Top articles
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Un regard en héritage
Tu ne m'as jamais connue autrement que ta grand-mère qui n'a peut-être jamais été jeune, encore moins enfant... Tu es l'enfant de mon enfant... La naissance de ton père a été l'émerveillement: je n'en revenais pas que ça ait pu m'arriver! La tienne, il...
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Endre Ady (1877 - 1919) * L'automne se glissa dans Paris
Par le chemin de Saint Michel Archange Hier à Paris l'automne s'est glissé, Dans l'air torride, et sous les douces branches Où je l'ai rencontré. Je cheminais justement vers la Seine. Brûlaient en moi, petits fagots fumants Des chants pourprés qui, rougeoyant...
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En guise de bienvenue
Dans mon esprit, démarrer un blog, c'est lancer une bouteille à la mer. Se raconter ne suffit pas : on espère que quelqu'un repêchera le message et le contact s'établira miraculeusement entre inconnus. Pour se raconter, il suffirait de s'acheter un bon...
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Imre Kertész * Discours de Stockholm 6.
"Par contre, elle (la linéarité, note du trad.) me menait à des conclusions sidérantes. La linéarité exigeait de combler entièrement les situations données. Elle rendait impossible que j'enjambe élégamment, mettons, vingt minutes de temps, tout simplement...
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Zsigmond Móricz (1879-1942) : "Judit et Eszter"
La famille du narrateur, de la noblesse ruinée, vit dans une grande pauvreté où le petit garçon rêve en vain d'un bol de lait que la cousine - paysans aisés - lui refuse. Le garçonnet la surprend avec le garçon de ferme. [...] Je posai la monnaie sur...
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Imre Kertész * Discours de Stockholm 8.
Désormais, il nous reste à réfléchir à la façon de poursuivre le chemin. La problématique d'Auschwitz ne réside pas dans la décision de clore ou non la question; de garder sa mémoire ou de l'enfouir dans le tiroir correspondant de l'histoire; d'ériger...
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Zoltán Körösi * Tante Aranyka, si loin (extrait)
[...] Elle ne peut plus bouger; nous l'entourions tous les cinq, regardant le petit miroir sans buée; d'abord Père a tressailli comme sous l'effet d'un vent glacial, puis il s'est redressé, a levé la main et fait tomber son cartable qu'il tenait à bout...
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Miklós Radnóti (1909-1944) * Le mois des Gémaux
[...] Un jour, trois ans plus tard, comme le soir tombait, je demandai à ma tante: - Comment est-elle morte, maman? - Apprends tes leçons et ne pose pas de questions idiotes! Elle est morte, un point c'est tout! - Comment est-elle morte? Pourquoi est-elle...
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János Pilinszky (1921- 1981) * Sur un astre interdit
SUR UN ASTRE INTERDIT Je suis né sur un astre interdit. Là, Débarqué de force, je déambule, Le flot du néant céleste me happe, Joue avec moi, me pousse, me bouscule. Pourquoi ma pénitence, je ne sais. Ici tout est une énigme sifflante. Qu'il ne fuie pas,...
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Krisztina Tóth : L'Autre et le Même
L'autre jour en métro je voyais ton visage dans ce visage sans nom. Certains jours c'est ainsi par faux-semblant tout se confondait. Visage qui parle d'un autre visage tu descends tu t'approches mais non. C'était jadis - ce qui fut ne peut plus être désormais....
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Zsigmond Móricz : Le roman de ma vie (extrait)
[...]Tous les parents, comme moi-même, qui comptent sur les enfants pour qu'ils reprennent là où eux ont décroché, seront déçus de la façon la plus éclatante. Pour cette raison, encore jeune père, j'ai opté pour un accord intermédiaire avec moi-même....
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Miklós Radnóti : Déjà le soleil rougit les baies d'automne
DÉJÀ LE SOLEIL ROUGIT LES BAIES D'AUTOMNE Elle est blonde et païenne, elle n'a foi qu'en moi et se cabre et chuchote à la moindre soutane : "rien n'existe que l'herbe et l'arbre et le soleil et la lune et l'étoile, et les bêtes bien sûr dans les champs...
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Miklós Radnóti (1909-1944) : Ode à peine (Tétova óda)
Miklós RADNÓTI : ODE A PEINE Depuis quand je me prépare pour te révéler la galaxie secrète de mon amour je cherche une seule image, l’unique, l’essentielle. Tantôt bruissante, déferlante en moi, tu es comme l’existence tantôt immobile et éternelle tel...
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Zoltán Czegö * Comme le mauvais oeil
Ca te tombe dessus comme la maladie. Selon les anciens : comme si l'on t'avait jeté un sort. Tu vis, tu vas et viens, tu accomplis ce pourquoi on te donne de quoi t'acheter du pain et de la soupe. Les clochers des églises ne t'apparaissent plus car tu...
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Attila József (1905-1937) : Moi si heureux... (Én, ki emberként...)
MOI SI HEUREUX... Moi si heureux en tant qu'homme vivant, Moi tels les mots parlant pour l'éternel, Ah ! que je crie au ciel, comme toujours : Ô ma Flóra, je t'aime ! Un souffle doux et mille sortilèges De toi m'ont fait ton chien obéissant ; Tes sages...
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János Pilinszky : LE TROISIEME JOUR
Pour Muriel, en particulier... Le troisième jour Grondent les cieux gris cendre, les arbres de Ravensbrück, C'est le troisième jour. Et les racines sentent venir la lumière. Et le vent se lève. Et le monde se met à la jubilation. Des mercenaires ont pu...
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Lörincz Szabó (1900-1957) * On dit qu'elle est très belle...
ON DIT QU'ELLE EST TRES BELLE... On dit qu'elle est très belle, et moi je ne dis rien, On dit que ses cheveux de bronze chaud, c'est l'aube, On dit que ses grands yeux sont des mondes d'étoiles, Qu'elle est fière et jamais n'aurait même un regard Pour...
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János Pilinszky (1921-1981) : UN BEAU JOUR
UN BEAU JOUR C'est toujours la cuiller en fer blanc égarée, c'est le paysage bric-à-brac de la misère que je cherchais, dans l'espoir qu'un beau jour m'inondent les pleurs, avec douceur m'accueillent la vieille cour, le silence du lierre, notre maison,...
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Imre Kertész * Discours de Stockholm 2.
"Affaire personnelle : naturellement, cela n'exclut pas le sérieux, même si ce sérieux semblait un peu ridicule dans un monde où seul le mensonge était pris au sérieux. L'axiome était le suivant : le monde est une réalité objective qui existe indépendamment...
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Antal Szerb (1901-1945) * Madelon, le chien
[...] Dans l'après-midi, on sonna à la porte. Bátky émergea de ses rêves bourgeois et ouvrit. La dame se tenait sur le seuil. - Je viens chercher Madelon, dit-elle avec simplicité. - Oh! oh, et encore oh! dit Bátky, perdu dans la contemplation des méandres...
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Gyula Illyés (1902 - 1983) : Extrait de son JOURNAL
Je feuillette le Journal (Naplójegyzetek, Századvég Kiadó 1994) de Gyula Illyés : il relate les années 1979-80. Je ne peux m'empêcher de me poser la question : pourquoi sommes-nous captivés par les journaux intimes, correspondances des grands écrivains...
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Dezsö Kosztolànyi : Alouette (roman, fin)
[...] Elle aurait trente-six ans, l'an prochain. Dans dix ans, elle aurait combien? Et combien dans dix ans encore? Papa aujourd'hui avait cinquante-neuf ans, maman cinquante-sept. Dix ans, même moins, peut-être. Et ses parents seraient morts. Qu'adviendrait-il...
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Tibor Déry * Niki
[...] Elle ne se recoucha pas ; de toute façon, elle n'aurait pas pu dormir. Elle aurait jugé inconvenant de dormir dans un lit tandis que son chien se battait contre la mort sous l'armoire, dans la noirceur empoussiérée, tissée de toiles d'araignée....
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Dezső Kosztolányi (1885-1936) : Ode de février (Februári óda)
Février sans fin, février sans lumière, il nous inspire rarement des idées guillerettes! Après Kosztolányi le romancier, voici le poète. Un de ses derniers poèmes, écrit en 1935, l'année précédant sa mort précoce, déjà très malade du cancer de la gencive......
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attila József (1905-1937) : Surgis de tes profondeurs (Bukj föl az árból)
Voici deux traductions du même poème : les deux sont réussis, les deux ont leurs faiblesses... SURGIS DE TES PROFONDEURS Mon Dieu accorde-moi la peur. Mon dieu, inflige-moi la peur. J'ai grand besoin de ta colère. - Ah! j'ai besoin de ta colère - Surgis...