Le blog de Flora

Une fête de mai

30 Mai 2022, 10:30am

Publié par Flora bis

   Fête des Mères... Dans mon enfance, c'était un vrai événement dont la solennité nous imprégnait peu à peu, tout comme les autres rituels. Les premiers bouquets et petits poèmes maladroits devant notre mère émue aux larmes, suivis des cadeaux élaborés à l'école (pas de collier de nouilles en Hongrie, mais j'y ai eu droit plus tard en France, devenue mère moi-même!). Sans parler des bibelots, oiseaux ou figurines de la vitrine qui portent les stigmates des années et que nous achetions avec notre argent de poche économisé... L'autre jour, dans la maison de mes parents (devenue celle de mon fils), dans une vieille coiffeuse d'une époque révolue, j'ai retrouvé un double coeur en papier, entouré de fil rouge qui cachait en son intérieur un petit mouchoir blanc brodé par mes soins, périlleusement, de cachette en cachette, sur lequel on pouvait déchiffrer, cousu d'un fil bleu ciel: "Pour la Mère la plus aimante"...

   J'ai eu le bonheur de revoir mes enfants pour le long week end de l'Ascension. Petite pause dans leur vie harassante... Un peu d'animation bienfaisante dans la mienne.

Une fête de mai
Une fête de maiUne fête de mai

Voir les commentaires

Entre calme et mouvement

23 Mai 2022, 09:03am

Publié par Flora bis

   J'attends la livraison de ma cabane à outils pour parachever la renaissance de ma terrasse. Il semblerait qu'il faut désirer, attendre quelque chose très longtemps pour l'apprécier à sa juste mesure. Alors, ce moment de finition sera très apprécié! Dans la mesure où l'on peut imaginer quelque chose terminée une fois pour toutes. Difficile pour moi: j'aime le changement. La contemplation et la conversation. La maîtrise et la surprise. L'attachement et la liberté. 

   Je ne serais pas une Balance digne de ce signe si je ne vivais pas en permanence dans l'apparente contradiction des désirs profonds. D'une part, celui de l'aspiration au calme pour apaiser les secousses et retrouver l'équilibre tant  convoité... De l'autre, ce même point d'équilibre si fragile devient pesant et appelle le mouvement qui est la vie même, palpitante, inspirante.

   On dirait que le matin rafraîchi par l'averse nocturne est propice à la petite pensée philosophique (de comptoir)... En réalité, je voulais raconter mon dimanche sous le parasol vert : la visite de mon amie hongroise Éva qui était déjà venue il y a environ 1 mois, au bout de 52 ans de pause. Cette fois-ci, j'ai fait un gâteau aux pommes caramélisées que nous avons dégusté sur la terrasse, à la petite brise qui empêchait la chaleur étouffante de s'installer. La conversation allait bon train  -  la jolie petite Lili, bientôt 2 ans, avec son bilinguisme hongrois-français, et surtout, avec son dynamisme et sa curiosité à toute épreuve a bien mobilisé, elle aussi, notre attention  -  et nous avions du mal à nous séparer, un souvenir, une idée appelant l'autre... 

 

Entre calme et mouvementEntre calme et mouvement

Voir les commentaires

Paysage lascif

17 Mai 2022, 09:40am

Publié par Flora bis

   Si je relis mes notes de l'an passé, le printemps et une partie de l'été se sont déroulés dans la fraîcheur, dans la "goutte froide" selon une expression pour moi nouvelle. Cette fois-ci, le printemps mérite son nom, à tel point que beaucoup réclament de la pluie, craignant la sécheresse caniculaire précoce. 32° au mois de mai n'est pas banal; heureusement, une petite brise rend l'extérieur supportable.

   Je me délecte de mon jardinet mouchoir de poche, de loin, du haut de la terrasse, faute de pouvoir descendre sur la pelouse. J'attends la livraison des trois marches de l'escalier. Le merle noir au bec jaune me rend visite tous les jours, sans se soucier vraiment de ma présence : tout juste s'il jette un coup d'oeil distrait en ma direction. Il est très occupé : les insectes abondent sur les fleurs du pivoine envahissant. Je ne me lasse pas des moments sous le parasol vert, à lire ou à écrire, à dessiner des arbres aux branches tourmentées. Elle n'est pas belle, la vie?... Attention, pas d'emballement, m'avertit aussitôt la petite voix intérieure qu'il convient, paraît-il, d'écouter en toute circonstance. Elle s'appuie sur bon nombre de mes expériences douloureuses !

Paysage lascif
Paysage lascif

Voir les commentaires

Des coups de leçon

8 Mai 2022, 18:18pm

Publié par Flora bis

   Dehors, soleil magnifique. Je pourrais m'installer sur ma nouvelle terrasse mais on dira que je ne suis jamais contente: au moment où je veux ouvrir mon super parasol vert, je m'aperçois qu'il manque un bout de la tige (tube) qui le maintient dans le pied... Il a du s'égarer dans le jardin parmi les bric-à brac au démontage du cabanon où il était stocké pendant l'hiver. Pourvu qu'il n'ait pas été évacué à la déchèterie avec d'autres débris!... Je ne peux même pas descendre sur la pelouse pour le vérifier car je serais incapable de remonter sur la terrasse, dans l'attente de l'escalier...

   Il ne faut pas grand chose pour que l'on se sente tout d'un coup démuni, impuissant... Il suffit d'une accumulation d'ennuis plus ou moins grands. Et depuis mon retour, ils pleuvent sur moi (je vous épargne la longue liste). Tout ce que j'entreprends à dénouer, à régler  -  et il y en a des masses!  -  échoue impitoyablement, comme par fatalité! Je comprends enfin : c'est la punition de m'être sentie intensément (et insensément!) heureuse les deux jours qui ont suivi mon retour... Il n'y a pas, ça ne rate jamais! Inutile d'essayer d'ignorer le poids du destin, il vous rattrapera toujours. Et il agira comme le dompteur face à l'animal à soumettre : dès que celui-ci lève la tête, il reçoit un coup sur le nez jusqu'à ce qu'il retienne la leçon!

 

Voir les commentaires

Une fin d'avril pleine de surprises

3 Mai 2022, 19:33pm

Publié par Flora bis

   La fatigue commence à gagner du terrain. Il y a une semaine, j'étais encore en Hongrie, en compagnie des enfants, dans la maison que je connais depuis mes 9 ans. Elle nous attendait réchauffée, nettoyée, le frigo garni du jambon et des oeufs pour Pâque, faits maison.

   Acclimatation, ré-acclimatation... Durs, durs les déplacements désormais. Pourtant, tout a été très bien organisé: une amie m'a déposée à la gare, passant le relais à mon fils à Paris. Au retour, inversement. Entre les deux, le vol entre Paris et Budapest. La semaine des préparatifs du voyage a été épuisante pour moi, essentiellement à cause du stress mais  -  grâce aux enfants qui m'ont permis de débrancher les soucis du quotidien  -  je peux dire que je suis rentrée plus reposée, rechargée de bonnes ondes d'amour, de gaieté, de sommeil, de lectures et de jeux de société, sans oublier les réunions de famille autour d'une grande table et quelques promenades au soleil! Il faut absolument que je puisse continuer sur un bon rythme de sommeil, mon point faible!

  A mon retour dans le Nord, une surprise m'attendait: la terrasse quasi terminée (il manque un petit escalier à 3 marches pour descendre dans le jardin et le cabanon pour cacher les outils)! Et non seulement les meubles ont été remis en place mais la pelouse tondue et les parterres désherbés! Entrant dans la maison garnie de nombreux bouquets de fleurs, j'ai plongé dans le parfum enivrant des lilas et des muguets... J'ai des amis en or! Vraiment.

 

Voir les commentaires

Dimanche de Pâque...

17 Avril 2022, 10:58am

Publié par Flora bis

    Le soleil est radieux, et, après la fraîcheur matinale, il nous gâte de sa chaleur. Pas une feuille ne bouge. Dans l'air, des odeurs suaves des fleurs du printemps et des chants d'oiseaux à tue-tête! Vraiment, quelle chance, quel régal serait cette rare douceur d'un beau week end de Pâque! 

   J'avoue que, exténuée, je ne fais pas beaucoup d'effort pour voir la vie en rose. Je connais beaucoup de gens qui, au lieu de s'enfermer dans le renoncement, dans la résignation, lancent des plans, mobilisent des foules, prennent la tête du mouvement et rechargent ainsi leurs batteries, au lieu de s'étioler dans leur coin. Pas moi. Tel le bernard-l'hermite, je me retire dans ma coquille (qui est bien la mienne, contrairement à l'illustre crustacé qui s'installe dans des coquilles abandonnées). Je me réconforte en échafaudant des plans solitaires car j'ai horreur de susciter de la pitié  -  "péché d'orgueil", me reprochent les amis, vainement. A l'heure qu'il est, cela me demanderait trop d'efforts pour changer. Au contraire, je fuis de plus en plus résolument. Mes amis ne comprennent pas bien, car de mon côté, je suis toujours prête à rendre service, cela ne me pèse pas, bien au contraire. Je ne me souviens plus quel expérience négative a pu me changer aussi radicalement.

    Cette semaine, une amie lointaine m'a fait une grande et agréable surprise. Je l'avais connue pendant notre stage linguistique à Moscou, aux années 1969-70. Nous étions logées dans un vieux bâtiment non loin du stade Loujniki et nous allions en cours de langue et littérature russes, aux spectacles du Théâtre Bolchoï et du Palais des Congrès dans le Kremlin, sans parler de nos nombreux voyages à travers les pays baltes, l'Asie centrale et le Caucase... Nous nous sommes quittées à la fin de l'année scolaire, en juin 1970. Depuis, nous nous étions perdues de vue.

   Il y a quelques mois, Éva m'a découverte sur Facebook et dès le premier contact, nous avons retrouvé l'ambiance de nos 22 ans. La semaine dernière, j'ai reçu d'elle un message inattendu: elle était en visite à Bruxelles chez sa fille et me proposait de faire un saut chez moi avec sa fille et sa petite-fille, avant de rentrer en Hongrie.

   Je garde précieusement le souvenir de nos retrouvailles. Sans parler du côté insolite: décidément, c'est l'Europe que j'aime, celle qui abolit les frontières et les distances qui nous a permis de nous retrouver! Et j'espère vivement qu'il y en aura d'autres occasions!

Voir les commentaires

Entre désespoir et béatitude

10 Avril 2022, 10:32am

Publié par Flora bis

   Ces temps-ci, je n'écris pas souvent sur mon blog français... Manque d'échos: je me demande si le fait qu'une milliardième inconnue mouline dans son coin ses obsessions minuscules peut accrocher ne serait-ce qu'un lambeau d'attention ... Il y a tant de choses beaucoup plus importantes, planétaires ou planétairement superficielles qui ont beaucoup plus d'échos autour de nous! Et puis, c'est dans la nature des choses: l'attention ne se réclame pas, elle se mérite. Aussi, il est légitime de se décourager à semer dans le vent.

   Les soliloques, par contre, s'accommodent parfaitement de cette situation. L'important, c'est de verbaliser (dans quel sens? les deux?...),  c'est de remettre régulièrement ses pendules internes à l'heure. 

   Pour sauter de coq à l'âne, j'ai écouté l'autre jour, la conversation toujours passionnante avec André Comte-Sponville. Une fois de plus, il a éclairé dans ma tête pourquoi j'ai décidé un jour de gommer les mots espoir, espérance de mon vocabulaire, provoquant ainsi de vives protestations autour de moi. 

   L'étude de la philosophie grecque lui a enseigné que l'illusion rend malheureux et que la vérité libère. Dans son essai "Traité du désespoir et de la béatitude" (qu'il me faut lire d'urgence!), A. Comte-Sponville tire la conclusion de la nécessité de se défaire de ses illusions car c'est l'espérance qui rend malheureux ("toute espérance est déçue, toujours" dit-il). C'est un cliché que de penser qu'il faut vivre pour l'avenir, en espérance, alors que la seule chose qu'on puisse vivre, c'est le présent. La vie ne correspond jamais aux espoirs qu'on s'en est fait. Et si c'est ainsi, c'est que nos espoirs sont illusoires, vains, infondés. Non pas qu'il faille s'interdire d'espérer, mais espérer moins et connaître, aimer, agir davantage.

   Est-ce que la vie devient plus triste sans espérer?  Plus lucide, en tout cas. Avec moins d'illusions déçues et meurtrières.

Bonnes Fêtes de Pâque à tous!

 

 

Entre désespoir et béatitude

Voir les commentaires

Du bonheur de chanter

28 Mars 2022, 18:53pm

Publié par Flora bis

   Bientôt, nous en aurons terminé avec le mois de mars. Affolant! Comment faire, pour ralentir la course effrénée du temps?... Le soleil nous gâte depuis au moins deux semaines. Je sens que ce printemps exceptionnel touche bientôt à sa fin, que le matin, en remontant mes volets, je ne serai plus éblouie par les rayons intenses mais je replongerai dans la mélancolie humide de la grisaille, celle des nuages lourds qui défilent ou qui stagnent, inamovibles pendant des semaines. "La terre a besoin d'eau", nous consolons-nous depuis une éternité.

   Je scrute les nouvelles, celles de la guerre et celles des élections bizarres, en Hongrie comme ici. Les deux me touchent, me déçoivent, m'inquiètent. En Hongrie, je ne vote pas: je n'y vis pas, je ne peux décemment pas revendiquer le droit d'influer sur les choix des habitants. C'est en France que les éventuels bouleversements me toucheraient en premier lieu, puisqu'en épousant G., j'ai fait le choix de partager sa vie et le sort de son pays (même si pendant une quinzaine d'années après notre mariage, nous avons vécu ailleurs que dans nos pays d'origine, "afin qu'aucun de nous deux ne soit avantagé" lui ai-je suggéré dès le départ...) 

   Il y a des jours que je devrais commencer en chantant... Non pas à cause de la joie ou de l'énergie qui me submergeraient, plutôt pour entretenir mes cordes vocales, tellement j'ai du mal à les échauffer, faute d'avoir prononcé un seul mot de la journée... Ah, le chant! Sur la palette des talents, cette couleur me manque cruellement... Et pourtant, si j'avais eu le choix, j'aurais opté, sans hésiter, pour ce bonheur pur à éprouver et à communiquer aux autres..

 

Voir les commentaires

Soleil de printemps

21 Mars 2022, 10:08am

Publié par Flora bis

   Dehors, le soleil nous gâte, il embellit le jardin même si la nuit, la température avoisine les 2°. J'essaie de tailler, de nettoyer, j'achète des petites fleurs timides pour éveiller les jardinières  -  et avec elles, mon regard fatigué de la grisaille de l'hiver.

   Cultivons nos jardins! Jouissons des plaisirs  -  toujours modérés, me concernant  -  qu'une vie renaissante nous propose! La jeunesse est passée, reste la maturité qui n'oublie jamais de nous rappeler les échos lointains des expériences vécues. Freins puissants et parfois douloureux. Nous réfrénons nos envies, nous réduisons nos flammes. L'enthousiasme de croquer la vie à pleines dents se mue tout doucement en un sourire plein de regret et d'indulgence... 

   Impossible d'oublier qu'à quelques centaines de kilomètres de notre vie paisible, la guerre fait des ravages... Cependant, comment vivre dans la peur permanente de ce qui pourrait nous arriver à nous aussi? Cela n'empêche pas la compassion et les actions de solidarité à notre portée. Il faut, à tout prix, éviter de rentrer dans une dangereuse escalade. Ce n'est pas de la poltronnerie, je crois, de ne pas céder aux provocations poutiniennes. La destruction de notre continent ne ferait qu'accélérer la destruction de la planète. Et oui, j'avoue que je tiens à ce qui reste de ma petite vie et à celle des personnes que j'aime. Et même à celle de tous les hommes de bonne volonté.

Camélia 2022

 

Voir les commentaires

Des choses et d'autres...

13 Mars 2022, 18:16pm

Publié par Flora bis

   Nous vivons une période trouble (encore une!) où nous avons du mal à nous mobiliser pour nos buts personnels, parasités par les événements indépendants de notre volonté. Tout semble inutile, dérisoire par rapport aux enjeux qui nous dépassent. Le corps, en synchronisation étroite avec le mental, est en proie à des troubles qui nous clouent au lit, enfiévré, fébrile, douloureux... Je dis bien "nous" mais au fond, je parle de moi. Le stress est un puissant et mystérieux trouble-fête. 

   Pourtant, il fait beau depuis quinze jours. J'ai fait l'effort de tailler une rangée de rosiers, il en reste trois ou quatre mais je n'ai plus de place pour détailler et ramasser les branches coupées, il faut que je les évacue d'abord à la déchèterie. Je dois m'acheter un autre sécateur, plus performant qui ne ruine pas mon pouce droit. La terrasse a besoin d'une révision complète et la cabane est à changer: elle s'affaisse et son toit s'est en partie envolé sous le vent tempétueux du février dernier... Je l'ai raccommodée tant bien que mal mais elle reste vraiment bancale. J'ai tendance à tirer une parallèle entre elles est moi : quand on devient impuissant à résoudre le problème qui surgit, on se laisse submerger peu à peu et tout part à vau l'eau... 

   Voilà le tableau!... Il n'est pas très gai mais j'essaie seulement d'émerger des trois derniers jours où je tenais à peine debout. Je préfèrerais, certes, vous parler d'un autre genre de tableau, peint à la main ou avec un appareil photos, destiné à élever l'esprit  -  ou même l'âme, si vous voulez  -  qui vous fait oublier les souffrances au lieu de les décrire...

   Mais comment oserais-je me plaindre de mes ennuis, comparés à la détresse des pauvres gens sous les bombes, devant les yeux du monde entier et causée par la folie de quelques tyrans de pacotille?... N'empêche que la souffrance n'est pas un sport où l'on compare les résultats et l'on essaie de battre des records...

Musée du Verre, Sans-Poteries

 

Voir les commentaires