Le blog de Flora

Juillet meurtrier...

25 Juillet 2014, 18:27pm

Publié par Flora bis

Juillet meurtrier...

Depuis le 11 juillet dernier, je ne suis pas revenue sur mon blog. Deux semaines très chargées en émotions qui mûrissaient cependant, depuis des mois déjà... Entre espoirs et désespoirs, cinq mois d'intenses souffrances et d'infaillible courage. Richarda est partie.

Horrible périphrase qui veut masquer la réalité crue que l'on refuse de voir. "Partir où?" ai-je demandé au médecin qui m'annonçait 8 ans plus tôt, un début de juillet aussi torride que celui-ci, que Gilbert était en train de partir... Cette fois encore, nous sommes démunis, incrédules... Comme à chaque fois que la mort s'annonce et nous oblige à la regarder en face, projetant notre propre fin devant nos yeux aveuglés par l'illusion de notre éternité...

Richarda était mon amie, ma soeur, fidèle en toute circonstance. Pourtant, je ne la connaissais que depuis dix ans à peine. Elle avait joué dans une pièce de Gilbert. La vague connaissance s'est muée en amitié quand je me suis retrouvée dans le tunnel de la solitude. Elle savait se rendre disponible pour soulager les souffrances des autres. Humains et animaux.

Par deux fois, elle a mis en scène et joué mes textes, encourageant l'auteur en herbe que j'étais. Mis en scène et mis en valeur.

Chacun de nous garde une image d'elle, parfois différente, nuancée par les souvenirs. Reste en commun son rire contagieux, son énergie, l'éclat de son sourire.

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"C'est en forgeant..."

11 Juillet 2014, 20:09pm

Publié par Flora bis

"C'est en forgeant..."

Le blog change, imperceptiblement, il évolue avec nous, puisqu'il se nourrit de nous... De temps en temps, je cède à la tentation de revenir en arrière, pour piocher, au gré du hasard, parmi les sept cents et quelques articles publiés en six ans. Comment j'étais au commencement de ce blog? Ai-je, depuis, au moins frôlé la sérénité tant désirée, après un véritable séisme dans ma vie, survenu en 2006?... L'irruption de la solitude.

Ce vagabondage sur les pages anciennes permet de dresser un petit bilan. Incontestablement, j'ai le sentiment d'avoir progressé un peu dans le maniement de la langue française, ce merveilleux outil, souple et élégant qui, malgré sa grande rigueur, permet toutes les audaces. "C'est en forgeant...", bien sûr, mais je crois que je resterai une éternelle apprentie et cela me plaît. Cette perspective s'ouvre sur l'infini et je déteste les finitudes.

Le blog a réveillé en moi une formidable soif de l'écriture. Cette dernière reste encore en état embryonnaire à mon goût. Aurai-je le temps de la faire passer à l'adolescence ou à l'âge adulte, je ne sais pas. La barre est placée très haut.

Ecrire en français me permet de mettre de la distance entre mon sujet et mes émotions, ce qui m'est impossible dans ma langue maternelle. Et puis, mon sens critique est peut-être plus aigu en hongrois, tandis qu'en français, j'opère allègrement et sans crainte, tel le barbier de jadis qui arrachait des dents, inconscient du risque, sans l'ombre d'une hésitation...

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Six années dans la blogosphère

4 Juillet 2014, 11:05am

Publié par Flora bis

Six années dans la blogosphère

Le 3 juillet 2008, je me suis lancée dans la blogosphère. En proie à un trac énorme comme si j'avais pris un risque vital, j'en tremblais presque... Mais l'envie l'a emporté sur ma nature attirée plutôt par la discrétion, le voile bienfaisant qui reste translucide au lieu de vous exposer à une lumière crue... J'ai donc choisi un pseudonyme.

Etrange paradoxe de ce choix! Certains de mes visiteurs me fréquentant dans la "vraie" vie savaient qui était dissimulé derrière le pseudo, moi-même n'en faisais pas un secret, bien au contraire: j'avais envie qu'ils me découvrent sous un autre angle, celui de l'écrit! Par contre, aux yeux de ceux pour qui j'étais une illustre inconnue parmi les millions qui se bousculent en quête d'un faisceau de projecteur, c'était, de toute façon, indifférent... Moi-même, j'avais une relation assez mal définie avec ma propre identité, ayant la sensation parfois que je la portais comme une sorte de masque derrière lequel une inconnue se dissimulait...

J'ai commencé un blog pour l'EXPRESSION ECRITE. Apprendre à ciseler une langue qui n'est pas ma langue d'origine, que j'ai commencée à l'école... Pour relever un défi toujours en cours: trouver le mot juste. Exprimer ainsi mon admiration pour cette merveilleuse langue d'adoption.

6 années, une expérience très riche, des rencontres virtuelles devant lesquelles on se montre parfois plus authentique que dans la vie "réelle"... Des rendez-vous auxquels on se prépare en revêtant des habits un peu plus solennels, un brin endimanchés, avec nos émotions en bandoulière...

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Echanges...

29 Juin 2014, 18:08pm

Publié par Flora bis

Echanges...

Cartésienne assez convaincue, j'ai du mal à adhérer à l'idée de la communion des esprits, celui des vivants avec celui des morts... J'ai vu la matière vivante produire des idées, des émotions grandioses et j'ai vu également cette matière devenir un amas inerte que l'esprit lumineux a déserté à jamais... Alors, j'en ai conclu que l'esprit n'était autre que le fonctionnement de la matière vivante et dès la mort (la transformation) de cette matière, l'esprit (le fonctionnement) cessait de même.

Hier, nous étions une bonne douzaine à entourer la tombe de Gilbert: des amis qui l'avaient connu, avec qui il avait partagé de grands moments d'émotions et d'idées. Petit à petit, instinctivement, nous avons resserré le cercle autour de la plaque de marbre, évoquant nos souvenirs communs. La pluie tombait, petit crachin insistant d'abord, puis de plus en plus dru. Les parapluies n'étaient plus de grand secours. Pourtant, personne n'avait envie de rompre la magie des échanges... Un instant, nous avions l'illusion que l'absent se mêlait à la conversation, du moins, il la suivait avec un petit sourire en coin... Pour la première fois, j'ai regretté de ne pas croire à l'existence réelle des esprits des défunts qui pourraient communiquer avec les vivants, encore en sursis...

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L'hésitation du chat face au plat de gruau brûlant...

19 Juin 2014, 16:49pm

Publié par Flora bis

L'hésitation du chat face au plat de gruau brûlant...

Cela fait une semaine que je délaisse mon blog. L'envie d'écrire existe, les sujets ne manquent pas non plus. J'attends pourtant l'impulsion nécessaire pour m'y remettre. En hongrois, il existe une expression pour exprimer cette hésitation inconfortable: "il tourne autour comme le chat autour du plat de gruau brûlant" ("kerülgeti, mint macska a forró kását")...

Cela me ramène à l'éternel problème du "lâcher-prise"... J'aimerais suivre la sagesse de Montaigne: "... à mesure que la possession du vivre est plus courte, il me la faut rendre plus profonde et plus pleine." (Essais) Pour tenter d'y arriver, je le sais bien, il conviendrait en premier lieu de me délester des tonnes de poids que je trimballe sur mes pieds, depuis si longtemps... Cette trouille de fendre la carapace - qui, en même temps, protège et emprisonne... Couardise, quand tu nous tiens!

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Plage de liberté

11 Juin 2014, 18:04pm

Publié par Flora bis

   Ce matin, j'ai ouvert la fenêtre sur un ciel bleu, tendu comme une toile immaculée au-dessus du jardin. Après les jours orageux, il annonce une plage de liberté si longtemps désirée.

   Empêtrée dans les contraintes que je me crée de mon plein gré, je ne cesse de languir après cette liberté qui me laisserait faire ce que je voudrais - à l'image de la plage infinie et ensoleillée qui ressurgit pour me hanter... Et je tourne autour des précieuses heures qui fuient, stériles.

   Les mots de Pilinszky me reviennent en mémoire. Ils sont tirés d'une lettre adressée à P. Emmanuel en 1967. Pilinszky se retrouve devant le dilemme de la tentation de rester en France ou de rentrer en Hongrie. Son effroi devant le vertige de la liberté m'est familier, en dépit du contexte différent:

"...Comme quelqu'un qui a trop longtemps désiré une chose et lorsqu'il peut enfin tendre la main pour l'atteindre, il s'aperçoit que sa main est inerte. (...) ...ce luxe me remplit d'effroi - du vertige paralysant de la liberté. Est-il possible que je ne puisse plus circuler que dans des couloirs de prison ?"

(traduction: moi-même)

Plage de liberté

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De l'Amour au féminin

5 Juin 2014, 10:59am

Publié par Flora bis

De l'Amour au féminin

Ah, l'Amour, ce super marronnier de l'approche des vacances... On est à bout de souffle d'une année harassante, avec ses activités et obligations quotidiennes (ô combien indispensables par ailleurs) et on a envie de dépaysement, des lieux et des états d'âme...

Le corps et le coeur légers, on succombe à des amourettes de la belle saison, destinées à s'évanouir comme la magie de l'été... Sans lendemain, pour préserver l'apesanteur de cette parenthèse que la vie nous offre de temps à autre...

Voici quelques citations que des femmes célèbres ont ciselées à la lumière de leur longue expérience en la matière.

* L'amour est ce je ne sais quoi, qui vient de je ne sais où, et qui finit je ne sais comment. (Madeleine de Scudéry)

* L'amour est une maladie sans laquelle on ne se porte pas bien. (Marguerite Grépon)

* Il y'a deux sortes d'amour: l'amour insatisfait, qui vous rend odieux, et l'amour satisfait, qui vous rend idiot. (Colette)

* L'amour, c'est comme le potage: les premières cuillerées sont trop chaudes, les dernières sont trop froides. (Jeanne Moreau)

* Les poètes sont des fous d'avoir donné à l'amour un arc, un carquois et un flambeau; le pouvoir de ce dieu ne réside que dans son bandeau. (Ninon de Lenclos)

* T'ai-je assez remercié

De l'amour que j'avais pour toi? (Anna de Noailles)

* Aimer sans être aimé, c'est vouloir allumer une cigarette à une autre cigarette éteinte. (George Sand)

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Mai des vernissages

31 Mai 2014, 11:48am

Publié par Flora bis

Mai des  vernissages

Une images du vernissage de mon expo à Arras, inaugurée le 15 mai.

Dans la foulée, le 27 mai, nous avons ouvert l'exposition annuelle de notre groupe de peintres amateurs et semi-professionnels, pour une petite quinzaine de jours, à l'hôtel de ville de Valenciennes.

(les photos de la seconde expo)

Mai des  vernissages
Mai des  vernissagesMai des  vernissages

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A coeur vaillant rien d'impossible!

25 Mai 2014, 19:52pm

Publié par Flora bis

A coeur vaillant rien d'impossible!

Ouf, les préparatifs de ma participation à l'exposition annuelle de mon groupe de peintres sont terminés! J'éprouve un énorme soulagement. En moins de dix jours, ce n'est pas si mal! Du coup, j'emprunte la devise de Jacques Coeur, l'intendant de Charles VII qui l'inscrira sur son somptueux palais de Bourges en 1443: "A cuers vaillans riens impossible"

Les cinq tableaux (sanguines et pastels) sont encadrés et alignés dans le séjour. Le travail s'est effectué sous pression, à cause des divers obstacles et imprévus qui se sont dressés sur mon chemin depuis le mois de mars. Les bonnes vieilles habitudes font aussi que devant les obligations, j'adore me donner des délais et je travaille ainsi avec le couteau sur la gorge!

Mon exposition personnelle à Arras sera ouverte jusqu'en fin de juin. Celle d'ici du 28 mai au 10 juin. Les murs de la maison sont dégarnis. Pour le groupe, nous sommes engagés de produire du nouveau, du jamais encore exposé. Normal, une fois par an! Seulement, d'ordinaire, l'écriture mange une bonne partie de mon temps. Sa cohabitation avec le dessin et surtout, la peinture est quasi impossible: toutes ces activités demandent que l'on s'y adonne entièrement, sans partage...

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Vieille photo

21 Mai 2014, 18:09pm

Publié par Flora bis

Vieille photo

Je regarde cette photo, vieille de plus de vingt ans... Mes parents. Pour moi, elle réveille l'ambiance de nos vacances d'été où tout semblait simple et joyeux: nous avions un mois entier devant nous pour profiter de la chaleur du soleil et de la famille, pour satisfaire la foule d'invitations chez des amis aussi. Vivre le présent. Nous ne savions pas - et fort heureusement! - que ce seraient nos dernières années sans nuages.

Mon père, serviable comme d'habitude, prêt à assister ma mère à toutes les tâches qu'elle distribue allègrement, à la manière d'une mitrailleuse qui arrose le terrain. On a du mal à suivre... alors, on trie. Longue expérience. Mon père saute sur sa moto, plusieurs fois par jour, pour une course oubliée, car ma mère évite de faire une liste... Son sourire triomphant témoigne de son grand pouvoir sur la maisonnée. Elle n'est pas tyrannique pour autant car elle-même ne s'arrête presque jamais; elle a simplement envie que tout le monde la suive...

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