Le blog de Flora

Cri du coeur de la majorité invisible

10 Mars 2023, 12:21pm

Publié par Flora bis

    Il m'arrive de gamberger sur le premier hasard (la course folle des spermatozoïdes vers le but) qui a décidé de mon sort d'être née femme et de partager ce destin particulier. Contrairement à notre époque bouleversée qui remet tant en question les identités, la mienne m'a toujours été familière dans laquelle je me glissais avec plaisir et sans la moindre frustration. Cette identité me semblait séduisante et avantageuse à certains égards : pas de service militaire ni de bagarres violentes, les tâches les plus lourdes épargnées pour mon frêle physique. Et puis, il nous reste les études où les filles  -  c'est bien connu  -  occupent le terrain pendant longtemps. Pour l'équité, l'idéal est loin d'être atteint.

   Je suis pour l'égalité mais pas pour l'uniformité. J'observe avec une certaine perplexité antédiluvienne l'effacement de la différence entre hommes et femmes, dont certains stylistes font leurs choux gras, jusqu'à dégrader l'image des mannequins, filles ou garçons, pour satisfaire leurs fantasmes... Au nom de la liberté de création. Pour, soi-disant exprimer leur ressenti concernant notre époque (ET dans dans la lutte sans merci d'attirer l'attention...). Après tout, les filles se sont depuis longtemps approprié les accessoires du vestiaire masculin, c'est  le tour des hommes de s'habiller en femmes, pour pulvériser l'image du macho dominant. Certes. Mais les ressentis ainsi épinglés et imposés dans la lumière  ne sont pas  -  heureusement!  -  partagés par l'écrasante majorité. Suis-je pour autant une épouvantable réactionnaire?...

   Aujourd'hui, dans le narcissisme ambiant, nourri par le rouleau compresseur des réseaux sociaux, la normalité n'a pas bonne presse. On ne veut surtout pas fondre dans la masse (dite grise) des "invisibles". On grimace, se tortille, se déshabille, assène ses vérités, ses sagesses creuses, ses provocations devant sa petite caméra, les lâchant sur le Net pour exister un court instant. Du moins, s'en donner l'illusion.

 

   

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A
A certains moments j'aurais aimé être un garçon, d'autres pas, mais cela a toujours été extérieur à moi. C'est à dire que j'aurais aimé avoir des amitiés masculines roboratives sans équivoque (quoi que maintenant;..) faire mon service militaire, être prêtre, ne pas avoir de règles... Et j'aurais aimé aussi être très belle, avoir de la répartie, de l'esprit, de l'humour, avoir du succès en société. <br /> On veut tout quand on est enfant, et quand on l'est resté. Ensuite il faut faire le choix de ses défis ; de toute façon on n'aura pas tout, et il faudra faire avec le reste.<br /> <br /> N'y a-t-il pas un malentendu pour beaucoup d'enfants et d'adultes victimes de cette détestation d'eux-mêmes ; ils se fuient plutôt que de faire mieux avec ce qu'ils ont ? Et sont-ils plus heureux longtemps après, quand ils ont fini de savourer la nouveauté d'être de l'autre sexe ou de tout se permettre ?<br /> <br /> Je trouve que c'est peut-être tourner en rond autour de soi, refuser de voir les autres et le monde.<br /> Aude
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F
Chère Aude, je pense être en accord avec le résultat de votre réflexion: "...sont-ils plus heureux longtemps après, quand ils ont fini de savourer la nouveauté d'être de l'autre sexe ou de tout se permettre ?" En ces moments-là, je vois devant moi une table surchargée des mets les plus succulents, les plus désirables, avec une foule d'affamés se jetant dessus... Résultat: la majorité malade, lassée, dégoûtée, blasée... Faut-il en arriver là, pour reconnaitre la sagesse antique: "de la mesure, en toute chose". La nécessité des limites, ne serait-ce que pour ne pas tuer le désir. C'est ce que j'essaie de transmettre à mes petits enfants.<br />