Le blog de Flora

Ambiance de Toussaint...

2 Novembre 2015, 18:47pm

Publié par Flora bis

Ambiance de Toussaint...

Hier après-midi, je suis allée au cimetière St-Roch. Vingt minutes de marche de chez moi, sous le soleil exceptionnellement clément pour un 1er novembre. Des tombes aux bouquets multicolores à l'orgie des arbres automnaux, le cimetière flamboyait, exalté par le soleil...

J'avançais avec mon pot de chrysanthèmes "pompons jaunes" comme il les aimait, sans être un amateur de fleurs. Tandis que je m'échinais, coupée en deux, à tailler les bosquets miniatures autour de la plaque de marbre qui, envahissants, masquaient l'inscription: "Si la réalité existait, il faudrait s'empresser de la faire disparaître", je me suis dit que ces efforts me sont destinés en premier lieu. La dette du survivant, tentative dupe de créer un lien aussi ténu que ce soit avec un passé vivant, avec un mort ressuscité par la mémoire... Vague remords de s'émerveiller encore du soleil qui réchauffe votre solitude...

Les croyants se préparent à la rencontre dans l'au-delà où il faudra répondre aux reproches en cas de négligence. Ils vont au cimetière pour accomplir leur devoir, en vue de la résurrection tant attendue. Je n'ai pas cet espoir-là.

Il ne reste que le souvenir qui vous niche, pour un instant, dans la chaleur d'antan, dans l'étreinte depuis longtemps refroidie...

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Ordre et désordre...

30 Octobre 2015, 18:18pm

Publié par Flora bis

Ordre et désordre...

Il y a peu, dans ma blogosphère hongroise, nous avons échangé sur le caractère positif ou négatif de la discipline, de l'ordre dans notre vie. En chacun de nous, émergeaient des images de notre enfance, époque mémorable de cet apprentissage qui prenait parfois des allures de domptage.

J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer l'obsession de ma mère pour l'ordre autour d'elle, obligeant tous les membres de la famille de l'observer. Selon ses normes à elle. Chasse à la poussière, aux objets qui traînent - vêtements ou autres - se changer de pied en cape en rentrant, etc... Nous étions six à la maison, avec mes grands-parents paternels. Mon père refusait que ma mère travaillât à l'extérieur, et ce veto représentait une éternelle frustration pour elle. J'imagine qu'en dehors d'un net penchant pour l'ordre, son obsession du rangement et du nettoyage reflétait l'envie de compenser un désir refoulé de se réaliser.

J'ai été un enfant obéissant, je crois, souhaitant répondre aux exigences des parents ou des enseignants. Oui, je souhaitais être à la hauteur. Pas pour me distinguer; simplement, ça allait de soi... Je ne les mettais pas en doute.

A l'adolescence, pas de révolte spectaculaire non plus... C'est dans ma tête que ça bouillonnait. La lecture était mon évasion. Je cachais des romans sous le manuel de physique ou de maths, ce qui maintenait à distance la censure grand-maternelle. Les études étaient sacrées! Il ne fallait pas me déranger. En outre, mes notes n'inspiraient pas d'inquiétude.

C'est à cette époque que j'ai attrapé la procrastination qui me poursuivra, je crois, jusqu'à la fin de ma vie. Je ne connaissais pas son nom savant, bien entendu, simplement, j'ai découvert ce sentiment délicieux de repousser les délais, de gagner du temps sur des choses désagréables à faire...

C'est un plaisir ambivalent: il est accompagné d'un stress intense. On sait que chaque instant gagné de cette façon sera payé très cher et que les délais devront être rattrapés au prix des efforts multiples. Rien n'y fait.

A chaque fois que je reçois un courrier officiel, à l'idée de l'archiver à sa place tout de suite, une sensation de grosse fatigue m'envahit... Ranger les vêtements qui s'amoncellent: même détresse. Alors, je les pose, je les empile et les regarde s'agglomérer en monticules qui menacent de s'écrouler... Jusqu'à ce que je range tout, à sa place, en m'épuisant. Quelle libération! Car le poids du désordre, on l'aura traîné tout le temps de l'évasion sur la conscience!

Et le lendemain, ça recommence.

J'ai lu quelque part que le désordre est considéré comme signe de créativité... Alors, dois-je m'en réjouir, en fin de compte, faute de pouvoir m'en défaire?...

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L'art d'être grand-mère

24 Octobre 2015, 18:02pm

Publié par Flora bis

L'art d'être grand-mère

Pendant une petite semaine, je n'étais pratiquement que grand-mère. Ce rôle ne me déplaît pas: je sais que ses plaisirs sont éphémères, qu'ils dureront peu de temps. Ils sont d'autant plus précieux. Certaines personnes en sont effrayées d'avance, pétries d'une sourde angoisse leur insinuant que l'apparition de la troisième génération sonne le tocsin de leur vie... Du moins, de leur fraîcheur relative...

Mes petites-filles sont arrivées dans ma vie au même moment que la solitude. Cependant, dès le début, j'ai bien décidé de ne pas les considérer comme "pansements" à mes douleurs, petits êtres destinés à combler le vide laissé par leur grand-père. Non, elles devaient avoir une place bien à elles. Mais quelle place, au juste?

Les prendre dans mes bras pour la première fois a réveillé irrésistiblement le souvenir de leur père nouveau-né, ce moment étrange où tout d'un coup, on se rend compte de la fin de l'insouciance: désormais, on est responsable d'une autre vie que la nôtre. A chaque instant.

Cette responsabilité incombe surtout aux parents. Moi, je suis là pour le plaisir, la transmission. Je ne suis pas obligée de penser à chaque instant à leur éducation: je peux les gâter un peu, sans toutefois ruiner les efforts des parents. Je n'ai pas besoin de punir: je négocie, j'impose en douceur. C'est plus facile aussi, sur les bases solides établies par les parents.

Et surtout, je possède un trésor: la disponibilité infinie. Le temps qui manque si cruellement à la génération des parents accaparés par la vie professionnelle. Bavardages sans fin, chansons ou coloriages pour lesquels je fournis le dessin sur commande, promenades ou cinéma et beaucoup de rires - la belle vie, quoi!

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A la frontière...

13 Octobre 2015, 18:22pm

Publié par Flora bis

A la frontière...

Je viens de publier une note sur mon blog hongrois, encore sous l'empreinte du jour de mon anniversaire. On a beau se dire que tout cela se passe dans a tête, que c'est un jour comme un autre, que sa solennité dépend en grande partie de nous et de notre entourage. Nous ne recevons pas d'un coup douze mois sur la tête, non: notre lente décrépitude est presqu'imperceptible, du moins pour celui ou celle qui nous aperçoit tous les jours - nous-mêmes...

Nous sommes à mi-octobre: hier, grand soleil, aujourd'hui 7° à peine, accompagné d'un vent glacial. Le moment où nous venons au monde a-t-il vraiment de l'influence sur notre caractère comme les astrologues l'affirment depuis toujours? En dépit de mon cartésianisme rassurant, je suis tentée d'y croire un peu... A la frontière de l'été indien où la saison froide fait des incursions brèves et inattendues pour nous habituer au frimas à venir, nous avons encore la mémoire de l'été dans la peau, tout en nous tournant déjà vers les jours raccourcis. Nous nous préparons à hiberner et guettons les derniers rayons tièdes pour nous requinquer... Je suis un peu ainsi: gaie et optimiste dès que le soleil revient, en proie à la mélancolie sous le ciel gris de plomb. Je me calfeutre avec la nostalgie de l'été autour du cou...

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Quelques réflexions autour de la notion du désir...

9 Octobre 2015, 19:35pm

Publié par Flora bis

Quelques réflexions autour de la notion du désir...

Il y a quelques jours, j'ai participé à une discussion sur le thème du désir. Vaste sujet, très complexe, considéré par les anciens comme une malédiction dont il faut se méfier, voire s'en débarrasser pour éviter l'aliénation!

Il existe des synonymes - souhait, envie, convoitise, besoin - mais ils expriment des nuances qui peuvent sortir du spectre philosophique du terme. En effet, ce qui définit avant tout le désir, c'est son côté irrationnel: l'instinct de possession poussant à la convoitise de son objet, sans jamais atteindre la satisfaction car l'insatiabilité est son autre trait fondamental...

Dom Juan dévaste tout sur son passage mais la première victime est lui-même: éternel insatisfait, il est condamné - damné - à la poursuite de la conquête suivante, puisque l'assouvissement de son désir ne lui procure aucune sensation de satiété...

Il est parfois plus facile de définir le désir par ce qu'il n'est pas: ce n'est pas le besoin qui est plutôt physiologique, tandis que le désir est un phénomène psychique envahissant. Ainsi, moins intenses, plus éphémères, l'envie (j'ai envie d'une écharpe Kenzo...) ou le souhait (j'aimerais posséder un studio avec balcon sur l'océan...) qui n'enchaînent pas notre esprit au point de l'en rendre esclaves.

L'objet du désir doit être difficile à conquérir: la proie facile n'intéresse pas le chasseur obsessionnel. La quête, les obstacles en constituent toute l'attirance. Ainsi, la confrontation avec la réalité ne peut être que décevante: combien de fois avons-nous été étonnés et désenchantés, lorsque la réalité a ouvert nos yeux, déchirant le voile qui permettait de sublimer l'objet de nos soupirs durant des années, voire des décennies?...

Heureusement, certains penseurs (déjà Aristote, à l'inverse de Platon) réhabilitent le désir, en élargissant son sens. Spinoza le place sous le contrôle de la raison et mesure la puissance de l'âme à sa capacité de maîtriser ses désirs passionnels. "Le désir qui naît de la raison ne peut être excessif." Selon Rousseau, il est une des conditions du bonheur: "Malheur à qui n'a plus rien à désirer!" Je ne suis pas loin de pencher dans la même direction. Un Nirvana aseptisé qui prône l'extinction des désirs afin d'atteindre un état de plénitude ne m'attire pas, en dépit d'une promesse d'éternité... Quel ennui! Je préfère ma condition de simple mortelle et choisis la définition de St-Augustin qui réconcilie désir et maîtrise des passions inconstantes et dispersées:

"Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce qu'on possède."

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Images lointaines

4 Octobre 2015, 18:06pm

Publié par Flora bis

Images lointaines

Sur la photo ci-dessus, une scène de rue à Boursa mais elle aurait pu se dérouler à Istanbul ou ailleurs, de la même façon. J'avais l'habitude, par beau temps, de m'installer en plein air avec une petite chaise pliante et quelques ustensiles pour dessiner au pastel ou à l'encre de Chine. En quelques minutes, des gamins de toute taille s'amassaient autour de moi, béats d'admiration pour la magie du pinceau ou du crayon faisant renaître le paysage ou le portrait de l'un d'eux sous leurs yeux, sur la feuille blanche! Les plus grands canalisaient les plus petits, essuyant, au passage, un nez par-ci, par-là. Toujours, un silence respectueux régnait dans l'attroupement et les gamins restaient cloués sur place jusqu'au trait final. Cela m'a toujours touchée de la part de ces enfants pleins de vie et d'énergie, bruyants et infatigables à courir après un ballon pendant des heures! Parfois, je leur ai fait cadeau d'une esquisse de portrait qui les rendait fiers et heureux.

(à cliquer sur les photos)

Images lointainesImages lointaines

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Pour ou contre Facebook

30 Septembre 2015, 10:59am

Publié par Flora bis

Pour ou contre Facebook

Parfois - souvent - constatant le caractère chronophage de Facebook, je me dis avec regret et culpabilité: Tout ce que je pourrais faire pendant ce temps cher et volatile que je passe scotchée sur un écran qui, de surcroît, esquinte mes yeux!... Excédée des bêtises obscures qui y circulent en condensé, je m'enfuis - pour y revenir plus tard, "ventousée" par le flot ininterrompu des millions d'images et d'informations qui défilent sans répit.

Alors, un petit bilan s'impose: je suis tentée de mettre dans la balance le pour et le contre de ma présence sur Facebook, depuis septembre 2011. Je ne serais, d'ailleurs, pas une vraie Balance sans cette tentation...

N'empêche, heureusement que la blogosphère survit encore face à cette concurrence impitoyable!

Contre: son caractère superficiel imposé par la rapidité du flux. Cela mène à la domination de l'image sur le texte: par un clic instantané, vous envoyez une photo avec une phrase de com', sans fatiguer le cerveau déjà tant sollicité de votre visiteur, rivé sur son portable, partout, dans chaque minuscule creux de la journée et de la nuit - Facebook ne dort jamais! Inutile de vous lancer dans des raisonnements construits: la vue même d'un flot de mots fera fuir la plupart de "visionneurs" pressés! Et même vos commentaires vous sont préparés: vous n'avez qu'à cliquer (ou pas) sur un "like" ou un "partager"; mieux encore: les "émoticones" reflèteront vos sentiments, riront ou pleureront pour vous!

Les gourous de tous poils, dégoulinant de bons sentiments vous dispensent leurs conseils, censés de vous guider sur le chemin du bonheur, à grand renfort de paysages, de natures-mortes ou de chatons à noeud-noeud... Je les fuis mais s'ils font du bien à quelqu'un, pourquoi pas? Je ne juge surtout pas les gens qui souffrent et qui y trouvent du réconfort. Par contre, j'ai horreur des messages qui distillent des contre-vérités ou faux espoirs dans la tête des gens démunis...

Les selfies... Le regard pénétrant devant le miroir de sa salle-de-bains, dévoilant son intimité aguichante, la photo du couple, doublée de déclarations énamourées, invitant le monde entier d'être témoin de ses effusions me font fuir également.

Que reste-t-il?

Pour: retrouver son passé, avec des amis perdus dans le gouffre des décennies et des distances, d'anciens élèves dont la réapparition sous forme de grands-parents vous plonge dans la réalité des choses... Mais la nostalgie a un goût doux-amer... Je privilégie sa douceur. Et les mots de mes anciens élèves ou collègues et amis me donnent une pêche incroyable! Je partage un peu leur quotidien, leurs soucis ou leurs voyages et nos souvenirs communs. La vie, quoi.

Dans le flots des informations, j'ai accès à des documents que je ne pourrais pas consulter autrement. Trier ensuite, faisant la part des choses est très stimulant.

Il y a la découverte de personnes qui resteront virtuelles, la plupart du temps. Elles s'avèrent souvent de vrais amis, avec la distance, certes, mais de vrais sentiments d'amitié. (Serais-je une indécrottable romantique, comme disait Patrick?) Leur petit mot de com' ou même un léger "like" au passage me réchauffe le coeur, comme un signe de la main...

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Les Français vus de l'extérieur

22 Septembre 2015, 12:16pm

Publié par Flora bis

Les Français vus de l'extérieur

En Hongrie, on me pose parfois la question: "Qu'est-ce que ça te fait de vivre parmi les Français?" Vaste sujet! Comment ne pas tomber dans les clichés?

Ma vie française est due à une série de hasards, à commencer par le choix de la langue à la première année du lycée où, à côté du russe, première langue, j'avais le choix entre le latin ou le français. J'ai pris le français, inspirée peut-être par le mythe dont il bénéficiait encore à l'époque: beauté, musicalité, légèreté - culture...

En Hongrie, on ne choisit pas le français pour des raisons pragmatiques: l'anglais ou l'allemand sont plus utiles pour la communication. On apprend le français pour des raisons intimes, pour se faire plaisir. Pour se payer une danseuse...

De plus, les Hongrois n'ont pas de proximité avec la France: géographiquement éloignée, historiquement considérée comme coupable dans la mutilation du pays par le traité de Versailles. Impardonnable. (Une des premières expériences de Gilbert, arrivé à Budapest en 1972, a été de se faire agresser dans la rue par un petit vieux, qui, apprenant qu'il était Français, lui a reproché Clemenceau!...)

Les clichés concernant les Français fleurissent aussi en Hongrie: complexe de supériorité, infidélité, manque de constance, trop de légèreté, arrogance, hypocrisie... n'en jetez plus! En revanche, on reconnaît leur goût pour la beauté, l'élégance, l'harmonie, la gaieté, la politesse (même de façade), la bienséance...

Comment se dépatouiller parmi ces contradictions? J'essaie de ne pas succomber à des généralités que je ne peux pas plaquer de tout au tout sur mes expériences personnelles. En même temps, je ne nie pas tout du "caractère national" d'un peuple dont les membres, à force de partager les mêmes expériences durant des décennies, voire des siècles, se forgent un comportement sur certains points semblable. Qui de mes connaissances correspond d'avantage à ces stéréotypes? Ma voisine au grand coeur qui m'apporte un bol de soupe fumante à chaque fois qu'elle en prépare? E. la discrète qui ne veut surtout pas déranger mais elle est d'une écoute précieuse? J-P M. et son accent chantant, sa gaieté contagieuse qui cache des émotions pudiques? Ou bien A. le roc solide, puits de culture couplé d'une simplicité humble? Et tant d'autres encore! Qu'y a-t-il de commun en eux? La discrétion, sans doute. Il est rare que l'on te tombe dessus sans prévenir! La bienséance, l'éducation policée survit encore ici ou là, même en voie de disparition.

Les Français, hautains? Ca arrive et souvent ça cache un déficit d'humanité et de richesse intérieure. Tout comme ailleurs. Les personnes de grande qualité n'ont pas besoin d'afficher leur supériorité: elle ne réside pas dans l'apparence.

Les Français que je côtoie ont en commun une grande aversion pour l'affrontement direct. S'ils ont quelque chose à vous reprocher, ce n'est pas sûr que ce soit à vous qu'ils le diront en premier... Une certaine hypocrisie peut en découler: le sourire en face et le coup de couteau dans le dos... Ca arrive. Blindez votre naïveté congénitale, braves gens!

Ils préfèrent une soirée de "rigolade" aux explorations en profondeur de l'âme, aux conversations qui visent à changer le monde... On ne va pas se prendre la tête! Et puis, au lieu de prendre un Scud d'émotion en direct, ils préfèrent l'esquiver par une plaisanterie.

Les Français, inconstants et infidèles? Là encore, mon expérience personnelle apporte un démenti éclatant.

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Amiens, sous la pluie...

17 Septembre 2015, 19:14pm

Publié par Flora bis

Amiens, sous la pluie...

Visiter Amiens sous la pluie, c'est la découvrir dans son élément... Bâtie sur la Somme, telle une île mouvante sur la tourbe, elle est parcourue de nombreux canaux. D'ailleurs, en se promenant dans la ville, on entend par-ci, par-là, des clapotis mystérieux, parvenant d'on ne sait où, peut-être même de sous les maisons, des cours d'eau invisibles...

Les hortillonnages, îlots de verdure sur les veines innombrables des marécages d'antan... Depuis l'antiquité, leurs maraîchers pourvoyaient les habitants en légumes... Les barques glissent sans le moindre bruit, comme si elles avançaient toutes seules... Un monde de silence. Le héron cendré attend, immobile, à deux pas... Les poules d'eau prennent leur élan sur les pelouses fleuries et atterrissent en glissade sur le miroir de l'eau. Instinctivement, nous baissons la voix.

Promenade en calèche à travers la ville. La plupart des maisons, en briques rouges, ont été construites après la guerre. Les bombardements ont fait table rase. Par miracle, quelques élégants hôtels particuliers ont échappé au massacre pour témoigner de la splendeur d'antan.

La cathédrale... "C'est l'empire absolu de l'élégance suprême" dixit Rodin, admirateur. Ses dimensions sont impressionnantes: elle pourrait absorber deux Notre-Dame de Paris... Longue de 145 m, large (au transept) de 70 m et de 42,30 m de haut, elle est le plus grand édifice gothique de France. Elle date du 13e siècle. Outre son célèbre labyrinthe, elle possède une précieuse relique: la tête de St-Jean Baptiste, ramenée des premières croisades...

En début de soirée, les nuages se dissipent, la nuit noire nous permet de nous émerveiller au spectacle féerique du "son et lumière" qui habille en couleurs chatoyantes la façade richement sculptée...

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Tourments et questions

11 Septembre 2015, 11:43am

Publié par Flora bis

Tourments et questions

En ces temps troubles de tous les déséquilibres et de toutes les angoisses, l'homme ressent le besoin de refuge. Où le trouver? Les croyants le cherchent auprès de leur dieu, les puissants s'aveuglent de pouvoir et de richesses, afin de tenter d'oublier que, malgré tout, ils restent de simples mortels...

Que reste-t-il à ceux qui, comme moi, ne possèdent aucun de ces remèdes?

Est-ce la phrase de Dostoïevski dans la bouche de son personnage emblématique du roman "L'Idiot", le prince Mychkine: "La beauté sauvera le monde" ("Красота спасёт мир") ?... Pour Dostoïevski, beauté et bonté sont synonymes et se confondent dans l'idée du divin. Une rédemption dans la miséricorde du Christ.

Faut-il déjà s'entendre sur le sens de la beauté! Tous les philosophes, depuis l'antiquité essayent d'en donner la définition, chacun selon sa sensibilité et dans le contexte son époque. Les étudier serait l'oeuvre d'une vie, sans être sûr, pour autant, d'arriver à sa propre définition satisfaisante.

L'Art, la Nature, un acte humain, une idée - qu'est-ce qui provoque en nous ce sentiment de plénitude, cette intense émotion d'émerveillement qui nous place soudain dans la sensation de faire partie d'une harmonie quasi cosmique?

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