Le blog de Flora

Prix Nobel comme s'il en pleuvait...

5 Octobre 2023, 20:35pm

Publié par Flora bis

   C'est la saison des Prix Nobel. Suis-je chauvine sur les bords si je me réjouis particulièrement des deux prix suprêmes (en médecine et en physique) obtenus tour à tour par Katalin Karikó et Ferenc Krausz, deux chercheurs hongrois qui ont vu aboutir leurs travaux aux Etats Unis et en Allemagne.

   Hier matin, je suis passée à la pharmacie proche où j'ai l'habitude de faire mes provisions. Je me suis fait vacciner pour la sixième fois en trois ans contre le Covid. A chaque piqûre, j'ai une pensée émue et fière pour Katalin Karikó. Son prix Nobel (avec D. Weissman) m'a fait très plaisir. J'essaie d'imaginer ce qu'elle peut ressentir après des décennies de travail passionné, acharné, semé d'embûches. Sans jamais se décourager. Pourquoi ses compatriotes actuels (d'Amérique) et de jadis (de Hongrie) normalement constitués éprouvent-ils de la fierté à l'annonce de la nouvelle? Parce qu'ils se sentent, eux aussi, gratifiés par la gloire dont quelques parcelles pourraient rejaillir sur eux. (Tiens, je me sens fière même du fait d'avoir fait mes études dans la même université qu'elle, une bonne dizaine d'années plus tôt!)

   J'aimerais posséder ne serait-ce que des miettes de sa foi et de sa volonté inébranlable à poursuivre son intuition. Y tenir coûte que coûte! J'admire les gens capables de garder le cap, en dépit des obstacles que l'on dresse devant eux, persuadés de la valeur et de la légitimité de leur but. Capables de surmonter les échecs, avec une confiance à toute épreuve en leurs capacités.  Une confiance qui les propulse en avant, au lieu de laisser leurs énergies créatrices ronger par le doute... Je les regarde, éperdue d'admiration  -  et paralysée de pusillanimité...

   

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Arrière-saison

26 Septembre 2023, 11:38am

Publié par Flora bis

   Le soleil commence par éclairer le jardin avec parcimonie, seulement le haut des murs en briques, laissant dans l'ombre gorgée de rosée les herbes folles et les pieds des rosiers. Nous sommes au début de l'automne. Les platanes sont encore d'un vert trompeur mais d'ici un mois, ils seront dénudés et leurs feuilles emportées jusqu'à ma terrasse par le vent embrumé du nord...

   C'est en ces moments-là que je voudrais retenir la douceur de l'air sous les rayons pâlissants du soleil : c'est "ma saison", celle de mon anniversaire bientôt. On l'appelle aussi "la saison des vieilles", selon l'expression hongroise ("vénasszonyok nyara" = "été des vieilles") que le politiquement correct essaie de dépouiller de sa saveur en rebaptisant "été indien"... C'est tenter de dissimuler une simple vérité derrière le dos des braves indiens qui n'auraient pas d'âge, alors que vieillir est en fin de compte une petite victoire : cela veut dire "ne pas mourir jeune"!

   Comme on se résigne à l'immuable ordre des choses... Bien sûr que ce n'est pas seulement une victoire sur les épreuves traversées. C'est aussi la perte progressive de la beauté, de l'énergie de la jeunesse triomphante que l'on essaie d'oublier en le nommant "maturité"... Puis, on devient tellement "mûr" que l'on finit par tomber de sa branche.  

   C'est un cycle, disent certains qui veulent nous éviter la déprime. Un cycle?  Selon le Robert, c'est "une suite de phénomènes se renouvelant selon un ordre immuable". Cela signifierait revenir à son point initial. En effet, "retomber dans l'enfance" existe pour définir la grande vieillesse, le X-ième âge pour les pudiques dissimulateurs de vérité. 

   Cependant, essayons de rester philosophes. Pour tenter de me réconforter, je reviens à mon arrière-saison consolante. J'aime les rayons du soleil ayant perdu l'agressivité caniculaire, caressant la peau avec clémence. Avec tendresse même, peut-être.

 

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Fin de l'insouciance

17 Septembre 2023, 12:45pm

Publié par Flora bis

   Que s'est-il passé depuis ma dernière note sur ce blog?... Un certain flou règne dans ma mémoire. Des rencontres, toujours réconfortantes même si elles ne bouleversent pas notablement ma vie... Heureusement, dirais-je désormais. Des obligations qui, comme leur nom indique, ne comportent rien d'exaltant. Je passe des nuits sens dessus dessous, en dépit du bon sens et de l'intérêt de ma santé, si je les écoutais... Alors, je navigue à vue... Il est temps que je voie l'ophtalmo!...

   Le temps reste ensoleillé, sans la grosse chaleur étouffante. Il faut du temps que la maison retrouve sa fraîcheur. Au début de ma rue, on creuse d'énormes trous, sous prétexte d'assainissement mystérieux : j'ai vu des tuyaux d'un mètre de diamètre entreposés au bord du trottoir! Cela aussi nourrit mon angoisse qui n'en avait pas besoin : les travaux avancent vers chez moi, il faudra trouver une place de stationnement pour ma voiture, vivre dans les conditions de "l'aménagement" de l'avenue pendant de longs mois, comme le promet la feuille des services de la ville et du Métropole glissée dans ma boîte aux lettres... Il y a de quoi entamer ma joie de vivre déjà bien précaire...

   Que c'est loin l'insouciance des jours de vacances en Hongrie : grâce à la présence des enfants, de la famille plus large, un îlot de paix s'était créé dans ma petite existence habituellement en proie au moindre stress qui passe... 

 

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Septembre bouillonnant

7 Septembre 2023, 13:32pm

Publié par Flora bis

   Je commence à me réacclimater à ma petite vie française, après l'intermède caniculaire en Hongrie. D'autant plus aisément que j'ai ramené avec moi le soleil ardu de là-bas : depuis mon retour, le thermomètre dépasse les 30° ici, tandis que là-bas il a baissé à 25° (de 39)...

   Le stress aussi est de retour. Je me rends compte que là-bas, la présence des enfants,  l'ambiance de légèreté où les seules dates à retenir étaient les moments de retrouvailles avec la famille ou les promenades improvisées, m'enlevaient la "charge mentale" qui, habituellement enserre mon existence. Sans répit. Mis à part les moments de lecture ou d'écriture où je m'installe à l'intérieur de ma bulle qui prend ainsi, peu à peu, l'aspect de la vraie vie...

   Le goûter, hier après-midi chez moi avec quelques amies, a été un moment de détente. Nous nous sommes réfugiées à l'intérieur de la maison, délaissant la terrasse et la chaleur étouffante de l'après-midi. Une petite coupe de champagne arrosait la rentrée, un gâteau fin au goût de fruit de la passion et une salade de fruits accompagnée de brioche rafraîchissaient la mémoire engourdie par la chaleur. Etant donné que nous sommes toutes des grand-mères fières et aimantes, les photos de vacances de nos petits-enfants circulaient gaiement! Sans omettre de sujets plus ou moins graves mais toujours sous le regard amical bienveillant.

 

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15 jours d'absence, soleil!

2 Septembre 2023, 11:41am

Publié par Flora bis

   Il semblerait que j'avais réussi à enfermer un peu du soleil hongrois dans ma petite valise cabine de l'avion qui m'a ramenée à Paris dans la nuit de 31 août au 1er septembre... Même la pluie s'est arrêtée à mon arrivée dans ma ville du Nord, laissant les flaques fraîches briller au soleil!

   25° ! C'était mon rêve, depuis les 15 jours de canicule implacable avoisinant (ou dépassant) les 40°, sans la moindre brise, chargée d'humidité, dans le sud-est de la Hongrie où les étés aussi éprouvants semblent devenir la règle... Cela m'a privée de beaucoup de sorties, de promenades rêvées, je restais calfeutrée dans des maisons ou voitures climatisées... Je dois me rendre compte, d'année en année, du temps qui s'enfuit. La jeune femme d'antan qui adorait la chaleur estivale laisse sa place à une petite vieille vulnérable aux rayons brûlants et attentive aux alertes rouges de la météo.

   Heureusement, il restait la raison principale pour laquelle je me suis obligée d'entreprendre ces périples: la rencontre avec les membres de ma famille hongroise, ma belle-soeur - veuve de mon frère (disparu il y a juste 20 ans, déjà!...) - mon neveu et ma nièce et leurs enfants... Sans parler de ces quinze de jours pleins de délices passés avec mon fils et sa famille, dans la maison ancestrale qui leur appartient désormais. Cela aide à oublier l'épreuve de la canicule!

   Plusieurs repas en famille nous ont réunis mais nous profitions de toutes les occasions  pour nous voir. Mon neveu habite à deux rues de notre maison, il en prend soin en notre absence (qu'il en soit remercié infiniment). En attendant leur visite en France qui nous permettra de reprendre la conversation, les souvenirs et les rires, exactement là où nous les avons suspendus à notre départ...

15 jours d'absence, soleil!15 jours d'absence, soleil!
15 jours d'absence, soleil!15 jours d'absence, soleil!
15 jours d'absence, soleil!15 jours d'absence, soleil!
15 jours d'absence, soleil!15 jours d'absence, soleil!

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A vous, mes chers visiteurs,...

18 Août 2023, 13:36pm

Publié par Flora bis

Un grand MERCI à Vous, mes chers Visiteurs
qui passez sur ce blog, 
un peu déserté par son propriétaire, 
par ces temps de vacances pour beaucoup!
Vous m'êtes très importants, même si souvent anonymes;
je vous prie de patienter encore un peu,
en espérant votre amitié, votre fidélité infaillibles...
Avec la mienne, tout aussi sincère. 
"La terrasse", pastel, R. T. 2015

 

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Bonheur, iceberg et prix à payer

9 Août 2023, 16:54pm

Publié par Flora bis

   Mercredi matin, 9 heures. Je n'en crois pas mes yeux! Le jardin baigne dans la lumière mais quelques flaques sur la table rouge de la terrasse témoignent d'une averse fugace. Je lancerai une lessive, elle séchera peut-être... Prévenir le plombier, appeler l'ophtalmologue, passer chez le coiffeur et à la pharmacie, organiser les menus et les courses pour l'arrivée des enfants, récupérer les petites (qui sont de moins en moins "petites"!), faire un crochet chez mon amie pour lui rapporter le sac à provisions oublié dans ma voiture : voici pêle-mêle mon programme jusqu'à mardi prochain. C'est la partie visible de l'iceberg, je tairai les annexes indispensables ou imprévisibles. Je sens le stress monter et pour essayer de le combattre, je ne trouve rien de mieux que de me réfugier devant mon clavier...

   L'autre jour, une amie m'a posé la question qui ne cesse de revenir me hanter : "est-il indispensable que nous passions par la souffrance pour apprécier enfin le bonheur?" Sur le coup  -  et au volant de la voiture  -  j'ai dit oui, après une brève réflexion. J'y repense depuis, je tourne la question dans tous les sens. J'essaie d'imaginer une vie sans nuages, ou inversement, pleine de souffrances, allant jusqu'au cas de ceux dont on dit que, décidément, ils ont tiré le mauvais numéro en venant au monde. 

   La souffrance est-elle un test pour éprouver la résistance, le courage des candidats au bonheur? Est-elle une leçon pour punir ceux qui n'ont pas apprécié leur chance à sa juste valeur, la gaspillant? Ceux qui n'ont pas cru en eux ou inversement, se sont laissé aveugler par leur bonne étoile? Ou alors, s'agit-il des candidats qui, réellement et tout simplement, ont tiré le mauvais numéro?... 

   Qu'en est-il du mot le plus important de la question : "indispensable"...? Je ne suis pas certaine qu'une vie sans nuage existe, ou alors, elle est extrêmement rare. La plupart du temps, notre vie est un jeu d'ombre et de lumière, à proportions changeantes. Les deux sont  complémentaires, elles n'existent pas l'une sans l'autre, elles se mettent en valeur mutuellement. En passant par la souffrance, non seulement nous éprouvons notre force, notre capacité de résistance et de résilience mais le goût du bonheur nous semblera infiniment plus doux. 

(illustration: photo du Net)

Bonheur, iceberg et prix à payer

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Jeu du chat et de la souris

1 Août 2023, 11:34am

Publié par Flora bis

      Dehors, il pleuviote, finement, inlassablement. Je ramasse à la hâte  -  pour la quatrième fois, en deux jours  -  le linge sorti de la machine, étendu sur le fil avec un excès d'optimisme. On dirait que les quelques rayons du soleil à mon réveil ont servi d'appât pour que j'étende les draps : une demi-heure plus tard, discrètement, à pas de loup, l'averse est de retour! C'est le premier jour du mois d'août, il est 11 h du matin. 16° sur le thermomètre.  Et cela, depuis près de trois semaines! Si quelqu'un me parle de sécheresse ou de canicule, je l'étrangle! Pourtant, je suis une personne paisible, infiniment paisible.

   J'avais comme un pressentiment : le soulagement du début de la fraîcheur allait tourner au vinaigre. J'avais demandé à Valérie de descendre le ventilateur entreposé au deuxième étage et depuis, il n'a été branché qu'une seule fois! La pluie est arrivé le lendemain. 

   A l'instant, quelques rayons percent l'épaisse couche nuageuse. Que faire? Continuer à jouer au chat et à la souris avec la pluie ou attendre jusqu'à 18 h en faisant confiance aux prévisions ultra-précises de mon téléphone? Mes nerfs commencent à s'effilocher...

 

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Un plat de lentilles...

27 Juillet 2023, 16:49pm

Publié par Flora bis

   Le ciel gris, le doux tapotement de la pluie sur la terrasse et les 18° au thermomètre nous invitent à la réflexion ou à la rêverie... Pas mieux. Devant l'écran  -  ou la vaisselle qui attend depuis hier soir dans l'évier (j'ai beau laisser leur chance aux petits Schtroumpfs invisibles pour la faire disparaître pendant la nuit, peine perdue!)... Quelle motivation trouver pour faire bouger son corps, le décoller du fauteuil? De l'écran surtout qui, mirage addictif et consolant, apporte un peu de dynamique, un peu d'amitié virtuelle dans la grisaille du quotidien? Je suis injuste. Ma voisine vient de m'apporter une assiettée de lentilles fraîchement cuites et assaisonnées! Deviendrai-je au moins riche (grâce aux lentilles), avec mon spleen sous la pluie?... Mais non, j'aurai une villa dans quelque paradis de riches, forcément ensoleillé, avec le personnel qui ôtera tous les soucis de mes épaules, puisqu'il sera payé pour cela. 

    Il n'y a que deux ou trois bricoles que ma fortune hypothétique (grâce aux lentilles) ne pourra  point compenser : ma jeunesse enfuie, ma santé flageolante et et mon optimisme jadis solaire...

L'oiseau de la céramiste Andrea Vertel s'est réfugié sur la terrasse mouillée

 

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Qu'ai-je en commun avec Lady Jane?

21 Juillet 2023, 12:30pm

Publié par Flora bis

    Une véritable obsession, celle de perdre mon temps, me tourmente (taraude, tenaille, tarabuste, turlupine, tracasse, torture etc  -  tiens, bizarrement tout me revient en "t"!...), m'empêche d'avoir l'esprit détendu et de profiter du soleil, écoutant mes envies. Mais en ai-je encore, vraiment?... Les temps ont bien changé.

   La mort de Jane Birkin a suscité une avalanche de réactions, bien plus que l'on n'aurait imaginé à propos de la disparition d'une chanteuse et actrice de son envergure. Sa vie, publique et privée  confondues, libre et inspirante s'est déroulée devant les yeux des spectateurs. Ce que la nostalgie ressuscite à travers sa figure est plus que l'artiste : c'est toute une époque qui semble avoir été un véritable âge d'or à nos yeux d'aujourd'hui. Comme d'habitude, le bonheur ne devient palpable que dans le rétroviseur. 

   "La ballade de Jane B. s'enracine évidemment dans tout ce qu'elle a incarné à ses débuts et continue à charrier dans nos imaginaires : la décontraction iconoclaste du Swinging London; un érotisme longiligne qui a renversé sur son passage les canons pulpeusement établis de la beauté; le couple scandaleux et passionné qu'elle a formé avec Serge Gainsbourg. Gainsbourg, dont sa voix toujours jeune et toujours au bord de se briser a si bien interprété les chansons." (éditorial de L'Obs du 20 juillet 2023, G. Leménager)

   Nous sommes à un an de près de la même génération. Tout le reste nous sépare. Elle, fille d'un Occident qui brise les carcans de la société engoncée dans la bien pensance conformiste de l'après-guerre, suivie de l'ère d'une consommation triomphante et abondante. Moi, je vis de l'autre côté du "rideau de fer", dix ans après la révolte d'octobre 1956 et son écrasement dans le sang, suivis de la consolidation du régime. Je suis étudiante à la fac et les échos lointains du Mai 68 et du Printemps de Prague nous arrivent, même filtrés par le pouvoir.

   Le régime est obligé de desserrer l'étau. Nous commençons à respirer un peu. Bien sûr, la censure  -  et même une certaine auto-censure  -  régnent, nous savons jusqu'où nous pouvons aller trop loin pour préserver les maigres mais précieux acquis. C'est ainsi que nous pouvons communier maintenant dans la (presque) même nostalgie de cet "âge d'or" si court qu'était notre jeunesse partagée...

Qu'ai-je en commun avec Lady Jane?Qu'ai-je en commun avec Lady Jane?

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