Menues vacheries entre écrivains
Il n'y a pas longtemps, j'ai reçu en cadeau de Muriel un petit livre caustique, plein de verve, de dérision, courte anthologie de bons mots qui épinglent les "écriveurs, écrivistes, écrivants, écrit-vents, écrivagues, écritiques; écrivoques, écriphages et autres écrimoires." (Claude Roy) Les critiques, les éditeurs, les académiciens, les poètes en ont pour leur grade, par leurs confrères, bien entendu. Jalousie ou regard juste? Ce dernier l'est bien moins lorsqu'il s'agit de sa propre production...
Chateaubriand: connu surtout par le beefsteak qui porte son nom. (Flaubert)
Prodigieuse existence que celle de Cocteau: à sauter dans tous les trains en marche depuis 1906, on comprend que le coeur ait cédé! (Paul Morand)
Duras n'a pas écrit que des conneries. Elle en a aussi filmé. (Pierre Desproges)
Théophile Gautier: c'est l'huître dans une perle. (Léon Daudet)
Hugo, sacerdoce, a toujours le front penché - trop penché pour rien voir, excepté son nombril. (Charles Baudelaire)
Lamartine: un esprit eunuque, la couille lui manque, il n'a jamais pissé que de l'eau claire. (Gustave Flaubert)
Henri de Régnier: quel homme charmant! Courtois, distingué, généreux, affable, décoré, d'une honnêteté scrupuleuse... je sais bien qu'il y a ses poèmes, mais que voulez-vous, personne n'est parfait. (Laurent Tailhade)
Voltaire a des patins. Il excelle à glisser sur toutes les surfaces. Il voit le fond, mais sans y pénétrer. (Joseph Joubert)
Claudel, c'est du music-hall pour archevêque. (Henri de Montherlant)