Le défi des trains...
Je continue le travail sur mon texte autour des femmes solitaires. A l'origine, elles étaient cinq, autant de destins dont le point final était la solitude: choisie ou imposée. Pour la version retravaillée, j'en garde quatre. Laquelle éliminer?...
J'ai le choix entre "la femme battue" et celle qui était "heureuse" au moment ou la mort lui a pris son compagnon. Son destin est le seul "contrepoint" dans la série sans illusion. Tout comme dans la vie, en fin de compte.
En écrivant, j'essaie de me mettre dans la peau du personnage afin que ses paroles sonnent aussi naturellement que possible. C'est un exercice à la fois jouissif et épuisant. A chaque fois que j'ouvre le fichier, je retravaille, je fignole l'ensemble, à partir du début. Je sais que je pourrais poursuivre ce travail de fourmi indéfiniment. Un jour, il faudra dire stop.
Parler de la souffrance d'une "femme battue" (hélas, cela devient un statut, une étiquette) est un sujet. La souffrance, en général, est digne d'un plus grand intérêt que le bonheur, pour les créateurs dans tous les domaines. Une histoire de catharsis, sans doute.
C'est pour cela que j'ai choisi de garder, finalement, "la femme heureuse". J'aime le rythme créé par le contrepoint, c'est vrai. J'aime encore plus le défi de raconter le bonheur, sans que cela se vautre dans la niaiserie.
Parler des trains qui arrivent à l'heure. Réveiller un "non-sujet".
