Le blog de Flora

Entre désirs et peurs...

15 Avril 2015, 11:06am

Publié par Flora bis

Entre désirs et peurs...

"Lorsqu'on est guidé par ses peurs pour prendre des décisions, on ne fait rien d'autre que de fuir."

"Dès l'instant où l'on ose prendre conscience de ses désirs véritables, on a sa raison de vivre."

"La boussole de la peur nous mène vers une prison étroite et rassurante, mais vide et solitaire. La boussole du désir nous guide vers des contrées imprévisibles, dangereuses mais vivifiantes."

Ces phrases simples et audacieuses, je les ai extraites et traduites d'un entretien avec András Feldmár, célèbre psychiatre canadien, d'origine hongroise qui a quitté le pays en 1956. Il y retourne assez souvent pour donner des conférences, ayant même fondé en Hongrie un "Institut Feldmár" qui traite des névroses et des stress de gens en grande souffrance, par des méthodes basées sur la parole.

Dans le choix des citations, rien n'est innocent. Nous choisissons celles qui nous parlent, qui font écho à nos préoccupations et questionnements. Parfois, elles semblent offrir des pistes, ou alors, elles justifient nos propres tentatives de réponses, la poudre que nous avons inventée nous-mêmes, à usage personnelle.

Suivre ses rêves, ses aspirations secrètes, tenus au chaud depuis longtemps sans jamais oser les assouvir... Qui peut dire qu'il n'en a pas, bien gardés, verrouillés par la peur, enfouis au fond d'une vie étriquée mais sécurisée? Fuir le risque et la remise en question d'un univers barricadé, c'est vivre à petit feu, en veilleuse, jusqu'à notre dernier instant ou les regrets souffleront notre bougie...

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Attila Jozsef, étoile filante... (1905-1937)

12 Avril 2015, 10:31am

Publié par Flora bis

Aujourd'hui, c'est le jour d'anniversaire d'Attila József qui est, pour beaucoup, le plus grand poète hongrois du vingtième siècle. Il a vécu 32 ans, mort sous un train le 3 décembre 1937.

Le jour de son anniversaire est instauré Journée de la Poésie en Hongrie.

Devenu icône, mythe, le moindre détail accessible de sa courte vie est disséqué, étudié; des témoins partageant ce parcours trop vite interrompu s'attirent un lambeau d'éternité en en dévoilant un bout intime. Des passions se déchaînent, en se l'appropriant.

32 ans, c'est trop tôt pour mourir. On ne peut s'empêcher de regretter nombre de chefs d'oeuvre jamais écrits, d'imaginer la maturité en marche pour une création apaisée... Peut-être. Mais les étoiles filantes finissent rarement en retraités paisibles, radotant sur les grandes leçons à dispenser aux ouailles admiratives...

 

(ÉN, KI EMBERKÉNT...)

Én, ki emberként vagyok, élve, boldog,

mint olyan dolgok, mik örökre szólnak,

hadd kiáltom szét az egeknek újból -

Flóra, szeretlek!

 

 

Ajkaidról lágy lehü, száz varázslat

bűvöl el, hogy hű kutyaként figyeljem

könnyű intését okos ujjaidnak,

mint leszek ember.

 

 

Flóra, karcsú, szép kehely, állsz előttem,

mint csokor van tűzve beléd a mennybolt,

s napvirág felhők, remegő levél közt

hajlik az estnek.

 

 

Lelkemen szöktet, paripán, a képed,

épp csak érintvén vizeket, mezőket.

Két szemedből fűre, bogárra, tiszta

értelem arad.

 

 

Este van, mindent körüláll a csillag,

lásd, a mindenség aranyos kalitka,

benne itt vagy, én csevegőm, oh itt vagy,

rabmadaracskám!

 

 

MOI SI HEUREUX...

Moi, si heureux en tant qu'homme vivant,

Moi tels les mots parlant pour l'éternel,

Ah! que je crie au ciel, comme toujours:

Ô ma Flóra, je t'aime!

 

 

Un souffle doux et mille sortilèges

De toi m'ont fait ton chien obéissant;

Tes sages doigts, le signe qu'ils m'adressent

Me font être homme enfin!

 

 

Toi, belle et large coupe, tu es là,

Le ciel en toi est un bouquet de fleurs,

Fleurs de soleil, nuages, feuilles vives

Contre le soir se penchent.

 

 

Mon âme, destrier, tu la chevauches:

Les eaux, les champs, à peine il les effleure!

De tes beaux yeux couvrant herbes, insectes,

Jaillit la raison pure.

 

 

C'est le soir, tout autour sont les étoiles,

Vois l'univers, cette cage dorée...

Et comme elle t'enferme, ô mon petit

Oiseau emprisonné!

 

(traduction: Lucien Feuillade)

 

Lectures recommandées en français:

"Esprits nomades" - site très riche de Gil Pressnitzer (http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/jozsefattila/attilajozsef.html)

"Attila Jozsef: Aimez-moi L'Oeuvre poétique" éditions Phébus 2005

Attila Jozsef, étoile filante... (1905-1937)

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Week end de Pâques

7 Avril 2015, 15:45pm

Publié par Flora bis

à la recherche des oeufs de Pâques
à la recherche des oeufs de Pâques

Le week end de Pâques vient de passer, effervescent, en famille. Précédé des préparatifs, courses, nettoyage, changement des draps, cuisine, afin que tout soit (presque) parfait, irréprochable - je reconnais bien le message atavique maternel trimballé probablement par elle-même de loin - qui nous met à genou bien avant l'événement. Soigner le moindre détail, stresser d'avoir oublié quelque chose de crucialement important (dont tous les autres se ficheront...) Ajoutons les trois jours dynamiques qui cassent singulièrement notre rythme plan-plan habituel, le rangement et re-nettoyage qui suivent et vous avez sous les yeux mon paysage actuel, avec, au milieu, moi-même raplapla...

Le plaisir est ailleurs... Le plaisir ne fait pas de calcul sur l'investissement, il est désintéressé et se prend dans l'étreinte très-très serrée avec mes petites-filles, des regards complices échangés, dans la gourmandise des "grands" à croquer les gaufres maison légères comme un soupir de satisfaction...

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Soleil... du matin?

30 Mars 2015, 11:31am

Publié par Flora bis

Soleil... du matin?

Soleil du matin! Alors que toutes les météos du pays nous ont prédit 4-5 jours de funeste crachin, assorti d'un vent froid et agressif: quelle divine surprise!

Que fait l'habitant échaudé du Nord? Il se jette sur son appareil-photos pour saisir le phénomène hors du commun pour en garder au moins une trace virtuelle: non, il n'a pas rêvé, il y a eu des heures ensoleillées à la fin du mois de mars! En dépit des prévisions auxquelles il s'était résigné, docile comme d'habitude: avait-t-il bien le choix?...

Selon le calendrier, le printemps est bel et bien là, même que les montres et horloges ont avancé notre réveil d'une heure. La nature se fait prier: les feuilles sont encore endormies à l'intérieur des bourgeons un peu gluants et les abeilles sont invisibles. Mais le soleil fait du bien, essayant de nous attirer dehors avec ses rayons trompeurs. Echaudés, je vous dis, nous restons bien au chaud sur notre canapé ensoleillé!

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Mélancolie de fin d'hiver...

28 Mars 2015, 17:25pm

Publié par Flora bis

Mélancolie de fin d'hiver...

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Une aventure IKEA

23 Mars 2015, 11:00am

Publié par Flora bis

Une aventure IKEA

Je n'ai aucune ambition d'en faire un best-seller à la manière de Romain Puertolas; plus modestement, je voudrais crier tout bas mais sur tous les toits, ma fierté de bricoleuse refoulée, racontant mon aventure avec un paquet mince mais lourd, arrivé il y'a quelques jours. A l'intérieur, un futur chiffonnier, destiné à avaler tire-bouchons, ouvre-boîtes, râpe-tout, allumettes, gratte-agrumes et décapsuleur, sans oublier un tensiomètre... (la liste n'est pas exhaustive!)

A la vue de la boîte en carton, épaisse de 10 cm, j'ai eu quelques frissons. Connaissant l'incomparable sens pratique de l'esprit nordique, je me suis dit qu'il devait y avoir énormément de morceaux de bois de toute taille à l'intérieur, emballés avec une précision extrême, sans un centimètre cube de perdu. Sans compter les innombrables clous et vis pour les tenir ensemble... Ces derniers sont toujours au nombre exact nécessaire, d'où l'angoisse d'en perdre un au passage, ou pire encore, de s'apercevoir qu'il en reste quelques uns à la fin...

Je n'ai pas été déçue. J'y ai mis 5-6 heures. Il est vrai que je ne suis pas un as du bricolage, je n'éprouve aucun orgasme en me jetant dans la bagarre, armée de toute sorte d'instruments plus ou moins énigmatiques.

Le résultat: un chiffonnier qui tient debout et ses cinq tiroirs commencent à se remplir. Il n'attend plus qu'un coup de pinceau pour fondre harmonieusement dans les nuances subtiles de la cuisine.

Il me reste six clous inutilisés...

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Voyage dans le temps passé...

18 Mars 2015, 16:50pm

Publié par Flora bis

Voyage dans le temps passé...

Je viens de feuilleter les pages d'un site hongrois qui accueille des vieilles photos de famille, confiées par des amateurs et des collectionneurs. Les quelques minutes initiales se sont transformées en plus d'une heure et j'ai du m'arracher à ce vagabondage nostalgique pour profiter de l'inspiration qu'elle a suscitée en moi.

La photo, responsable de l'ouverture des vannes figure ci-contre. Elle montre la préparation de la nourriture pour les canards: des feuilles de betteraves coupées en lanières et mélangées au maïs concassés... Banale en apparence mais elle m'a installée sur la machine à remonter le temps pour me ramener cinquante ans en arrière, aux temps de mes merveilleuses vacances d'été chez ma tante...

Ma tante élevait, entre autres bestiaux, des canards et des oies. Elle en gavait aussi deux ou trois, histoire d'avoir de quoi régaler famille et invités plus tard.

Pour moi, cela représentait le délicieux folklore de mes vacances, à l'autre bout du pays - même si cet "autre bout" ne se trouvait qu'à 400 km de chez nous. Tout ce que j'y vivais était magique, inhabituel: l'air que je respirais, les plats que je dégustais, le patois chantant que j'écoutais et dont je m'imprégnais... Je baignais dans l'immensité affective de mes oncles et tantes, de mes grands-parents. Je goûtais à leurs activités de saison: ramassage du foin et des pommes de terre, sans oublier la cueillette des oeufs fraîchement pondus... J'ai en mémoire, intact, l'odeur du foin qui sèche, le bruit savoureux et le mouvement inlassable avec lequel la vache broute l'herbe de la pâture, tout en chassant nonchalamment les mouches qui se posent sur elle ...

Sans oublier la bassine remplie des feuilles de betterave hachées et les canards gloutons qui se bousculent autour...

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Lignées de femmes

9 Mars 2015, 11:43am

Publié par Flora bis

Lignées de femmes

Dans cette lignée de transmission, je n'ai pas pu remonter bien loin... Je n'ai connu personnellement que mes deux grand-mères. Nous nous sommes même côtoyées plus de vingt ans... Quant à ma mère ou ma tante, elles ont pu connaître les 20 ans de leurs arrières-petits-enfants!

Avec la naissance de plus en plus tardive des enfants de nos jours, ce sera bientôt une prouesse.

J'ai toujours été très sensible à la notion de lignée, telle une chaîne de transmission d'ADN qui nous relierait à travers les âges. Je scrutais les visages, les particularités physiques et psychiques, les gestes, les comportements hérités des aïeuls. Et si je reconnaissais tout d'un coup une grand-mère dans ma façon de m'assoir ou de plier mon pouce à l'intérieur de mon poing fermé, j'étais contente: j'éprouvais la solidité des liens...

Avec une mère, les liens sont encore plus intimement noués, enchaînés parfois... Jusqu'au mimétisme. Arrive le moment - souvent à l'adolescence - où nous éprouvons le besoin de reconnaître, d'affirmer notre différence comme une condition de survie.

Les propos d'un psychologue dans les média, parlant des secrets de famille comme des destins transmissibles m'ont marquée. Je sais très peu de choses de la jeunesse de mes grand-mères, elles ne se racontaient guère. Avec mes petites-filles, je compense mes propres regrets afin que, plus tard, elles n'en aient pas sur mon compte...

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Changement de rythme

2 Mars 2015, 11:10am

Publié par Flora bis

Changement de rythme

Retour des vacances. Pas des miennes mais celles de mes petites-filles, passées chez moi et en partie chez les autres grands-parents.

Deux semaines pétillantes, pleines de flots de paroles, de rires, de complicité.

Hier soir, après les avoir "livrées" à domicile, je me suis retrouvée dans le silence. Presque total.

Avec les résidus des vieux réflexes du soir, je monte l'escalier avec précaution, évitant le grincement du bois qui risquerait de les réveiller.

Le matin, je m'étonne de ne pas sentir le léger tapotement sur mon épaule et de ne pas découvrir la (ou les) petite(s) figure(s) en pyjama près de mon lit qui vien(nen)t pour me sortir d'un sommeil réparateur.

Nous nous sommes quittées avec regrets. Tout en dégustant ces moments rares et riches, je ne peux m'empêcher de penser que dans quelques années, ils seront encore plus rares et j'essaie d'en faire des provisions. Les priorités reviendront aux amis et ce sera très bien ainsi. Le contraire m'inquiéterait plus.

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Inspirations...

13 Février 2015, 18:22pm

Publié par Flora bis

Inspirations...

Replonger dans l'ambiance des grands salons... Durant dix années, tous les printemps, j'ai participé au Salon du Livre de Paris, pendant toute sa durée, sur le stand des Editeurs du Nord et du Pas-de-Calais.

Une ambiance particulière règne dans les foires du livre, un bruit de fond permanent, une effervescence continue, un tourbillon visuel qui vous interpellent sans relâche... Des rencontres, des échanges, des coups de coeur et des coups de pompes...

Cela va faire six ans que je n'y vais plus. J'ai décidé de me tourner vers des voyages intérieurs pour tenter d'en extraire les "retombées de poussière cosmique"... Expression pompeuse mais qui recouvre assez bien mes intentions, mes rêves...

Il en va de même pour les salons d'art. Pourtant, cet après-midi, j'ai fait un saut à la Foire de l'Art Contemporain de Lille. Parcourant les allées, l'ambiance familière m'a captivée de nouveau. La peinture, mon premier amour... Celui qui m'a saisie à jamais il y a plus de cinquante ans... Une énergie inouïe circule dans ces lieux, les tableaux l'émettent et l'envoient en écho d'une cimaise à l'autre, pour la concentrer sur vous... Vous décollez du sol, vous voltigez sur les ailes du désir de participer au concert de cette inspiration démultipliée!

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