Au couvent
J'ai regardé l'émission de France 2 hier soir et je l'ai même re-visionnée ce matin… Comme la journaliste d'Infrarouge, Alexandra Alévêque, elle-même incroyante, j'avais envie de "percer le mystère" de ces femmes qui - depuis cinquante ans pour certaines - vivent cloîtrées dans l'abbaye cistercienne de Chambarand, en Isère.
Ce qui frappe d'entrée, c'est la douceur, la sérénité qui se reflètent sur leurs visages. C'est aussi leurs sourires, leur humour, face aux questions de la journaliste, incongrues dans ce monde feutré de vie toute intérieure… Elles n'éludent pas les difficultés: le poids de la solitude, le renoncement à l'enfantement, plus qu'à l'amour d'un homme puisqu'elles ont l'amour du Christ… L'histoire de Soeur Fabiola m'a particulièrement touchée: elle avait quitté son fiancé avant le mariage car elle ne pouvait en aimer deux (avec le Christ), tout en gardant son amitié amoureuse pour l'homme qui ne s'est jamais marié… Ils se voient une ou deux fois par an. "C'est plus dur pour lui, car il s'en va seul, tandis que moi, je reste avec le Christ" - dit-elle, tout en avouant avoir beaucoup pleuré jusqu'à ses 50 ans, pour son enfant jamais né...
"On entre dans une dépossession de soi", renoncement aux apparences si séduisantes de la vie extérieure. Sept offices par jour, dont un à 4 heures du matin… Mais la prière est partout, à tout instant, en épluchant les légumes comme en enfilant les rosaires pour avoir un peu de revenu. Car les vocations se font rares: personne depuis 15 ans...
Le SILENCE règne… Autrefois, il y a peu, elles ne pouvaient communiquer que par signes. Les règles ont été quelque peu assouplies, les matelas ont remplacé les sacs bourrés de feuilles de maïs et la famille en visite peut embrasser les siennes, au lieu de les regarder, séparées par une double grille...
Je n'ai toujours pas la vocation. Cependant, je suis d'accord avec elles sur une chose: le silence sert à mieux entendre l'essentiel.