Entre-deux

Je ne peux pas m'empêcher de repasser sans cesse, grâce aux belles photos des enfants, le souvenir des lieux magiques de cet été... Ai-je fait ma rentrée véritablement ou suis-je encore - grâce au soleil magnifique - quelque part entre les Alpes, la Lagune encombrée de bateaux de toute sorte et de toute taille et la Grande Plaine hongroise écrasée par la canicule?...
A en juger par mon petit désordre familier installé autour de moi, je suis bel et bien rentrée. Mes articulations convalescentes me le rappellent aussi tous les jours, surtout en montant, tant bien que mal, les escaliers... Le coin intime de mon bureau, le silence qui peut être aussi riche que son contraire me poussent à reprendre mes habitudes, sans précipitation.
Le coup d'oeil vers mon jardin sous le soleil radouci où les rosiers s'épanouissent après les deux nuits d'averse, me confortent définitivement dans la sensation que les vacances sont finies. Enfin, ce que les "forces vives", ceux qui se lèvent tôt tous les jours, appellent les vacances. Pour moi et d'autres - qui sommes sur les rails plus reposants (menant au garage...) - la différence réside essentiellement dans le silence qui remplace le bruissement incessant de la "vraie" vie... Un bruissement plein de rires, de mots, de regards complices, de larmes refoulées et de gestes de tendresse...
