Le blog de Flora

Endre Ady (1877 - 1919) * L'automne se glissa dans Paris

23 Février 2009, 17:09pm

Publié par Flora

Par le chemin de Saint Michel Archange
Hier à Paris l'automne s'est glissé,
Dans l'air torride, et sous les douces branches
             Où je l'ai rencontré.

Je cheminais justement vers la Seine.
Brûlaient en moi, petits fagots fumants
Des chants pourprés qui, rougeoyant à peine,
              Disaient : "La mort t'attend".

Il m'a soufflé certains secrets l'automne,
et le chemin de l'Archange a tremblé.
"Zim-Zim", disaient, faisant des cabrioles,
               Les feuilles, les futées.

Ce fut très bref, l'été n'en vit pas trace
Riant, l'automne a disparu, furtif.
Moi seul ai su sa présence fugace
               Sous les arbres plaintifs.
                                                    
                                                     version de synthèse


Párisban járt az ösz

Párisba tegnap beszökött az Ösz.
Szent Mihály ùtján suhant nesztelen,
Kánikulában, halk lombok alatt
S találkozott velem.

Ballagtam éppen a Szajna felé
S égtek lelkemben kis rözse-dalok :
Füstösek, furcsák, bùsak, biborak,
Arról, hogy meghalok.

Elért az Ösz és sùgott valamit,
Szent Mihály ùtja beleremegett,
Züm, züm : röpködtek végig az uton
Tréfás falevelek.

Egy perc : a Nyár meg sem hökölt belé
S Párisból az Ösz kacagva szaladt.
Itt járt, s hogy itt járt, én tudom csupán
Nyögö lombok alatt.
                                                   
                                                     1907

 

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C
Vous pouvez être satisfaite. Le texte a un rythme et des rimes qui ne trahissent aucunement les origines étrangères du texte.
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F
<br /> Ce que j'aimerais c'est que la traduction rende (presque) la même impression que l'original. C'est pour cela que je ne pourrais pas traduire de la poésie : il faut être poète pour cela,<br /> peut-être... Encore que, un poète vit sa propre inspiration et non pas celle d'un autre, il en emprunte seulement les habits...<br /> <br /> <br />
F
Chère Mu, Ady (que tu traîtes familièrement par son prénom comme si tu parlais en toute simplicité de Guillaume et de son pont Mirabeau...)évoque - avec une certaine mélancolie - sa rencontre avec le souffle fugace de l'automne en plein été parisien : ce souffle qui a juste eu le temps de lui chuchoté sa mort prochaine...<br /> Le hongrois n'est pas une langue slave mais finno-ougrienne comme le finnois et l'estonien.<br /> Bonne soirée à toi!
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M
Bonjour Flora, <br /> j'espère que tu vas bien. Je suis toujours heureuse de lire tes pages tant celle de Gilbert que la poésie dont tu nous gâtes depuis quelques temps. Celle d'Endre me fait penser, pour l'atmosphère à celle d'Apollinaire "Sur le pont Mirabeau :<br /> L'amour s'en va comme cette eau courante<br /> L'amour s'en va<br /> Comme la vie est lente<br /> Et comme l'Espérance est violente<br /> <br /> Vienne la nuit sonne l'heure<br /> Les jours s'en vont je demeure<br /> Une lenteur, une certaine lassitude dans le printemps qui tarde à venir, comme une litanie qui est bien donnée dans la traduction, mais j'ignore si le texte en hongrois donne cette même dimension. Au fait rappelle-moi : ext-ce que le hongrois est une langue slave, est-ce qu'elle a un rapport avec le finois ?<br /> Je profite de ton érudition, ce n'est pas pour moi, c'est pour un ami qui aime le russe.<br /> Bisous à toi
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F
C'est vrai, la traduction est assez réussie, rendant bien le ton mélancolique du poème, tout en étant relativement fidèle aux mots.<br /> Il y en a plein que je ne peux pas mettre à cause de la traduction râtée ou pas assez réussie et que j'aimerais pourtant faire connaître...
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J
C'est peut-être un paradoxe, mais j'apprécie la traduction qui me fait aimer ce poème. Merci de l'offrir en partage.<br /> Amitiés<br /> José
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