Le blog de Flora

Je ne veux pas me plaindre mais...

24 Mars 2023, 17:36pm

Publié par Flora bis

   Pourtant, mon horoscope du matin m'a fait miroiter une journée si sympathique que je devais m'attendre carrément au nirvana! De l'énergie à déplacer des montagnes, une humeur étincelante, un charme irrésistible à emballer tout ce qui bougeait! Je n'en demandais pas tant! Assumer un tel ravage s'avèrerait trop énergivore!

   Inutile de dire que les promesses n'ont pas été tenues. Le temps est passé à la vitesse d'un escargot anémique, sans le soleil qui aurait pu booster mon énergie en déclin, sous un ciel couleur d'encre noire, entre deux averses... Je me déplaçais mollement d'un fauteuil à l'autre, esquissant un mouvement indécis vers le dessin commencé hier et abandonné sans appétence. Je n'ai pas prononcé un seul mot de la journée. Appeler quelqu'un : non, inutile de déverser sur les autres cette humeur visqueuse de bave d'escargot qui colle aux semelles. 

   Ouvrir la télé pour s'évader un peu?...  Entre les pronostics catastrophistes à plus ou moins long terme, les manifestations qui dégénèrent, les déclarations de part et d'autre, pleines de mauvaise foi et de contre-vérités, lissées sous les slogans, la guerre à notre porte et la sincérité, l'honnêteté simples déguisées pour un bout de gras, pour un lambeau de pouvoir, l'amertume de comprendre qu'en fin de comptes, on se fera avoir, d'une façon ou d'une autre... Non, merci. Pour se distraire, vous avez le capitaine Marleau, série télé devenue victime agaçante de son succès du départ, figure dont la fraîcheur des débuts a flétri au fil des épisodes, avec sa chapka grotesque été comme hiver, aussi éculée que ses blagues et jeux de mots incessants, tirés par les cheveux... De plus, ma chaudière a rendu l'âme, au mieux, jusqu'à lundi...

 

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Printemps au crépuscule...

18 Mars 2023, 20:28pm

Publié par Flora bis

   Le soleil reprend des forces. Nous l'attendons avec avidité, après la longue saison d'hibernation mi-figue, mi-raisin, ciel de plomb, grisaille et humidité sans fin. Pour faire patienter mon ardeur, la pousser vers la mesure et la nuance, je ressuscite dans la mémoire les jours suffocants de la canicule des derniers étés où je ne profitais guère des bienfaits du soleil, fuyant les rayons mortifères, la plus grande partie de la journée... C'en est-il fini pour toujours avec le souvenir de nos étés tempérés d'antan, avec les bains de soleil en maillots de bain et le léger halo chocolat au lait sur la peau?...

   Comment vivre la période actuelle  -  et les autres  -  trouble de la vie politique et sociale du pays quand on a 75 ans?...  Je suis à peu près sûre que je ne battrai plus les pavés : je suis contente si je peux encore faire mes courses alimentaires sur mes jambes, parmi les gens. Il est bien connu que les vieux sont frileux, repliés sur leurs plates-bandes de plus en plus rabougries, laissant la bagarre aux forces vives. Cela ne veut pas dire qu'ils s'en désintéressent mais le font par procuration.

   Certes, ils préféreraient vieillir en paix, jouissant des beautés grandes ou minuscules de la vie, du moins de leur observation, de près mais plus souvent de loin... Plutôt dans leurs souvenirs. Si possible, chassant les réminiscences douloureuses car ils fuient la souffrance... A quoi bon réveiller ce fantôme sournois et tenace tapi au fond de la mémoire pour mieux attaquer le rêveur imprudent?...  Le laissant ensuite dévasté et anéanti, parmi les fragments violents du souvenir.

Rodin, "Hiver"

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Cri du coeur de la majorité invisible

10 Mars 2023, 12:21pm

Publié par Flora bis

    Il m'arrive de gamberger sur le premier hasard (la course folle des spermatozoïdes vers le but) qui a décidé de mon sort d'être née femme et de partager ce destin particulier. Contrairement à notre époque bouleversée qui remet tant en question les identités, la mienne m'a toujours été familière dans laquelle je me glissais avec plaisir et sans la moindre frustration. Cette identité me semblait séduisante et avantageuse à certains égards : pas de service militaire ni de bagarres violentes, les tâches les plus lourdes épargnées pour mon frêle physique. Et puis, il nous reste les études où les filles  -  c'est bien connu  -  occupent le terrain pendant longtemps. Pour l'équité, l'idéal est loin d'être atteint.

   Je suis pour l'égalité mais pas pour l'uniformité. J'observe avec une certaine perplexité antédiluvienne l'effacement de la différence entre hommes et femmes, dont certains stylistes font leurs choux gras, jusqu'à dégrader l'image des mannequins, filles ou garçons, pour satisfaire leurs fantasmes... Au nom de la liberté de création. Pour, soi-disant exprimer leur ressenti concernant notre époque (ET dans dans la lutte sans merci d'attirer l'attention...). Après tout, les filles se sont depuis longtemps approprié les accessoires du vestiaire masculin, c'est  le tour des hommes de s'habiller en femmes, pour pulvériser l'image du macho dominant. Certes. Mais les ressentis ainsi épinglés et imposés dans la lumière  ne sont pas  -  heureusement!  -  partagés par l'écrasante majorité. Suis-je pour autant une épouvantable réactionnaire?...

   Aujourd'hui, dans le narcissisme ambiant, nourri par le rouleau compresseur des réseaux sociaux, la normalité n'a pas bonne presse. On ne veut surtout pas fondre dans la masse (dite grise) des "invisibles". On grimace, se tortille, se déshabille, assène ses vérités, ses sagesses creuses, ses provocations devant sa petite caméra, les lâchant sur le Net pour exister un court instant. Du moins, s'en donner l'illusion.

 

   

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Court intermède avec mes petits-enfants

4 Mars 2023, 10:33am

Publié par Flora bis

   Depuis une semaine, je me suis instauré de nouveaux réflexes. Toute ma vie solitaire et plan-plan s'en est trouvée bouleversée, plutôt dans le bon sens : me coucher avant minuit, me lever avant 9 heures avec beaucoup de sommeil en plus! Cuisine et vaisselle incessantes mais tellement plus de rires, de conversations et de jeux ! Il ne faut pas oublier les heures de révisions, de devoirs pour les enfants car l'école revient vite avec ses cortèges "d'évale's" et d'autres bacs blancs. Le bilan est positif, cela va sans dire! Le tout dans une ambiance paisible, sans un mot plus haut qu'un autre. 

   Mal au dos, mal aux jambes mais ce n'est que l'écume de ces jours heureux! J'aimerais bien que la semaine qui vient y apporte le repos réparateur.

grands-parents sur le quai, dans les reflets de la fenêtre du train en partance

 

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Dialogue intime

19 Février 2023, 14:45pm

Publié par Flora bis

Aucun dessin n'est irréprochable. Je parle, bien sûr, essentiellement des miens! Leurs imperfections font partie de mes faiblesses.

A moins que Leonardo et quelques autres de mes idoles n'aient réussi l'exploit de la perfection. D'autres ont "tordu" les règles académiques, afin d'exprimer leur vision du monde alentour. Un tableau de Modigliani, avec ses inspirations de masques africaines, avec les orbites vides qui enferment le regard à l'intérieur, pour mieux s'offrir, peut-être, à celui du spectateur... Qui sait? Une oeuvre échappe nécessairement à son créateur pour que le spectateur puisse ressentir librement ce qu'elle lui offre. Par un dialogue muet, mystérieux et secret.

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Escapade brève dans le passé

11 Février 2023, 13:07pm

Publié par Flora bis

   Tant de fois je m'installe, je me réfugie dans ma bulle devant mon ordinateur, à la recherche du réconfort, de la consolation que seule l'envie lancinante d'écrire peut m'offrir. Ressusciter les souvenirs du passé ou de humer les plaisirs (rares) et les tracas (plus courants) du présent. Plonger dans la "nostalgie d'un ravissement", avec les mots de Yasmina Reza qui qualifie ainsi l'écriture. Définition qui me convient parfaitement. 

   Le passé, pour moi, ne représente pas seulement un refuge, ni un désintéressement stérile du présent mais une mine de grâces pour mieux comprendre ce dernier. Egrainer le chapelet des générations précédentes, les images des fantômes familiers, j'en ai constamment besoin pour vivre pleinement le présent. Questionner le socle sur lequel ma vie s'appuie. 

   J'ai eu de la chance de connaître mes quatre grands-parents, de vivre avec eux, d'être bercée, nourrie de leurs histoires qu'ils racontaient avec le talent des conteurs d'autrefois. Les grands-pères seulement. La première guerre mondiale a fait d'eux de grands voyageurs : le front russe, la captivité dans une ferme du Caucase pour l'un, dans une usine sucrière en Crimée pour l'autre. Je les écoutais jusqu'à plus soif, en projetant sur l'écran blanc de mon imaginaire les images suscitées par leurs mots, leurs expressions, mon cinéma sur les murs chaulés de la maison.

   Mes grands-mères ont gardé leurs histoires profondément enfouies en elles. Cela reste mon éternel regret : je ne sais presque rien de leur jeunesse. Les rares photos les montrent fières et belles. J'aimerais connaître leurs rêves  -  en ont-elles seulement eu? Et les tourments de leur vie amoureuse?...  Je les ai toujours connues vieilles, ridées à l'ombre des foulards immanquables. Ensevelie aussi l'envie de raconter. On disait à l'époque : "La femme s'appelle "Tais-toi"...

Escapade brève dans le passéEscapade brève dans le passé
Escapade brève dans le passéEscapade brève dans le passé

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Pensées magiques

4 Février 2023, 17:30pm

Publié par Flora bis

   Autour de moi, sur la table, un amas considérable de photographies, représentant le même dessin : un des rares que j'ai été capable de réaliser l'an passé. Manque d'exercices, de motivation mais une nostalgie sourde pour les temps où le dessin représentait mon activité quotidienne. C'est comme le vélo, pensé-je, il ne s'oublie pas, même si les premiers coups de pédales s'avèrent laborieux... 

Je suis donc en train d'écrire mes cartes de voeux. Plus d'un mois de retard que je m'offre. La honte! J'ai des excuses : mes mois de décembre et de janvier ont été particulièrement chargés, physiquement autant que moralement. Mais les destinataires ne sont pas obligés de connaître les détails. Alors d'avance, je présente mes excuses, en même temps que mes voeux. Oh, la fameuse pensée magique! On ne sait jamais, "ça ne mange pas de pain!" comme dirait notre regrettée Richarda dont la présence nous manque tant.

Une minuscule anecdote : jeudi dernier, je pousse mon chariot dans le rayon cosmétique du supermarché, en cherchant la crème du jour idéale sans être trop chère. Sous mes yeux défilent les qualificatifs plus alléchants les uns que les autres, pour faire tomber les rêveuses dans le piège d'une promesse bien rodé : effacer les dégâts de l'âge, de la fatigue ou simplement, du manque de générosité de la nature à leur égard. Comment choisir entre le produit miracle remaillant*, repulpant*, hydratant*, tonifiant*, liftant*, lissant*, reconstituant*, sublimant*,  exfoliant*, densifiant*, équilibrant*, vitalisant*, antioxydant*, sans oublier le sésame du "bio"! Toutefois, la palme revient pour moi à un produit qui vous promet d'agir "pour un regard plus lisse et rebondi" (* tous véridiques et j'en oublie!)

 

Une dame d'un certain âge (semblable au mien) a l'air encore plus perdue derrière son charriot. Je lui demande : "Trouvez-vous tout ça crédible?" " Ah mais moi, Madame, je cherche mon produit qui me fait des miracles. Regardez, vous me trouvez une seule ride? (oui, mais lâchement, je ne démens pas.) Pourtant, j'ai 82 ans." Alors, je m'incline et demande quel produit elle cherche. "La crème à la bave d'escargot. On peut en mettre partout", répond-t-elle. Sidérée, j'en reste coite.

 

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Avec ou sans neige...

27 Janvier 2023, 18:10pm

Publié par Flora bis

   Nous sommes en fin de janvier, en plein hiver. Sans neige. Personnellement, elle ne me manque guère : elle fait partie des choses qui me rendraient la vie plus difficile... Je me vois marcher en équilibre laborieux vers le boulanger, sur les trottoirs en pente de notre quartier, transformés en patinoire par les couches successives de neige gelée... Tenter d'atteindre la poubelle sur la terrasse sans déraper...  Gratter la givre sur les carreaux de la voiture et démarrer en grelottant, les mains gelées... Devrai-je me résigner désormais à avancer à petits pas, navigant à vue (en baisse) parmi les obstacles, essayant d'éviter celui qui compliquerait mon quotidien. Tout un travail, sachant qu'une seule chute peut changer radicalement mon existence. Sans compter la chape de plomb du ciel d'hiver qui, dans notre région, distribue très rarement quelques rayons de soleil furtifs.

   Aussitôt, les souvenirs affluent des hivers mémorables d'antan. Comment est-ce possible que lesdits obstacles n'existaient pas alors? Pourtant, les hivers étaient incomparablement plus sévères! Et ma mère qui avait des principes impitoyables en vue de préserver notre santé, nous mettait dehors, mon frère et moi, après l'école, pour prendre l'air frais, jouer dans la neige, pendant un temps qui me semblait interminable... Nous rentrions à moitié congelés, pieds et mains douloureux (pourtant protégés par des gants et chaussettes chauds), les joues roses et du givre collé sur les cils! J'ai le souvenir réconfortant que l'on me frotte les mains et les pieds endoloris par le froid... Le soir, trois générations s'installaient autour du poêle pour raconter des histoires, écouter un match ou une retransmission théâtrale à la radio, les mains occupées à égrainer le maïs, à tricoter ou à raccommoder, à piler le piment séché dans un mortier en cuivre...

   Il est vrai, c'était encore des années sans télévision.

(illustration: image du Net, Fortepan)

 

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Soirée littéraire : première de la nouvelle année

21 Janvier 2023, 17:06pm

Publié par Flora bis

     Hier soir, avec mon amie Evelyne, nous sommes arrivées chez Muriel sous une pluie diluvienne!... C'était notre troisième réunion de la semaine! Une performance, si l'on connaît ma réticence assez récente mais tenace à quitter ma tanière. 2-3° sur le thermomètre, pluie torrentielle, ajoutés à ma vision incertaine pour conduire la nuit  -  je  serais bien restée au chaud à me reposer!

   Mais c'était la première soirée littéraire de l'année que Muriel a pris la généreuse initiative d'organiser chez elle où les décors de Noël et le petit sapin clignotant étaient encore en place. Une bonne vingtaine d'irréductibles se sont rassemblés pour écouter Pierre qui faisait une lecture d'une heure et demie des textes écrits par lui-même sous le titre de "Souvenirs inventés". Annette et sa voix mélodieuse lui prêtait assistance. Visiblement, le public était sous le charme des souvenirs composés de fiction et de réalité savamment mélangées de l'auteur, heureux de partager ses heures de créations solitaires avec le public. Car en réalité, écrivons-nous pour notre tiroir? Assurément, non. Autrement, nous n'écririons pas sur nos blogs! Sans parler des autres réseaux sociaux. 

   Après la lecture, les convives ont joyeusement mis en commun les bonnes bouteilles et les victuailles salées et sucrées et les conversations vivifiantes des retrouvailles heureuses se sont poursuivies jusqu'à minuit passé.

Soirée littéraire : première de la nouvelle année
Soirée littéraire : première de la nouvelle annéeSoirée littéraire : première de la nouvelle année

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Escapade courte

16 Janvier 2023, 10:26am

Publié par Flora bis

   Le nid me lassait car je ne l'ai pas quitté depuis longtemps, je manquais d'air frais et libre, végétant prisonnière des habitudes pesantes et paralysantes pour mes neurones fatigués. Rien de mieux qu'une petite escapade de presqu'une semaine pour réveiller le plaisir de retrouver le train-train ancien, les petites manies rassurantes. Le retour me plonge dans leur chaleur familière, celle du nid protecteur où je connais la place des choses les yeux fermés.

   J'ai passé une petite semaine avec une de mes petites-filles, privée d'école pour des soucis de santé. Plaisir de retrouver un tête-à-tête devenu rare car les enfants grandissent très vite! Occasion de grandes discussions, de rires et de parties de cartes, de plats à préparer ensemble, de brèves télés qui me plongent immanquablement dans la sieste... Tout cela pour essayer de créer de courts intermèdes dans le flot des souffrances et des angoisses. 

    Le soleil nous accompagnait pour la plupart du temps, les grandes baies vitrées par deux côtés nous plongeaient dans la nature à portée de main, parmi les arbres centenaires qui hésitaient encore à succomber à l'appel d'un printemps précoce et trompeur.

   

 

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