Le blog de Flora

Trac

23 Mai 2015, 11:15am

Publié par Flora bis

Trac

Je me sens comme une collégienne avant sa première boum (comment disent-ils de nos jours? mes petites-filles n'y sont pas encore...), en proie à un trac étrange, indigne de mon âge qui frôle les frontières de la sagesse...

Inexplicable? Pas tant que ça: dans peu de temps, je m'apprête à retrouver mes anciens camarades du lycée que je n'ai pas revus depuis quelques décennies. Nous avons passé le bac en 1966.

Ils se réunissent tous les ans, au mois de mai, pour le plaisir de se retrouver. Constatés année après année, les ravages du temps leur semblent atténués, pour ne pas dire familiers. Ce qui n'est pas mon cas: partie à l'étranger depuis 1974, je n'ai assisté qu'à deux rencontres, en 1971 et au début des années 90.

Et c'est bien là que le chien est enterré. Au deuxième rendez-vous, j'ai eu un vrai choc émotionnel: je n'ai pas reconnu certains de mes camarades. Je me suis demandé si pour eux aussi, la secousse était identique. Plus de vingt ans après, je le crains. C'est ce changement insidieux et en même temps brutal que je n'arrive pas à assumer.

En moi, principalement.

J'ai donc décidé de l'affronter. Même avec le trac.

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"Istanbulu dinliyorum, gözlerim kapalı..."

9 Mai 2015, 16:37pm

Publié par Flora bis

"Istanbulu dinliyorum, gözlerim kapalı..."

Combien de fois ai-je écouté cette belle chanson de Zülfü Livaneli, propre à enfoncer le couteau de la nostalgie en plein coeur à tous ceux qui ont passé quelques années dans cette ville magique! On n'en sort pas indemnes. Istanbul vous ensorcelle, vous captive, vous séduit - sans en avoir l'air car elle vous laisse la liberté de vivre votre vie et de goûter à la sienne.

Je ne suis pas la première à essayer de déchiffrer les secrets de sa séduction, imparfaitement, restant sur ma faim, trop consciente de mes limites à saisir toutes ses facettes, en souffrance du trop-plein de souvenirs et de la douleur de leur manque...

La musique lancinante de Livaneli, ses paroles en images douces et poétiques transmettent parfaitement la nostalgie obsédante qui vous étreint, à plus de vingt-cinq ans de distance.

Istanbul fait partie des villes qui ont une atmosphère envoûtante. Elle vous engloutit dans sa fourmilière qui s'affaire en permanence et pourtant, vous n'êtes jamais perdu: vous vous sentez rapidement en lieu familier, chez vous... Vous avez vos habitudes, votre bakkal, votre kasap, votre çiçekçi, votre pazar... En même temps, l'immensité de la ville vous propose sans cesse des découvertes insolites. Partout, vous sentez le mille-feuilles de l'histoire millénaire s'ouvrir devant vous.

Et le Bosphore! Un spectacle changeant et permanent dont on ne se lasserait jamais.

Istanbul, ville magique, on ne peut guérir de son manque qu'en y revenant encore et encore...

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Flottement...

4 Mai 2015, 17:50pm

Publié par Flora bis

Flottement...

Il y a des moments où nous avons l'impression de flotter dans le temps... Les repères s'estompent: les buts que nous nous fixons habituellement, afin de donner un sens, une impulsion à notre vie, tout d'un coup, perdent leur contenance, s'effondrent, flasques, vidés de leur attrait dynamisant. A quoi bon, toute cette vaine agitation? Ne nous sommes-nous pas bercés de rêves dénués de tout fondement réel, faute de talent, de persévérance, de foi, tout simplement, en notre étoile?... Et sans elle, rien n'est possible.

Les doutes affluent, avec leurs contingences néfastes d'angoisses sournoises et on compulse son agenda à la recherche d'un numéro de téléphone rassurant. Introuvable. On recule devant l'impossibilité d'accabler quelqu'un d'autre de ce poids écrasant. De plus, on sait qu'en fin de compte, on devra y faire face seul. C'est l'unique moyen efficace, sinon, on sera toujours en quête d'assistance, de béquille. Orgueil? Timidité? Peut-être. Volonté aussi de maîtriser son destin. Du moins en cultiver l'illusion...

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Soirée littéraire mensuelle: "Mère, mères..."

26 Avril 2015, 12:26pm

Publié par Flora bis

Soirée littéraire mensuelle:  "Mère, mères..."

Ce mois-ci, c'était à mon tour de l'organiser, chez moi. Période de vacances scolaires oblige, je m'attendais à beaucoup de désistements et je n'ai pas été déçue: nous étions dix personnes, il manquait la moitié de participants habituels. La plupart de ces dix personnes portaient sur leurs visages les marques d'une fatigue avancée, excepté peut-être le doyen, Jacques qui avouait avec une certaine coquetterie ses presque 89 ans et nous régalait de sa tarte au sucre succulente...

L'ambiance était intime, chaleureuse, chacun apportant sa contribution au sujet et au festin qui suivait les lectures. Nourritures pour l'esprit et pour le corps. Au bout de huit ans, nous commençons à bien nous connaître. Nous avons eu nos deuils et nos inquiétudes pour les uns et pour les autres. La composition du groupe est changeante, selon les disponibilités. Reste le noyau dur qui maintient l'édifice en marche. Oui, un édifice sur des roulettes... Richarda nous manque, avec sa gaieté et son enthousiasme communicatifs, sa fidélité à toute épreuve. Un de nos piliers...

J'ai proposé un sujet "facile": "Mère, mères..." Le sujet s'était imposé tout seul, je me suis rendu compte après coup que, inconsciemment, l'anniversaire de la mort de ma mère (le 23 avril) et la date de la Fête des mères en Hongrie (le 3 mai prochain) avaient sans doute guidé mon choix. Ah, les chemins mystérieux de l'inconscient qui nous prennent la tête et le coeur...

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René Bazin (1853-1932) * Citation

20 Avril 2015, 11:09am

Publié par Flora bis

René Bazin (1853-1932)   *   Citation

"On a trois ou quatre fois dans sa vie l'occasion d'être brave,

et tous les jours celle de ne pas être lâche."

Qui connaît l'écrivain René Bazin, auteur de plusieurs dizaines de romans, à cheval sur le dix-neuvième et le vingtième siècles?

Je m'avoue ignorante de son oeuvre et son nom même me revient par son petit-neveu, Hervé Bazin, auteur du célèbre "Vipère au poing".

Cette phrase m'a intriguée comme une suite à l'article précédent sur nos peurs et lâchetés face à nos rêves.

Être brave n'est donc pas simple contraire d'être lâche. Autrement dit: il ne suffit pas de résister à la tentation de fuite par poltronnerie, faiblesse, voire d'infinies compromissions... Cela ne fait pas de nous des braves.

L'occasion d'être brave ne se présente que trois-quatre fois dans la vie... Cela semble frôler carrément l'héroïsme! Ce qui n'est peut-être pas à la portée de tous...

Par contre, "ne pas être lâche", ça n'a pas de nom!... Il est défini par une négation.

C'est une façon d'être tous les jours. Une façon de se comporter avec les autres. Face aux difficultés innombrables de la vie.

Être honnête avec soi-même, avec ses convictions, ses vérités, assumer son passé et son présent.

Ce n'est pas de l'héroïsme, c'est simplement de l'intégrité.

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Entre désirs et peurs...

15 Avril 2015, 11:06am

Publié par Flora bis

Entre désirs et peurs...

"Lorsqu'on est guidé par ses peurs pour prendre des décisions, on ne fait rien d'autre que de fuir."

"Dès l'instant où l'on ose prendre conscience de ses désirs véritables, on a sa raison de vivre."

"La boussole de la peur nous mène vers une prison étroite et rassurante, mais vide et solitaire. La boussole du désir nous guide vers des contrées imprévisibles, dangereuses mais vivifiantes."

Ces phrases simples et audacieuses, je les ai extraites et traduites d'un entretien avec András Feldmár, célèbre psychiatre canadien, d'origine hongroise qui a quitté le pays en 1956. Il y retourne assez souvent pour donner des conférences, ayant même fondé en Hongrie un "Institut Feldmár" qui traite des névroses et des stress de gens en grande souffrance, par des méthodes basées sur la parole.

Dans le choix des citations, rien n'est innocent. Nous choisissons celles qui nous parlent, qui font écho à nos préoccupations et questionnements. Parfois, elles semblent offrir des pistes, ou alors, elles justifient nos propres tentatives de réponses, la poudre que nous avons inventée nous-mêmes, à usage personnelle.

Suivre ses rêves, ses aspirations secrètes, tenus au chaud depuis longtemps sans jamais oser les assouvir... Qui peut dire qu'il n'en a pas, bien gardés, verrouillés par la peur, enfouis au fond d'une vie étriquée mais sécurisée? Fuir le risque et la remise en question d'un univers barricadé, c'est vivre à petit feu, en veilleuse, jusqu'à notre dernier instant ou les regrets souffleront notre bougie...

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Attila Jozsef, étoile filante... (1905-1937)

12 Avril 2015, 10:31am

Publié par Flora bis

Aujourd'hui, c'est le jour d'anniversaire d'Attila József qui est, pour beaucoup, le plus grand poète hongrois du vingtième siècle. Il a vécu 32 ans, mort sous un train le 3 décembre 1937.

Le jour de son anniversaire est instauré Journée de la Poésie en Hongrie.

Devenu icône, mythe, le moindre détail accessible de sa courte vie est disséqué, étudié; des témoins partageant ce parcours trop vite interrompu s'attirent un lambeau d'éternité en en dévoilant un bout intime. Des passions se déchaînent, en se l'appropriant.

32 ans, c'est trop tôt pour mourir. On ne peut s'empêcher de regretter nombre de chefs d'oeuvre jamais écrits, d'imaginer la maturité en marche pour une création apaisée... Peut-être. Mais les étoiles filantes finissent rarement en retraités paisibles, radotant sur les grandes leçons à dispenser aux ouailles admiratives...

 

(ÉN, KI EMBERKÉNT...)

Én, ki emberként vagyok, élve, boldog,

mint olyan dolgok, mik örökre szólnak,

hadd kiáltom szét az egeknek újból -

Flóra, szeretlek!

 

 

Ajkaidról lágy lehü, száz varázslat

bűvöl el, hogy hű kutyaként figyeljem

könnyű intését okos ujjaidnak,

mint leszek ember.

 

 

Flóra, karcsú, szép kehely, állsz előttem,

mint csokor van tűzve beléd a mennybolt,

s napvirág felhők, remegő levél közt

hajlik az estnek.

 

 

Lelkemen szöktet, paripán, a képed,

épp csak érintvén vizeket, mezőket.

Két szemedből fűre, bogárra, tiszta

értelem arad.

 

 

Este van, mindent körüláll a csillag,

lásd, a mindenség aranyos kalitka,

benne itt vagy, én csevegőm, oh itt vagy,

rabmadaracskám!

 

 

MOI SI HEUREUX...

Moi, si heureux en tant qu'homme vivant,

Moi tels les mots parlant pour l'éternel,

Ah! que je crie au ciel, comme toujours:

Ô ma Flóra, je t'aime!

 

 

Un souffle doux et mille sortilèges

De toi m'ont fait ton chien obéissant;

Tes sages doigts, le signe qu'ils m'adressent

Me font être homme enfin!

 

 

Toi, belle et large coupe, tu es là,

Le ciel en toi est un bouquet de fleurs,

Fleurs de soleil, nuages, feuilles vives

Contre le soir se penchent.

 

 

Mon âme, destrier, tu la chevauches:

Les eaux, les champs, à peine il les effleure!

De tes beaux yeux couvrant herbes, insectes,

Jaillit la raison pure.

 

 

C'est le soir, tout autour sont les étoiles,

Vois l'univers, cette cage dorée...

Et comme elle t'enferme, ô mon petit

Oiseau emprisonné!

 

(traduction: Lucien Feuillade)

 

Lectures recommandées en français:

"Esprits nomades" - site très riche de Gil Pressnitzer (http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/jozsefattila/attilajozsef.html)

"Attila Jozsef: Aimez-moi L'Oeuvre poétique" éditions Phébus 2005

Attila Jozsef, étoile filante... (1905-1937)

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Week end de Pâques

7 Avril 2015, 15:45pm

Publié par Flora bis

à la recherche des oeufs de Pâques
à la recherche des oeufs de Pâques

Le week end de Pâques vient de passer, effervescent, en famille. Précédé des préparatifs, courses, nettoyage, changement des draps, cuisine, afin que tout soit (presque) parfait, irréprochable - je reconnais bien le message atavique maternel trimballé probablement par elle-même de loin - qui nous met à genou bien avant l'événement. Soigner le moindre détail, stresser d'avoir oublié quelque chose de crucialement important (dont tous les autres se ficheront...) Ajoutons les trois jours dynamiques qui cassent singulièrement notre rythme plan-plan habituel, le rangement et re-nettoyage qui suivent et vous avez sous les yeux mon paysage actuel, avec, au milieu, moi-même raplapla...

Le plaisir est ailleurs... Le plaisir ne fait pas de calcul sur l'investissement, il est désintéressé et se prend dans l'étreinte très-très serrée avec mes petites-filles, des regards complices échangés, dans la gourmandise des "grands" à croquer les gaufres maison légères comme un soupir de satisfaction...

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Soleil... du matin?

30 Mars 2015, 11:31am

Publié par Flora bis

Soleil... du matin?

Soleil du matin! Alors que toutes les météos du pays nous ont prédit 4-5 jours de funeste crachin, assorti d'un vent froid et agressif: quelle divine surprise!

Que fait l'habitant échaudé du Nord? Il se jette sur son appareil-photos pour saisir le phénomène hors du commun pour en garder au moins une trace virtuelle: non, il n'a pas rêvé, il y a eu des heures ensoleillées à la fin du mois de mars! En dépit des prévisions auxquelles il s'était résigné, docile comme d'habitude: avait-t-il bien le choix?...

Selon le calendrier, le printemps est bel et bien là, même que les montres et horloges ont avancé notre réveil d'une heure. La nature se fait prier: les feuilles sont encore endormies à l'intérieur des bourgeons un peu gluants et les abeilles sont invisibles. Mais le soleil fait du bien, essayant de nous attirer dehors avec ses rayons trompeurs. Echaudés, je vous dis, nous restons bien au chaud sur notre canapé ensoleillé!

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Mélancolie de fin d'hiver...

28 Mars 2015, 17:25pm

Publié par Flora bis

Mélancolie de fin d'hiver...

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