de la dignité d'une richesse d'antan, ornées des azulejos qui tombent, détaillées ensuite sur les étals des marchés aux puces. Le piéton partage les pavés avec le légendaire tram 28, dont l'unique voiture bondée brave la montée en pente raide, les taxis et les tuc-tuc vrombissants capables d'engloutir notre groupe de sept personnes... Le piéton se plaque contre le mur ou se dissimule dans les portes, afin de laisser passer le trafic. Personne ne s'énerve, la jovialité règne. Le Portugal supporte le poids de la crise avec la même dignité noble.

Petite escapade hivernalePetite escapade hivernale
Petite escapade hivernale

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Pour Noël

22 Décembre 2014, 17:46pm

Publié par Flora bis

Pour Noël

Noël... Que reste-t-il de sa signification, tandis que nous suffoquons dans la foule harassée

des forçats des achats de dernière minute...

L'intention touchante de faire plaisir selon nos moyens

 -  ou même légèrement au-dessus, tant pis, on serrera la ceinture après les fêtes  -  espérant ne pas avoir complètement râté nos choix...

Tentative de ménager un moment de recentrage sur nous-mêmes,

histoire de pas arriver sous le sapin exténués, fourbus,

l'attention tellement dispersée dans nos précipitations

que la solennité du moment,

la joie des enfants tant guettée, espérée comme l'ultime récompense

en seraient escamotées...

Car en fin de compte, 

la vraie signification de Noël,

c'est le pur plaisir de nous retrouver avec les personnes les plus proches,

avec l'envie d'ouvrir nos coeurs, sans arrière-pensée, à l'amour,

et qu'elles puissent le lire dans nos yeux...

 

Joyeux Noël à chacun et à chacune

de mes Visiteurs et Visiteuses,

qui atterrissent sur ce blog intentionnellement

ou par pur hasard! 

 

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Publié depuis Overblog

15 Décembre 2014, 11:21am

Publié par Flora bis

Une mouche
se balançait
Au-dessus d'un océan.
Tout à coup elle se sentit
Prise dans du froid.

Moralité:

Il faut toujours faire attention.

(Jean Tardieu, 1986)

"La mouche et l'océan" Margeries

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Décembre...

7 Décembre 2014, 17:28pm

Publié par Flora bis

Décembre...

Même si ce n'est que pure convention, nous sentons la fin de l'année approcher. Peu à peu, le bouillonnement des préparatifs s'empare du plus grand nombre. Tous ces rituels, ces coutumes prometteurs de fêtes, de bilans, de retrouvailles et de renouveau sont bien faits: ils enrobent d'un goût sucré la pilule à avaler du temps qui s'enfuit...

Les croyants s'enveloppent de l'attente d'une Naissance, promesse de rédemption pour l'homme. Par sa mort, le fils de Dieu rachètera les péchés du monde. Antique sacrifice, depuis des millénaires. Depuis que l'homme est conscient des forces qui le dépassent. On sacrifie un innocent, bête ou humain, qui nous rachètera devant un Tout-Puissant. Du moins, essaie-t-on de l'amadouer par ce geste, heureusement de plus en plus symbolique... Les pages du Net bruissent de retrait en soi, de calendrier d'Avent et de crèches, d'un sentiment de nécessité de se purifier corps et âme, dans l'attente de l'événement (Avènement, l'Avent).

D'autres, les agnostiques, les incroyants ou les adeptes d'autres cultes, essaient de donner un sens différent à cette effervescence décembrale. Le sapin, symbole païen de la vie permanente à travers ses feuilles persistantes, annonce le renouveau de la lumière au moment du solstice d'hiver. Descendu des pays scandinaves, il est accaparé en Europe dès le Moyen âge, par les coutumes chrétiennes qui l'associent à la naissance du Christ, placée également aux alentours du solstice d'hiver.

C'est ainsi que chacun peut se retrouver au pied du sapin décoré, parmi les cadeaux de Noël...

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La pudeur des sentiments

2 Décembre 2014, 11:13am

Publié par Flora bis

La pudeur des sentiments

On dit que la vérité sort de la bouche des enfants.

Parfois, cela provoque même le sourire, cette vérité échappée que tout le monde reconnaît tout bas mais que les barrages créés par l'éducation nous interdisent de prononcer tout haut, sous peine de passer pour des malotrus.

Nous nous appliquons à enseigner à nos enfants que "toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire", qu' "il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant" de dire quelque chose, que "la parole est d'argent mais le silence est d'or"... Autrement dit, nous leur inculquons l'art de dissimuler. Comme on l'a fait pour nous. Et nous apportons la preuve que ça a marché.

Je me demande parfois si ce n'est pas à l'origine de nos blocages émotionnels aussi.

C'est là que le chien est enterré.

Dire ses sentiments, c'est se mettre à nu, c'est se livrer à l'autre, sans défense. Je t'aime, mais toi?... Que feras-tu de ces aveux: en rire, à avoir pitié de moi ou bien y répondre?

Dans tous les cas, je suis suspendu(e), pendant un laps de temps qui semble une éternité, à ta réponse.

Alors, pour échapper à cette torture, nous choisissons la fuite ou nous nous enfermons dans l'armure de notre apparente sérénité et nous attendons que l'autre prenne l'initiative.

Au risque de rester prisonnier(e) de notre pusillanimité.

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Marcel Pagnol (1895-1974) : Citations

25 Novembre 2014, 18:38pm

Publié par Flora bis

Marcel Pagnol (1895-1974) : Citations

Qui ne connaît le nom de Marcel Pagnol, des répliques entières de ses pièces de théâtre, de ses films, l'atmosphère de ses romans où l'humour sauve du mélodrame, sur le fil du rasoir... Sa langue savoureuse sent bon l'esprit de la Provence, les collines au parfum de sauge et de thym et le Vieux port de Marseille...

Auteur de théâtre dont la célèbre Trilogie marseillaise (César, Marius, Fanny), cinéaste de ses propres scénarios (La Femme du boulanger, Le Schpountz, La Fille du puisatier, Manon des sources, Ugolin etc), des romans dont la Trilogie autobiographique (La gloire de mon père, Le château de ma mère, Le temps des secrets), il est élu à l'Académie Française en 1946.

* Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique.

* L'honneur est comme les allumettes : ça ne sert qu'une fois.

* Si on ne peut plus tricher avec ses amis, ce n'est plus la peine de jouer aux cartes.

* Tout le monde savait que c'était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait.

* Ce n'est pas en ouvrant la gorge d'un rossignol que l'on découvre le secret de son chant.

* Les bavards sont ceux qui parlent des autres. Les raseurs sont ceux qui parlent d'eux-mêmes. Ceux qui parlent de vous sont de brillants causeurs.

... et une dernière, dans l'air du temps:

* On ne réalise vraiment qu'une femme contient de la dynamite que le jour où on la laisse tomber.

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Le début de la gloire...

21 Novembre 2014, 17:08pm

Publié par Flora bis

Le début de la gloire...

Il y'a quelques semaines, lors de mon dernier passage en Hongrie, dans la maison de mes parents désormais déserte, j'ai ouvert une grande valise où ma mère avait stocké quelques uns de mes vieux dessins échappés au temps...

Je suis tombée sur cette aquarelle naïve qui est sans doute la première de mes oeuvres sauvée pour la postérité. La preuve: elle n'est pas datée. Or, vers mes dix ans, j'ai été "découverte" par une professeur de dessin enthousiaste qui nous a donné le réflexe de dater le moindre de nos gribouillis, geste que je n'ai jamais manqué depuis...

En contemplant ce dessin quelque peu jauni (plus de 57 ans au compteur tout de même!...), les sensations d'antan me reviennent en mémoire. Qu'est-ce que j'ai peiné avec ce pied droit levé!... Je me vois, tirant la langue dans ma grande concentration. Les proportions laissent à désirer. Le pied gauche ne tient pas sur la feuille par l'erreur typique de la débutante prise au piège des détails, faute de concevoir l'ensemble... L'envolée de la jupe bleue aux pois blancs réveille en moi l'intense plaisir que je ressentais à la peindre... J'avais exactement la même tenue, je l'ai sauvegardée pour l'éternité... Du moins pour son illusion.

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Positive...

19 Novembre 2014, 11:09am

Publié par Flora bis

Positive...

La saison nous incite à rester au chaud, à lire, à rêvasser, à compter le temps sur nos sabliers. A tenter de saisir l'instant fuyant, à le fixer comme sur une photographie éphémère.

L'amas des tâches à régler grossit, devient tellement insurmontable que nous préférons y renoncer. Nous choisissons la fuite. Stratégie de rat de laboratoire. Sauf que, à l'inverse des rats, nous savons qu'il n'y a pas d'issue.

Besoin de respirer à fond, de balayer toute angoisse de la tête.

Je commençais cette note avec la ferme intention d'être "positive". Une armée de gourous et de "coach" nous y invitent, avec leur sérénité en béton censée nous donner confiance. (Ceci dit, j'aimerais les voir dans leur quotidien, sans le masque professionnel...) Cela fait des mois que je m'escrime avec des urgences à régler, des obligations à remplir. Parfois, une petite goutte fait déborder le vase, une petite pelletée sur la tombe d'un moral vacillant. Par exemple, une mystérieuse fuite d'eau dans un plafond...

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