Vocations précoces
Sur le blog d'une amie, une phrase m'a stoppée net. Elle a cité un conférencier qui dissertait sur l'enfance. Selon lui, il faut prêter une attention particulière aux jeux des enfants entre 9 et 11 ans, car leurs jeux spontanés, leur intérêt pour tel ou tel domaine nous donnent de précieuses indications sur leurs vocations futures.
Je vérifie mon "cas" par un rapide saut de quelques décennies en arrière… Je me vois prise d'une envie soudaine d'inventer des histoires. Je passe des heures sur mon cahier à noircir des pages avec des récits qui ne sont pas du tout des contes de fée! En même temps, j'écris deux pièces de théâtre que je mets en scène avec les copains du quartier, devant le public des familles réuni, forcément ébahi!
Il ne reste pas la moindre trace de ces textes. Il a fallu que j'attende cinquante ans pour que l'envie irrépressible d'écrire m'envahisse de nouveau.
Vers mes dix ans, ma prof de dessin me découvre des talents et cela me donne littéralement des ailes: je me mets à dessiner et à peindre avec frénésie, sans répit...
Jusqu'au moment où il a fallu choisir l'orientation définitive: mon amour pour les langues étrangères me dirige vers l'enseignement du russe et du français. L'écriture, la peinture sont des métiers de meurt-de-faim! On peut les exercer, à la rigueur, comme passe-temps agréables, à la portée de tous… La leçon parentale, le bon sens prudent ont fait leur chemin.
Après la cinquantaine, les premiers engouements refont surface… Une dernière chance?
Alors, faudra-t-il que je me sente enfin légitime?...
(illustration: portrait de mon grand-père, de l'époque de mes 10-11 ans. Je l'ai "déguisé" en gardien de troupeau de chevaux… va savoir pourquoi Mais la ressemblance est certaine)