Le blog de Flora

Entre-deux

22 Juillet 2015, 19:39pm

Publié par Flora bis

Entre-deux

Là-bas, c'est la canicule, dépassant les 40°. Ici, c'est plutôt maussade, atteignant péniblement les 20°. Les nuages recouvrent le bleu, la plupart du temps, liquidant nos dernières molécules de sérotonine. Nous traînons les pieds pour régler les derniers préparatifs avant le départ vers la canicule.

Là-bas, nous éviterons de mettre le nez dehors avant 5 h de l'après-midi, avec l'étrange sensation qu'il fait plus chaud à l'extérieur qu'à l'intérieur de notre corps...

Ne pourrait-on pas distribuer un peu plus équitablement les parts du gâteau estival?...

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Nostalgie estivale

6 Juillet 2015, 16:26pm

Publié par Flora bis

Nostalgie estivale

Sous mes yeux, de vieilles photos prises aux années 1990...

J'ai besoin de ces supports fragiles pour me "téléporter" à l'instant fixé par l'appareil-photos, pour ressentir la saveur du moment: la chaleur commence à tomber et nous nous installons dans la rue, devant la maison, à l'ombre des cerisiers, sur le banc fabriqué par mon père et sur les chaises sorties à la hâte...

C'est la dernière visite de mes beaux-parents en Hongrie. Mon père a encore deux ans à vivre et par bonheur, nous ne le savons pas... Sur les sept personnes de la photo, deux survivants.

Bientôt, nous reprendrons la route. La maison nous attend, imperturbable. Les générations changent: les anciennes cèdent la place aux nouvelles, afin qu'elles continuent à tisser la toile des souvenirs...

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Les ETM selon J-P Guedj

30 Juin 2015, 18:40pm

Publié par Flora bis

Les ETM selon J-P Guedj

Il y a quelques mois, je suis tombée sur un petit livre paru aux éditions Larousse. Sous le titre de "Petit décodeur des phrases toxiques qui nous plombent le moral", Jean-Paul Guedj, éminent sémiologue décortique 90 expressions banales du langage courant dont nous usons tous, portés parfois par l'air du temps et l'esprit grégaire...

Ce petit livre m'a mise en appétit, friande que je suis à déchiffrer les secrets des langues, plus précisément ceux du français que j'essaie de pratiquer correctement... Eh oui, c'est le sort de ceux qui adoptent des langues étrangères (ou espèrent se faire adopter par elles) et dont l'éternelle ambition demeure d'atteindre leur pratique, autant que possible, irréprochable. Davantage, peut-être, que les chanceux qui les reçoivent en cadeau de naissance, gratuites, sans effort...

Bref, voici un florilège des ETM (Expressions Toxiques Modernes) révélatrices des moeurs d'une époque, la nôtre:

1) "En même temps" (en début de phrase, ultime concession; on est d'accord avec tout et son contraire)

2) "C'est jouable" (du ludique dans le sérieux, du futile dans le professionnel)

3) "Ca va le faire" (on ignore ce que le pronom "le" remplace; purement à la mode, légèrement idiot)

4) "Connecte-toi" (il est urgent que tu te débarrasses de ta ringardise)

5) "On va revisiter" (un plat de cuisine, une pièce de Molière, Jaurès ou De Gaulle... à la sauce moderne)

6) "Que du bonheur!" (réponse obligée; le bien-être étant au bonheur ce que le fast-food est à la gastronomie, les marchands de bonheur à deux sous inondent les étals et les plateaux de télé)

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Ambiance de terrasse...

26 Juin 2015, 10:31am

Publié par Flora bis

Ambiance de terrasse...

Le "cahier noir" (journal de bord N°4, "C'est la vie" bien nommé de Ben, p.189) a cueilli ces quelques lignes, notées rapidement, spontanément avant-hier, sur la terrasse, dans la tiédeur de l'après-midi:

"Il est 17h15, je suis sur la terrasse. Un temps comme on l'aime. Douceur estivale, remplaçant la pluie et la fraîcheur (13°) de ces derniers jours. Dans une demi-heure, je pars pour récupérer les petites à l'école. Je suis revenue à mon projet de roman: comme la forme est encore incertaine, "en expérimentation", je pense qu'il faudra y aller à tâtons pour trouver la bonne solution: en le sentant sous les doigts, dans les doigts - comme de l'argile du sculpteur ou comme de la poudre multicolore des pastels - en se relâchant, en se lâchant presque (lâcher-prise, si difficile!), dans l'écriture-même... En tout cas, même si tout cela n'aboutit à rien, il me procurera un intense plaisir de le faire, de l'expérimenter...

Je sirote mon petit café, Glasgow se déplace sans bruit, sur ses pattes de velours - voilà pourquoi les écrivains "s'équipent" souvent de chats! Très inspirants et discrets en même temps, comme pour dire: vas-y, je suis là, t'es libre de divaguer, rien ne m'étonne, ni me choque... Elle s'éloigne avec sa démarche féline, après avoir bu quelques "lapées" de l'eau de la piscine. Dans l'air flottent des parfums de chèvrefeuille, de rose, de glycine: de la végétation en folie... Idyllique, paradisiaque même - c'est dans ces moments-là que l'on ressent la plénitude de l'existence... Hélas, pour en arriver là, à cette capacité d'apprécier l'instant, je crains que ladite existence ne tire à sa fin..."

(illustration: "Quiétude" pastel sec, R.T. 2015)

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Passage éclair

8 Juin 2015, 11:32am

Publié par Flora bis

Passage éclair

Le 29 mai dernier, avec mon fils, nous avons quitté 16° à l'aéroport de Charleroi pour atterrir dans la chaleur de 31° ou plus à Budapest. Un changement secrètement désiré, espéré. Comme un retour vers le passé, vers la jeunesse où il faisait toujours beau... Du moins dans les souvenirs.

Dans la maison de mes parents, désertée des vivants, les fantômes se bousculent, mécontents d'être dérangés par des intrus que nous sommes, faisant irruption dans leur calme ensommeillé. Sur la table de la cuisine, un dîner nous attend, avec un petit papier: "Bon appétit!" A coup sûr, c'est l'oeuvre des vivants! Tout comme les lits prêts à nous accueillir à 2h du matin. En l'occurrence, celle de ma belle-soeur et de mon neveu.

Le lendemain matin, grand soleil! Contrairement à mes habitudes françaises et nordistes de surcroît, je me lève tôt pour en profiter, pour siroter mon café dans les décors immuables de la cuisine aux effluves de vanille et de cannelle, derrière les rideaux de dentelle... Les fantômes radoucis semblent enclins à m'adopter. Ils tolèrent que je retrouve mes repères, que je me réapproprie les espaces.

Vers midi, je retrouve mes camarades du lycée, dans la ville voisine, à 49 ans de distance du baccalauréat. On se reconnait en un clin d'oeil, malgré les kilos en trop, les rides plus ou moins visibles, les cheveux clairsemés... De midi à 19 heures, conversations à bâton rompu, sous les parasols de l'hôtel, dans la tiédeur du parc. Mon trac a disparu.

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Trac

23 Mai 2015, 11:15am

Publié par Flora bis

Trac

Je me sens comme une collégienne avant sa première boum (comment disent-ils de nos jours? mes petites-filles n'y sont pas encore...), en proie à un trac étrange, indigne de mon âge qui frôle les frontières de la sagesse...

Inexplicable? Pas tant que ça: dans peu de temps, je m'apprête à retrouver mes anciens camarades du lycée que je n'ai pas revus depuis quelques décennies. Nous avons passé le bac en 1966.

Ils se réunissent tous les ans, au mois de mai, pour le plaisir de se retrouver. Constatés année après année, les ravages du temps leur semblent atténués, pour ne pas dire familiers. Ce qui n'est pas mon cas: partie à l'étranger depuis 1974, je n'ai assisté qu'à deux rencontres, en 1971 et au début des années 90.

Et c'est bien là que le chien est enterré. Au deuxième rendez-vous, j'ai eu un vrai choc émotionnel: je n'ai pas reconnu certains de mes camarades. Je me suis demandé si pour eux aussi, la secousse était identique. Plus de vingt ans après, je le crains. C'est ce changement insidieux et en même temps brutal que je n'arrive pas à assumer.

En moi, principalement.

J'ai donc décidé de l'affronter. Même avec le trac.

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"Istanbulu dinliyorum, gözlerim kapalı..."

9 Mai 2015, 16:37pm

Publié par Flora bis

"Istanbulu dinliyorum, gözlerim kapalı..."

Combien de fois ai-je écouté cette belle chanson de Zülfü Livaneli, propre à enfoncer le couteau de la nostalgie en plein coeur à tous ceux qui ont passé quelques années dans cette ville magique! On n'en sort pas indemnes. Istanbul vous ensorcelle, vous captive, vous séduit - sans en avoir l'air car elle vous laisse la liberté de vivre votre vie et de goûter à la sienne.

Je ne suis pas la première à essayer de déchiffrer les secrets de sa séduction, imparfaitement, restant sur ma faim, trop consciente de mes limites à saisir toutes ses facettes, en souffrance du trop-plein de souvenirs et de la douleur de leur manque...

La musique lancinante de Livaneli, ses paroles en images douces et poétiques transmettent parfaitement la nostalgie obsédante qui vous étreint, à plus de vingt-cinq ans de distance.

Istanbul fait partie des villes qui ont une atmosphère envoûtante. Elle vous engloutit dans sa fourmilière qui s'affaire en permanence et pourtant, vous n'êtes jamais perdu: vous vous sentez rapidement en lieu familier, chez vous... Vous avez vos habitudes, votre bakkal, votre kasap, votre çiçekçi, votre pazar... En même temps, l'immensité de la ville vous propose sans cesse des découvertes insolites. Partout, vous sentez le mille-feuilles de l'histoire millénaire s'ouvrir devant vous.

Et le Bosphore! Un spectacle changeant et permanent dont on ne se lasserait jamais.

Istanbul, ville magique, on ne peut guérir de son manque qu'en y revenant encore et encore...

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Flottement...

4 Mai 2015, 17:50pm

Publié par Flora bis

Flottement...

Il y a des moments où nous avons l'impression de flotter dans le temps... Les repères s'estompent: les buts que nous nous fixons habituellement, afin de donner un sens, une impulsion à notre vie, tout d'un coup, perdent leur contenance, s'effondrent, flasques, vidés de leur attrait dynamisant. A quoi bon, toute cette vaine agitation? Ne nous sommes-nous pas bercés de rêves dénués de tout fondement réel, faute de talent, de persévérance, de foi, tout simplement, en notre étoile?... Et sans elle, rien n'est possible.

Les doutes affluent, avec leurs contingences néfastes d'angoisses sournoises et on compulse son agenda à la recherche d'un numéro de téléphone rassurant. Introuvable. On recule devant l'impossibilité d'accabler quelqu'un d'autre de ce poids écrasant. De plus, on sait qu'en fin de compte, on devra y faire face seul. C'est l'unique moyen efficace, sinon, on sera toujours en quête d'assistance, de béquille. Orgueil? Timidité? Peut-être. Volonté aussi de maîtriser son destin. Du moins en cultiver l'illusion...

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Soirée littéraire mensuelle: "Mère, mères..."

26 Avril 2015, 12:26pm

Publié par Flora bis

Soirée littéraire mensuelle:  "Mère, mères..."

Ce mois-ci, c'était à mon tour de l'organiser, chez moi. Période de vacances scolaires oblige, je m'attendais à beaucoup de désistements et je n'ai pas été déçue: nous étions dix personnes, il manquait la moitié de participants habituels. La plupart de ces dix personnes portaient sur leurs visages les marques d'une fatigue avancée, excepté peut-être le doyen, Jacques qui avouait avec une certaine coquetterie ses presque 89 ans et nous régalait de sa tarte au sucre succulente...

L'ambiance était intime, chaleureuse, chacun apportant sa contribution au sujet et au festin qui suivait les lectures. Nourritures pour l'esprit et pour le corps. Au bout de huit ans, nous commençons à bien nous connaître. Nous avons eu nos deuils et nos inquiétudes pour les uns et pour les autres. La composition du groupe est changeante, selon les disponibilités. Reste le noyau dur qui maintient l'édifice en marche. Oui, un édifice sur des roulettes... Richarda nous manque, avec sa gaieté et son enthousiasme communicatifs, sa fidélité à toute épreuve. Un de nos piliers...

J'ai proposé un sujet "facile": "Mère, mères..." Le sujet s'était imposé tout seul, je me suis rendu compte après coup que, inconsciemment, l'anniversaire de la mort de ma mère (le 23 avril) et la date de la Fête des mères en Hongrie (le 3 mai prochain) avaient sans doute guidé mon choix. Ah, les chemins mystérieux de l'inconscient qui nous prennent la tête et le coeur...

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René Bazin (1853-1932) * Citation

20 Avril 2015, 11:09am

Publié par Flora bis

René Bazin (1853-1932)   *   Citation

"On a trois ou quatre fois dans sa vie l'occasion d'être brave,

et tous les jours celle de ne pas être lâche."

Qui connaît l'écrivain René Bazin, auteur de plusieurs dizaines de romans, à cheval sur le dix-neuvième et le vingtième siècles?

Je m'avoue ignorante de son oeuvre et son nom même me revient par son petit-neveu, Hervé Bazin, auteur du célèbre "Vipère au poing".

Cette phrase m'a intriguée comme une suite à l'article précédent sur nos peurs et lâchetés face à nos rêves.

Être brave n'est donc pas simple contraire d'être lâche. Autrement dit: il ne suffit pas de résister à la tentation de fuite par poltronnerie, faiblesse, voire d'infinies compromissions... Cela ne fait pas de nous des braves.

L'occasion d'être brave ne se présente que trois-quatre fois dans la vie... Cela semble frôler carrément l'héroïsme! Ce qui n'est peut-être pas à la portée de tous...

Par contre, "ne pas être lâche", ça n'a pas de nom!... Il est défini par une négation.

C'est une façon d'être tous les jours. Une façon de se comporter avec les autres. Face aux difficultés innombrables de la vie.

Être honnête avec soi-même, avec ses convictions, ses vérités, assumer son passé et son présent.

Ce n'est pas de l'héroïsme, c'est simplement de l'intégrité.

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