Le blog de Flora

Décembre...

7 Décembre 2014, 17:28pm

Publié par Flora bis

Décembre...

Même si ce n'est que pure convention, nous sentons la fin de l'année approcher. Peu à peu, le bouillonnement des préparatifs s'empare du plus grand nombre. Tous ces rituels, ces coutumes prometteurs de fêtes, de bilans, de retrouvailles et de renouveau sont bien faits: ils enrobent d'un goût sucré la pilule à avaler du temps qui s'enfuit...

Les croyants s'enveloppent de l'attente d'une Naissance, promesse de rédemption pour l'homme. Par sa mort, le fils de Dieu rachètera les péchés du monde. Antique sacrifice, depuis des millénaires. Depuis que l'homme est conscient des forces qui le dépassent. On sacrifie un innocent, bête ou humain, qui nous rachètera devant un Tout-Puissant. Du moins, essaie-t-on de l'amadouer par ce geste, heureusement de plus en plus symbolique... Les pages du Net bruissent de retrait en soi, de calendrier d'Avent et de crèches, d'un sentiment de nécessité de se purifier corps et âme, dans l'attente de l'événement (Avènement, l'Avent).

D'autres, les agnostiques, les incroyants ou les adeptes d'autres cultes, essaient de donner un sens différent à cette effervescence décembrale. Le sapin, symbole païen de la vie permanente à travers ses feuilles persistantes, annonce le renouveau de la lumière au moment du solstice d'hiver. Descendu des pays scandinaves, il est accaparé en Europe dès le Moyen âge, par les coutumes chrétiennes qui l'associent à la naissance du Christ, placée également aux alentours du solstice d'hiver.

C'est ainsi que chacun peut se retrouver au pied du sapin décoré, parmi les cadeaux de Noël...

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La pudeur des sentiments

2 Décembre 2014, 11:13am

Publié par Flora bis

La pudeur des sentiments

On dit que la vérité sort de la bouche des enfants.

Parfois, cela provoque même le sourire, cette vérité échappée que tout le monde reconnaît tout bas mais que les barrages créés par l'éducation nous interdisent de prononcer tout haut, sous peine de passer pour des malotrus.

Nous nous appliquons à enseigner à nos enfants que "toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire", qu' "il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant" de dire quelque chose, que "la parole est d'argent mais le silence est d'or"... Autrement dit, nous leur inculquons l'art de dissimuler. Comme on l'a fait pour nous. Et nous apportons la preuve que ça a marché.

Je me demande parfois si ce n'est pas à l'origine de nos blocages émotionnels aussi.

C'est là que le chien est enterré.

Dire ses sentiments, c'est se mettre à nu, c'est se livrer à l'autre, sans défense. Je t'aime, mais toi?... Que feras-tu de ces aveux: en rire, à avoir pitié de moi ou bien y répondre?

Dans tous les cas, je suis suspendu(e), pendant un laps de temps qui semble une éternité, à ta réponse.

Alors, pour échapper à cette torture, nous choisissons la fuite ou nous nous enfermons dans l'armure de notre apparente sérénité et nous attendons que l'autre prenne l'initiative.

Au risque de rester prisonnier(e) de notre pusillanimité.

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Marcel Pagnol (1895-1974) : Citations

25 Novembre 2014, 18:38pm

Publié par Flora bis

Marcel Pagnol (1895-1974) : Citations

Qui ne connaît le nom de Marcel Pagnol, des répliques entières de ses pièces de théâtre, de ses films, l'atmosphère de ses romans où l'humour sauve du mélodrame, sur le fil du rasoir... Sa langue savoureuse sent bon l'esprit de la Provence, les collines au parfum de sauge et de thym et le Vieux port de Marseille...

Auteur de théâtre dont la célèbre Trilogie marseillaise (César, Marius, Fanny), cinéaste de ses propres scénarios (La Femme du boulanger, Le Schpountz, La Fille du puisatier, Manon des sources, Ugolin etc), des romans dont la Trilogie autobiographique (La gloire de mon père, Le château de ma mère, Le temps des secrets), il est élu à l'Académie Française en 1946.

* Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique.

* L'honneur est comme les allumettes : ça ne sert qu'une fois.

* Si on ne peut plus tricher avec ses amis, ce n'est plus la peine de jouer aux cartes.

* Tout le monde savait que c'était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait.

* Ce n'est pas en ouvrant la gorge d'un rossignol que l'on découvre le secret de son chant.

* Les bavards sont ceux qui parlent des autres. Les raseurs sont ceux qui parlent d'eux-mêmes. Ceux qui parlent de vous sont de brillants causeurs.

... et une dernière, dans l'air du temps:

* On ne réalise vraiment qu'une femme contient de la dynamite que le jour où on la laisse tomber.

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Le début de la gloire...

21 Novembre 2014, 17:08pm

Publié par Flora bis

Le début de la gloire...

Il y'a quelques semaines, lors de mon dernier passage en Hongrie, dans la maison de mes parents désormais déserte, j'ai ouvert une grande valise où ma mère avait stocké quelques uns de mes vieux dessins échappés au temps...

Je suis tombée sur cette aquarelle naïve qui est sans doute la première de mes oeuvres sauvée pour la postérité. La preuve: elle n'est pas datée. Or, vers mes dix ans, j'ai été "découverte" par une professeur de dessin enthousiaste qui nous a donné le réflexe de dater le moindre de nos gribouillis, geste que je n'ai jamais manqué depuis...

En contemplant ce dessin quelque peu jauni (plus de 57 ans au compteur tout de même!...), les sensations d'antan me reviennent en mémoire. Qu'est-ce que j'ai peiné avec ce pied droit levé!... Je me vois, tirant la langue dans ma grande concentration. Les proportions laissent à désirer. Le pied gauche ne tient pas sur la feuille par l'erreur typique de la débutante prise au piège des détails, faute de concevoir l'ensemble... L'envolée de la jupe bleue aux pois blancs réveille en moi l'intense plaisir que je ressentais à la peindre... J'avais exactement la même tenue, je l'ai sauvegardée pour l'éternité... Du moins pour son illusion.

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Positive...

19 Novembre 2014, 11:09am

Publié par Flora bis

Positive...

La saison nous incite à rester au chaud, à lire, à rêvasser, à compter le temps sur nos sabliers. A tenter de saisir l'instant fuyant, à le fixer comme sur une photographie éphémère.

L'amas des tâches à régler grossit, devient tellement insurmontable que nous préférons y renoncer. Nous choisissons la fuite. Stratégie de rat de laboratoire. Sauf que, à l'inverse des rats, nous savons qu'il n'y a pas d'issue.

Besoin de respirer à fond, de balayer toute angoisse de la tête.

Je commençais cette note avec la ferme intention d'être "positive". Une armée de gourous et de "coach" nous y invitent, avec leur sérénité en béton censée nous donner confiance. (Ceci dit, j'aimerais les voir dans leur quotidien, sans le masque professionnel...) Cela fait des mois que je m'escrime avec des urgences à régler, des obligations à remplir. Parfois, une petite goutte fait déborder le vase, une petite pelletée sur la tombe d'un moral vacillant. Par exemple, une mystérieuse fuite d'eau dans un plafond...

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Hommage à Miklós Radnóti

9 Novembre 2014, 18:25pm

Publié par Flora bis

Le 9 novembre 1944, Miklós Radnóti, un des plus grands poètes hongrois du vingtième siècle tombe sous les balles de la milice qui accompagne la marche forcée des prisonniers juifs. Il est enseveli dans une fosse commune et on le retrouvera bien plus tard, avec son carnet contenant ses derniers poèmes dans la poche de son pardessus. Il a 35 ans.

Septième églogue

(...)

Le camp est endormi - le vois-tu, mon amour? - l'air est froissé de rêves;

un qui ronfle là-bas sursaute et puis se tourne sur la planche étroite et déjà

se rendort, et son visage rayonne. Assis là je suis seul éveillé;

je sens la cigarette à demi fumée dans ma bouche au lieu du goût de tes baisers,

et point ne vient le sommeil qui soulage,

car je ne sais plus ni mourir, ni vivre sans toi désormais.

Lager Heidenau, dans la montagne au-dessus de Zagubica, juillet 1944

(traduction: Jean-Luc Moreau)

Hetedik ecloga

(...)

Alszik a tábor, látod-e drága, suhognak az álmok,

horkan a felriadó, megfordul a szűk helyen és már

ujra elalszik s fénylik az arca. Csak én ülök ébren,

féligszítt cigarettát érzek a számban a csókod

íze helyett és nem jön az álom, az enyhetadó, mert

nem tudok én meghalni se, élni se nélküled immár.

Lager Heidenau, Zagubica fölött a hegyekben, 1944 július

photo d'identité retrouvée dans sa poche lors de l'exhumation de la fosse commune

photo d'identité retrouvée dans sa poche lors de l'exhumation de la fosse commune

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Entre médiocrité et excellence

6 Novembre 2014, 12:24pm

Publié par Flora bis

Entre médiocrité et excellence

Dehors, soleil magnifique et rare, dedans, tourbillon de sentiments contradictoires... La lumière m'attire dehors comme un aimant mais l'écran est un appât puissant. Je jette un coup d'oeil rapide sur la page du 6 novembre de mon calendrier: "Il vaut mieux exceller en une chose que d'être médiocre en plusieurs" m'assène Pline le Jeune sa sagesse de presque 2000 ans.

Cher Pline, tu n'as pas besoin de me rappeler cette vérité qui me tarabuste depuis bien longtemps! D'éternité, choisir représentait pour moi de la torture des plus cruelles. Une curiosité insatiable me poussait dans plusieurs directions en même temps, m'empêchant de m'abîmer suffisamment dans un domaine pour y "exceller" comme le recommande Pline. Choisir entre la peinture ou l'écriture: dilemme quasi insurmontable. Les deux demandent un engagement sans partage. Les langues étrangères? Traduction, interprétariat? Enseignement? Aventure éditoriale? Autant de tentations auxquelles j'ai goûté. Forcément, en restant à la surface, sans pouvoir atteindre l'excellence de mes propres exigences.

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Novembre des chrysanthèmes

3 Novembre 2014, 18:05pm

Publié par Flora bis

Novembre des chrysanthèmes

Novembre a le parfum des chrysanthèmes, de la petite pluie incisive et du soleil timide. On embellit les cimetières: pour les rendre plus accueillants?... Pour déposer la pensée annuelle sur la tombe des disparus, comme une redevance morale et pour mieux les oublier ensuite à l'écart des tourbillons de la vie.

A-t-on besoin d'aller au cimetière pour laisser une place aux morts dans l'existence des vivants? Je ne le crois pas. Les miens, de plus en plus nombreux, me rendent visite souvent, sans pour autant m'empêcher de vivre. Bien au contraire: ils m'aident à prendre conscience de l'urgence de savourer ce qui reste de la vie, unique et irrattrapable.

J'observe les petits vieux qui, à pas comptés, arpentent les allées, appuyés sur une canne ou sur un bras plus jeune. Dans leur regard, je crois déchiffrer le réconfort très provisoire d'être encore là en visiteurs, ou la diligence de se familiariser avec, inéluctable, leur futur lieu de repos.

Je dépose mon pot de chrysanthèmes jaunes devant le marbre de Gilbert. Je sais pourquoi je suis là. Je comprends la raison profonde de son désir d'avoir un lieu pour ses cendres et de renoncer à les disperser finalement. "Je veux qu'on puisse me retrouver", disait-il. C'est vrai. Etre là, debout devant sa tombe, est un moment privilégié de communication par la pensée. Si profonde, si intime que ça donne le vertige...

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Une histoire d'héritage...

13 Octobre 2014, 16:33pm

Publié par Flora bis

Une histoire d'héritage...

Je ne vis pas dans un musée ni dans un antre de brocanteur mais j'aime la présence discrète de quelques vieux meubles qui racontent des histoires. Ils se mélangent avec les pièces contemporaines comme s'étaient mélangées autrefois des générations sous un même toit. Ils semblent immuables, tel le fil qui relie ces générations à travers le temps...

La pièce la plus imposante de mon décor dans le genre de "témoin des temps jadis" est un buffet en chêne, datant probablement du début du siècle dernier. Cadeau de mariage de la grand-mère de Gilbert. Au décès de ceIle-ci, le vénérable meuble s'est retrouvé parmi les nôtres, il nous a suivis de Laon à Libourne, aller et retour, patientant jusqu'à notre retour d'Istanbul, pour s'approprier enfin un coin dans ma salle à manger ici, dans le Nord, voici 24 ans déjà... J'imagine qu'il savoure le calme retrouvé.

On m'a mainte fois suggéré de m'en débarrasser, pour le remplacer par un vaisselier lisse et moderne, dans le genre suédois... Je n'ai pas pu m'y résoudre. C'est vrai qu'il est capable d'avaler une quantité astronomique de verres, de tasses et d'assiettes et pour moi, qui résiste difficilement à un joli service à café (il faut que je me fasse violence désormais!), ce n'est pas un aspect négligeable! Mais la raison cachée de ma fidélité est ailleurs.

Il me raconte quelques pages de l'histoire de ma belle-famille. Cette grand-mère Eva, je ne l'ai jamais rencontrée. Mon mari m'a souvent parlé d'elle: ils étaient très liés. Il avait passé sa petite enfance en grande partie avec elle. Hospitalisée au moment de notre mariage, elle n'a pas pu y assister, faute de pouvoir se déplacer en Hongrie. Au printemps d'après, elle est décédée. Il reste d'elle quelques lettres débordant d'affection qu'elle nous a adressées et un grand regret au fond de moi.

La semaine dernière, j'ai repeint le buffet en une couleur claire, le débarrassant au préalable de ses innombrables couches de cire. Dans cette pièce chichement éclairée, la grande masse sombre était oppressante... Qu'en penserait Grand-mère Eva si elle le voyait? Au fond de moi, j'espère qu'elle en serait contente: j'ai définitivement intégré son héritage dans mon univers...

(à cliquer sur les images pour les agrandir)

Une histoire d'héritage...Une histoire d'héritage...

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Honoré de Balzac (1799-1850) * Citations

9 Octobre 2014, 14:16pm

Publié par Flora bis

Honoré de Balzac (1799-1850)   *   Citations

Un géant! Marx et Engels disaient de lui que l'on apprenait plus dans ses romans que dans tous les traités d'économie et de sociologie du monde. Durant sa relativement courte vie dont 26 ans de travail forcené d'écriture à en ruiner la santé, il a créé 93 romans et nouvelles, sans tenir compte de sa vaste correspondance. Il a réalisé une étude quasi d'entomologiste de la société: de l'aristocratie en déclin à la montée de la bourgeoisie et de l'argent tout-puissant, et de ses victimes collatérales. "La Comédie humaine" ( en résonance avec La Divine comédie de Dante) est à la hauteur de ses ambitions démesurées.

(illustration: Balzac par Rodin)

* Il est aussi facile de rêver un livre qu'il est difficile de le faire.

* La mission de l'art n'est pas de copier la nature, mais de l'exprimer.

* Il y a du bonheur dans toute espèce de talent.

* Les vocations manquées déteignent sur toute l'existence.

* Le malheur est un marche-pied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l'homme habile, pour les faibles un abîme.

* Les âmes fortes ne sont ni jalouses ni craintives: la jalousie est un doute, la crainte est une petitesse.

* On respecte un homme qui se respecte lui-même.

* Les lois sont des toiles d'araignées à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites.

* La gloire est le soleil des morts.

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