Je ne veux pas me plaindre mais...
Pourtant, mon horoscope du matin m'a fait miroiter une journée si sympathique que je devais m'attendre carrément au nirvana! De l'énergie à déplacer des montagnes, une humeur étincelante, un charme irrésistible à emballer tout ce qui bougeait! Je n'en demandais pas tant! Assumer un tel ravage s'avèrerait trop énergivore!
Inutile de dire que les promesses n'ont pas été tenues. Le temps est passé à la vitesse d'un escargot anémique, sans le soleil qui aurait pu booster mon énergie en déclin, sous un ciel couleur d'encre noire, entre deux averses... Je me déplaçais mollement d'un fauteuil à l'autre, esquissant un mouvement indécis vers le dessin commencé hier et abandonné sans appétence. Je n'ai pas prononcé un seul mot de la journée. Appeler quelqu'un : non, inutile de déverser sur les autres cette humeur visqueuse de bave d'escargot qui colle aux semelles.
Ouvrir la télé pour s'évader un peu?... Entre les pronostics catastrophistes à plus ou moins long terme, les manifestations qui dégénèrent, les déclarations de part et d'autre, pleines de mauvaise foi et de contre-vérités, lissées sous les slogans, la guerre à notre porte et la sincérité, l'honnêteté simples déguisées pour un bout de gras, pour un lambeau de pouvoir, l'amertume de comprendre qu'en fin de comptes, on se fera avoir, d'une façon ou d'une autre... Non, merci. Pour se distraire, vous avez le capitaine Marleau, série télé devenue victime agaçante de son succès du départ, figure dont la fraîcheur des débuts a flétri au fil des épisodes, avec sa chapka grotesque été comme hiver, aussi éculée que ses blagues et jeux de mots incessants, tirés par les cheveux... De plus, ma chaudière a rendu l'âme, au mieux, jusqu'à lundi...
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