Le blog de Flora

A vous, mes chers visiteurs,...

18 Août 2023, 13:36pm

Publié par Flora bis

Un grand MERCI à Vous, mes chers Visiteurs
qui passez sur ce blog, 
un peu déserté par son propriétaire, 
par ces temps de vacances pour beaucoup!
Vous m'êtes très importants, même si souvent anonymes;
je vous prie de patienter encore un peu,
en espérant votre amitié, votre fidélité infaillibles...
Avec la mienne, tout aussi sincère. 
"La terrasse", pastel, R. T. 2015

 

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Bonheur, iceberg et prix à payer

9 Août 2023, 16:54pm

Publié par Flora bis

   Mercredi matin, 9 heures. Je n'en crois pas mes yeux! Le jardin baigne dans la lumière mais quelques flaques sur la table rouge de la terrasse témoignent d'une averse fugace. Je lancerai une lessive, elle séchera peut-être... Prévenir le plombier, appeler l'ophtalmologue, passer chez le coiffeur et à la pharmacie, organiser les menus et les courses pour l'arrivée des enfants, récupérer les petites (qui sont de moins en moins "petites"!), faire un crochet chez mon amie pour lui rapporter le sac à provisions oublié dans ma voiture : voici pêle-mêle mon programme jusqu'à mardi prochain. C'est la partie visible de l'iceberg, je tairai les annexes indispensables ou imprévisibles. Je sens le stress monter et pour essayer de le combattre, je ne trouve rien de mieux que de me réfugier devant mon clavier...

   L'autre jour, une amie m'a posé la question qui ne cesse de revenir me hanter : "est-il indispensable que nous passions par la souffrance pour apprécier enfin le bonheur?" Sur le coup  -  et au volant de la voiture  -  j'ai dit oui, après une brève réflexion. J'y repense depuis, je tourne la question dans tous les sens. J'essaie d'imaginer une vie sans nuages, ou inversement, pleine de souffrances, allant jusqu'au cas de ceux dont on dit que, décidément, ils ont tiré le mauvais numéro en venant au monde. 

   La souffrance est-elle un test pour éprouver la résistance, le courage des candidats au bonheur? Est-elle une leçon pour punir ceux qui n'ont pas apprécié leur chance à sa juste valeur, la gaspillant? Ceux qui n'ont pas cru en eux ou inversement, se sont laissé aveugler par leur bonne étoile? Ou alors, s'agit-il des candidats qui, réellement et tout simplement, ont tiré le mauvais numéro?... 

   Qu'en est-il du mot le plus important de la question : "indispensable"...? Je ne suis pas certaine qu'une vie sans nuage existe, ou alors, elle est extrêmement rare. La plupart du temps, notre vie est un jeu d'ombre et de lumière, à proportions changeantes. Les deux sont  complémentaires, elles n'existent pas l'une sans l'autre, elles se mettent en valeur mutuellement. En passant par la souffrance, non seulement nous éprouvons notre force, notre capacité de résistance et de résilience mais le goût du bonheur nous semblera infiniment plus doux. 

(illustration: photo du Net)

Bonheur, iceberg et prix à payer

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Jeu du chat et de la souris

1 Août 2023, 11:34am

Publié par Flora bis

      Dehors, il pleuviote, finement, inlassablement. Je ramasse à la hâte  -  pour la quatrième fois, en deux jours  -  le linge sorti de la machine, étendu sur le fil avec un excès d'optimisme. On dirait que les quelques rayons du soleil à mon réveil ont servi d'appât pour que j'étende les draps : une demi-heure plus tard, discrètement, à pas de loup, l'averse est de retour! C'est le premier jour du mois d'août, il est 11 h du matin. 16° sur le thermomètre.  Et cela, depuis près de trois semaines! Si quelqu'un me parle de sécheresse ou de canicule, je l'étrangle! Pourtant, je suis une personne paisible, infiniment paisible.

   J'avais comme un pressentiment : le soulagement du début de la fraîcheur allait tourner au vinaigre. J'avais demandé à Valérie de descendre le ventilateur entreposé au deuxième étage et depuis, il n'a été branché qu'une seule fois! La pluie est arrivé le lendemain. 

   A l'instant, quelques rayons percent l'épaisse couche nuageuse. Que faire? Continuer à jouer au chat et à la souris avec la pluie ou attendre jusqu'à 18 h en faisant confiance aux prévisions ultra-précises de mon téléphone? Mes nerfs commencent à s'effilocher...

 

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Un plat de lentilles...

27 Juillet 2023, 16:49pm

Publié par Flora bis

   Le ciel gris, le doux tapotement de la pluie sur la terrasse et les 18° au thermomètre nous invitent à la réflexion ou à la rêverie... Pas mieux. Devant l'écran  -  ou la vaisselle qui attend depuis hier soir dans l'évier (j'ai beau laisser leur chance aux petits Schtroumpfs invisibles pour la faire disparaître pendant la nuit, peine perdue!)... Quelle motivation trouver pour faire bouger son corps, le décoller du fauteuil? De l'écran surtout qui, mirage addictif et consolant, apporte un peu de dynamique, un peu d'amitié virtuelle dans la grisaille du quotidien? Je suis injuste. Ma voisine vient de m'apporter une assiettée de lentilles fraîchement cuites et assaisonnées! Deviendrai-je au moins riche (grâce aux lentilles), avec mon spleen sous la pluie?... Mais non, j'aurai une villa dans quelque paradis de riches, forcément ensoleillé, avec le personnel qui ôtera tous les soucis de mes épaules, puisqu'il sera payé pour cela. 

    Il n'y a que deux ou trois bricoles que ma fortune hypothétique (grâce aux lentilles) ne pourra  point compenser : ma jeunesse enfuie, ma santé flageolante et et mon optimisme jadis solaire...

L'oiseau de la céramiste Andrea Vertel s'est réfugié sur la terrasse mouillée

 

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Qu'ai-je en commun avec Lady Jane?

21 Juillet 2023, 12:30pm

Publié par Flora bis

    Une véritable obsession, celle de perdre mon temps, me tourmente (taraude, tenaille, tarabuste, turlupine, tracasse, torture etc  -  tiens, bizarrement tout me revient en "t"!...), m'empêche d'avoir l'esprit détendu et de profiter du soleil, écoutant mes envies. Mais en ai-je encore, vraiment?... Les temps ont bien changé.

   La mort de Jane Birkin a suscité une avalanche de réactions, bien plus que l'on n'aurait imaginé à propos de la disparition d'une chanteuse et actrice de son envergure. Sa vie, publique et privée  confondues, libre et inspirante s'est déroulée devant les yeux des spectateurs. Ce que la nostalgie ressuscite à travers sa figure est plus que l'artiste : c'est toute une époque qui semble avoir été un véritable âge d'or à nos yeux d'aujourd'hui. Comme d'habitude, le bonheur ne devient palpable que dans le rétroviseur. 

   "La ballade de Jane B. s'enracine évidemment dans tout ce qu'elle a incarné à ses débuts et continue à charrier dans nos imaginaires : la décontraction iconoclaste du Swinging London; un érotisme longiligne qui a renversé sur son passage les canons pulpeusement établis de la beauté; le couple scandaleux et passionné qu'elle a formé avec Serge Gainsbourg. Gainsbourg, dont sa voix toujours jeune et toujours au bord de se briser a si bien interprété les chansons." (éditorial de L'Obs du 20 juillet 2023, G. Leménager)

   Nous sommes à un an de près de la même génération. Tout le reste nous sépare. Elle, fille d'un Occident qui brise les carcans de la société engoncée dans la bien pensance conformiste de l'après-guerre, suivie de l'ère d'une consommation triomphante et abondante. Moi, je vis de l'autre côté du "rideau de fer", dix ans après la révolte d'octobre 1956 et son écrasement dans le sang, suivis de la consolidation du régime. Je suis étudiante à la fac et les échos lointains du Mai 68 et du Printemps de Prague nous arrivent, même filtrés par le pouvoir.

   Le régime est obligé de desserrer l'étau. Nous commençons à respirer un peu. Bien sûr, la censure  -  et même une certaine auto-censure  -  régnent, nous savons jusqu'où nous pouvons aller trop loin pour préserver les maigres mais précieux acquis. C'est ainsi que nous pouvons communier maintenant dans la (presque) même nostalgie de cet "âge d'or" si court qu'était notre jeunesse partagée...

Qu'ai-je en commun avec Lady Jane?Qu'ai-je en commun avec Lady Jane?

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"Mann Tracht, und Gott lacht"...

16 Juillet 2023, 13:24pm

Publié par Flora bis

   Je regarde le température du dehors : 20°. Nous sommes en plein juillet et si je ne craignais pas autant la canicule, je trouverais cela piteusement bas pour un été digne de ce nom. Quand je pense à la vague de chaleur qui sévit autour de la Méditerranée (et ailleurs), j'enfile la petite laine avec soulagement.

   Comme je m'y attendais, le monde se dépeuple autour de moi, je reçois des échos lointains de vacances joyeuses et/ou exotiques, en famille ou entre amis. J'essaie de prendre des nouvelles d'amis esseulés comme moi. Souvent, cela se transforme en bulletin de santé. 

   Une de mes amies proches s'est vu changer ses projets de repos et de voyages en une fraction de secondes. En sortant du don de sang (d'où une probable baisse de tension), elle a fait une chute sur un trottoir du centre ville et elle est revenue jusque chez moi on ne sait comment, en conduisant sa voiture avec la seule main gauche...  Au moment où je l'ai cueillie sur le pas de ma porte, elle tenait à peine debout... Tout de suite, j'ai appelé les pompiers qui ont fixé son bras droit en écharpe et l'ont transportée à l'hôpital où elle a passé tout l'après-midi en examens et soins. Résultat : bras et épaule droits immobilisés contre son corps pour 6 semaines! Heureusement, la solidarité familiale et amicale l'aidera à traverser l'épreuve!

   Je pense à la phrase que j'ai entendue tant de fois dans mon enfance : "Ember tervez, Isten végez." On pourrait le traduire par "L'homme fait des plans, Dieu a le dernier mot." Apparemment, cela viendrait de l'allemand "Mann tracht, und Gott lacht."  ("L'homme échafaude des plans /"pense"/, Dieu rit"). Les incroyants peuvent remplacer le mot "dieu" par "destin", l'idée est dans l'impossibilité de maîtriser tout ce qui nous arrive. Que l'on soit croyant ou superstitieux, cela  apprend un peu d'humilité à l'homme gorgé d'orgueil et de sentiment d'invincibilité.

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La révolte de Saint-Bernard * (micro fiction)

4 Juillet 2023, 11:56am

Publié par Flora bis

      "...La sonnerie retentit sur la porte d'entrée. Je viens de m'installer dans mon unique fauteuil, avec le livre à la couverture bleue nuit. Il me faisait de l'oeil depuis ce matin : une tentative d'évasion!

    Mon vieux réflexe de Saint-Bernard m'incite à aller ouvrir, cependant, je reste clouée à ma place.  Cela ne peut être qu'elle! Après tout, de quel droit me dérange-t-elle à tout bout de champ, sans demander mon avis, piétinant la quiétude fragile que je décide enfin à m'offrir, cadeau rare, à moi seule? J'ai réussi à ignorer les devoirs qui m'attendaient, cuisine, ménage, potager, chien à promener, tout ce que je m'impose pour éviter la noyade. La profondeur noire, opaque qui m'attire comme une promesse de délivrance de toute pesanteur, toute torture sophistiquée à petit feu. 

   Lâchez-moi la grappe, tous les casse-pattes du monde, avec vos histoires au ras des pâquerettes et ne me tirez pas vers votre néant! Qu'ai-je à cirer, à brosser, à battre, à secouer de vos jacasseries médiocres qui engloutissent le temps précieux qui reste de ma vie? Vos ragots de boniche effrontée, de fils ingrat, de mari acariâtre et impuissant qui de surcroît, ronfle toute la nuit? De vos jérémiades qui n'en finissent pas de tourner  -  exclusivement  -  autour de votre nombril décrépit?...

   Vous me prenez pour votre poubelle dans laquelle déverser les déchets de votre existence mesquine, vos lamentations égotistes, au lieu de vous regarder dans la glace. A la place de ce geste salutaire, vous préférez le rôle réconfortant de l'éternelle victime. Mais la victime, c'est moi. "

 

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La toile de notre vie

30 Juin 2023, 12:35pm

Publié par Flora bis

   Il ne reste plus qu'un jour de ce mois de juin si chaud, dans le sens propre et figuré. Je me prépare à un été plutôt solitaire que je redoute, tout en ayant envie de m'immerger dans un sentiment de quiétude (que j'imagine mais qui ne se réalise jamais). 

   Dans une semaine, ce blog atteindra son quinzième anniversaire... De nos jours, cela semble presque canonique pour un genre qui se fait dépasser allègrement par de nouvelles modes de communication, tendant vers encore plus de narcissisme, plus d'images et moins de mots... Moi, j'en ai besoin, sans doute bien plus que mes rares mais d'autant plus précieux lecteurs. Il m'offre la discipline de m'exprimer dans ma langue d'adoption, un exercice régulier de faire le point, de plonger dans la mémoire, d'échafauder une réflexion qui permet de laisser une trace éphémère, encore plus fragile qu'un journal de bord en papier. Une trace pour qui? Avant tout, pour moi-même. J'ai bien retenu le choc et le regret d'une prise de conscience soudaine au début de ma solitude: quel avait été le tissu de mon quotidien AVANT, ces événements "sans importance" qui constituaient pourtant l'essentiel de mon histoire? J'avais bien des souvenirs aigus des moments saillants, heureux ou tragiques, mais une somme de décennies entières était tombée dans les oubliettes!... Je me souviens des époques mouvementées, des voyages, des souffrances et des joies, chaque étape ayant une couleur différente. Ce sont pourtant des aplats presque invisibles qui constituent la couleur de fond de notre vie, celle qui s'efface avec humilité devant les pigments éclatants des figures et des volumes des émotions dominant la toile...

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Fort Mahon Plage, 2012


 

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Belle semaine riche en émotions

26 Juin 2023, 17:20pm

Publié par Flora bis

   Les vagues de chaleur ne passent pas, elles s'installent... A nous de nous en accommoder. Jusqu'à quel point en serons-nous capables?... On commence à parler de la nécessité de changer nos habitudes alimentaires, de cultiver des légumes qui ne demandent pas beaucoup d'eau et supportent les sols arides... Soudain, nous nous rendons compte d'être archigâtés, non loin d'avoir mangé notre pain blanc...

   Dans cette ambiance d'incertitudes diverses, je vais parler des moments heureux du jeudi soir, chez moi où mes chères comédiennes fatiguées de leur saison, se sont réunies pour donner lecture de mes textes microscopiques (tiens, je viens d'entendre à la radio que ce genre de textes courts devient de plus en plus prisés dans notre monde épris de vitesse et de zapping!... Pour ma part, j'ai commencé à les écrire aux alentours de 2010-11, mue d'une envie soudaine de fictions, calibrées aux blogs. J'y ai pris goût car la brièveté s'est avérée salutaire pour éviter le bavardage inutile...)

   Nous étions 15-16 à nous serrer dans la chaleur du séjour et plus encore, de l'amitié, pour écouter les 16 pièces. Après, pour le pot de l'amitié, nous sommes sortis sur la terrasse, entretemps rafraîchie dans la nuit d'été. La conversation s'est poursuivie jusqu'après minuit. J'étais sur mon petit nuage rose : j'aime réunir, mélanger des gens venus d'horizons divers, pour que des liens et des sympathies nouveaux puissent naître...

    Le surlendemain, nous avons pris la route pour passer le weekend chez les enfants où ma plus jeune petite-fille est montée sur scène à son tour dans le spectacle de sa troupe de théâtre. Nous nous sommes régalés du programme d'un peu plus d'une heure, n'ayant d'yeux, en grande partie, que pour elle, bien évidemment!

   Leur jardin est toujours aussi reposant, luxuriant entre ombres et lumières, sous les arbres centenaires...

 

un rayon de soleil va chercher les ruines du lavoir ancien

 

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La nostalgie des étés bleus

15 Juin 2023, 10:19am

Publié par Flora bis

   J'en ai marre de cet état de mollesse à regarder défiler les jours torrides, incapable de bouger, avachie derrière les volets clos, tandis que la vie s'échappe vers le large. Préserver ma petite existence devenue fragile, surveiller température et hydratation. Mon impuissance m'enserre, je suis prise au piège d'algues invisibles et visqueuses...

    De plus, j'en ai rêvé, de ces jours clairs, sous le soleil immobile, des lessives qui sèchent en une heure, sans avoir besoin de les programmer tout en scrutant le ciel d'un oeil inquiet. Des heures alanguies sur la terrasse, petite brise sous le parasol... A la place? Le point le plus chaud de France: Lille plus torride que Perpignan! Le jardin suffoque de la chaleur et du MANQUE d'EAU ! Un monde, décidément, à l'envers.

   Cette posture de "jamais contente" me gêne et j'entends déjà les reproches: "Faudrait savoir!" Printemps, étés dans la goutte froide, sous un ciel toujours maussade à regarder le défilé des nuages lourds de pluie  -  ou les canicules de plus en plus précoces et de plus en plus prolongées durant tout l'été... Faut-il tomber dans les extrêmes? Au fond, ce dont j'ai l'envie et la nostalgie, ce sont les étés bleus, chaudement équilibrés de mon enfance et adolescence, tapis quelque part dans mon ADN... Et la jeunesse avec.

La nostalgie des étés bleusLa nostalgie des étés bleus

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