Le blog de Flora

Miklós Radnóti : Déjà le soleil rougit les baies d'automne

1 Novembre 2009, 21:06pm

Publié par Flora

DÉJÀ LE SOLEIL ROUGIT LES BAIES D'AUTOMNE

Elle est blonde et païenne, elle n'a foi qu'en moi
et se cabre et chuchote à la moindre soutane :
"rien n'existe que l'herbe et l'arbre et le soleil
et la lune et l'étoile, et les bêtes bien sûr
dans les champs aux mille couleurs." Puis elle file :
la poussière s'élève heureuse sur ses pas.


Pourtant là-haut vers les jardins le christ
aussi voit ses baisers et le bleuet
s'incline devant elle avec plaisir, car toujours
il y a l'admirant en vain
un saint homme barbu, énamouré.


Elle a dix-huit ans, et lorsqu'elle est sans moi
elle va sans rien dire ainsi que la rivière
à midi, l'été, entre les arbres de ses rives,
et berce dans son coeur ce chatoyant souci
que jamais nous n'épuiserons tous nos baisers
et s'afflige. Déjà le soleil rougit les baies d'automne.


traduction : Jean-Luc Moreau 


PIRUL A NAPTÓL MÁR AZ ŐSZI BOGYÓ

Szőke, pogány lány a szeretőm, engem
hisz egyedül és ha papot lát
rettenve suttog : csak fű van és fa ;
nap, hold, csillagok s állatok vannak
a tarka mezőkön. És elszalad. Por
boldogan porzik a lábanyomán.

Pedig fönn a kertek felé
feszület is látja a csókját és
örömmel hull elé a búzavirág,
mert mindig hiába megcsudálja őt
egy szerelmetes, szakállas férfiszentség.

Tizennyolc éves és ha nélkülem van,
hallgatva jár, mint erdős partok
közt délidőn jár a víz s
csillogó gondot ringat magában arról,
hogy sohasem telünk el a csókkal és
szomorú. Pirul a naptól már az őszi bogyó.
(1 septembre 1930) 

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N
<br /> Le poème rougissant + la sanguine qui suit donne une ambiance très ... Automnale<br /> <br /> <br />
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F
<br /> C'était un peintre sensible! La sanguine est innocente...<br /> <br /> <br />
C
<br /> Toujours glabre mais toujours tendant l'oreille pour écouter le vent souffler dans ma barbe XD<br /> J'y ai posté un petit compte-rendu de "Katalin Varga", un film qui m'a beaucoup plu et qui m'a permis d'entendre parler hongrois.<br /> Je viens de lire "Fragment", un autre poème de Radnoti traduit sur ton blog. Magnifique aussi. Y a-t-il un recueil de lui que tu recommanderais?<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Entre autres, ses poésies sont parus (avec "Le mois des Gémeaux") dans la traduction de Jean-Luc Moreau sous le titre de "Marche forcée", aux éditions Phébus (en 2005 ?  -  je ne suis pas<br /> chez moi pour répondre).<br /> Sur mon blog, dans la catégorie "traductions", il y a de nombreux textes de Radnoti.<br /> <br /> <br />
C
<br /> Très beau.<br /> On sent le frémissement du poème à travers la traduction.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Elle est assez réussie. Radnoti lui-même a traduit beaucoup de poètes, des Français entre autres.<br /> Merci de votre visite, Christophe. Votre barbe pousse-t-elle?... <br /> <br /> <br />
L
<br /> ça me rappelle quelqu'un....!<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Eh oui, ma chère Magicienne, la païenne pourrait être moi, quelque décennies en arrière...<br /> Amitiés : flora <br /> <br /> <br />
L
<br /> On sent le rythme particulier de ce poème mélodieux. C'est pour nous une occasion de nous ouvrir au monde que de lire ces auteurs hongrois de premier plan ! un grand merci<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Merci à vous, Litteratus. Je suis heureuse de ce partage. Amicalement : flora<br /> <br /> <br />