Des temps troubles
La torpeur paisible des vacances est loin derrière nous. La Toile bruit des mouvements migratoires hors normes qui secouent l'Europe.
Cela concerne plus particulièrement mon pays d'origine, la Hongrie qui, depuis un certain temps, a mauvaise presse. Campagne d'affichage contre les "migrants" invités à s'abstenir de prendre le travail des Hongrois, distillation des rumeurs de dangers divers (épidémies, viols, terroristes dissimulés dans la foule des réfugiés), érection d'un mur de barbelés, au demeurant inefficace, à la frontière serbe, porte d'entrée de l'espace Schengen... L'hypocrisie de Bruxelles rencontre l'hostilité du gouvernement hongrois qui tente de ménager son aile d'extrême droite.
L'opinion publique est tiraillée entre ses peurs ancestrales devant le déferlant musulman qui éveille en lui les réminiscences de 150 ans d'occupation ottomane, et ses sentiments de compassion à la vue des foules épuisées des périples en bateau et à pied...
Tout cela mène à un cafouillage sans nom. La fameuse photo de l'enfant noyé - on se demande pourquoi les milliers de cadavres d'avant ont laissé tout le monde de marbre - crée un électrochoc. Les barrières autrichiennes et allemandes, jusque là baissées se lèvent pour offrir un accueil chaleureux aux milliers d'immigrés. Tant mieux pour eux. La vague de solidarité spontanée générée par des initiatives de simples particuliers hongrois contrebalance quelque peu l'image de honte que le gouvernement - et les dirigeants de l'église, oubliant toute miséricorde chrétienne - ont laissé devant le monde, qui lui même n'est pas exempt de pharisaïsme...